{"id":10267,"date":"2021-08-22T07:31:39","date_gmt":"2021-08-22T05:31:39","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/le-contre-investissement-dans-lanorexie-mentale-de-la-sauvegarde-a-la-survie-2\/"},"modified":"2021-10-01T18:46:20","modified_gmt":"2021-10-01T16:46:20","slug":"le-contre-investissement-dans-lanorexie-mentale-de-la-sauvegarde-a-la-survie","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/le-contre-investissement-dans-lanorexie-mentale-de-la-sauvegarde-a-la-survie\/","title":{"rendered":"Le contre-investissement dans l\u2019anorexie mentale&#8230; de la sauvegarde \u00e0 la survie&#8230;"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div>\u00ab&nbsp;Je ne grossis pas parce que je mange avec la t\u00eate et pas avec le ventre&nbsp;\u00bb\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Il y a <em>quelque chose<\/em> dans les Troubles des Conduites Alimentaires de trop excessif pour ne pas \u00e9veiller des soup\u00e7ons et ne pas susciter l\u2019envie d\u2019extorquer des aveux. Quel est ce feu int\u00e9rieur p\u00e2le et triste qui les d\u00e9vore sans leur donner de fi\u00e8vre&nbsp;? Cette passion de l\u2019asc\u00e8se jusqu\u2019au fanatisme ne cache-t-elle pas une auto-fascination jusqu\u2019\u00e0 une perversion narcissique&nbsp;: \u00e9rotisation du trouble permettant sa cicatrisation&#8230; \u00ab&nbsp;le vice est l\u2019\u00e9rotisation du chagrin&nbsp;\u00bb disait Proust. Et cette fi\u00e8vre-l\u00e0 est sans chaleur.<\/p>\n\n\n\n<p>Georges Bataille rapportait qu\u2019il voyait dans l\u2019exc\u00e8s, l\u2019\u00e9mergence de cette \u00ab&nbsp;part maudite&nbsp;\u00bb en nous, que nous tentons tant bien que mal de contenir. Part maudite qui n\u2019est pas sans lien avec l\u2019inconscient, et donc le pulsionnel, l\u2019excitation issue du corps cherchant \u00e0 devenir fait psychique <em>via<\/em> l\u2019affect, et l\u2019infantile. \u00ab&nbsp;Part maudite&nbsp;\u00bb qui se fraie un chemin \u00ab&nbsp;\u00e0 rebours&nbsp;\u00bb dans les moments d\u2019hallucinantes m\u00e9tamorphoses, comme peut l\u2019\u00eatre celui de l\u2019adolescence o\u00f9 la jeune fille \u00ab&nbsp;<em>pr\u00eate l\u2019oreille \u00e0 son propre corps o\u00f9 un avenir \u00e9tranger commence \u00e0 bouger<\/em><sup>1<\/sup>&nbsp;\u00bb. Des soup\u00e7ons&nbsp;: (pour le mieux) de complaisance dans la maladie, (pour le pire) d\u2019enfermement dans une illusoire libert\u00e9. Cette dr\u00f4le de \u00ab&nbsp;folie&nbsp;\u00bb ne manque en effet pas de m\u00e9thode, qui laisse croire au sujet qu\u2019il ma\u00eetrise la situation, jusqu\u2019au jour o\u00f9 le R\u00e9el, ici le biologique de la d\u00e9nutrition jusqu\u2019\u00e0 la cachexie, rattrapera la pauvre psychologie ignorant tout de sa souffrance \u2026 et il n\u2019y aura plus de freins tandis que la direction restera bloqu\u00e9e vers la descente. La machine alors s\u2019affolera d\u2019autant que l\u2019app\u00e9tit viendra vraiment \u00e0 manquer et que la terreur de l\u2019impuissance gagnera.<\/p>\n\n\n\n<p>Des aveux&nbsp;: y a-t-il la possibilit\u00e9 d\u2019une jouissance dans un devenir perp\u00e9tuel de l\u2019\u00eatre dans l\u2019exc\u00e8s&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Cet exc\u00e8s a la particularit\u00e9 dans l\u2019anorexie d\u2019\u00eatre en creux, ou par d\u00e9faut, ce qui lui conf\u00e8re d\u2019embl\u00e9e une compassion qu\u2019on n\u2019accorde pas aussi volontiers \u00e0 ceux qui sont ronds&nbsp;: pour eux une simple sympathie.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet exc\u00e8s a de plus la caract\u00e9ristique d\u2019\u00eatre paradoxal (une jeune fille visiblement brillante qui a tout pour r\u00e9ussir et qui se laisse mourir de faim, puis qui verse dans tous les exc\u00e8s sabotant son avenir affectif, scolaire et social, et fait imploser son environnement familial), ce qui lui donne une aura de myst\u00e8re et de fascination dont il convient de se d\u00e9prendre pour percevoir la r\u00e9versibilit\u00e9 de d\u00e9sirs fondamentalement ambivalents parce que \u00e9troitement d\u00e9pendants de la position narcissique du sujet.<\/p>\n\n\n\n<p>Un exc\u00e8s par d\u00e9faut et paradoxal&nbsp;! Voil\u00e0 l\u2019indice \u00e0 consid\u00e9rer en premier chef, plut\u00f4t que les pauvres et attendues preuves symptomatiques que sont l\u2019amaigrissement et le refus alimentaire actif, volontaire, conscient et d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, masqu\u00e9s par la plainte d\u2019un manque d\u2019app\u00e9tit. De fait&nbsp;: la patiente anorexique meurt litt\u00e9ralement de faim, et lutte contre une avidit\u00e9 d\u2019ogre. Cette simple clinique, qu\u2019il suffit de demander \u00e0 la patiente d\u2019exprimer pour l\u2019entendre, renvoie \u00e0 une psychopathologie qui est celle du <em>contre-investissement<\/em> d\u2019un fantasme boulimique. Ce contre-investissement qui n\u2019est donc pas un clivage est \u00e0 l\u2019origine de paradoxes et non de contradictions qui seraient compartiment\u00e9s de mani\u00e8re \u00e9tanche. Sur le registre alimentaire cela pourrait s\u2019exprimer de cette fa\u00e7on&nbsp;: \u00ab&nbsp;mon impulsivit\u00e9 \u00e0 ne pas manger lutte contre ma tentation \u00e0 la passivit\u00e9 qui me ferait tout avaler\u2026 Si je commence \u00e0 manger, je ne vais plus pouvoir m\u2019arr\u00eater et deviendrai ob\u00e8se, aussi je ne mange rien&nbsp;\u00bb. Cette faim n\u2019est pas, pour l\u2019essentiel, alimentaire. Par une complexe d\u00e9m\u00e9taphorisation elle est devenue secondairement alimentaire, mais elle renvoie primitivement \u00e0 une faim affective. Si l\u2019on prend en compte cette dimension alors le d\u00e9ni de la faim est le d\u00e9placement d\u2019un d\u00e9ni d\u2019une trop grande faim pour un objet et du risque de d\u00e9pendance affective \u00e0 son \u00e9gard. Objet, autrement essentiel qu\u2019un aliment, sur lequel le sujet s\u2019interroge en termes de valeur nutritive, c\u2019est-\u00e0-dire en termes de source d\u2019identification aussi souhait\u00e9e que honnie. Objet primaire pour lequel cette faim est paradoxalement sans app\u00e9tit. Nous nous en expliquerons plus bas.<\/p>\n\n\n\n<p>La fonction \u00e9conomique de ce d\u00e9placement est activ\u00e9e par les fantasmes plus ou moins organisateurs qui substituent \u00e0 cet objet un aliment dont le sujet pense pouvoir prendre le contr\u00f4le plut\u00f4t que de lui \u00eatre assujetti. Fort de cette proposition, on peut revenir au contre-investissement \u00e0 l\u2019origine des premiers paradoxes \u00e9nonc\u00e9s pour en formuler une s\u00e9rie d\u2019autres auxquels le sujet va tenir, s\u2019y tenir, comme elle tient et se soutient de son sympt\u00f4me, sa trouvaille \u00e0 elle. S\u2019y tenir&nbsp;? Plut\u00f4t entretenir avec les paradoxes et donc l\u2019affection, le m\u00eame rapport qu\u2019un enfant avec son objet auquel il s\u2019accroche\u2026 le sentir comme une protection avant qu\u2019une pers\u00e9cution, aussi s\u2019y soumet-il avec la plus compl\u00e8te adh\u00e9rence et aveuglement. Ces paradoxes&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je ne mange rien, n\u2019exprime et ne dit rien de ce que j\u2019\u00e9prouve dans la mesure o\u00f9 si je m\u2019\u00e9prouve, je vais m\u2019\u00e9pancher, je vais me vider&nbsp;\u00bb&nbsp;; \u00ab&nbsp;je ne suis pas affective et je suis dure et tranchante \u00e0 la mesure \u00ab\u00a0et \u00e0 la d\u00e9mesure\u00a0\u00bb de ce que je peux d\u00e9border, me montrer tendre jusqu\u2019\u00e0 la mollesse, mais cette passivit\u00e9 molle me fait craindre la confusion d\u2019avec l\u2019autre&nbsp;\u00bb. Si l\u2019on suit ce raisonnement, on commence \u00e0 appr\u00e9hender la danse quelque peu morbide et path\u00e9tique qu\u2019il y a pour la patiente anorexique \u00e0 naviguer sur le tranchant de son sympt\u00f4me, entre deux extr\u00eames et deux \u00e9cueils\u2026 Variation somme toute classique de bascule entre le Dionysiaque et l\u2019Asc\u00e9tique, Dieu et le Diable, le Ciel et l\u2019Enfer. Cette forme de danse est en fait une harassante gymnastique \u00e0 qui s\u2019impose d\u2019\u00e9carter puis d\u2019opposer le corps et l\u2019esprit, les affects et les \u00e9motions, les d\u00e9sirs et les angoisses, les pens\u00e9es et les \u00eatres.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce d\u00e9ni de la d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019objet renvoie \u00e0 des angoisses de s\u00e9paration majeures dans l\u2019enfance. L\u2019anorexie est une \u00ab&nbsp;maladie de la s\u00e9paration&nbsp;\u00bb qui commence tr\u00e8s t\u00f4t dans l\u2019enfance, et conna\u00eet une exacerbation \u00e0 l\u2019adolescence. Le refus, ou mieux l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019acc\u00e9der \u00e0 un corps f\u00e9minin et apte \u00e0 la procr\u00e9ation, r\u00e9alise litt\u00e9ralement une s\u00e9paration d\u2019avec l\u2019objet et singuli\u00e8rement d\u2019avec le corps maternel tout en sollicitant ses soins. Si l\u2019on reprend l\u00e0 encore la notion de contre-investissement \u00e0 l\u2019origine des paradoxes, on peut proposer&nbsp;: \u00ab&nbsp;c\u2019est quand je m\u2019efface que je suis moi et que tu viens \u00e0 moi&nbsp;\u00bb&nbsp;; \u00ab&nbsp;je suis hyperactive \u00e0 la mesure de mon besoin d\u2019\u00e9viter ce qui me terrorise, la passivit\u00e9, d\u2019\u00eatre fix\u00e9e, mais en m\u00eame temps je sollicite qu\u2019on me court apr\u00e8s&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Finissons ce pr\u00e9ambule avec deux autres \u00e9l\u00e9ments cliniques t\u00e9moignant de ces dimensions de contre- investissement&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je suis l\u00e0 dans l\u2019hostilit\u00e9, dans l\u2019asc\u00e8se jusqu\u2019\u00e0 la douleur car l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a fait mal dans mon sympt\u00f4me, ma trouvaille, c\u2019est moi. Et ceci \u00e0 la mesure o\u00f9 je ne puis \u00eatre dans le plaisir qui me dissout, \u2026, Je suis en s\u00e9curit\u00e9 dans l\u2019ins\u00e9curit\u00e9&nbsp;\u00bb. D\u00e9cid\u00e9ment, cette jeune femme vit beaucoup trop durement sa vie personnelle, \u00e0 l\u2019abri d\u2019une trop visible et \u00e9touffante carapace. Aussi, nous tenterons de ne pas oublier que le sympt\u00f4me c\u2019est <em>ce qui choit<\/em> (comme disait Jacques Lacan) sauf quand il y a, comme ici, maldonne et que cette chute s\u2019impose \u00e9conomiquement au sujet plus qu\u2019il ne la choisit. Aussi nous pr\u00e9f\u00e8rerons dire plus modestement <em>ce qui tombe<\/em>, parce que le feu ou la d\u00e9tresse qui consume, anime et d\u00e9samine la patiente, ne peut plus \u00eatre contenu dans (et par) son appareil psychique et qu\u2019une solution activiste comportementale et singuli\u00e8rement corporelle ouvre la voie d\u2019une figuration possible ou \u00e0 d\u00e9faut d\u2019une incarnation inconsciente de la probl\u00e9matique en cause, avant de ne plus servir qu\u2019\u00e0 les contr\u00f4ler et les geler.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai voulu commencer en insistant sur ces \u00e9l\u00e9ments cliniques pour mettre en exergue la dimension de contre-investissement. Il m\u2019appara\u00eet que ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s un long temps d\u2019\u00e9volution que ce contre- investissement d\u2019origine psychologique, li\u00e9 \u00e0 des d\u00e9terminants biographiques, et non \u00e0 des d\u00e9terminismes biologiques, va \u00eatre \u00ab&nbsp;assur\u00e9&nbsp;\u00bb et comme \u00ab&nbsp;auto-valid\u00e9&nbsp;\u00bb par un affaiblissement r\u00e9el, simultan\u00e9ment acquis. Un accroissement jusqu\u2019au gel des fixations ant\u00e9rieures par l\u2019auto-renforcement et l\u2019auto-engendrement m\u00e9canique de la conduite. C\u2019est alors peut-\u00eatre que l\u2019on pourra parler de clivage. Et difficile de dire pourquoi certains patients ont \u00e9volu\u00e9 avec l\u2019assouplissement de leur contre-investissement, vers la sauvegarde, tandis que d\u2019autres n\u2019ont pu \u00e9viter la catastrophe du clivage corps\/psych\u00e9 qui leur a \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire pour survivre. Le clivage comme la r\u00e9silience est le constat \u00ab&nbsp;apr\u00e8s-coup&nbsp;\u00bb d\u2019un r\u00e9sultat. Et il n\u2019est pas exclu, loin s\u2019en faut, que le clivage ne participe grandement \u00e0 la r\u00e9silience, ce qui sous- entend que celle-ci n\u2019est pas sans amputation.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous ne d\u00e9velopperons pas<sup>2<\/sup> les atteintes traumatiques pr\u00e9coces et profondes du Moi en plein et\/ou en creux, \u00e0 l\u2019origine du contre-investissement, de la dissociation puis du clivage dans l\u2019anorexie mentale. Clivage corps\/psych\u00e9 mais aussi clivage entre affect et repr\u00e9sentation&nbsp;; \u00e9motion et acte <em>via<\/em> les \u00e9prouv\u00e9s du corps en relation&nbsp;; clivage sujet \/ objet o\u00f9 le sujet s\u2019absente de lui-m\u00eame dans la relation aux autres et verse dans la Solitude et l\u2019Ennui&nbsp;; Clivage du Moi (\u00ab&nbsp;<em>d\u00e9chirure dans le Moi qui ne gu\u00e9rira jamais plus, mais grandira avec le temps<\/em><sup>3<\/sup>&nbsp;\u00bb) o\u00f9 le sujet s\u2019absente \u00e0 lui-m\u00eame en miroir et \u00e9cho de l\u2019absence de l\u2019objet, et verse dans l\u2019Esseulement et le Vide. Ce dernier clivage sera \u00e0 l\u2019origine des clivages observ\u00e9s lors des \u00e9volutions chroniques entre\u2026 sexualit\u00e9 et fertilit\u00e9, grossesse (d\u00e9sir d\u2019\u00eatre enceinte) et parentalit\u00e9 (d\u00e9sir d\u2019avoir un enfant). Ceux-ci sont \u00e9videmment inqui\u00e9tants en ce qu\u2019ils contribuent \u00e0 rendre difficile les futures maternis\u00e9es et interrelations pr\u00e9coces des femmes souffrant de Troubles des Conduites Alimentaires avec leurs propres enfants. Nous dirons simplement que cette affection renvoie \u00e0 des souffrances familiales diverses, et que c\u2019est l\u2019ensemble symptomatique \u2013 environnement \u2013 patient qu\u2019il faut appr\u00e9hender et soigner tant le d\u00e9ni et les clivages sont partag\u00e9s eux aussi par la famille, et r\u00e9v\u00e8le parfois m\u00eame une dimension transg\u00e9n\u00e9rationnelle. Nous imaginons d\u00e8s lors, dans certains cas, une incorporation par la fille d\u2019un clivage maternel voire transg\u00e9n\u00e9rationnel. La distillation du f\u00e9minin <em>via<\/em> le maternel, dans une relation transcorporelle narcissique, appara\u00eet \u00eatre compliqu\u00e9e entre la m\u00e8re et la fille (30&nbsp;% de d\u00e9pression maternelle&nbsp;; reprise d\u2019entraves n\u00e9vrotiques, ant\u00e9c\u00e9dents tr\u00e8s fr\u00e9quents de TCA \u2026). Nous dirons que la Peau, lieu de l\u2019\u00e9rotique et ce qu\u2019il y a de plus profond en terme \u00e9motionnel, se refuse, se d\u00e9robe, ou n\u2019en peut mais, du fait de la d\u00e9pression et de la reprise du trouble\u2026 aboutissant \u00e0 ce que la M\u00e8re &#8211; Monde devienne dans ces conditions l\u2019Autre, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab&nbsp;le champ magn\u00e9tique des sources antagonistes qui barrent l\u2019avenir du sujet&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous restons cois quant \u00e0 expliquer pourquoi des facteurs traumatiques retrouv\u00e9s \u00e0 l\u2019anamn\u00e8se de bon nombre d\u2019autres cas qui \u00ab&nbsp;gu\u00e9rissent&nbsp;\u00bb chez certains, semblent g\u00e9n\u00e9rer des cliniques aussi diff\u00e9rentes que celles des troubles somatoformes ou celles des passages \u00e0 l\u2019acte chez d\u2019autres. Les questions de fantasme et r\u00e9alit\u00e9, pr\u00e9cocit\u00e9 ou non du trauma, nature incestueuse ou non, sont \u00e9videmment \u00e0 prendre en compte. Et il appara\u00eet que les fonctionnements limites sous-tendant certaines anorexies \/ boulimies ayant subi ces ant\u00e9c\u00e9dents traumatiques produisent cette double clinique. Pour en revenir \u00e0 notre th\u00e8me, la question est pour le sujet de cliver ce qui a \u00e9t\u00e9 uni et ce qu\u2019il ne supporte plus de voir r\u00e9uni (second cas)&nbsp;; ou de \u00ab&nbsp;cliver&nbsp;\u00bb comme \u00ab&nbsp;naturellement&nbsp;\u00bb, car pour lui, constitutionnellement les \u00eatres et les choses n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 consubstantiellement unis (premiers cas).<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, nous restons cois quant \u00e0 la compr\u00e9hension de comment fonctionne la courroie de transmission qui relie le corps et l\u2019esprit, et comment pr\u00e9cocement et\/ou durablement alt\u00e9r\u00e9e, elle pourrait entra\u00eener un clivage corps\/psych\u00e9. Poser que le lien entre corps et psych\u00e9 renvoie \u00e0 l\u2019excitation et \u00e0 l\u2019affect issu de l\u2019inconscient ne suffit pas \u00e0 \u00e9claircir ce myst\u00e8re. Toutes ces interrogations n\u2019emp\u00eachent pas le soin, mais pour cela un retour \u00e0 la clinique s\u2019impose. L\u2019un des avantages de l\u2019anorexie est la grande visibilit\u00e9 du contre-investissement jusqu\u2019au clivage corps\/psych\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La patiente se pr\u00e9sente volontiers avec un corps, dissimul\u00e9 sous le masque de l\u2019hyperactivit\u00e9 sportive qui lui donne l\u2019apparence des heures o\u00f9 elle a pris cong\u00e9 d\u2019elle-m\u00eame. D\u2019autres fois son corps, absorb\u00e9 par la <em>doxa<\/em> qui la veut maigre et androgyne prend alors une forme \u00ab&nbsp;id\u00e9oplastique&nbsp;\u00bb (Robert Musil). Plus prosa\u00efquement, la patiente vient souvent (\u00e0 contre-c\u0153ur, \u00e0 reculons, contrainte par ses parents) s\u2019asseoir \u00e0 la consultation avec un corps d\u00e9charn\u00e9, comme d\u00e9pos\u00e9 sur une chaise \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019elle, un corps ne lui appartenant pas, v\u00e9cu \u00e0 la fois comme \u00e9tranger \u00e0 elle-m\u00eame et monstrueux&nbsp;: il y a donc <em>comme<\/em> un vide entre elle et son corps. Elle vous parle d\u2019un ton neutre, blanc, ma\u00eetris\u00e9, avec une diction m\u00e2ch\u00e9e, d\u00e9s-affectiv\u00e9e, qui vous dit que tout va bien alors qu\u2019elle se meurt. Sa parole contre-investit en permanence la r\u00e9alit\u00e9 de son corps et elle en arrive \u00e0 parler d\u2019elle comme si elle parlait de quelqu\u2019un d\u2019autre&nbsp;: il y a <em>comme<\/em> un vide entre elle et elle-m\u00eame. De m\u00eame elle se refuse avec acharnement \u00e0 toute discussion qui se porterait sur certains points sensibles&nbsp;; le poids, les formes, \u2026&nbsp;; laissant ses parents et les m\u00e9decins \u00e0 leur responsabilit\u00e9 en m\u00eame temps qu\u2019\u00e0 leur impuissance. Si vous insistez \u2026 elle vous dit assez facilement qu\u2019elle meurt de faim, mais qu\u2019une ombre s\u2019interpose entre son avidit\u00e9 et son acte. Mais d\u00e8s que vous vous rapprochez d\u2019elle en \u00e9voquant d\u2019autres sujets (les relations affectives, la sexualit\u00e9 \u2026), ses yeux se durcissent jusqu\u2019\u00e0 se fermer \u00e0 vous. Son visage se d\u00e9robe, elle ne vous voit plus ou vous regarde comme de loin. Il y a donc install\u00e9 tr\u00e8s vite, creus\u00e9 par elle sous votre regard, comme un vide entre elle et vous.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce vide, autocr\u00e9\u00e9 par l\u2019anorexie, est l\u2019agent op\u00e9rant du clivage et sa fonction \u00e9conomique est magnifiquement \u00e9voqu\u00e9e par Knut Hamsun dans <em>La faim<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Je n\u2019\u00e9prouvais plus de douleur, la faim l\u2019avait \u00e9mouss\u00e9e&nbsp;; au contraire je me sentais d\u00e9licieusement vide, sans contact avec ce qui m\u2019entourait \u2026 Il n\u2019y avait pas un nuage dans mon \u00e2me, pas une sensation de malaise, et aussi loin que pouvait aller ma pens\u00e9e, je n\u2019avais pas une envie, pas un d\u00e9sir insatisfait. J\u2019\u00e9tais \u00e9tendu les yeux ouverts dans un \u00e9tat singulier&nbsp;: j\u2019\u00e9tais absent de moi-m\u00eame, je me sentais d\u00e9licieusement bon<\/em>&nbsp;\u00bb. Mais \u00e9videmment cet \u00e9tat de b\u00e9atitude risque de verser dans la confusion si l\u2019\u00e9quilibre psychique se d\u00e9compense, et aussi de cesser avec la reprise de poids. Le sujet est donc (toxicomanie sans objet, comme faim sans app\u00e9tit) vou\u00e9 \u00e0 sans cesse recommencer sa conduite sans jamais vraiment parvenir \u00e0 s\u2019approprier cet \u00e9tat.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous pourrions continuer avec cette notion de vide mais nous voulons simplement t\u00e9moigner de la souffrance anorexique de ne pouvoir sauter le vide entre l\u2019esprit et le corps, soi et l\u2019autre et m\u00eame entre soi et soi. Et il est tr\u00e8s dommageable de commencer dans la vie adolescente en s\u2019\u00e9tant s\u00e9par\u00e9 de son corps \u2026 et de Soi\u2026 comme de son ombre. On risque de ne pas survivre \u00e0 cette adolescence si lugubre. Elle ne le fera qu\u2019\u00e0 l\u2019aide d\u2019exp\u00e9dients&nbsp;; la faim et l\u2019alcool, puis des toxiques qui g\u00e9n\u00e9reront la suffisante confusion \u00e0 la faveur de laquelle elle pourra penser enfin, et ceci illusoirement <em>qu\u2019elle est dedans<\/em>&nbsp;; mais cette fa\u00e7on de faire ne r\u00e9alise pas vraiment un moment plein\u2026, et le lendemain le retour du vide g\u00e9n\u00e8re la tristesse qui rapidement chez toute femme \u00e9volue vers un d\u00e9go\u00fbt du corps.<\/p>\n\n\n\n<p>La question de combler ce vide avec autre chose que des exp\u00e9dients, pas seulement la raison mais aussi l\u2019audace, sera l\u2019objet de toute psychoth\u00e9rapie \u00e0 vis\u00e9e non \u00e9ducative mais dynamique. L\u2019option \u00e9tant justement d\u2019occuper ce vide qui l\u2019entoure et que personne n\u2019ose occuper\u2026 et non d\u2019\u00e9duquer (attirer \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur). Notre hypoth\u00e8se est la suivante&nbsp;: au commencement fut la faim. C\u2019est-\u00e0-dire l\u2019attente d\u2019une r\u00e9ponse de l\u2019objet dans une terreur agonique. La d\u00e9fense op\u00e9r\u00e9e par le sujet a \u00e9t\u00e9 de mettre du vide entre lui et l\u2019objet pour parexciter&nbsp;; un vide auto-cr\u00e9\u00e9 et auto-secr\u00e9t\u00e9 pour tamponner, anesth\u00e9sier la relation, se prot\u00e9ger, <em>se mettre sous-vide<\/em>. C\u2019est ainsi que lorsque Am\u00e9lie Nothomb dans <em>M\u00e9taphysique des tubes<\/em> \u00e9crit&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Au commencement \u00e9tait le rien<\/em>&nbsp;\u00bb, elle t\u00e9moigne \u00e0 la fois de la carence de l\u2019objet et de la d\u00e9fense mise en place. C\u2019est ainsi aussi que lorsque Marguerite Duras \u00e9crit \u00ab&nbsp;<em>Au commencement \u00e9tait l\u2019attente<\/em>&nbsp;\u00bb elle t\u00e9moigne des deux dimensions. Ce vide pour tenir \u00e0 distance l\u2019objet et en m\u00eame temps le ma\u00eetriser, tout un chacun peut le ressentir, dans le mur du silence et la fin de non recevoir qu\u2019elle nous oppose, et contre lesquelles on bute. Mais qui peut dire au d\u00e9but que cette d\u00e9fense est structurelle ou fonctionnelle, \u00e9tanche ou poreuse&nbsp;? Les affirmations des uns, qui souhaitent \u00eatre moins intelligents que pragmatiques, et proposent rem\u00e9diation cognitive et psycho-\u00e9ducation, et les affirmations des autres qui osent la th\u00e9orie d\u2019une dynamique toujours \u00e0 l\u2019\u0153uvre, renvoient moins \u00e0 un savoir qu\u2019\u00e0 une profession de foi.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes partisans d\u2019accepter l\u2019illusion mobilisatrice et asymptotique qui veut croire \u00e0 un contre- investissement qui pourra \u00eatre assoupli, lorsque la <em>terreur d\u2019exister<\/em> fera place \u00e0 une <em>puissance \u00e0 \u00eatre<\/em>. Une puissance \u00e0 \u00eatre vivante et donc inqui\u00e8te. Et non une identit\u00e9 d\u2019emprunt morbide o\u00f9 le sujet se fait un nom de son sympt\u00f4me et de son drame familial. Mais nous savons que ce n\u2019est pas simplement une maladie \u00ab&nbsp;de se retenir&nbsp;\u00bb (Am\u00e9lie Nothomb), cette trop grande retenue renvoie en effet \u00e0 une trop effroyable camisole&nbsp;; et que le verrouillage de la conduite est rapide, \u00e0 la fois biologique (b\u00e9ta-endorphines c\u00e9r\u00e9brales) et psychologique (auto-\u00e9rotismes mortif\u00e8res non nourris de l\u2019objet et qui deviennent m\u00e9caniques). Pour autant la psychoth\u00e9rapie psychanalytique peut permettre de lever cette d\u00e9fense qui fut la solution adaptative du moment et qui devient le probl\u00e8me de l\u2019existant, et de laisser voir d\u2019autres possibles protections contre cette terreur ancienne, que la lev\u00e9e de la d\u00e9fense r\u00e9active. Elle visera \u00e0 cr\u00e9er les conditions (s\u00e9paration) pour que la patiente ait besoin et envie de changer de d\u00e9fense, tant il est difficile de lui imposer de renoncer \u00e0 sa trouvaille et aux b\u00e9n\u00e9fices primaires et secondaires qu\u2019elle procure. C\u2019est dans la psychoth\u00e9rapie que s\u2019avouent les b\u00e9n\u00e9fices I et II du sympt\u00f4me, de rendre possible, le retour \u00e0 une unit\u00e9 avec l\u2019objet originaire perdu. L\u00e0 se v\u00e9rifie que cela n\u2019est possible que par le sympt\u00f4me qui sollicite les soins maternels\u2026 c\u2019est-\u00e0-dire par la mise en jeu du <em>clivage<\/em>. L\u2019ambition psychodynamique est de respecter la femme que la jeune fille r\u00eave, derri\u00e8re la d\u00e9fense anorexique, d\u2019\u00eatre, de l\u2019aider \u00e0 apprivoiser ce corps dont elle craint \u00ab&nbsp;<em>le brisement de la gr\u00e2ce par la violence nouvelle de la pubert\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb<sup>4<\/sup>&nbsp;; ce corps phallique \u00e9rig\u00e9 non pour affirmer une quelconque virilit\u00e9, mais bien pour \u00e9viter la r\u00e9alisation du fantasme d\u2019un corps informe et passif, et qui ne peut \u00ab&nbsp;donner rendez-vous \u00e0 d\u2019autres formes insens\u00e9es&nbsp;\u00bb, sous peine de s\u2019y confondre. L\u2019autre forme insens\u00e9e qu\u2019est le corps amoureux \u00e9rotique \u00e0 l\u2019adolescence, qui pourrait donner lieu \u00e0 une rencontre extra-familiale non incestueuse, une rencontre qui fasse \u00e9v\u00e9nement et puisse changer le cours d\u2019une histoire dont la si folle aust\u00e9rit\u00e9 est nourrie par une terreur ant\u00e9rieure aussi \u00ab&nbsp;folle&nbsp;\u00bb\u2026 et la fait rentrer dans l\u2019avenir \u00e0 reculons. Derri\u00e8re cette exclusion symptomatique, induisant une fuite de la vie amoureuse et sexuelle, se cache (mal) l\u2019attente avide d\u2019une r\u00e9ponse du premier de tous les objets d\u2019amour et le clivage dont il est l\u2019objet sur la sc\u00e8ne psychique pr\u00e9consciente, o\u00f9 il est tour \u00e0 tour id\u00e9alis\u00e9 et diabolis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La grande \u00e9nergie consacr\u00e9e \u00e0 maintenir, par l\u2019intercession du vide autocr\u00e9\u00e9, l\u2019\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 entre soi et l\u2019objet, entre impulsion corporelle et \u00e9motions, entre affect et repr\u00e9sentation puis entre soi et soi, risque de finir par g\u00e9n\u00e9rer une personnalit\u00e9 cloisonn\u00e9e, sans dynamique, insuffisamment unifi\u00e9e et form\u00e9e. Et, comme le dit Cl\u00e9ment Rosset, \u00ab&nbsp;<em>elle finit par dire oui \u00e0 la chose per\u00e7ue, non aux cons\u00e9quences. La perception n\u2019est pas erron\u00e9e mais inutile car co-existent sa perception pr\u00e9sente et son point de vue ant\u00e9rieur<\/em>&nbsp;\u00bb. Elle est soulag\u00e9e mais au prix de quel aveuglement&nbsp;! Elle est soulag\u00e9e d\u2019un poids, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019une menace. Or ce qui est lourd est mena\u00e7ant \u00e0 cet \u00e2ge, c\u2019est le d\u00e9sir, qui d\u2019\u00eatre insatisfait se transforme en angoisse comme le vin en vinaigre. Le vide attend d\u2019\u00eatre rempli\u2026 \u00e0 la mesure et d\u00e9mesure du vide ant\u00e9rieur. Qui&nbsp;? Quel \u00e9tranger au milieu familial va s\u2019y int\u00e9resser, oser s\u2019approcher&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ambition de la psychoth\u00e9rapie analytique et des m\u00e9diations corporelles (dans \u00e9videmment un cadre de traitement multidisciplinaire plus vaste), sera de r\u00e9animer la sensorialit\u00e9 (l\u2019imaginaire du corps) et le gainage charnel de l\u2019excitation, pour une possible approbation des petits plaisirs qui peuvent advenir dans le mouvement de l\u2019existence, lorsque le corps et l\u2019\u00e2me sont tomb\u00e9s rythmiquement d\u2019accord, pour accepter un d\u00e9bordement \u2026 suffisamment ma\u00eetris\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Rilke<\/li><li>CF <em>Le corps absent<\/em> et <em>Le corps insoumis<\/em>, Dunod 2010-2012<\/li><li>NSP&nbsp;: Sigmund Freud<\/li><li>Arthur Rimbaud<\/li><\/ol>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Maurice Corcos, <em>Le corps absent<\/em>, Dunod, 2007.<\/p>\n\n\n\n<p>Maurice Corcos, <em>Le corps insoumis,<\/em> Dunod, 2010.<\/p>\n\n\n\n<p>Maurice Corcos, <em>La terreur d\u2019exister,<\/em> Dunod, 2012.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10267?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Je ne grossis pas parce que je mange avec la t\u00eate et pas avec le ventre&nbsp;\u00bb &nbsp; Il y a quelque chose dans les Troubles des Conduites Alimentaires de trop excessif pour ne pas \u00e9veiller des soup\u00e7ons et ne pas&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1214,1215],"thematique":[239],"auteur":[1372],"dossier":[496],"mode":[60],"revue":[510],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-10267","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-psychanalyse","rubrique-psychopathologie","thematique-separation","auteur-maurice-corcos","dossier-clivages-entre-separation-et-rupture","mode-payant","revue-510","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10267","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10267"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10267\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16349,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10267\/revisions\/16349"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10267"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10267"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10267"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10267"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10267"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10267"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10267"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10267"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10267"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}