{"id":10249,"date":"2021-08-22T07:31:36","date_gmt":"2021-08-22T05:31:36","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/ladolescent-en-son-etrange-ete-au-recommencement-est-le-corps-et-la-chair-2\/"},"modified":"2021-09-15T11:48:56","modified_gmt":"2021-09-15T09:48:56","slug":"ladolescent-en-son-etrange-ete-au-recommencement-est-le-corps-et-la-chair","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/ladolescent-en-son-etrange-ete-au-recommencement-est-le-corps-et-la-chair\/","title":{"rendered":"L\u2019adolescent en son \u00e9trange \u00e9t\u00e9 : au recommencement est le corps et la chair"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div>\u00ab&nbsp;<em>Dites-moi ce que je sens, je vous dirai qui je suis.<\/em>&nbsp;\u00bb<footer>Samuel Beckett, <em>L\u2019innommable.<\/em><\/footer>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Le corps, dans une logique m\u00e9dicale, est un corps de \u00ab&nbsp;constantes&nbsp;\u00bb, \u00e0 ce titre, et d\u2019autant plus si l\u2019on suit l\u2019axiome du Docteur Leriche (\u00ab&nbsp;la sant\u00e9, c\u2019est le silence des organes&nbsp;\u00bb), une physiologie incessamment proche de la mort le d\u00e9crit, tr\u00e8s loin de ce qui y pulse, le tonus de vie tel que, en principe, l\u2019adolescent devra s\u2019en trouver \u00e9panoui m\u00eame si la souffrance psychique, \u00e0 cet \u00e2ge, nous reconduira souvent vers le corps m\u00e9dicalis\u00e9, mesur\u00e9 et pes\u00e9, un corps d\u2019organes pr\u00e9tendument d\u00e9nu\u00e9 de chair &#8211; ce corps limite que nous \u00e9voquerons, en particulier celui de l\u2019anorexique.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la question <em>Qui je suis&nbsp;?<\/em>, le ph\u00e9nom\u00e9nologue Michel Henry pr\u00e9f\u00e9rait cette formulation qui n\u2019enferme justement pas dans la constante&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Qu\u2019est-ce que je suis&nbsp;?<\/em>&nbsp;\u00bb tant il est vrai, disait-il, que \u00ab&nbsp;<em>je suis un corps<\/em>&nbsp;\u00bb et non \u00ab&nbsp;<em>j\u2019ai un corps<\/em>&nbsp;\u00bb. Au commencement donc, <em>je<\/em> est un corps immature, plus ou moins affect\u00e9, alternant souffrance et jouissance&nbsp;; \u00e0 l\u2019adolescence, le processus de subjectivation se poursuit, se recommence de la d\u00e9couverte\/red\u00e9couverte d\u2019un autre (\u00ab&nbsp;<em>Je est un autre<\/em>&nbsp;\u00bb), lequel n\u2019est autre que le pulsionnel violentant de l\u2019int\u00e9rieur. En cette \u00e9tranget\u00e9, encore, le temps du Logos comme de la constante est second, ce qui explique pourquoi le soin devra toucher au c\u0153ur plut\u00f4t que de parler au cerveau et, par-l\u00e0 m\u00eame, devra s\u2019exposer aux vertiges des continuit\u00e9s archa\u00efques de confusions corps \u00e0 corps.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais\u2026 de quel corps pouvons-nous parler quand on parle de corps&nbsp;? Peut-\u00eatre en pr\u00eatant une attention soutenue \u00e0 ce qui serait pr\u00e9cis\u00e9ment <em>tu<\/em> ou <em>tu\u00e9<\/em> avec le mot, surtout lorsque celui-ci est \u00ab&nbsp;m\u00e9dical&nbsp;\u00bb, l\u2019\u00e9motion, celle-l\u00e0 m\u00eame qui na\u00eet dans le corps \u00e0 partir des impulsions puis des sensations, enfin des affects sollicit\u00e9s tant en interne que par l\u2019environnement ext\u00e9rieur. Le langage alimentaire (d\u00e9j\u00e0 \u201cd\u00e9SMis\u00e9\u201d) de la patiente anorexique est un rideau cartonn\u00e9 pour masquer ce qui la pr\u00e9-occupe \u00e9motionnellement. Il faut lui donner rendez-vous dans les structures \u00e9motionnelles que sa langue occulte, ne pas parler seulement d\u2019alimentation et de poids en adoptant m\u00eame, pendant un temps, son idiolecte \u00e9trange sur les formes \u00e9tranges que son corps prend. Le mot (surtout d\u2019enfant, mais de soignant aussi &#8211; souhaitons-le) n\u2019est pas toujours le meurtre de la chose, il peut savoir non plus opposer mais associer intelligence (le sens) et sensibilit\u00e9 (les sens), cognition et \u00e9motion gr\u00e2ce au trait d\u2019union de l\u2019affect. De principe, l\u2019\u00e9motionnel ne d\u00e9structure pas le cognitif puisque, suffisamment temp\u00e9r\u00e9 (tendrement), il assure au contraire sa coh\u00e9sion int\u00e9rieure&nbsp;: l\u00e0 o\u00f9 il s\u2019agit de parvenir, c\u2019est bien \u00e0 ce point o\u00f9 l\u2019esprit se laisse caresser par le corps.<\/p>\n\n\n\n<p>Le moteur (le corps psychomoteur et sensoriel) et le carburant (l\u2019affect devenu \u00e9motion, puis sentiment avant que pens\u00e9e, symbole), qui s\u2019unissent dans la chair infiltr\u00e9e de libido interne et externe, sont ainsi \u00e0 prendre en compte dans tout travail psychique, que ce soit celui du r\u00eave, du deuil, de la folie, du sympt\u00f4me, de l\u2019art\u2026 de la m\u00e9moire. <em>In fine<\/em> dans le travail psychoth\u00e9rapeutique, <em>a fortiori<\/em> lorsqu\u2019on s\u2019int\u00e9resse \u00e0 des adolescents. En n\u2019oubliant pas de rendre hommage \u00e0 Andr\u00e9 Green et \u00e0 ses d\u00e9finitions aussi pr\u00e9cises que po\u00e9tiques de l\u2019affect (\u00ab&nbsp;<em>signifiant de la chair et chair du signifiant<\/em>&nbsp;\u00bb), nous rappelons combien cette chair est un corps qui, parce qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 aim\u00e9, affect\u00e9 et libidinalis\u00e9, peut avoir de l\u2019esprit. Un corps parlant parce que parler ne suffit pas, un corps \u00e9rotis\u00e9, oui, un corps ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la consanguinit\u00e9 des corps et des affects dans les relations humaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette chair, qui va nous aider \u00e0 cerner les franges vives et souples du tissu institutionnel, son \u00e9tayage, ne se limite donc pas au corps, elle est ce qui passe par l\u2019exp\u00e9rience physiologique pour traduire \u00ab&nbsp;la communaut\u00e9 d\u2019appartenance \u00e0 un m\u00eame monde v\u00e9cu&nbsp;\u00bb (M. Merleau-Ponty), elle d\u00e9passe le simple espace corporel (le corps m\u00e9dical) pour pouvoir se nouer avec une autre chair, dans un enveloppement tendre et tonique, r\u00e9ciproque, entra\u00eenant des cascades \u00e9motionnelles qui bordent le d\u00e9sir du sujet en lui conf\u00e9rant un tonus identitaire et\/ou l\u2019inqui\u00e9tant de lui laisser vivre les menaces du d\u00e9bordement. Ce qui prend corps autant que sens chez l\u2019<em>infans<\/em>, ce qui se rejoue chez l\u2019adolescent, parfois pour \u00e9viter cette \u00e9tape nouvelle, ce dr\u00f4le de tour, \u00e9nigmatique, qu\u2019impose la pubert\u00e9 et qui offre, quand m\u00eame, en corps, la possibilit\u00e9 de d\u00e9jouer ce qui fut autrefois nou\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est bien l\u00e0 l\u2019ambition du th\u00e9rapeute d\u2019une patiente anorexique&nbsp;: non qu\u2019elle reprenne \u00ab&nbsp;platement&nbsp;\u00bb du poids mais que sa chair puisse \u00eatre \u00e0 nouveau aimable et que, pour se faire, elle redevienne \u00ab&nbsp;sanguine&nbsp;\u00bb, plus que \u00ab&nbsp;nerveuse&nbsp;\u00bb, porteuse de cet incarnat rouge marqueur davantage du d\u00e9sir qui bruisse que de l\u2019excitation qui br\u00fble. Cette rougeur du corps, qu\u2019accompagnera \u00e9ventuellement une goutte de rouge \u00e0 l\u00e8vres, la coquetterie de boucles d\u2019oreille, est le t\u00e9moin d\u2019un \u00e9v\u00e8nement \u00e9rotique temp\u00e9r\u00e9, tamis\u00e9, sollicit\u00e9 par l\u2019autre et r\u00e9pondant \u00e0 cette sollicitation.<\/p>\n\n\n\n<p>La peau de l\u2019enfant \u00e9rotis\u00e9e par l\u2019objet, la m\u00e8re \u00ab&nbsp;premi\u00e8re s\u00e9ductrice&nbsp;\u00bb, devient chair dont la substance \u00e9panouit la pluridimensionalit\u00e9 du corps v\u00e9cu, de l\u2019\u00eatre au monde, de la sensibilit\u00e9, de la sensualit\u00e9\u2026 du plaisir auto-\u00e9rotique (d\u00e9rob\u00e9 au plein de l\u2019autre) ou auto-sensuel (emprunt au vide de l\u2019autre, du moins \u00e0 un autre \u00ab&nbsp;\u00e9vid\u00e9&nbsp;\u00bb par l\u2019intensit\u00e9 de l\u2019attente). Enfin, c\u2019est parler toujours d\u2019un corps qui a une histoire infantile, singuli\u00e8rement celle de corps \u00e0 corps en jeux de tendresse et de confusion. Ainsi le corps de l\u2019anorexique est le corps de son enfance qu\u2019elle se rem\u00e9more plus ou moins faussement, qu\u2019elle veut re-pr\u00e9senter au monde avec un m\u00e9lange de r\u00e9serve et d\u2019ambition (dont celle d\u2019agresser les corps de ses g\u00e9niteurs d\u2019o\u00f9 elle est issue et de faire honte au corps familial)&nbsp;; en passe d\u2019y couler son identit\u00e9 narrative m\u00eame, elle vit et r\u00e9p\u00e8te un pass\u00e9 d\u00e9sincarn\u00e9 et ind\u00e9passable, maigre car morne, un corps incarnation de l\u2019absence ou de l\u2019inadaptation du <em>holding<\/em>, une mat\u00e9rialit\u00e9 corporelle de l\u2019absence dans le sympt\u00f4me, l\u2019ombre de l\u2019absence tomb\u00e9e sur le moi corporel du sujet.<\/p>\n\n\n\n<p>Pointons-en ce qui appara\u00eet essentiel chez elle, chez beaucoup d\u2019autres&nbsp;: que les soignants, et singuli\u00e8rement ceux en charge des m\u00e9diations corporelles, comprennent que ce n\u2019est pas seulement avec un corps d\u2019enfant <em>revenu<\/em>, symptomatiquement et biologiquement, \u00e0 un fonctionnement pr\u00e9pubertaire qu\u2019ils travaillent, mais avec un <em>destin<\/em> qu\u2019ils permettent ou non de voir s\u2019annoncer, puis advenir, dans les heures de vrais \u00e9changes qu\u2019ils vont promouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Les patientes anorexiques ne sont pas \u00ab&nbsp;en proie&nbsp;\u00bb, non plus, \u00e0 se fantasmer un corps de r\u00eave, une \u00e9rection vaniteuse de mannequin. Toutes les th\u00e9orisations sur l\u2019impact des mutations socioculturelles qui contraindraient ces jeunes filles en fleur \u00e0 se plier \u00e0 de nouveaux codes sont \u00e0 discuter \u00e0 l\u2019aune du d\u00e9veloppement psychosexuel de l\u2019enfant et de l\u2019adolescent, l\u2019histoire du tamisage perspirant entre excitation et contenance. Que celles-ci se saisissent d\u2019un f\u00e9tiche soci\u00e9tal certes, qu\u2019elles l\u2019absorbent m\u00eame et l\u2019incorporent pour se soutenir plus que pour se sustenter certes aussi\u2026 mais \u00e0 d\u00e9faut de quoi&nbsp;? Nous parlons ici de narcissisme primaire, ce qui le fond et le nourrit&nbsp;: l\u2019\u00e9rotique dans les \u00e9changes primitifs. En de\u00e7\u00e0, bien en de\u00e7\u00e0 de l\u2019orgueil, la construction d\u00e9faillante de l\u2019architecture du sujet, avant, bien avant que celle de ses apparats. Quelque chose, d\u2019une chair, qui n\u2019a pris forme.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019anorexique montre comment la pubert\u00e9 relance dramatiquement l\u2019ancienne \u00ab&nbsp;inharmonie&nbsp;\u00bb d\u2019avec l\u2019objet primaire d\u2019attachement lors des interrelations pr\u00e9coces (A. Rimbaud, <em>Matin\u00e9e d\u2019ivresse<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>quand la fanfare tournant, nous serons rendus \u00e0 notre ancienne inharmonie<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;; l\u2019adolescence est dynamique circulaire faite de rebonds qui permettent reprise d\u2019\u00e9lan, mouvements progr\u00e9dients et, aussi, r\u00e9gressifs). C\u2019est tr\u00e8s secondairement, pouss\u00e9e de l\u2019\u00e9preuve des caract\u00e8res sexuels pr\u00e9cis\u00e9ment dits \u00ab&nbsp;secondaires&nbsp;\u00bb, que la voil\u00e0 qui se cauchemarde le corps, lequel ne cesse de risquer de retourner \u00e0 l\u2019archa\u00efque informe en ayant, d\u00e8s lors, le besoin d\u2019\u00eatre auto-entre-tenu d\u2019une tension permanente. Il s\u2019\u00e9panouit une impossibilit\u00e9 ou un refus \u00e0, de, la sexualit\u00e9 en tant qu\u2019elle serait rencontre avec quelqu\u2019un pouvant parer \u00e0 l\u2019absence \u00e9rotique originaire (non s\u2019y substituer, mais en occuper la trace de l\u2019absence), et donner une autre forme au corps en le redessinant \u00e0 l\u2019aune de son d\u00e9sir \u00e0 lui, autoris\u00e9 \u00e0 cette place intens\u00e9ment pr\u00e9-occupante.<\/p>\n\n\n\n<p>Le plus souvent le v\u00e9cu d\u2019informe \u00e0 l\u2019adolescence, de monstrueux, est secondaris\u00e9 et verbalis\u00e9 en un d\u00e9go\u00fbt profond du corps&nbsp;: d\u00e9cid\u00e9ment, il n\u2019y a pas de corps propre. Ce d\u00e9go\u00fbt, qui s\u2019\u00e9largit r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 celui du corps des autres, singuli\u00e8rement \u00e0 celui des parents, est l\u2019empreinte d\u2019un climat incestuel. Il peut \u00eatre contre-investi par un go\u00fbt exag\u00e9r\u00e9 pour le corps dans ses fonctions et ses s\u00e9cr\u00e9tions, dans la ma\u00eetrise de celles-ci pour contenir le retour d\u2019informe (certaines vocations m\u00e9dicales s\u2019y tissent). L\u2019important reste de bien saisir que la distorsion perceptive et affective de l\u2019image du corps et le d\u00e9go\u00fbt &#8211; plus ou moins masqu\u00e9 &#8211; quasi mythique du corps, de ses formes, de ses d\u00e9sirs et de ses plaisirs, sont puissamment r\u00e9activ\u00e9s \u00e0 la pubert\u00e9 rendant tout potentiellement \u00ab&nbsp;actable&nbsp;\u00bb (d\u00e9sir-procr\u00e9ation et agressivit\u00e9-meurtre), mais qu\u2019ils datent de la prime-enfance en ayant instruit la terreur d\u2019une fausse appr\u00e9hension-objectivation-individuation de soi.<\/p>\n\n\n\n<p>Rappelons cette banalit\u00e9 que l\u2019adolescence, c\u2019est une force nouvelle en attente de vectorisation&nbsp;: physique avant d\u2019\u00eatre psychique, encore une fois le Logos est loin en ce temps qui m\u00eale discontinuit\u00e9 et continuit\u00e9. De fait c\u2019est un Logos <em>repouss\u00e9<\/em>, \u00e0 la fois recouvert de l\u2019exacerbation pulsionnelle et en qu\u00eate de mots in\u00e9dits, d\u2019un n\u00e9o-langage qui signifiera l\u2019int\u00e9gration aux nouvelles communaut\u00e9s (il faudra aussi que le mot se d\u00e9colle de la chair des interactions premi\u00e8res&nbsp;: Beckett d\u00e9livre l\u2019expression in\u00e9dite de sa sensorialit\u00e9 lorsqu\u2019il rompt avec sa langue maternelle\u2026 pour mieux en retrouver les dessous). C\u2019est le tissu charnel du sens, l\u2019esprit du corps qui, singuli\u00e8rement, s\u2019agite \u00e0 l\u2019adolescence, pouss\u00e9 du sexuel et de l\u2019auto-perception de sa vigueur. Ainsi, si la pulsion est bien \u00ab&nbsp;mesure de l\u2019exigence de travail qui est impos\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e2me par suite de sa coh\u00e9rence avec le corporel&nbsp;\u00bb (Freud, 1915), elle se confond en identit\u00e9 remarquable avec l\u2019adolescence, ses n\u00e9cessit\u00e9s de familiarisation intime.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019en con\u00e7oit une menace soci\u00e9tale, classique bien qu\u2019admettant des masques divers tournant autour de la querelle des modernes et des anciens&nbsp;: le p\u00e9ril du d\u00e9bordement, par la pulsion, par l\u2019adolescence, des contenants pr\u00e9c\u00e9demment mis en place (il doit s\u2019en \u00e9voquer aussi un risque professionnel, celui de la possibilit\u00e9 \u00ab&nbsp;cannibale m\u00e9lancolique&nbsp;\u00bb du soignant, attir\u00e9 l\u00e0 par l\u2019envie de se nourrir d\u2019un \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sum\u00e9 tout en le refroidissant). Au fil des g\u00e9n\u00e9rations, ce qui les rassemble est ce qui marque la diff\u00e9renciation, l\u2019implacable restant la <em>mutation<\/em> dans sa d\u00e9finition la plus g\u00e9n\u00e9tique&nbsp;: l\u2019acquisition d\u2019un caract\u00e8re nouveau par une structure pr\u00e9existante, \u00e0 l\u2019adolescence le sexuel, un autre sexuel, et la force physique accrue p\u00e9n\u00e9trant \u00e9galement l\u2019enfant. L\u2019ambivalence des adultes envers la jeunesse qui pousse en leur rappelant le pass\u00e9 de leur propre \u00ab&nbsp;mutation&nbsp;\u00bb est in\u00e9vitable et l\u2019ancienne figuration d\u2019un \u00e2ge \u00ab&nbsp;b\u00eate&nbsp;\u00bb poss\u00e9dait au moins cette franchise de d\u00e9signer le lieu du probl\u00e8me&nbsp;: la base \u00ab&nbsp;animale&nbsp;\u00bb de la pulsion. La disqualification appara\u00eet aujourd\u2019hui plus compl\u00e8te, bien que plus hypocrite, dans une mani\u00e8re de qualifier \u00e0 l\u2019exact oppos\u00e9, comme l\u2019autre face d\u2019une m\u00eame pi\u00e8ce, un nouvel \u00e2ge supraintelligent et supra-capable, des sortes de \u00ab&nbsp;mutants&nbsp;\u00bb certes, mais pr\u00e9textes \u00e0 effacer sans discussion le scandale du psycho-sexuel, l\u2019importance du corps et celle de la sexualit\u00e9 infantile.<\/p>\n\n\n\n<p>Que ces attentes, d\u2019une d\u00e9mat\u00e9rialisation, d\u2019une d\u00e9sincarnation, d\u2019une efficacit\u00e9 pragmatique sans h\u00e9sitation ni personnel butinage (o\u00f9 l\u2019auto-\u00e9rotisme constitue le butin), paraissent grandes\u2026 et valid\u00e9es par les mesures prophylactiques anti-covid19 qui interdisent toucher et collectif&nbsp;! Mais le constat s\u2019impose, depuis quelques temps, d\u2019une grande fatigue&nbsp;: si ce n\u2019est, chez l\u2019ado, la d\u00e9faillance psycho-somatique, ce serait, au moins, l\u2019\u00e9rotisation de la passivit\u00e9. Le nombre de d\u00e9crocheurs du tempo scolaire \u00e9tant extensif, les ph\u00e9nom\u00e8nes de claustrations juv\u00e9niles augmentant, tout se passe comme si, de plus en plus, l\u2019enfant arrivait harass\u00e9 en adolescence, porteur d\u2019un mal-\u00eatre \u00e0 fleur de peau et d\u2019une excitabilit\u00e9 \u00e9nigmatique (excitabilit\u00e9, ruine de la dialectique, qui se remarque tr\u00e8s bien d\u2019aller chercher sa cause indiscutable d\u00e8s qu\u2019un peu de d\u00e9confinement est permis). Sur suffisamment d\u2019indices, il se montre ainsi une dynamique globale d\u2019achoppement dans le processus d\u2019int\u00e9gration permettant d\u2019abord la familiarisation du sujet \u00e0 son propre bien, sa propre intimit\u00e9, ses propres fantasmes, bref le montage pulsionnel.<\/p>\n\n\n\n<p>Le corps devient \u00e9trange\u2026 \u00e9tranger&nbsp;? C\u2019est l\u2019histoire de l\u2019adolescence, banale, qui donne \u00e0 \u00e9prouver \u00e0 l\u2019individu qu\u2019il est lui-m\u00eame et un autre, celui-ci flou comme la remont\u00e9e de quelque chose \u00e0 la surface d\u2019une eau se brouillant \u00e0 la mesure o\u00f9 le percept semblait saisissable. Justement, penser l\u2019adolescence c\u2019est accueillir cette \u00e9tranget\u00e9 laquelle, dans nos th\u00e9orisations habituelles, trouverait plus de clart\u00e9 (reflet du transitionnel donc du paradoxe&nbsp;: la clart\u00e9 restera probablement obscure) \u00e0 se concevoir comme un spectre fonction de l\u2019\u00e9quilibre du monde interne et des limites \u00e0 celui-ci&nbsp;: un spectre, affectif, allant d\u2019une borne d\u2019intol\u00e9rable terreur, celle-ci jusqu\u2019au bruit blanc de la sid\u00e9ration, \u00e9cho direct, pr\u00e9serv\u00e9 <em>ad integrum<\/em>, de l\u2019informe originaire (<em>no-thing<\/em>), \u00e0 la borne du plaisir possible m\u00eame si pos\u00e9 sur risque d\u2019inqui\u00e9tude. Bien des exp\u00e9riences \u00e0 type de recherches de sensations, notamment \u00e0 l\u2019adolescence, semblent destin\u00e9es \u00e0 am\u00e9nager autrement, ne serait-ce que plus solidement, ce spectre intime de l\u2019\u00e9tranget\u00e9&nbsp;: le fixer voire le vitrifier, ne plus en \u00eatre \u00e9branl\u00e9 du dedans. Ce qui nous conduit \u00e0 dire un mot, apr\u00e8s la chair, de son conducteur essentiel&nbsp;: l\u2019affect.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9l\u00e9mentaire forme corps-pens\u00e9e refl\u00e9tant d\u2019abord l\u2019autre en soi, \u00e0 la fois le corps (toujours un irr\u00e9ductible \u00e9tranger \u00e0 la pens\u00e9e) et l\u2019objet-jeu primaire, l\u2019affect sera l\u2019\u00e9cho des premi\u00e8res traductions d\u2019\u00e9prouv\u00e9s somatiques du sujet. Il ranime au Moi la corpor\u00e9it\u00e9 de l\u2019inclusion m\u00e8re-<em>infans<\/em> et ses risques d\u2019inharmonie, d\u2019informe. Ainsi le sujet peut se ressentir, dans l\u2019affect, agi peu ou prou comme par un \u00e9tranger et l\u2019\u00e9tranget\u00e9 de l\u2019affect devenir intol\u00e9rable, sollicitant des d\u00e9fenses en contre, une construction dualiste de soi&nbsp;: la machinerie cognitive contre le corps \u00e9mu. Dans la s\u00e9miologie limite, r\u00e9guli\u00e8rement, ces d\u00e9fenses en contre appartiennent d\u00e9j\u00e0 aux ascendants du sujet&nbsp;: ils font corps, et non chair, dans la ratification d\u2019un contrat narcissique \u00e0 eux-m\u00eames inconscient. Le consensuel (ou le conformisme faux-<em>self<\/em>) est masque du sensuel, il s\u2019oppose \u00e0 lui en entretenant, viss\u00e9 sur lui, une jouissance auto-sensuelle excluant puissamment l\u2019auto-\u00e9rotisme d\u2019une rencontre autrement nourrissante \u00e0 l\u2019alt\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont l\u00e0 des dynamiques auto-renfor\u00e7atrices. La vie de l\u2019affect est d\u2019\u00eatre orient\u00e9e dans l\u2019ordre des repr\u00e9sentations &#8211; organis\u00e9es par exemple en fantasme-pour constituer une affectation (une traduction) narcissique, qui tend \u00e0 la mise en forme unitaire appropriable par le Moi, et objectale, qui tend \u00e0 d\u00e9terminer un but pour \u00e9teindre l\u2019excitation. Si la construction subjective ranime incessamment le risque de l\u2019informe, de l\u2019intol\u00e9rable \u00e9tranget\u00e9 (ce qui est per\u00e7u comme une disqualification de soi d\u2019allure auto-toxique), la d\u00e9fense contre le p\u00e9ril de cette effraction traumatique du sens orientera le processus de subjectivation en le d\u00e9tournant de sa voie dialectique pointant habituellement transitionnalit\u00e9 et tierc\u00e9isation. Le sujet se fortifie, t\u00f4t, contre la constitution de l\u2019aire interm\u00e9diaire, aire du transitionnel, \u00e9galement du pr\u00e9conscient et, par-l\u00e0, de l\u2019accessibilit\u00e9 au compromis n\u00e9vrotique. Nous pouvons en reprendre cette caract\u00e9risation d\u2019 \u00ab&nbsp;enfant sans histoires&nbsp;\u00bb, ant\u00e9c\u00e9dent fr\u00e9quent du fonctionnement limite (en particulier chez les anorexiques), la mettre en relation avec la perp\u00e9tuation d\u2019un faux-<em>self<\/em> en compl\u00e9tant le mod\u00e8le des propositions de Sami-Ali sur le banal (\u00ab&nbsp;familier qui, \u00e0 force de familiarit\u00e9, n\u2019a plus rien \u00e0 voir avec l\u2019\u00e9trange&nbsp;\u00bb), il faut relever surtout une pseudoadaptabilit\u00e9 pr\u00e9coce du sujet qui, pourtant, refusera de plus en plus tout apport venant de l\u2019ext\u00e9rieur. L\u00e0 l\u2019autonomie, souvent surestim\u00e9e par les parents, r\u00e9tr\u00e9cit effectivement l\u2019aire transitionnelle en privil\u00e9giant le fonctionnement d\u2019un Moi-cognitif aux d\u00e9pens du jeu et de l\u2019int\u00e9gration progressive des exigences pulsionnelles dans le cours du d\u00e9veloppement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire sans histoires, lisse et plate, porteuse de corps sans chair, est cependant ressentie grosse, de m\u00eame que l\u2019anorexique ressent son propre corps puisqu\u2019elle est gonfl\u00e9e, cette histoire, de tout ce qui, cruellement, \u00e9chappe \u00e0 la mise en histoire, tout ce qui \u00e9choue \u00e0 se tamiser sur les voies d\u2019aires interm\u00e9diaires et qui ne cesse de bomber au plus pr\u00e8s du corps, au-dessous m\u00eame de l\u2019affect qu\u2019it\u00e9rativement elle saisit (faisant bombe\u2026 ces actes it\u00e9ratifs, d\u2019un coup non syntones \u00e0 l\u2019environnement). Ceci parce que, s\u2019il peut y avoir une carence dans le montage de la pulsion, il ne saurait s\u2019en trouver dans l\u2019excitation somatique qui l\u2019anime irr\u00e9sistiblement en son fond, cette excitation suscitant l\u2019entretien et la r\u00e9p\u00e9tition des d\u00e9fenses mutilantes, et l\u2019expressivit\u00e9 r\u00e9guli\u00e8re, depuis les premiers temps, d\u2019un mal-\u00eatre au niveau du corporel.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce tableau, du patient limite, s\u2019associe pr\u00e9cocement \u00e0 diverses plaintes somatiques, souvent \u00e0 des sympt\u00f4mes t\u00e9moignant de la pr\u00e9carit\u00e9 de la liaison psycho-somatique beaucoup plus que d\u2019un am\u00e9nagement hyst\u00e9rique avec, toujours, des relations d\u00e9nud\u00e9es d\u2019\u00e9vidence entre le corps et les repr\u00e9sentations parmi lesquelles l\u2019image corporelle du sujet s\u2019av\u00e8re constamment troubl\u00e9e. Et nous pouvons aussi en \u00e9voquer, \u00e0 cet endroit, la particularit\u00e9 \u00e9pid\u00e9miologique du trouble dans le genre li\u00e9 au fonctionnement limite&nbsp;: la pr\u00e9valence d\u2019adolescentes.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9quilibre de la dialectique subjectivante pour le sujet f\u00e9minin lui impose un rapport plus au risque du paradoxe avec la th\u00e9matique de l\u2019\u00e9tranger et de l\u2019\u00e9tranget\u00e9 (l\u2019autre, la pulsion, le corps, l\u2019informe, du moins ce qui s\u2019invagine, n\u2019a pas de forme visible et appartient \u00e0 l\u2019objet primaire aussi). Ainsi la sexualit\u00e9 f\u00e9minine n\u00e9cessite un mouvement sp\u00e9cifique d\u2019int\u00e9gration de l\u2019\u00e9tranget\u00e9&nbsp;: devoir \u00ab&nbsp;refaire&nbsp;\u00bb de la m\u00e8re un familier int\u00e9rioris\u00e9 autant que s\u00e9par\u00e9 dans l\u2019appr\u00e9hension de ses limites propres et faire de l\u2019objet h\u00e9t\u00e9rosexuel masculin, \u00e9tranger, un familier acceptable en soi &#8211; ce mouvement d\u2019acceptation \u00e9tant secondaire, pos\u00e9 sur la base de l\u2019int\u00e9gration pr\u00e9c\u00e9dente de l\u2019\u00e9tranget\u00e9 corps \u00e0 corps du f\u00e9minin. La fille a le trouble limite plus facile, d\u2019avoir sa m\u00e8re dans la peau tandis que la pubert\u00e9 en remet une couche d\u2019effet d\u2019\u00e9tranget\u00e9. L\u2019apr\u00e8s-coup pubertaire du gar\u00e7on, au contraire, signifie son identification au mod\u00e8le paternel pour le pr\u00e9server d\u2019une m\u00eame effractibilit\u00e9, par le maternel, de son sentiment d\u2019existence. Il est \u00e9galement plus \u00e9vident et simple pour lui de jouer des caract\u00e8res sexuels secondaires (rigolade&nbsp;: \u00e7a fait pousser la moustache), il se con\u00e7oit donc que le conflit et l\u2019issue identificatoire \u00e0 l\u2019adolescence, pour la fille, s\u2019effectue davantage au risque du paradoxe sid\u00e9rant qu\u2019au b\u00e9n\u00e9fice du jeu structurant le <em>je<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on peut d\u00e9crire une \u00ab&nbsp;angoisse de f\u00e9minin&nbsp;\u00bb, un \u00ab&nbsp;refus de f\u00e9minit\u00e9&nbsp;\u00bb fr\u00e9quent chez nos patients, avec pour les adolescentes une pr\u00e9valence \u00e9lev\u00e9e d\u2019homosexualit\u00e9 tr\u00e8s revendiqu\u00e9e (le plus souvent \u00e9nonc\u00e9e sans conflit&nbsp;: \u00ab&nbsp;c\u2019est mon choix&nbsp;\u00bb), il convient d\u2019y voir la r\u00e9action du sujet tant \u00e0 l\u2019\u00e9tranger effracteur masculin qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tranget\u00e9 de l\u2019effraction maternelle. Il n\u2019est pas rare que nous puissions aussi en constater une forme d\u2019alliance interg\u00e9n\u00e9rationnelle&nbsp;: une m\u00e8re ancienne enfant battue et\/ou abus\u00e9e, ayant peine \u00e0 accepter sa f\u00e9minit\u00e9 (r\u00e9action plus en contre l\u2019effracteur masculin), qui soutient l\u2019homosexualit\u00e9 virile de sa fille (celle-ci en r\u00e9action plus en contre d\u2019une m\u00e8re tour \u00e0 tour intrusive et abandonnique \u00e0 la mani\u00e8re de la s\u00e9miologie post-traumatique install\u00e9e chez elle). C\u2019est d\u2019ailleurs, tr\u00e8s souvent, la destin\u00e9e nouant le fonctionnement limite, celle d\u2019une alliance, dure comme le f\u00e9tiche, autant qu\u2019un quiproquo dans l\u2019alliance la rendant cassante comme le f\u00e9tiche.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019adolescence en tous cas, dans le n\u00e9cessaire r\u00e9am\u00e9nagement de la distance aux objets, surtout dans la n\u00e9cessaire r\u00e9appropriation de son corps, se rejoue, se d\u00e9joue ou n\u2019arrive pas \u00e0 se d\u00e9jouer l\u2019\u00e9cho de l\u2019histoire ancienne des mises en repr\u00e9sentations du sujet <em>via<\/em> les qualit\u00e9s de contenance auquel il aura pu s\u2019accorder pour se sentir \u00eatre &#8211; parmi ces mises en repr\u00e9sentations, bien s\u00fbr les mandats transg\u00e9n\u00e9rationnels. C\u2019est l\u00e0 que, \u00e0 cet \u00e2ge en g\u00e9n\u00e9ral, l\u2019histoire du trouble limite franchit le rideau des coulisses, semble prendre corps pour reprendre l\u2019individu comme la reprise d\u2019une pi\u00e8ce d\u00e9j\u00e0 mont\u00e9e et violemment dramatis\u00e9e, souvent caricaturalement m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Envisageons maintenant les perspectives th\u00e9rapeutiques d\u2019une telle adolescence contrari\u00e9e (dite plut\u00f4t \u00ab&nbsp;contrariante&nbsp;\u00bb avec force synonymes comme si, effectivement, elle s\u2019imposait enti\u00e8rement \u00e0 l\u2019enfant, \u00e0 sa famille, au contrat silencieux et n\u2019activait qu\u2019un v\u00e9cu de passivit\u00e9 et d\u2019effroi). Par souci de concision, on \u00e9pargnera le d\u00e9roul\u00e9 de leurs applications concr\u00e8tes, l\u2019important \u00e9tant la simplicit\u00e9 de leur d\u00e9finition&nbsp;: il s\u2019agit de faire corps\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u2026 Corps avec la famille&nbsp;: accueillir son fonctionnement, ses silences qui, le plus souvent, t\u00e9moignent du poids d\u2019une histoire qui la d\u00e9passe (fr\u00e9quence des ant\u00e9c\u00e9dents traumatiques) et expriment, en creux, bien plus une honte qu\u2019une culpabilit\u00e9&nbsp;; la reconna\u00eetre, elle, dans ses capacit\u00e9s, souvent d\u00e9bord\u00e9es, parfois ext\u00e9nu\u00e9es, par exemple \u00e0 constituer une vigilance m\u00eame si celle-ci aura nourri les relations d\u2019une rigidit\u00e9 clanique et la forme de masturbation collective \u00e0 petite tribu que nous avons \u00e9voqu\u00e9e plus haut&nbsp;; jouer les entretiens, les \u00e9motions, y donner de son corps (psychodramatiser)\u2026 avec une certaine mod\u00e9ration pour ne pas verser dans ce qui serait per\u00e7u comme informe et intol\u00e9rable \u00e0 nouveau. Au final, parfois tumultueusement, c\u2019est de faire corps qui soutiendra les processus de diff\u00e9renciation.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2026 Corps institutionnel&nbsp;: le Logos est d\u00e9pass\u00e9, la m\u00e9dication biologique est insuffisante et porteuse, de plus, d\u2019effets corporels in\u00e9dits et d\u00e9sagr\u00e9ables&nbsp;; il en faut donc orienter le soin vers un \u00e9largissement du corps-esprit t\u00e9nu du seul consultant (cadre bifocal, CATTP, h\u00f4pital de jour\u2026). La n\u00e9cessit\u00e9 de diffraction pour l\u2019exsudation prudente des quantums d\u2019affect, pr\u00e9c\u00e9demment coinc\u00e9e ou plus ou moins \u00ab&nbsp;b\u00eatement&nbsp;\u00bb agie (b\u00eatement au sens de la d\u00e9charge psychosomatique), r\u00e9clame habituellement cette mise en place d\u2019un dispositif par lequel l\u2019adolescent ira r\u00e9-\u00e9panouir la possibilit\u00e9 de ses mouvements projectifs et introjectifs. Il est fondamental que le corps familial autorise et soutienne ce corps institutionnel (l\u2019\u00e9cueil le plus r\u00e9p\u00e9t\u00e9 du soin \u00e0 l\u2019adolescence&nbsp;: le conflit de loyaut\u00e9 <em>via<\/em> la perception des multi-d\u00e9pendances)&nbsp;: chacun doit sentir combien il implique l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2026 M\u00e9diations corporelles&nbsp;: sur le fond des autres m\u00e9diations, celles qui engagent le corps de l\u2019adolescent doivent \u00eatre privil\u00e9gi\u00e9es lorsqu\u2019elles paraissent supportables par les deux corps pr\u00e9c\u00e9demment cit\u00e9s, la famille et l\u2019institution. Si toutes les m\u00e9diations engagent du \u00ab&nbsp;corporel&nbsp;\u00bb (m\u00eame l\u2019entretien m\u00e9dical, m\u00eame la voix du consultant qui ne se passe d\u2019une certaine posture, d\u2019un accent certain &#8211; et nous avons, \u00e0 l\u2019instant, insist\u00e9 sur l\u2019importance de ce corporel de pr\u00e9sence), nous voulons d\u00e9signer ici notre pratique des massages o\u00f9 le corps de l\u2019adolescent se trouve \u00eatre directement en position de m\u00e9dia, c\u2019est-\u00e0-dire en cette position transitionnelle du retrouv\u00e9\/recr\u00e9\u00e9<sup>1<\/sup>. Engageant pour conclure cette vis\u00e9e th\u00e9rapeutique, nous nous permettrons d\u2019en tracer quand m\u00eame quelques lignes de principes tant, d\u2019\u00eatre sur le corps, elles s\u2019av\u00e8rent r\u00e9sum\u00e9 et m\u00e9taphore de l\u2019ensemble de la dynamique institutionnelle n\u00e9cessaire au soin de l\u2019adolescent limite. Que le manque de limite produise du cas limite poss\u00e8de la pertinence d\u2019un jeu de mot qui contient le risque d\u2019orienter par trop vers la nostalgie des rep\u00e8res (victoriens&nbsp;?) et la pr\u00e9occupation du r\u00e9tablissement d\u2019autorit\u00e9 pouvant amener, sous couvert de garantir la permanence de l\u2019objet, certaines mesures th\u00e9rapeutiques finalement discutables, voire le souci de m\u00e9diations faisant suffisamment autorit\u00e9 (f\u00e9tichis\u00e9es, possiblement m\u00eame repli\u00e9es dans un id\u00e9al de \u00ab&nbsp;bonne action&nbsp;\u00bb et certainement d\u00e9charn\u00e9es car oublieuses, l\u00e0 encore, du corps et du psycho-sexuel au niveau o\u00f9 en est \u00ab&nbsp;l\u2019apparent&nbsp;\u00bb adolescent). Nous l\u2019avons dit&nbsp;: le \u00ab&nbsp;manque de limite&nbsp;\u00bb, bien s\u00fbr en lien dialectique avec la difficile \u00e9dification de l\u2019instance surmo\u00efque, est \u00e0 entendre vis-\u00e0-vis d\u2019une probl\u00e9matique g\u00e9n\u00e9rale et continue de non-architecture des espaces psychiques et des s\u00e9parations entre ces espaces. Ceci pointe, <em>in fine<\/em>, les formants du montage pulsionnel, les pr\u00e9curseurs sensoriels des instances psychiques Moi et Surmoi, le bain du narcissisme primaire confront\u00e9 \u00e0 l\u2019insuffisante construction du pare-excitant et des digues entre courant tendre et courant sensuel. En passant par la \u00ab&nbsp;peau sociale&nbsp;\u00bb vibrante de l\u2019institutionnel, c\u2019est sur ces premi\u00e8res sutures charnelles de l\u2019\u00eatre en formation, qui craquent au coup de la pubert\u00e9, que nous devons remettre de la vie, de l\u2019auto-\u00e9rotisme au lieu de l\u2019auto-sensualit\u00e9, du transitionnel au lieu du f\u00e9tiche, du bon n\u00e9gatif de refoulement au lieu du clivage.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre pr\u00e9cision semble l\u00e0 indispensable&nbsp;: si Freud a pens\u00e9 le courant tendre en opposition au courant sensuel (\u00ab&nbsp;puissant \u00e0 la pubert\u00e9&nbsp;\u00bb, S. Freud, 1905), il est important de consid\u00e9rer que, constitu\u00e9 d\u2019un m\u00e9lange de pulsions sexuelles inhib\u00e9es quant au but et de pulsions d\u2019autoconservation, ce courant tendre n\u2019est certainement pas vide de sexuel, d\u2019\u00e9rotique et que, issu des \u00e9changes premiers, c\u2019est lui qui fonde l\u2019auto-\u00e9rotisme en r\u00e9alisant un mode de satisfaction acceptable par le Surmoi. Ainsi, en attente du renfort physiologique des excitations, ce tendre se d\u00e9crit comme une structure encadrante rejoignant la d\u00e9finition du pare-excitant. C\u2019est ce tendre qui enveloppe le sexuel en le rangeant sous l\u2019autorit\u00e9 d\u2019un surmoi suffisamment bienveillant pour rassurer l\u2019autoconservation, une autorit\u00e9 qui id\u00e9alement transmet l\u2019interdit de l\u2019inceste, qui entra\u00eene la capacit\u00e9 \u00e0 renoncer \u00e0 une satisfaction imm\u00e9diate et au plaisir fruste de la d\u00e9charge. Passant par le tendre, cette d\u00e9finition du contenant, dont on distingue bien les \u00ab&nbsp;trous&nbsp;\u00bb chez le fonctionnement limite, formalise aussi bien le cadre devant tenir la maturation psycho-sexuelle de l\u2019individu que celui devant \u00eatre rencontr\u00e9 et \u00e9prouv\u00e9 dans le soin. Et pr\u00e9cis\u00e9ment, dans la m\u00e9diation corporelle qui \u00ab&nbsp;touche&nbsp;\u00bb, le soignant est plac\u00e9 en cette position du tendre qu\u2019il r\u00e9-incarne (il est, lui, figure pensante et agissante d\u2019autorit\u00e9 bienveillante qui contient sa propre libido, interdit l\u2019inceste et sait retenir les passages \u00e0 l\u2019acte). La m\u00e9diation corporelle \u00ab&nbsp;re-sense&nbsp;\u00bb la contenance du patient en touchant le juste niveau de son d\u00e9veloppement psycho-sexuel, celui du pictogramme (P. Aulagnier&nbsp;: \u00ab&nbsp;Premier sch\u00e9ma relationnel de la rencontre sensorielle avec l\u2019objet&nbsp;\u00bb), celui de l\u2019avide adh\u00e9sivit\u00e9 aux risques de l\u2019agonique, celui imm\u00e9diatement sous-jacent au d\u00e9bordement, celui de modalit\u00e9s primaires d\u2019\u00e9changes dans un processus d\u2019attention conjointe&nbsp;; \u00e9galement de condenser l\u2019ensemble des enjeux de subjectivation&nbsp;: l\u2019interdit de passage \u00e0 l\u2019acte \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du r\u00e9amor\u00e7age de la s\u00e9duction (auto-\u00e9rotisme&nbsp;: passant par l\u2019autre, la capacit\u00e9 de se plaire \u00e0 soi-m\u00eame bien plus que celle de combler le vide de l\u2019autre), la possibilit\u00e9 d\u2019une conflictualit\u00e9 (alt\u00e9rit\u00e9) qui ne soit destructivit\u00e9 (alt\u00e9ration), la potentialit\u00e9 \u00e0 diff\u00e9rer (retenir pour, plus tard, \u00e9laborer).<\/p>\n\n\n\n<p>Aux conditions de l\u2019institutionnel, dont celle d\u2019avoir toujours un tiers en t\u00eate (au moins&nbsp;: superviseur, m\u00e9decin prescripteur), dont celle de l\u2019accord explicite du corps familial, le masseur ou la masseuse autorise un plaisir, sinon en envisage la possibilit\u00e9 que le patient \u00e9prouve d\u2019\u00eatre en un tel rapproch\u00e9. Le soignant <em>manipule<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire participe \u00e0 la r\u00e9alisation de liaisons nouvelles et de repr\u00e9sentations infraverbales qui, parfois, n\u2019ont pu \u00eatre v\u00e9cues jusque-l\u00e0, accord\u00e9es \u00e0 des imagos se permettant d\u2019\u00eatre suffisamment accueillantes. Ainsi, finalement sur cette ligne de base des m\u00e9diations, pousse la capacit\u00e9 de r\u00eaverie pour renutrir l\u2019auto-\u00e9rotisme de l\u2019adolescent, sa chair, dans la perception d\u2019une \u00e9paisseur de vie renouvel\u00e9e&nbsp;: de soi \u00e0 soi en passant par le temps, le tendre de l\u2019autre, sa r\u00eaverie et la chair du soin.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin\u2026 au jour o\u00f9 cet article sera \u00e9dit\u00e9, nul ne sait ce qu\u2019il en sera des contraintes sanitaires actuelles qui ont boulevers\u00e9 l\u2019institutionnel et, notamment, interdit les m\u00e9diations corporelles de contact. Une des sp\u00e9cificit\u00e9s de la p\u00e9dopsychiatrie est de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 des corps tr\u00e8s vivants, en d\u00e9veloppement et en besoin d\u2019appuis&nbsp;; il en d\u00e9coule la n\u00e9cessit\u00e9, pour ne pas formater froidement le sujet, de faire circuler ses affects, de se laisser toucher par lui autant que de le toucher, au moins \u00e9motionnellement. Seulement, la contrainte au percept des patients qui n\u2019ont pu organiser fantasmatiquement leur monde interne pour tamiser suffisamment, au-dedans, les grandes \u00e9nigmes et stimulations de l\u2019existence, rend tr\u00e8s utile voire n\u00e9cessaire les m\u00e9diations o\u00f9 le corps est engag\u00e9, directement manipul\u00e9 par le soin, avec le tact d\u2019un bon n\u00e9gatif laissant filtrer la pulsion de vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce concret \u00ab&nbsp;toucher\/touchant&nbsp;\u00bb est sans doute un formant constitutif du soin p\u00e9dopsychiatrique lorsque le but reste celui de faire advenir \u00e0 son propre destin l\u2019enfant en d\u00e9sarroi (qu\u2019il le <em>reprenne<\/em> ce destin). Si la prophylaxie antivirale tr\u00e8s accord\u00e9e \u00e0 certaines lignes de force du monde d\u2019avant la crise devait se poursuivre, d\u00e9passer le statut de parenth\u00e8se malheureuse quant \u00e0 la r\u00e9gulation humaniste des \u00e9changes, elle devrait rencontrer &#8211; souhaitons-le &#8211; la discussion des p\u00e9dopsychiatres et leurs propositions (sur le fil de la balance habituelle b\u00e9n\u00e9fice\/risque) afin que la chair qui soigne puisse, autant que faire se peut, continuer d\u2019\u00eatre nourrie.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Note<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Nous pratiquons aussi les packs, prescrits moins fr\u00e9quemment que les massages, lorsque l\u2019angoisse du patient d\u00e9sorganise la pens\u00e9e et les enveloppes corporelles, pouvant susciter l\u2019appui sur l\u2019automutilation ainsi qu\u2019une difficult\u00e9 intense \u00e0 supporter le tact institutionnel. <\/li><\/ol>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Piera Aulagnier,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">La Violence de l\u2019interpr\u00e9tation. Du pictogramme \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9.<\/em>&nbsp;Paris, Puf, 1975.<\/p>\n\n\n\n<p>Maurice Corcos, Rimbaud,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Une adolescence viol\u00e9e<\/em>, Paris, L\u2019Esprit du temps, 2016.<\/p>\n\n\n\n<p>Maurice Corcos,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">La terreur d\u2019exister<\/em>, Paris, Dunod, 2013.<\/p>\n\n\n\n<p>Maurice Corcos, Marc Gumy, Yoann Loisel,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Pratique des m\u00e9diations corporelles \u00e0 l\u2019adolescence<\/em>, Dunod, 2019.<\/p>\n\n\n\n<p>Sigmund Freud (1915), \u00ab&nbsp;Pulsion et destin des pulsions&nbsp;\u00bb, in&nbsp;<em class=\"marquage italique\">M\u00e9tapsychologie<\/em>, Paris, Gallimard, 1968, pp.&nbsp;11-43.<\/p>\n\n\n\n<p>Sigmund Freud (1905),&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Trois essais sur la th\u00e9orie sexuelle<\/em>, Paris, Gallimard, 1987.<\/p>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9 Green,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Le discours vivant&nbsp;: la conception psychanalytique de l\u2019affect<\/em>, Paris, PUF, 2004<\/p>\n\n\n\n<p>Michel Henry (1965),&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Philosophie et ph\u00e9nom\u00e9nologie du corps<\/em>, Paris, PUF, 2011.<\/p>\n\n\n\n<p>Yoann Loisel,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Samuel Beckett, D\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre&nbsp;: l\u2019outre-verbe<\/em>, Paris, MJW F\u00e9dition, 2020.<\/p>\n\n\n\n<p>Yoann Loisel (2020), \u00ab&nbsp;De la pulsion de vie&nbsp;: l\u2019adolescence et le soin institutionnel ou la n\u00e9cessaire cheville du tendre et du temps dans la th\u00e9rapie des fonctionnements limites \u00e0 l\u2019adolescence&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Revue Fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em>&nbsp;84 (4)&nbsp;: 893-903.<\/p>\n\n\n\n<p>Yoann Loisel,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Le complexe traumatique &#8211; fonctionnement limite et traumatisme&nbsp;: la r\u00e9alit\u00e9 rejoint l\u2019affliction<\/em>, Paris, MJW F\u00e9dition, 2018.<\/p>\n\n\n\n<p>Maurice Merleau-Ponty,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Le visible et l\u2019invisible<\/em>, Paris, Gallimard, 1964.<\/p>\n\n\n\n<p>Sami-Ali,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Le banal<\/em>, Paris, Gallimard, 1980.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10249?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Dites-moi ce que je sens, je vous dirai qui je suis.&nbsp;\u00bb Samuel Beckett, L\u2019innommable. &nbsp; Le corps, dans une logique m\u00e9dicale, est un corps de \u00ab&nbsp;constantes&nbsp;\u00bb, \u00e0 ce titre, et d\u2019autant plus si l\u2019on suit l\u2019axiome du Docteur Leriche (\u00ab&nbsp;la&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1217,1214],"thematique":[176,177],"auteur":[1380,1372,1379],"dossier":[493],"mode":[60],"revue":[494],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-10249","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-adolescence","rubrique-psychanalyse","thematique-corps","thematique-narcissisme","auteur-marc-gumy","auteur-maurice-corcos","auteur-yoann-loisel","dossier-corps-et-adolescence","mode-payant","revue-494","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10249","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10249"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10249\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13286,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10249\/revisions\/13286"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10249"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10249"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10249"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10249"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10249"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10249"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10249"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10249"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10249"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}