{"id":10239,"date":"2021-08-22T07:31:36","date_gmt":"2021-08-22T05:31:36","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/les-creches-entre-confinement-et-isolement-2\/"},"modified":"2021-09-15T09:24:38","modified_gmt":"2021-09-15T07:24:38","slug":"les-creches-entre-confinement-et-isolement","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/les-creches-entre-confinement-et-isolement\/","title":{"rendered":"Les cr\u00e8ches, entre confinement et isolement"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div>\u00ab&nbsp;<em>Les enfants ont tous un fil de vie qui commence, en tout cas, d\u00e8s la naissance et nous devons veiller \u00e0 ne pas le briser<\/em>&nbsp;\u00bb<footer>(Winnicott, 1951, p. 191).<\/footer>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Des cr\u00e8ches (Mellier, 2010&nbsp;; Jean-Dit-Pannel et <em>al.<\/em>, 2015), habituellement \u00ab&nbsp;pleines&nbsp;\u00bb de b\u00e9b\u00e9s, de parents et de professionnels de la petite enfance, se sont \u00ab&nbsp;vid\u00e9es&nbsp;\u00bb lors du premier confinement li\u00e9 \u00e0 la Covid-19. Le cours de la vie dit \u00ab&nbsp;ordinaire&nbsp;\u00bb, celui du travail des adultes et de l\u2019accueil en cr\u00e8che pour les b\u00e9b\u00e9s et les jeunes enfants, s\u2019est trouv\u00e9 boulevers\u00e9. Chacun a v\u00e9cu une rupture, une crise dans ses temps lin\u00e9aires et circulaires (Missonnier, Boige, 2007, p. 12), rythmes de base qui se compl\u00e9mentent et s\u2019opposent. D\u00e9confin\u00e9s de leurs propres cr\u00e8ches (Appel, 2020), les b\u00e9b\u00e9s, les jeunes enfants et leurs <em>caregivers<\/em> ont v\u00e9cu des temps de r\u00e9accordages, de d\u00e9saccordages, des r\u00e9am\u00e9nagements psychiques et intersubjectifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Les fils de nos vies ont pris des voies inattendues, incertaines, dans un contexte propice \u00e0 diff\u00e9rentes angoisses psycho(patho)logiques, v\u00e9cues avec le virtuel des anticipations incertaines et le concret de la pand\u00e9mie (compter ses morts, ses malades, \u00eatre en confinement). Les b\u00e9b\u00e9s, les jeunes enfants, les parents et les professionnels ont \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 l\u2019\u00e9preuve d\u2019incertitudes, par cet enfermement in\u00e9dit, ce qui a pos\u00e9 une question \u00ab&nbsp;simple&nbsp;\u00bb&nbsp;: comme rester dans une pr\u00e9sence suffisamment bonne (Andr\u00e9, 2011), quand en tant que <em>caregiver<\/em> \u00ab&nbsp;on&nbsp;\u00bb n\u2019a jamais connu \u00ab&nbsp;\u00e7a&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Interruption brutale de l\u2019activit\u00e9, urgence \u00e0 rester disponible<\/h2>\n\n\n\n<p>Avec cette <em>interruption brutale<\/em> d\u2019activit\u00e9, les professionnelles de la petite enfance ont pu se sentir inutiles socialement&nbsp;: elles n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 les vaillantes soignantes h\u00e9ro\u00efques de l\u2019h\u00f4pital. Dans ce contexte de confinement, rester disponible pour les parents et leurs enfants est d\u2019abord apparu comme une urgence. Des psychologues de cr\u00e8ches ont ainsi rappel\u00e9 leurs disponibilit\u00e9s \u00e0 distance (mail, t\u00e9l\u00e9phone, <em>Skype<\/em> ou <em>WhatsApp<\/em>) afin de continuer \u00e0 accompagner les familles et afin de pr\u00e9venir des violences familiales, parentales et conjugales, li\u00e9es \u00e0 l\u2019enfermement des familles (Legrand et <em>al.<\/em>, 2020)<sup>1<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Confinement et incertitudes&nbsp;: bonne solitude <em>versus<\/em> mauvais isolement<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><div>\u00ab&nbsp;<em>De la solitude, du silence et de l\u2019obscurit\u00e9, nous ne pouvons dire que ceci&nbsp;: ce sont r\u00e9ellement les \u00e9l\u00e9ments auxquels est li\u00e9e l\u2019angoisse enfantine qui, chez la plupart des gens, ne s\u2019\u00e9teint jamais totalement.<\/em>&nbsp;\u00bb<footer>(Freud, 1919, p. 88-89)<\/footer>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Des professionnels et des parents se sont saisis de ces temps en famille en continu et ont \u00e9voqu\u00e9 un \u00e9quivalent de cong\u00e9 parental. D\u2019autres \u00e9taient loin de se penser dans un \u00ab&nbsp;confinement positif&nbsp;\u00bb (Ben Soussan, 2020), selon les perspectives de la psychologie positive et de la parentalit\u00e9 positive. La capacit\u00e9 de solitude, la libert\u00e9 de s\u2019isoler <em>sans s\u2019enfermer<\/em> (Audibert, 2012) est diff\u00e9remment en jeu quand le ou les parents se retrouvent \u00ab&nbsp;seul(s)&nbsp;\u00bb avec leur(s) enfant(s) (Jean-Dit-Pannel et <em>al.<\/em>, 2015). Et ce, ordinairement, que ce soit lors de la p\u00e9riode p\u00e9rinatale, ou lorsque des b\u00e9b\u00e9s, des enfants et des professionnelles se vivent enferm\u00e9s en cr\u00e8che et\/ou, extraordinairement, quand la population se retrouve enferm\u00e9e chez elle, en isolement du fait d\u2019une pand\u00e9mie. Des familles se sont (re)trouv\u00e9es, d\u2019autres ont v\u00e9cu des moments de conflictualit\u00e9s de diff\u00e9rentes intensit\u00e9s. \u00catre ensemble en continu, face \u00e0 soi-m\u00eame, face aux autres, a pu r\u00e9v\u00e9ler des vides int\u00e9rieurs&nbsp;: en soi, au sein du couple conjugal et\/ou parental, au sein de la famille nucl\u00e9aire et \u00e9largie, du travail (F\u00e9dida, 2001).<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant le confinement, lors d\u2019un entretien par <em>Skype<\/em> avec le papa d\u2019Elyott, celui-ci m\u2019indique \u00ab&nbsp;moi cette p\u00e9riode de confinement, j\u2019adore&nbsp;!&nbsp;\u00bb. En effet, s\u00e9par\u00e9 depuis plusieurs mois de sa conjointe, le couple parental a mis en place une garde altern\u00e9e. Ainsi, le p\u00e8re a pu se retrouver \u00ab&nbsp;enfin seuls&nbsp;!&nbsp;\u00bb avec son enfant en continu, ce qui n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 le cas depuis sa naissance. Il a ainsi eu \u00ab&nbsp;comme un cong\u00e9 parental&nbsp;\u00bb, lui qui n\u2019avait pas pu en prendre, d\u2019autant plus qu\u2019il \u00e9tait le seul \u00e0 travailler dans son couple. Dans cette situation, le cadre paternel propos\u00e9 et r\u00e9p\u00e9t\u00e9 avec Elyott a, selon son p\u00e8re, aid\u00e9 son fils \u00e0 trouver le sommeil \u00ab&nbsp;plus tranquillement&nbsp;\u00bb. Lors du premier d\u00e9confinement, les s\u00e9parations \u00e0 la cr\u00e8che se d\u00e9roulent plus sereinement pour Elyott, surtout avec son p\u00e8re dans ce qui sera observ\u00e9 par les professionnelles de l\u2019unit\u00e9 de vie de cet enfant. Avant cela, les s\u00e9parations \u00e9taient, selon le papa, v\u00e9cues par Elyott \u00ab&nbsp;comme un arrachement&nbsp;\u00bb. Ces temps pass\u00e9s en continu entre le p\u00e8re et son fils \u00e0 la maison lors du confinement auraient ainsi d\u00e9jou\u00e9 ces difficult\u00e9s dans les s\u00e9parations.<\/p>\n\n\n\n<p>Les rep\u00e8res temporels et les rythmes associ\u00e9s se sont v\u00e9cus diff\u00e9remment dans ce contexte intriguant d\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 (Mellier, 2003). Les (re)devenants parents ont en effet \u00e9t\u00e9 contraints de travailler leurs angoisses.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un couloir, apr\u00e8s avoir d\u00e9pos\u00e9 son b\u00e9b\u00e9 \u00e0 la cr\u00e8che (n\u00e9 en d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e 2020), un p\u00e8re diagnostiqu\u00e9 positif \u00e0 la Covid-19 me dit avoir \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;clou\u00e9 au lit pendant trois semaines \u00e0 la maison, avec une hospitalisation lors du d\u00e9confinement suite \u00e0 des probl\u00e8mes respiratoires&nbsp;\u00bb. Notre lien s\u2019est travaill\u00e9 notamment lors de <em>caf\u00e9s parents<\/em> \u00e0 la cr\u00e8che (Jean-Dit-Pannel, 2020), depuis l\u2019arriv\u00e9e de son grand fils, \u00e2g\u00e9 maintenant de quatre ans et \u00ab&nbsp;pr\u00eat pour sa rentr\u00e9e en moyenne section&nbsp;\u00bb. Leurs enfants ont \u00e9t\u00e9 contraints \u00e0 \u00eatre encombr\u00e9s des angoisses de leurs parents plus ou moins nomm\u00e9s, plus ou moins nommables, v\u00e9cues intrapsychiquement et intrafamilialement tr\u00e8s diff\u00e9remment. Lors des temps d\u2019allaitement de la maman avec son b\u00e9b\u00e9, leur a\u00een\u00e9 allait veiller sur son p\u00e8re, suite \u00e0 de nombreux malaises de ce dernier. Depuis, il \u00e9conomise continuellement son p\u00e8re en lui disant \u00ab&nbsp;tu dois te reposer&nbsp;\u00bb, et appr\u00e9cie beaucoup quand, \u00e0 la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9, son p\u00e8re peut se remettre enfin \u00ab&nbsp;\u00e0 jouer un peu au ballon avec lui&nbsp;\u00bb. Nous prendrons rendez-vous avant de nous quitter pour un entretien familial afin de penser toutes les particularit\u00e9s de la situation, v\u00e9cues par chacun tr\u00e8s diff\u00e9remment.<\/p>\n\n\n\n<p>Des angoisses parano\u00efdes, phobiques, obsessionnelles et hypocondriaques se sont \u00e9galement trouv\u00e9es (Jean-Dit-Pannel et <em>al.<\/em>, 2020). En effet, comment \u00e9couter les signes de son corps avec toute une s\u00e9rie d\u2019informations contradictoires relay\u00e9es par les m\u00e9dias et r\u00e9seaux sociaux&nbsp;? L\u2019enfermement et le surmenage des m\u00e8res lors du confinement ont pu conduire, par exemple, \u00e0 des d\u00e9nis de grossesse. Lors d\u2019une r\u00e9union d\u2019\u00e9quipe en juillet 2020, les professionnelles de la structure me font part de l\u2019arriv\u00e9e d\u2019une petite s\u0153ur pour une petite fille de la cr\u00e8che. \u00ab&nbsp;La m\u00e8re a fait un d\u00e9ni de grossesse, jusqu\u2019\u00e0 six mois&nbsp;\u00bb, m\u2019indique la r\u00e9f\u00e9rente de C\u00e9lestine. Sans le soutien de son mari, physiquement au travail, et accapar\u00e9e par ses quatre enfants d\u2019\u00e2ges diff\u00e9rents \u00e0 la maison, notamment par leurs enseignements \u00e0 distance, elle se serait n\u00e9glig\u00e9e, n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 en mesure d\u2019\u00e9couter son corps et ses signaux. Avec le premier d\u00e9confinement, elle s\u2019est autoris\u00e9e \u00e0 aller voir son m\u00e9decin et faire des examens pour finalement apprendre qu\u2019elle \u00e9tait enceinte de six mois. Que de changements soudains pour cette famille en cette p\u00e9riode particuli\u00e8re&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Ces changements soudains lors du premier confinement ont fait observer des modifications de rythmes chez les b\u00e9b\u00e9s et les jeunes enfants. Les enfants ont pu dormir \u00e0 leurs rythmes, suffisamment pour certains, lib\u00e9r\u00e9s des contraintes de leur(s) parent(s), confus\u00e9ment pour d\u2019autres, d\u00e9rout\u00e9s dans leurs rep\u00e8res circadiens. L\u2019alimentation s\u2019est trouv\u00e9e moins diversifi\u00e9e avec les contraintes li\u00e9es \u00e0 l\u2019acc\u00e8s aux produits frais, \u00e0 des courses moins r\u00e9guli\u00e8res, \u00e0 \u00eatre dans des difficult\u00e9s financi\u00e8res. Sur le plan psychomoteur, certains enfants en appartement ne pouvaient m\u00eame plus se rendre dans des parcs, ce qui a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des \u00e9tats de surexcitation. Certains parents ont ainsi laiss\u00e9 leurs enfants (sur)investir des \u00e9crans.<\/p>\n\n\n\n<p>Des parents pr\u00e9sents en continu \u00e0 la maison ont \u00e9t\u00e9 absorb\u00e9s par leurs activit\u00e9s en t\u00e9l\u00e9travail et par la crise pand\u00e9mique. Quels sentiments d\u2019isolement, de d\u00e9solation ont ainsi v\u00e9cu des b\u00e9b\u00e9s et des enfants et quelles modalit\u00e9s pour en rendre compte ont-ils \u00e9t\u00e9 en mesure de (se) saisir&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Des masques \u00e0 la cr\u00e8che&nbsp;: quelle pr\u00e9sence affective suffisamment vivante&nbsp;?<\/h2>\n\n\n\n<p>Avant ce premier confinement, j\u2019avais quelques r\u00e9sistances \u00e0 travailler virtuellement, notamment par mon besoin que les corps communiquent \u00ab&nbsp;en pr\u00e9sentiel&nbsp;\u00bb. Lorsque j\u2019ai r\u00e9pondu pendant le confinement \u00e0 des demandes de consultations par t\u00e9l\u00e9phone, <em>Skype<\/em> et <em>WhatsApp<\/em> de patients d\u00e9j\u00e0 suivis et de nouveaux patients, je trouvais un hyperinvestissement de ces temps de soins par les patients li\u00e9 au confinement, aux angoisses li\u00e9es \u00e0 la pand\u00e9mie. Ce complexe travail d\u2019attention virtuelle m\u2019\u00e9tait grandement \u00e9nergivore (ce dont des coll\u00e8gues psychanalystes francophones en France, au Br\u00e9sil et au Canada ont t\u00e9moign\u00e9 commun\u00e9ment, <em>cf.<\/em> le Webinaire organis\u00e9 par l\u2019IPA, \u00ab&nbsp;L\u2019accident Covid-19 au c\u0153ur de l\u2019humain&nbsp;\u00bb, en mai 2020). Je me suis aussi demand\u00e9 quelle allait \u00eatre la place de ma participation affective, notamment de mes mimiques. Je souhaitais ainsi incarner une pr\u00e9sence bien vivante\/suffisamment vivante, virtuellement (Tisseron, 2020). Cela m\u2019a en quelque sorte pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 ce qui pourrait se passer dans les interactions en consultations et en cr\u00e8ches derri\u00e8re un masque. Comment accompagner l\u2019autre sujet &#8211; b\u00e9b\u00e9, jeune enfant, parents, patient, soignants\u2026 &#8211; dans ses besoins quand le <em>caregiver<\/em> a peut-\u00eatre lui-m\u00eame besoin d\u2019\u00eatre secouru&nbsp;? Comment travailler le <em>holding<\/em> et le <em>handling<\/em>, les portages physiques et psychiques, avec ces recommandations de distanciations sociales&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Avec le premier d\u00e9confinement, les reprises progressives des \u00e9quipes se sont propos\u00e9es avec des temps de r\u00e9union, afin de discuter des enjeux sanitaires, des r\u00e9sistances de chacune, et de penser comment jouer, au sens de <em>play<\/em>, avec ce cadre rigide (de <em>game<\/em> enfermant, avec le risque d\u2019agirs confort\u00e9s par ces mesures sanitaires). Il y avait une incompatibilit\u00e9 entre des gestes barri\u00e8res, des masques et les besoins des b\u00e9b\u00e9s et des jeunes enfants dans leurs explorations libres de leur corps, du corps des autres, de l\u2019environnement, dans le r\u00f4le de miroir du visage du <em>caregiver<\/em> (Anzieu-Premmereur, 2011). Ainsi, des jeux autour des masques (attrait d\u2019un masque ludique, photos des professionnelles dans les unit\u00e9s avec et sans masque) et lors des (plus nombreux) lavages de mains ont pu \u00eatre propos\u00e9s. Des professionnelles ont aussi point\u00e9 les difficult\u00e9s des enfants \u00e0 rep\u00e9rer qui leur parle avec le masque et \u00e0 rep\u00e9rer la prosodie des mots.<\/p>\n\n\n\n<p>Les accueils en cr\u00e8ches se sont travaill\u00e9s diff\u00e9remment, avec certains b\u00e9n\u00e9fices. Par exemple, sur une cr\u00e8che o\u00f9 l\u2019\u00e9quipe r\u00e9fl\u00e9chissait \u00e0 un accueil individualis\u00e9 des familles lors des transmissions pour assurer la confidentialit\u00e9, favoriser le lien, le cadre s\u2019est ainsi pos\u00e9 de fait par ces enjeux sanitaires o\u00f9 il ne fallait plus accueillir deux familles simultan\u00e9ment au sein d\u2019une unit\u00e9 de vie d\u2019enfants (Appell, 2020b). De mon c\u00f4t\u00e9, j\u2019ai pu b\u00e9n\u00e9ficier de cette confidentialit\u00e9 pour mieux relayer des difficult\u00e9s parentales diverses quand diff\u00e9rents parents ne se trouvaient pas au m\u00eame endroit au m\u00eame moment.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Retours d\u2019exp\u00e9riences de maternit\u00e9s lors d\u2019adaptations en cr\u00e8ches<\/h2>\n\n\n\n<p>Mon retour tardif en cr\u00e8che (en p\u00e9riode de \u00ab&nbsp;d\u00e9-d\u00e9confinement&nbsp;\u00bb courant juin 2020) m\u2019a permis d\u2019observer des b\u00e9b\u00e9s et des jeunes enfants \u00ab&nbsp;s\u2019accommoder&nbsp;\u00bb de nos masques. Cependant, notre vigilance doit continuer de se porter avec cette r\u00e9flexion de la maman d\u2019Agathane&nbsp;: \u00ab&nbsp;vous vous rendez compte, mon b\u00e9b\u00e9 n\u00e9 au d\u00e9but du confinement a maintenant vu plus de visages humains avec des masques que sans\u2026&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Recueillir diff\u00e9rents t\u00e9moignages au sein des cr\u00e8ches, de parents, de professionnels, \u00e9tait une tentative de proposer diff\u00e9rents temps de remise en sens, afin de tenter d\u2019ordonner, d\u2019int\u00e9grer des \u00e9l\u00e9ments li\u00e9s \u00e0 la Covid-19 et au confinement. J\u2019ai pu constater combien <em>d\u00e9j\u00e0<\/em> ce sujet n\u2019\u00e9tait pas clairement \u00e9voqu\u00e9 par les professionnels et les parents.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans une unit\u00e9 de b\u00e9b\u00e9s, que je rencontre cette maman, celle d\u2019Agathane, trois mois. La maman se dit heureuse de retrouver ses activit\u00e9s professionnelles d\u2019ici une semaine. Agathane \u00e9coute la discussion et nous observe. Je me pr\u00e9sente \u00e0 Agathane en enlevant bri\u00e8vement mon masque. Ses yeux un peu cern\u00e9s me laissent penser qu\u2019elle va bient\u00f4t avoir besoin de dormir. La maman lui donne un biberon pendant nos \u00e9changes en ronde, avec deux b\u00e9b\u00e9s et deux professionnelles. Son accouchement a \u00e9t\u00e9 long, \u00ab&nbsp;vingt-sept heures&nbsp;\u00bb, mais comme elle a \u00ab&nbsp;b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la p\u00e9ridurale assez t\u00f4t, cela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 trop douloureux&nbsp;\u00bb. Elle a v\u00e9cu la contrainte de \u00ab&nbsp;porter un masque pendant tout l\u2019accouchement, d\u00e8s que les sages-femmes \u00e9taient pr\u00e9sentes&nbsp;\u00bb, ce qui cr\u00e9e un temps de stupeur chez les professionnelles. \u00ab&nbsp;Le papa a pu \u00eatre pr\u00e9sent lors de l\u2019accouchement&nbsp;\u00bb. Je lui demande s\u2019il y a eu un temps de peau \u00e0 peau. Elle m\u2019indique ses inqui\u00e9tudes \u00e0 ce sujet car dans sa ville d\u2019origine, \u00ab&nbsp;il y a eu au d\u00e9but du confinement un arr\u00eat de ces peaux \u00e0 peaux mais suite \u00e0 la pol\u00e9mique que cela a cr\u00e9\u00e9, ils ont pu reprendre&nbsp;\u00bb. Elle appr\u00e9hendait ainsi de ne pas avoir ce premier contact. \u00ab&nbsp;Le papa a \u00e9galement eu un temps de peau \u00e0 peau&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;il a aussi pu lui donner un premier biberon&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;ce qui lui a permis d\u2019avoir une place&nbsp;\u00bb. Pendant le confinement, son mari n\u2019a pas eu acc\u00e8s \u00e0 la maternit\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il a fallu tout lui r\u00e9expliquer&nbsp;: le bain par exemple&nbsp;\u00bb. Il a \u00e9t\u00e9 pour elle \u00ab&nbsp;pas simple&nbsp;\u00bb de ne pas avoir la possibilit\u00e9 de voir sa famille et ses amis, d\u2019attendre ces rencontres avec son b\u00e9b\u00e9. Aussi, elle nous indique qu\u2019avec son conjoint tout ce qu\u2019ils avaient imagin\u00e9 \u00e0 propos de l\u2019arriv\u00e9e de leur premier enfant a d\u00fb \u00eatre adapt\u00e9 aux contraintes li\u00e9es \u00e0 la Covid-19. Cette femme devenant m\u00e8re a ainsi b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de temps pour tisser avec son b\u00e9b\u00e9 leur dyade \u00e0 leur rythme, \u00e0 leur tempo, ce que des services de maternit\u00e9s ont relev\u00e9 comme un avantage \u00e0 la situation (Wepsynaire de l\u2019Alliance, 2020).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans une autre situation, un p\u00e8re m\u2019a \u00e0 ce sujet dit avoir \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s heureux de se retrouver, avec sa conjointe, \u00ab&nbsp;seuls \u00e0 trois en continu dans le service&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;sans intrusion&nbsp;\u00bb ext\u00e9rieure, ni familiale, ni amicale\u2026 Si la place des p\u00e8res est et reste \u00e0 penser (Jean-Dit-Pannel, 2019a&nbsp;; Jean-Dit-Pannel, Riand, 2019b), cela est ind\u00e9pendant des effets particuliers li\u00e9s au confinement. Cependant, notons que lors du premier confinement, des p\u00e8res sont rest\u00e9s dans leur voiture lors de l\u2019accouchement de leur conjointe, de leur b\u00e9b\u00e9&nbsp;: totalement, partiellement, notamment pour attendre que le travail de leur conjointe soit suffisamment avanc\u00e9 apr\u00e8s l\u2019admission aux urgences gyn\u00e9cologiques. Ils n\u2019ont eu pas ou peu acc\u00e8s \u00e0 la maternit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce sujet, un p\u00e8re a \u00e9voqu\u00e9 avec moi, lors d\u2019une adaptation de son b\u00e9b\u00e9 \u00e0 la cr\u00e8che, son attente dans la voiture apr\u00e8s l\u2019admission aux urgences gyn\u00e9cologiques de sa conjointe. Apr\u00e8s le feu vert de l\u2019\u00e9quipe, il a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent, masqu\u00e9, \u00ab&nbsp;deux heures en salle d\u2019accouchement&nbsp;\u00bb et a eu un temps de peau \u00e0 peau avec son b\u00e9b\u00e9. Ensuite, sa conjointe et leur premier fils ont \u00e9t\u00e9 cinq jours \u00e0 la maternit\u00e9 sans lui. \u00ab&nbsp;D\u2019ailleurs, je n\u2019ai m\u00eame pas pu voir la chambre et je les ai r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 sur le seuil du service&nbsp;\u00bb. Dans l\u2019attente de se retrouver, il a \u00ab&nbsp;pu faire des <em>WhatsApp<\/em> lors d\u2019un bain&nbsp;\u00bb, par exemple. Sa conjointe va ensuite me pr\u00e9ciser qu\u2019il s\u2019agissait l\u00e0 de leur premier et dernier enfant. Ils ont \u00ab&nbsp;tous les deux bient\u00f4t quarante-cinq ans&nbsp;\u00bb et ont eu \u00ab&nbsp;un parcours de PMA de huit ann\u00e9es&nbsp;\u00bb. Le couple me dit avoir attendu plus d\u2019un mois et demi avant de pr\u00e9senter leur fils \u00e0 leurs propres parents, \u00ab&nbsp;pour prot\u00e9ger notre b\u00e9b\u00e9 et nos parents de plus de soixante-dix ans&nbsp;\u00bb. J\u2019entends ici les attentes et les d\u00e9calages temporels r\u00e9p\u00e9t\u00e9s par leur parcours, dont les mesures sanitaires li\u00e9es \u00e0 la Covid-19.<\/p>\n\n\n\n<p>Des d\u00e9calages dans le temps se sont ainsi renouvel\u00e9s, ce qui interroge les effets d\u2019apr\u00e8s-coups, effets qui ne pourront se ressentir que lorsque la Covid-19 ne sera plus une menace r\u00e9elle.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Perspectives<\/h2>\n\n\n\n<p>Lors d\u2019une r\u00e9union avec des professionnelles de la petite enfance, apr\u00e8s m\u2019avoir \u00e9cout\u00e9 parler de la maman d\u2019Agathane, une professionnelle va nous dire, main sur le ventre, \u00ab&nbsp;je pense qu\u2019avec la Covid-19, certains parents vont remettre \u00e0 plus tard leur projet d\u2019un autre enfant. Parce qu\u2019accoucher dans ces conditions\u2026&nbsp;\u00bb. Alors que la Covid-19, les confinements et les mesures sanitaires avaient plus ou moins surpris la population, quelles anticipations, incertaines certes, peuvent se trouver en jeu dans les projections d\u2019avoir ou de ne pas avoir un enfant, un premier ou un autre, dans ces conditions-l\u00e0 avec les perspectives d\u2019autres vagues&nbsp;? Des temps, des rythmes ont ainsi \u00e9t\u00e9 suspendus, d\u00e9cal\u00e9s, ajourn\u00e9s, quand ailleurs ils ont pu \u00eatre pr\u00e9cipit\u00e9s, acc\u00e9l\u00e9r\u00e9s, h\u00e2t\u00e9s. Quelles cons\u00e9quences dans l\u2019apr\u00e8s-coup pourrons-nous observer&nbsp;? Cela reste \u00e0 conna\u00eetre mais n\u00e9cessite de penser comment dans l\u2019ordinaire des accueils en cr\u00e8ches notamment, les effets de la Covid-19, des confinements, des d\u00e9confinements et des mesures sanitaires doivent \u00eatre parl\u00e9s, interrog\u00e9s pour ne pas rester en suspens et se d\u00e9livrer de leurs (m)effets psycho(patho)logiques.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Note<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li><em>Cf. l\u2019Association Nationale des Psychologues pour la Petite enfance<\/em>&nbsp;: <a href=\"https:\/\/anapsype.org\/\">https:\/\/anapsype.org\/<\/a> <\/li><\/ol>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bibliographie<\/h2>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9, J. (2011). L\u2019analyste Winnicott.&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Le Carnet PSY<\/em>, 152(3), 36-40.<\/p>\n\n\n\n<p>Anzieu-Premmereur, C. (2011). Fondements maternels de la vie psychique.&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Revue fran\u00e7aise de psychanalyse<\/em>, 75(5), 1449-1488.<\/p>\n\n\n\n<p>Appell, J. (2020a). Les cr\u00e8ches sont \u00ab&nbsp;vides&nbsp;\u00bb.&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Spirale<\/em>, 93(1), 214-215.<\/p>\n\n\n\n<p>Appell, J. (2020b). Limites et confinement.&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Spirale<\/em>, 94(2), 134-136.<\/p>\n\n\n\n<p>Audibert, C. (2012). Les bienfaits de la solitude. Dans D.W. Winnicott (dir.),&nbsp;<em class=\"marquage italique\">La capacit\u00e9 d\u2019\u00eatre seul.<\/em>&nbsp;Paris&nbsp;: Payot et Rivages.<\/p>\n\n\n\n<p>Ben Soussan, P. (2020). Le roman rose de la famille confin\u00e9e&nbsp;: on peut se lever mais pas se casser&nbsp;!&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Spirale<\/em>, 93(1), 7-14.<\/p>\n\n\n\n<p>Delacourt, C., Gras-Le Guen, C., &amp; Gonzales, E. (2020). Retour \u00e0 l\u2019\u00e9cole et COVID-19&nbsp;: il est urgent de ma\u00eetriser nos peurs et aller de l\u2019avant pour le bien des enfants: Tribune.&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Journal de P\u00e9diatrie et de Pu\u00e9riculture<\/em>, 33(3), 99.<\/p>\n\n\n\n<p>F\u00e9dida, P. (2001).&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Des bienfaits de la d\u00e9pression&nbsp;: \u00e9loge de la psychoth\u00e9rapie<\/em>. Paris&nbsp;: Odile Jacob.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Dit-Pannel, R., Delfini, B., Sarrey, A., Nachin, A. &amp; Michel, C. (2015). Le b\u00e9b\u00e9 \u00e0 la cr\u00e8che&nbsp;: solitude des parents, sollicitude du psychologue, quel espace psychique&nbsp;? Dans&nbsp;: Denis Mellier \u00e9d.,&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Le b\u00e9b\u00e9 dans sa famille: Nouvelles solitudes des parents, nouveaux soins<\/em>&nbsp;(pp. 159-178). Toulouse&nbsp;: Er\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Dit-Pannel, R. (2020). L\u2019entretien de soutien \u00e0 la parentalit\u00e9 dans le champ de la p\u00e9rinatalit\u00e9 et de la petite enfance, exemple en cr\u00e8che. In Thomas, F. (sous la dir.)&nbsp;<em class=\"marquage italique\">L\u2019entretien un soin<\/em>&nbsp;(pp. 127-139). Paris&nbsp;: S\u00e9li Arslan.<\/p>\n\n\n\n<p>Legrand, S., Rossi, M., Bacle, C. &amp; Frechou, C. (2020). Mais que font les psychologues de la petite enfance pendant le confinement&nbsp;?&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Spirale<\/em>, 94(2), 120-123.<\/p>\n\n\n\n<p>Mellier, D. (2003). L\u2019int\u00e9gration psych\u00e9-soma et le temps de l\u2019intrigue, ce que nous apprennent les b\u00e9b\u00e9s.&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Champ psychosomatique<\/em>, n\u00b030(2), 27-43.<\/p>\n\n\n\n<p>Mellier, D. (2010).&nbsp;<em class=\"marquage italique\">L\u2019inconscient \u00e0 la cr\u00e8che&nbsp;: Dynamique des \u00e9quipes et accueil des b\u00e9b\u00e9s<\/em>. Toulouse, France&nbsp;: ERES.<\/p>\n\n\n\n<p>Missonnier, S. &amp; Boige, N. (2007). Introduction&nbsp;: Du f\u0153tus au rhythm and blues.&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Spirale<\/em>, 44(4), 11-20.<\/p>\n\n\n\n<p>Tisseron, S. (2020). Pr\u00e9sentiel\/distantiel. Qu\u2019est-ce qui change&nbsp;?&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Vid\u00e9oconsultations avec b\u00e9b\u00e9s, connaissances pour l\u2019adaptation des pratiques parents-b\u00e9b\u00e9 en p\u00e9riode de confinement et d\u00e9confinement&nbsp;: retours d\u2019exp\u00e9rience &#8211; Alliance francophone pour la sant\u00e9 mentale p\u00e9rinatale<\/em>. Wepsynaire de l\u2019ARIP du 4&nbsp;mai 2020. (vid\u00e9o consultable en ligne&nbsp;:&nbsp;<a id=\"l1\" href=\"https:\/\/arip.fr\/2020\/wepsynaires\/\">https:\/\/arip.fr\/2020\/wepsynaires\/<\/a>).<\/p>\n\n\n\n<p>Winnicott, D. W. (1951).&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Visite aux enfants hospitalis\u00e9s. L\u2019enfant et sa famille<\/em>. Paris&nbsp;: Payot. 191-199.<\/p>\n\n\n\n<p>Winnicott, D. W. (2020).&nbsp;<em class=\"marquage italique\">L\u2019accident COVID-19 au c\u0153ur de l\u2019humain.<\/em>&nbsp;Webinair organis\u00e9 par l\u2019IPA, coordonn\u00e9 par El\u00e9ana Mylona avec Robert Asseo, Sylvie Dreyfus-Asseo, Martin Gauthier, Admar Horn, 10&nbsp;mai 2020.<\/p>\n\n\n\n<p>Winnicott, D. W. (2020).&nbsp;<em class=\"marquage italique\">Psyp\u00e9rinatalit\u00e9 en p\u00e9riode de confinement&nbsp;: actualit\u00e9 des pratiques et perspectives de pr\u00e9paration au d\u00e9confinement<\/em>. Wepsynaire de l\u2019ARIP du 23 Avril 2020 (vid\u00e9o consultable en ligne&nbsp;:&nbsp;<a id=\"l2\" href=\"https:\/\/arip.fr\/2020\/wepsynaires\/\">https:\/\/arip.fr\/2020\/wepsynaires\/<\/a>).<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10239?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Les enfants ont tous un fil de vie qui commence, en tout cas, d\u00e8s la naissance et nous devons veiller \u00e0 ne pas le briser&nbsp;\u00bb (Winnicott, 1951, p. 191). &nbsp; Des cr\u00e8ches (Mellier, 2010&nbsp;; Jean-Dit-Pannel et al., 2015), habituellement \u00ab&nbsp;pleines&nbsp;\u00bb&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1223,1245],"thematique":[473],"auteur":[1377],"dossier":[479],"mode":[60],"revue":[480],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-10239","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-perinatalite","rubrique-soin","thematique-covid","auteur-romuald-jean-dit-pannel","dossier-les-bebes-invisibles-et-leurs-parents-dans-le-contexte-de-la-pandemie-covid-19","mode-payant","revue-480","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10239","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10239"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10239\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13252,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10239\/revisions\/13252"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10239"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10239"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10239"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10239"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10239"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10239"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10239"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10239"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10239"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}