{"id":10230,"date":"2021-08-22T07:31:34","date_gmt":"2021-08-22T05:31:34","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/psychotherapie-psychanalytique-corporelle-et-psychose-2\/"},"modified":"2021-09-15T16:06:07","modified_gmt":"2021-09-15T14:06:07","slug":"psychotherapie-psychanalytique-corporelle-et-psychose","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/psychotherapie-psychanalytique-corporelle-et-psychose\/","title":{"rendered":"Psychoth\u00e9rapie psychanalytique corporelle et psychose"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00c0 l\u2019origine c\u2019est le corps qui est organisateur de la psych\u00e9. Chez les patients psychotiques dont l\u2019appareil psychique est inabouti, c\u2019est essentiellement par le corps et dans une relation m\u00e9diatis\u00e9e par le corps qu\u2019un travail th\u00e9rapeutique peut s\u2019engager. Certains patients psychotiques peuvent b\u00e9n\u00e9ficier de la Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique Corporelle (PPC) dont nous devons la th\u00e9orisation la plus aboutie \u00e0 Monique Dechaud-Ferbus<sup>1<\/sup>. J\u2019en reprends des \u00e9l\u00e9ments dans ce texte.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez ces patients, le langage ne joue pas le r\u00f4le de m\u00e9diateur. Ils fonctionnent en processus primaire qui privil\u00e9gie la d\u00e9charge imm\u00e9diate de l\u2019excitation. Chez le nourrisson, le dosage des excitations internes et externes se fait gr\u00e2ce au pare-excitation maternel qui les r\u00e9gule entre exc\u00e8s et manque. La m\u00e8re va leur donner sens et forme. L\u2019excitation physiologique, s\u2019accrochant \u00e0 l\u2019objet primaire qui traduit en langage, se psychise. Ainsi l\u2019objet primaire charg\u00e9 d\u2019inhiber l\u2019excitation en fournissant la satisfaction et l\u2019apaisement joue un r\u00f4le de pareexcitation pour la construction de l\u2019appareil psychique de l\u2019enfant et l\u2019\u00e9laboration du pare-excitation de ce dernier. C\u2019est la qualification de la sensation qui transforme celle-ci en perception.<\/p>\n\n\n\n<p>En Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique Corporelle, la mise en sens dans le travail commun de l\u2019analyste et du patient permet de qualifier la sensation \u00e9prouv\u00e9e qui trouvera alors son statut de perception. C\u2019est notamment par cette mise en sens que pourra advenir la transformation de la d\u00e9charge \u00e0 la liaison, c\u2019est-\u00e0-dire le passage du processus primaire en processus secondaire (liaison psychique entre la chose et la pens\u00e9e) et que sera rendu possible l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la symbolisation. Chez ces patients, le dispositif de la Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique Corporelle utilisant la m\u00e9diation corporelle avec la perception de l\u2019objet (th\u00e9rapeute en personne) va permettre une reprise des conditions de l\u2019environnement initial.<\/p>\n\n\n\n<p>On a coutume de dire que la Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique Corporelle vise \u00e0 corriger les d\u00e9faillances de l\u2019objet primaire et que l\u2019analyste doit entendre ce que l\u2019objet primaire n\u2019a pas entendu ou mal entendu ou mal traduit. Il serait plus prudent de dire que la Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique Corporelle tente une reprise de l\u2019environnement initial o\u00f9 quelque chose n\u2019a pas pu avoir lieu dans l\u2019accordage primaire, laissant ainsi toujours ouverte la question de ce qui revient \u00e0 l\u2019enfant ou \u00e0 la m\u00e8re (est-ce que c\u2019est la m\u00e8re qui ne nourrit pas assez ou est-ce que c\u2019est l\u2019enfant qui est trop vorace). Ce qui compte c\u2019est ce qui va se passer dans la relation transf\u00e9ro-contre-transf\u00e9rentielle.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le dispositif de la Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique Corporelle, o\u00f9 le patient est allong\u00e9 sur le divan, l\u2019analyste est assis en face de lui, de biais, dans le champ de son regard, toutes les constantes du cadre de l\u2019analyse sont respect\u00e9es. La consigne \u00e9nonc\u00e9e au patient par l\u2019analyste l\u2019invite \u00e0 faire part de ses ressentis, de ses images, pens\u00e9es, r\u00eaves. Invit\u00e9 \u00e0 \u00eatre attentif \u00e0 ses \u00e9prouv\u00e9s corporels, il est demand\u00e9 au patient de les verbaliser s\u2019il le peut&nbsp;; il lui est aussi demand\u00e9 de dire ce qu\u2019il ressent dans telle ou telle partie de son corps.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un deuxi\u00e8me temps, une fois acquise la perception des \u00e9tats tonico-\u00e9motionnels, en plus d\u2019aborder la question de la quantit\u00e9 de tension (plus ou moins tendu), on en vient \u00e0 la qualit\u00e9 (qualification de l\u2019\u00e9prouv\u00e9 corporel dans la variable du plaisir\/d\u00e9plaisir&nbsp;: agr\u00e9able, d\u00e9sagr\u00e9able, neutre). On aborde aussi la description m\u00e9morielle de ce qui est ressenti en pr\u00e9sence du th\u00e9rapeute. On part ainsi des \u00e9tats du corps propre pour arriver aux repr\u00e9sentations. L\u2019attention demand\u00e9e au patient, soutenue par l\u2019attention de l\u2019analyste aux diff\u00e9rences de tension, de temp\u00e9rature entre par exemple le bras gauche et le bras droit, participe au travail de diff\u00e9renciation (diff\u00e9renciation soi-l\u2019autre).<\/p>\n\n\n\n<p>Avec les patients psychotiques, l\u2019accent est mis sur le ressenti du corps sous tension, pour favoriser le ressenti des limites corporelles. Cette tension demand\u00e9e permet une activit\u00e9 du patient comme d\u00e9fense devant la passivit\u00e9 mena\u00e7ante. Cette approche avec la prise de conscience du contact avec le divan porteur, permet d\u2019en \u00e9prouver la r\u00e9sistance dans son sens r\u00e9el et m\u00e9taphorique. Ce serait \u00e9prouver un corps maternel dont la chair r\u00e9siste aux d\u00e9sirs et aux craintes de fusion des deux protagonistes comme nous l\u2019a montr\u00e9 Francis Pasche. L\u2019utilisation de la tension sollicite la fonction d\u2019emprise telle que l\u2019a d\u00e9finie Freud<sup>2<\/sup> en 1905.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, demander \u00e0 ces patients de se d\u00e9tendre \u00e9quivaudrait \u00e0 les inviter \u00e0 laisser libres leurs pulsions jug\u00e9es dangereuses et \u00e0 favoriser une dilution des limites corporelles qui doivent au contraire \u00eatre renforc\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les patients dits anti-analysants, l\u2019absence de l\u2019objet et notamment son absence visuelle, les renvoie au d\u00e9bordement par l\u2019excitation. Ils sont confront\u00e9s au vide de repr\u00e9sentations et donc au chaos et \u00e0 la d\u00e9tresse. Ils ont besoin du regard de l\u2019analyste pour les accompagner dans la reconnaissance du sentir pour soi qui sera un premier temps de l\u2019auto-observation. L\u2019analyste est visible dans sa totalit\u00e9 physique et donc dans ses r\u00e9actions contre-transf\u00e9rentielles aux dire et agir du patient.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est important que le patient d\u00e9lirant ou pas, anim\u00e9 de pens\u00e9es hostiles destructrices, puisse v\u00e9rifier que l\u2019objet (th\u00e9rapeute) survit \u00e0 ses projections tout en \u00e9tant touch\u00e9, qu\u2019il soit sans r\u00e9torsions face \u00e0 ses attaques. S\u2019assurant ainsi de la survie de l\u2019objet, le patient en d\u00e9couvre aussi son ext\u00e9riorit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le regard de l\u2019analyste<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans le dispositif de la Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique Corporelle, le regard de l\u2019analyste est un regard de biais auquel le patient peut s\u2019accrocher ou dont il peut se d\u00e9tourner. On sait combien, pour ces patients, le regard frontal peut \u00eatre v\u00e9cu comme une intrusion p\u00e9trifiante et an\u00e9antissante. La diff\u00e9rence avec le face \u00e0 face fauteuil\/fauteuil est que ce dernier, par trop de pr\u00e9sence de l\u2019analyste, peut amener le patient \u00e0 rigidifier son pare-excitation. L\u2019autre diff\u00e9rence est qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un regard couch\u00e9 plus enveloppant que le regard de face qui favorise une r\u00e9gression mais celle-ci trouve une but\u00e9e. L\u2019investissement du patient par le regard d\u00e9g\u00e9nitalis\u00e9 de l\u2019analyste, fonctionne comme une enveloppe protectrice r\u00e9gulant l\u2019angoisse. Bien s\u00fbr le regard de l\u2019analyste qui touche le patient allong\u00e9 sur le divan est porteur d\u2019excitation comme l\u2019\u00e9tait celui de la m\u00e8re, premi\u00e8re s\u00e9ductrice pour le b\u00e9b\u00e9. \u00c0 condition d\u2019\u00eatre bien temp\u00e9r\u00e9e, cette premi\u00e8re s\u00e9duction ajoute une composante libidinale au soutien narcissique du patient (<em>cf<\/em>. les travaux de Laplanche<sup>3<\/sup>).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Cas clinique<\/h2>\n\n\n\n<p>Jacques me dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Je n\u2019ai pas de mur et de miroir entre moi et les autres<\/em>&nbsp;\u00bb. Ce patient qui avait un corps d\u00e9lirant (perception d\u00e9lirante de certaines parties de son corps), exprimait l\u00e0 le besoin du regard de l\u2019autre comme miroir unificateur.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La parole de l\u2019analyste<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019analyste ne livre pas au patient les interpr\u00e9tations qui lui viennent, car celles-ci seraient trop effractantes pour son appareil psychique fragile. Dans ce cadre, une modification tonique ou une manifestation corporelle du patient peuvent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es par l\u2019analyste (par-devers lui sans rien en dire au patient) comme une manifestation transf\u00e9rentielle inconsciente. Toutefois, certaines interpr\u00e9tations sont n\u00e9cessaires (cela demanderait un autre d\u00e9veloppement). Il peut s\u2019agir d\u2019interpr\u00e9tations portant sur la d\u00e9fense ou l\u2019angoisse. Par exemple, une interpr\u00e9tation du m\u00e9canisme d\u2019abandon comme d\u00e9fense et crainte du rejet peut s\u2019av\u00e9rer n\u00e9cessaire chez un patient qui ne peut investir son traitement par anticipation d\u2019un abandon. Les interventions de l\u2019analyste visent essentiellement \u00e0 \u00e9tablir des liens \u00e0 partir de ce que le patient donne \u00e0 voir et \u00e0 entendre, et ainsi \u00e0 favoriser la survenue d\u2019images \u00e0 partir de ses ressentis. C\u2019est un travail de figurabilit\u00e9. L\u2019analyste peut \u00e0 certains moments proposer des images et des mots avec une grande prudence pour soutenir le travail de figurabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les figurations sont une premi\u00e8re forme d\u2019un travail de mentalisation sur la voie des repr\u00e9sentations. Le travail de figurabilit\u00e9 concerne tout particuli\u00e8rement les traces mn\u00e9moniques, c\u2019est-\u00e0-dire les traces concernant les exp\u00e9riences sensorimotrices archa\u00efques, non li\u00e9es, les premiers \u00e9changes (perception, rythme). Freud les nommait \u00ab&nbsp;souvenirs indompt\u00e9s&nbsp;\u00bb, elles sont \u00e0 diff\u00e9rencier des traces mn\u00e9siques qui correspondent au souvenir conscient.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est tr\u00e8s important de ne rien apporter au patient qui ne lui appartienne pas et que soient respect\u00e9s \u00ab&nbsp;le trouv\u00e9cr\u00e9\u00e9&nbsp;\u00bb et le rythme interne du patient. L\u2019exigence de travail psychique demand\u00e9 au patient ne doit pas exc\u00e9der ses capacit\u00e9s de liaison. Par ailleurs, si l\u2019\u00e9cart entre l\u2019\u00e9prouv\u00e9 du patient et la traduction de l\u2019analyste est trop important, l\u2019autre est per\u00e7u par le patient comme trop dissemblable. Il en est de m\u00eame si l\u2019analyste ne se montre pas assez vivant ou pas assez int\u00e9ress\u00e9 par le patient. Il est n\u00e9cessaire que l\u2019autre soit reconnu comme un autre semblable <em>(Nebenmensch)<\/em> pour que se mettent en place chez le patient des mouvements projectifs, mim\u00e9tiques et identificatoires.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ses interventions, l\u2019analyste s\u2019appuie sur son contre-transfert corporel, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il porte une attention particuli\u00e8re \u00e0 ses ressentis corporels, \u00e9chos des sensations internes physiques et psychiques du patient. Serait-ce l\u2019image d\u2019une unit\u00e9 somato-psychique recr\u00e9\u00e9e un temps entre patient et th\u00e9rapeute (un corps pour deux)&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Vignette du cas Lo\u00efc<sup>4<\/sup> illustrant la question du contre-transfert corporel<\/h2>\n\n\n\n<p>Cette fois Lo\u00efc m\u2019annonce en arrivant qu\u2019il s\u2019est automutil\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Je me suis coup\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb, dit-il indiquant son poignet taillad\u00e9. Il est, comme souvent, entr\u00e9 en conflit avec un ami. Dans sa relation aux autres, la rage, le sadisme semblent tr\u00e8s pr\u00e9sents. Il lui a exprim\u00e9 combien sa conduite l\u2019avait fait souffrir et celui-ci s\u2019est mis \u00e0 pleurer. Il commente&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>C\u2019est moi qui souffre et c\u2019est lui qui pleure. C\u2019est comme ma m\u00e8re lorsque j\u2019allais mal, elle se mettait \u00e0 pleurer. Je n\u2019ai pas pu faire entendre ma souffrance alors je me suis fait mal physiquement pour ne pas sentir la douleur psychique, et je me suis mis \u00e0 pleurer parce que je ne m\u2019\u00e9tais pas fait assez mal.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Je lui demande ce qu\u2019il ressent l\u00e0 tout de suite. Il se met \u00e0 pleurer. Je lui propose alors de sentir son appui sur le divan, afin qu\u2019il puisse \u00e9prouver la r\u00e9sistance et la neutralit\u00e9 d\u2019un objet capable de contenir sa douleur.<\/p>\n\n\n\n<p>On voit bien combien l\u2019attaque corporelle vient r\u00e9pondre \u00e0 une d\u00e9tresse psychique au moment o\u00f9 l\u2019objet en tant qu\u2019\u00e9tayage fait d\u00e9faut et d\u00e9nie l\u2019existence. Cette d\u00e9tresse qui menace le Moi d\u2019envahissement, il la localise par cet acte de d\u00e9charge impulsif, \u00e0 la limite du corps.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son r\u00e9cit, Lo\u00efc se plaint de ce que cette attaque sur son corps ne lui ait procur\u00e9 qu\u2019un soulagement partiel (\u00ab&nbsp;<em>Je ne me suis pas fait assez mal<\/em>&nbsp;\u00bb) car de toute fa\u00e7on il n\u2019a pas pu atteindre l\u2019objet. La destination de son geste vers l\u2019objet, je le ressens dans mon propre corps, \u00e7a me fait mal dans ma chair de voir ce poignet entaill\u00e9. J\u2019ai toujours accept\u00e9 qu\u2019il me montre les traces de ses automutilations. Ce n\u2019est pas dans une intention exhibitionniste qu\u2019il les porte \u00e0 mon regard mais \u00e0 la recherche d\u2019une identification \u00e0 un moi souffrant. \u00c0 cette phase de la th\u00e9rapie et dans ces moments de grande d\u00e9tresse, il est important que le patient puisse ressentir l\u2019empathie, voire la fusion. Une vis\u00e9e th\u00e9rapeutique de diff\u00e9renciation trop pr\u00e9coce ne ferait que r\u00e9p\u00e9ter les exigences d\u2019autonomie pr\u00e9coce auxquelles a du r\u00e9pondre ce jeune homme.<\/p>\n\n\n\n<p>Un jour, Lo\u00efc est absent \u00e0 l\u2019heure de sa s\u00e9ance, comme cela lui arrive de temps \u00e0 autre. Il ne m\u2019a pas pr\u00e9venue. Je ressens une sensation de froid et le besoin de me recroqueviller dans mon fauteuil. Ce qu\u2019il me fait vivre alors, ce que nous fait vivre ce genre de patient est diff\u00e9rent de ce que nous ressentons en l\u2019absence de certains autres, lorsque notre capacit\u00e9 de r\u00eaverie est alors maintenue. Ce que nous ressentons (contre-transfert corporel) s\u2019apparente \u00e0 notre inqui\u00e9tude quant \u00e0 leurs mouvements de vie et de mort et \u00e0 l\u2019\u00e9cho en nous de leur sentiment de d\u00e9tresse. Ce n\u2019est que beaucoup plus tard que je pourrai mentionner \u00e0 Lo\u00efc ce que le contre-transfert m\u2019avait indiqu\u00e9, \u00e0 savoir qu\u2019il me faisait vivre ce qu\u2019il avait lui-m\u00eame v\u00e9cu quand, petit gar\u00e7on chez sa grand-tante, il attendait en vain la venue de sa m\u00e8re, et qu\u2019il \u00e9tait renvoy\u00e9 alors \u00e0 un sentiment de non-existence.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019utilisation de la m\u00e9diation corporelle permet de cr\u00e9er un espace tiers et prend en compte la particularit\u00e9 de la clinique non n\u00e9vrotique, non triangul\u00e9e. Le mod\u00e8le de la s\u00e9ance n\u2019est pas celui du r\u00eave mais celui du jeu winnicottien, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019ouverture, la cr\u00e9ation d\u2019un espace o\u00f9 se rejouent autrement les premi\u00e8res relations. La reprise du travail de la sensorimotricit\u00e9 dans la relation analyste\/patient vise \u00e0 ce que le patient s\u2019engage sur la voie de la subjectivation\u2026 Exister\u2026 et se sentir r\u00e9el comme l\u2019a d\u00e9fini Winnicott&nbsp;: \u00ab&nbsp;Se sentir r\u00e9el, c\u2019est plus qu\u2019exister, c\u2019est trouver le moyen d\u2019exister soi-m\u00eame pour se relier aux objets en tant que soi-m\u00eame et pour avoir un soi o\u00f9 se r\u00e9fugier afin de se d\u00e9tendre<sup>5<\/sup>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes bibliographiques<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Dechaud-Ferbus, Monique, <em>Cet autre divan. Psychanalyse de la m\u00e9moire du corps<\/em>, coll. \u00ab&nbsp;Le fil rouge&nbsp;\u00bb, Paris, PUF, 2013.<\/li><li>Freud, Sigmund, <em>Trois essais sur la th\u00e9orie sexuelle<\/em>, Gallimard, 1905, r\u00e9\u00e9d 1989.<\/li><li>Laplanche, Jean, <em>Nouveaux fondements pour la psychanalyse<\/em>, Paris, PUF, 1987.<\/li><li>Ce cas a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9 dans <em>Psychanalyse et Psychose<\/em>, Publication du CEJK, n\u00b0&nbsp;2, 2002.<\/li><li>Winnicott, D.W. (1971), <em>Jeu et r\u00e9alit\u00e9. L\u2019espace potentiel<\/em>, Paris, Gallimard, 1975. Trad. port.&nbsp;: <em>O Brincar e a Realidade<\/em>, Rio de Janeiro, Imago, 1975.<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10230?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019origine c\u2019est le corps qui est organisateur de la psych\u00e9. Chez les patients psychotiques dont l\u2019appareil psychique est inabouti, c\u2019est essentiellement par le corps et dans une relation m\u00e9diatis\u00e9e par le corps qu\u2019un travail th\u00e9rapeutique peut s\u2019engager. 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