{"id":10168,"date":"2021-08-22T07:31:26","date_gmt":"2021-08-22T05:31:26","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/esquirol-et-marce-contribution-a-la-psychiatrie-de-la-grossesse-2\/"},"modified":"2021-10-02T14:36:11","modified_gmt":"2021-10-02T12:36:11","slug":"esquirol-et-marce-contribution-a-la-psychiatrie-de-la-grossesse","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/esquirol-et-marce-contribution-a-la-psychiatrie-de-la-grossesse\/","title":{"rendered":"Esquirol et Marc\u00e9 : contribution \u00e0 la Psychiatrie de la grossesse"},"content":{"rendered":"\n<p>Revenir \u00e0 Esquirol et Marc\u00e9 \u00e0 l\u2019heure du mouvement \u00ab&nbsp;anti DSM&nbsp;\u00bb peut para\u00eetre une provocation, voire une man\u0153uvre politique plus qu\u2019un retour \u00e0 l\u2019histoire et \u00e0 la nosographie, aujourd\u2019hui, bien malmen\u00e9e. Les progr\u00e8s consid\u00e9rables de la m\u00e9decine depuis le XIX<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, tant sur les plans pharmacologique que psychanalytique, ont profond\u00e9ment transform\u00e9 la clinique et sa compr\u00e9hension. A l\u2019heure o\u00f9 pr\u00e9valent l\u2019\u00e9pid\u00e9miologie, la statistique, l\u2019\u00e9valuation, la mensuration, la quantification, donnant une caution de \u00ab&nbsp;scientificit\u00e9&nbsp;\u00bb, \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u2019art de soigner&nbsp;\u00bb, le \u00ab&nbsp;retour \u00e0 la clinique&nbsp;\u00bb &#8211; en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la pens\u00e9e innovante de Louis-Victor Marc\u00e9 &#8211; a une importance consid\u00e9rable. En effet, son \u0153uvre originale est une r\u00e9f\u00e9rence fondatrice dans les champs qu\u2019elle ouvre autour de la grossesse, de la maternit\u00e9 et du jeune enfant, constituant aujourd\u2019hui la \u00ab&nbsp;p\u00e9rinatalit\u00e9 psychique&nbsp;\u00bb, qui a \u00e9galement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des progr\u00e8s de la psychoth\u00e9rapie institutionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, avec les <em>feminin studies<\/em> appel\u00e9es chez nous, \u00ab&nbsp;\u00e9tudes de genre&nbsp;\u00bb, m\u00e9decine, psychopathologie et sant\u00e9 mentale enfin \u00ab&nbsp;sexu\u00e9es&nbsp;\u00bb se d\u00e9clinent d\u00e9sormais au f\u00e9minin. Depuis que \u00ab&nbsp;l\u2019enfant est une personne&nbsp;\u00bb et du fait de la baisse de la natalit\u00e9 en pays d\u00e9velopp\u00e9s, sa sant\u00e9 &#8211; mentale en particulier &#8211; int\u00e9resse les politiques et les divers sp\u00e9cialistes qui veillent sur son berceau jusqu\u2019\u00e0 l\u2019adolescence qui fascine et effraie par le retour parfois violent de l\u2019\u00e9mergence pulsionnelle du corps pubertaire. Aujourd\u2019hui, l\u2019enfant &#8211; f\u00fbt-il jeune &#8211; int\u00e9resse d\u2019autant plus l\u2019industrie pharmaceutique que le seuil de tol\u00e9rance de ses parents &#8211; du fait, entre autres, des mutations socio-\u00e9conomiques et familiales &#8211; semble amoindri. L\u2019enfant peut \u00eatre un consommateur pr\u00e9coce et privil\u00e9gi\u00e9 de \u00ab&nbsp;calmants&nbsp;\u00bb en tous genres \u00e0 la faveur d\u2019un comportement \u00ab&nbsp;troubl\u00e9&nbsp;\u00bb comme le \u00ab&nbsp;d\u00e9ficit de l\u2019attention avec ou sans hyperactivit\u00e9&nbsp;\u00bb. La psychopathologie p\u00e9rinatale a largement enrichi celle de l\u2019enfant et de l\u2019adolescent ouvrant des perspectives de pr\u00e9vention &#8211; non pas celle qui consisterait \u00e0 \u00ab&nbsp;d\u00e9pister la d\u00e9linquance chez le bambin de 3 ans&nbsp;\u00bb &#8211; mais pour attirer plus pr\u00e9cocement l\u2019attention sur sa souffrance, en \u00e9vitant toutefois le risque de m\u00e9dicalisation du relationnel et de l\u2019interpersonnel.<\/p>\n\n\n\n<p>La sant\u00e9 mentale p\u00e9rinatale se situe \u00e0 l\u2019interface de nombreuses disciplines&nbsp;: psychiatrie, obst\u00e9trique, m\u00e9decine familiale et p\u00e9diatrie. Les affections psychiatriques du <em>peripartum<\/em> constituent la plus commune des complications de la naissance, et la d\u00e9pression est aujourd\u2019hui un probl\u00e8me majeur de sant\u00e9 publique. Il convient donc d\u2019am\u00e9liorer la reconnaissance de la maladie mentale comme fl\u00e9au clinique r\u00e9pandu et pourtant encore bien m\u00e9connu ou m\u00eame d\u00e9ni\u00e9. Il convient donc d\u2019am\u00e9liorer la recherche dans un contexte d\u2019interdisciplinarit\u00e9 en sant\u00e9 mentale p\u00e9rinatale dans le but de favoriser le traitement pr\u00e9coce de la souffrance des femmes enceintes et r\u00e9duire ainsi les pronostics n\u00e9fastes pour leurs enfants&nbsp;; ce qui passe par la promotion de la formation des professionnels.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans un tel contexte que se manifeste une opposition grandissante au syst\u00e8me DSM &#8211; et non \u00e0 la nosographie &#8211; qui conduit en particulier \u00e0 la disparition des r\u00e9f\u00e9rences de la psychiatrie fran\u00e7aise traditionnelle o\u00f9 la psychopathologie s\u2019est consid\u00e9rablement enrichie par l\u2019apport freudien. Depuis plus de deux ans, une <em>Initiative pour une Clinique du Sujet&nbsp;: STOP DSM<\/em> a jou\u00e9 un r\u00f4le majeur dans la mobilisation tant nationale qu\u2019internationale contre la pens\u00e9e unique du DSM et une psychiatrie \u00e0 vis\u00e9e essentiellement pharmacologique.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, la fr\u00e9quentation des congr\u00e8s professionnels, comme la lecture de la presse sp\u00e9cialis\u00e9e t\u00e9moignent de plus en plus de l\u2019\u00e9cart entre la psychiatrie classique \u00ab&nbsp;\u00e0 la fran\u00e7aise&nbsp;\u00bb et la nomenclature en cours&nbsp;; qui paradoxalement \u00e9tait faite, \u00e0 l\u2019origine, pour favoriser les \u00e9changes internationaux et la recherche scientifique par l\u2019adoption d\u2019une langue unique. Il s\u2019agissait pourtant d\u2019instaurer un nouveau langage favorisant la communication entre cliniciens et chercheurs, dans une initiative de mondialisation de la psychiatrie, \u00e9galement soutenue par l\u2019<em>Organisation Mondiale de la Sant\u00e9<\/em>. Cela n\u2019est pas sans rappeler une initiative &#8211; symbolique &#8211; similaire rapport\u00e9e dans le r\u00e9cit biblique de la tour de Babel qui s\u2019est termin\u00e9 par l\u2019\u00e9chec que l\u2019on sait et la multiplication des langues. Les classifications en cours r\u00e9pondent \u00e0 une id\u00e9ologie essentiellement organiciste des troubles &#8211; de la circuiterie &#8211; psychiatrique, ce qui implique une r\u00e9ponse pharmaceutique le plus souvent univoque.<\/p>\n\n\n\n<p>Il convient donc de se mettre au travail en incluant les psychanalystes pour promouvoir enfin une \u00ab&nbsp;clinique du sujet&nbsp;\u00bb et ce, au-del\u00e0 des groupes de pression pharmaceutiques, \u00e9conomiques, financiers\u2026 A l\u2019instar du remarquable travail de Roger Mis\u00e8s et de ses collaborateurs dans la <em>Classification Fran\u00e7aise des Troubles Mentaux de l\u2019Enfant et de l\u2019Adolescent<\/em>, il convient \u00e0 pr\u00e9sent d\u2019\u00e9laborer une <em>Classification des Troubles Mentaux chez l\u2019Adulte<\/em>, \u00e0 vis\u00e9e alternative au DSM, s\u2019inspirant du travail consid\u00e9rable de l\u2019\u00e9cole fran\u00e7aise de psychiatrie. D\u2019o\u00f9 l\u2019int\u00e9r\u00eat de revenir aux classiques Esquirol et Marc\u00e9 entre autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean-\u00c9tienne-Dominique Esquirol (1772-1840) \u00e9tait l\u2019\u00e9l\u00e8ve pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de Pinel. Marc\u00e9 (1862) a compar\u00e9 le travail de ces deux fondateurs de la psychiatrie universitaire. Pinel corrigea de graves abus et revendiqua, au nom de la m\u00e9decine, de malheureux malades regard\u00e9s jusque-l\u00e0 comme des coupables et abandonn\u00e9s \u00e0 la brutalit\u00e9 de leurs ge\u00f4liers. Esquirol a \u00e9galement travaill\u00e9 dur pour am\u00e9liorer la condition de vie dans les asiles, et se consacrer \u00e0 la description des sympt\u00f4mes. Dans sa th\u00e8se (1805), <em>Des passions consid\u00e9r\u00e9es comme causes, sympt\u00f4mes et moyens curatifs de l\u2019ali\u00e9nation<\/em>, il soutient que l\u2019\u00e9tude des \u00e9motions est au fondement de l\u2019\u00e9tude de la folie.<\/p>\n\n\n\n<p>Marc\u00e9 lui rend l\u2019hommage suivant&nbsp;: son remarquable talent d\u2019observation, son tact exquis, sa nature aimable et bienveillante, son d\u00e9vouement sans limites, sa vaste exp\u00e9rience, les \u00e9l\u00e8ves nombreux qu\u2019il attire autour de lui \u2026 lui donn\u00e8rent une influence et une autorit\u00e9 dont il usa pour provoquer dans toute la France d\u2019importantes am\u00e9liorations en faveur des ali\u00e9n\u00e9s. En 1817, il commen\u00e7a le premier cours fran\u00e7ais de psychiatrie \u00e0 l\u2019origine de son texte <em>Des Maladies Mentales consid\u00e9r\u00e9es sous les Rapports M\u00e9dical, Hygi\u00e9nique et M\u00e9dico-l\u00e9gale<\/em> (1838). Ses publications sur la psychiatrie de la grossesse ont d\u00e9but\u00e9 par une note du dictionnaire de 1816, o\u00f9 il d\u00e9clare avoir vu 51 femmes malades \u00e0 la Salp\u00eatri\u00e8re, dont certaines devenaient folles apr\u00e8s la naissance de leur enfant. En 1818 et 1819, il publia deux articles \u00e0 l\u2019appui de cette th\u00e8se. Il donne des statistiques d\u00e9taill\u00e9es des admissions \u00e0 la Salp\u00eatri\u00e8re en 1811-1814. Bien que Haslam (de Bethlem) et Rush (de Pennsylvanie) aient d\u00e9j\u00e0 publi\u00e9 leurs chiffres, ceux d\u2019Esquirol \u00e9taient plus d\u00e9taill\u00e9s&nbsp;: 92\/1.119 patientes intern\u00e9es \u00e9taient devenues ali\u00e9n\u00e9es apr\u00e8s la naissance d\u2019un enfant. Il constatait que ce taux \u00e9tait plus \u00e9lev\u00e9 si le commun d\u00e9nominateur concernait des femmes de moins de 50 ans &#8211; un tiers des admissions \u00e9tant au dessus de cet \u00e2ge limite&nbsp;; 29 \u00e9taient c\u00e9libataires. Ces patientes \u00e9taient h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes sur les plans du moment de survenue de l\u2019acc\u00e8s et du tableau clinique. Seules 37 ont commenc\u00e9es avant le 15<sup>e<\/sup> jour, et 49 souffraient de manie. Le taux de gu\u00e9rison (60%) \u00e9tait bien plus \u00e9lev\u00e9 que le taux g\u00e9n\u00e9ral (34%) et celui de mortalit\u00e9 beaucoup plus bas (7% contre 29%). Il admit \u00e9galement des causes \u00e9motionnelles. D\u2019autres causes incluaient des ant\u00e9c\u00e9dents (non-puerp\u00e9raux et puerp\u00e9raux) et l\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9. Bien qu\u2019il ne donnait pas de chiffre pour l\u2019histoire familiale, elle figurait dans plusieurs de ses observations, et il recherchait tr\u00e8s clairement des informations \u00e0 ce sujet. Cela n\u2019avait \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 qu\u2019une seule fois auparavant &#8211; par Joannes Aegiddi Euthii, au 17<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces 3 publications (1816, 1818 and 1818) donnent des comptes-rendus d\u00e9taill\u00e9s de 20 cas, qui comprennent deux patientes avec des \u00e9pisodes dans le <em>prepartum<\/em>&nbsp;: une psychose \u00e9clamptique, un d\u00e9lire aggravant un abc\u00e8s du sein&nbsp;; quelques cas de d\u00e9pression et 12 cas dans le <em>post partum<\/em>. Ils comprennent plusieurs cas d\u2019int\u00e9r\u00eat presque unique&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>Une femme a eu son premier acc\u00e8s maniaque (durant environ 2 semaines) lors de sa nuit de noces, le second, au premier jour de la conception, et de m\u00eame \u00e0 sa seconde grossesse.<\/li><li>Une femme devint ali\u00e9n\u00e9e \u00e0 la faveur de ses 5 grossesses successives, dont elle gu\u00e9rissait \u00e0 chaque fois lors de l\u2019accouchement.<\/li><li>Une femme, dont la m\u00e8re, la fille et la petite fille ont toutes souffert de maladies mentales, a eu des \u00e9pisodes apr\u00e8s 10 des 13 grossesses commen\u00e7ant avec la quatri\u00e8me, et deux apr\u00e8s la m\u00e9nopause.<\/li><li>Une femme, dont la s\u0153ur souffrait de psychose puerp\u00e9rale, a eu 13 \u00e9pisodes puerp\u00e9raux (\u00e9pargnant seulement la 2<sup>e<\/sup> grossesse), suivis de 2 \u00e9pisodes non-puerp\u00e9raux, l\u2019un avant la m\u00e9nopause \u00e0 la faveur d\u2019une maladie f\u00e9brile, l\u2019autre apr\u00e8s la m\u00e9nopause, \u00e0 la faveur du d\u00e9c\u00e8s de son mari et de son emprisonnement.<\/li><li>Une femme a d\u00e9velopp\u00e9 une manie 3 jours apr\u00e8s la naissance de son premier enfant, une hypomanie \u00e0 chaque printemps, une autre attaque de manie lors de l\u2019allaitement de son deuxi\u00e8me enfant et un 4<sup>\u00e8me<\/sup> \u00e9pisode le lendemain d\u2019une fausse couche (4 diff\u00e9rents facteurs d\u00e9clenchant).<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>Louis-Victor Marc\u00e9 (1828-1864) a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 \u00e9crire un compte-rendu complet de la folie des femmes enceintes, une t\u00e2che qui a fait peu d\u2019\u00e9mules. Cependant, dans sa br\u00e8ve carri\u00e8re, il a accompli bien plus que cela. Avec la chirurgie \u00e0 l\u2019esprit, il \u00e9crit sa <em>th\u00e8se de doctorat<\/em> \u00e0 la Facult\u00e9 de Paris sur les kystes spermatiques (1856). Sa seconde th\u00e8se, pr\u00e9sent\u00e9e lors du <em>Concours pour l\u2019Agr\u00e9gation<\/em> (section m\u00e9decine et m\u00e9decine l\u00e9gale), traite <em>Des alt\u00e9rations de la sensibilit\u00e9<\/em>, une revue essentiellement neurologique des troubles de la sensibilit\u00e9. Entrant en comp\u00e9tition entre autres avec Charcot, il remporta le prix. Dans son second ouvrage, plus important, il passe en revue l\u2019ensemble de la psychiatrie, donnant un vrai compte rendu de l\u2019\u00e9tat de la science \u00e0 ce moment. Il donne en particulier une place substantielle&nbsp;: \u00e0 la paralysie g\u00e9n\u00e9rale, l\u2019idiotie et le cr\u00e9tinisme, l\u2019\u00e9pilepsie, l\u2019hyst\u00e9rie, la chor\u00e9e, la pellagre et l\u2019alcoolisme, aussi bien qu\u2019\u00e0 la manie, la m\u00e9lancolie et les troubles bipolaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que le <em>daguerrotype<\/em> fut introduit d\u00e8s 1839, aucune photographie de Marc\u00e9 n\u2019a cependant \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e. L\u2019\u00e9loge \u00e9crit par son ami Laborde (1865) en donne ce portrait&nbsp;: <em>[Il \u00e9tait] de taille moyenne, d\u2019une constitution physique d\u00e9licate, sa t\u00eate vaste, son front haut et large, portaient le signe r\u00e9v\u00e9lateur de l\u2019intelligence. Sa physionomie fine et spirituelle respirait surtout la bont\u00e9. Une l\u00e9g\u00e8re teinte m\u00e9lancolique, r\u00e9pandue sur ses traits p\u00e2lis par le travail, r\u00e9v\u00e9laient son penchant \u00e0 la m\u00e9ditation. L\u2019affabilit\u00e9 et la bienveillance \u00e9taient peintes sur son sourire, et si parfois ce sourire \u00e9tait travers\u00e9 par une l\u00e9g\u00e8re expression d\u2019ironie, celle-ci \u00e9tait puis\u00e9e \u00e0 la source la plus innocente et la plus pure.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Marc\u00e9 est n\u00e9 \u00e0 Paris, fils unique d\u2019un p\u00e8re qui d\u00e9c\u00e8de quand il avait 6 ans. Il a trouv\u00e9 un second p\u00e8re en la personne de son cousin, Dr A. G. Marc\u00e9, professeur de m\u00e9decine \u00e0 Nantes o\u00f9 il a lui-m\u00eame obtenu son dipl\u00f4me en 1851. Il s\u2019installe \u00e0 Paris, o\u00f9 il subvient \u00e0 ses besoins en qualit\u00e9 d\u2019enseignant, ce pourquoi il avait du talent, selon la description qu\u2019en fait Laborde&nbsp;: <em>Chez Marc\u00e9, l\u2019exposition orale \u00e9tait facile, pr\u00e9cise sans s\u00e9cheresse, et toujours claire&nbsp;; une sage mod\u00e9ration dans le d\u00e9bit et une accentuation parfaite suppl\u00e9aient avantageusement \u00e0 la faiblesse naturelle de la voix tr\u00e8s perceptible, n\u00e9anmoins, et d\u2019un timbre doux et agr\u00e9able. L\u2019art de pr\u00e9senter le sujet trait\u00e9 sous les faces les plus int\u00e9ressantes lui \u00e9tait familier&nbsp;; mais il avait surtout cette s\u00fbret\u00e9 de m\u00e9thode qui, alli\u00e9e \u00e0 la solidit\u00e9 de l\u2019instruction, tout en facilitant le but poursuivi, sert merveilleusement l\u2019orateur.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019un de ses \u00e9l\u00e8ves \u00e9tait le fils de Th\u00e9ophile Jules Pelouze, un professeur de chimie qui a travaill\u00e9 sur les explosifs (et enseigna \u00e0 Alfred Nobel), tout en \u00e9tant un exp\u00e9rimentateur et plus tard pr\u00e9sident de l\u2019H\u00f4tel de la Monnaie. Il acheta ensuite le Ch\u00e2teau de Chenonceau, o\u00f9 (apr\u00e8s son d\u00e9c\u00e8s en 1867) sa femme v\u00e9cut jusqu\u2019en 1878. Marc\u00e9 a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la famille et \u00e9pousa l\u2019une de ses charmantes filles. Pour rendre ce mariage possible, il se tourna vers la psychiatrie, o\u00f9 ses mentors Baillarger et Moreau (de Tours) obtinrent pour lui une place de directeur d\u2019un asile priv\u00e9 \u00e0 Ivry-sur-Seine, en banlieue parisienne, qui a \u00e9t\u00e9 la source de ses revenus. Il a ensuite \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 directeur de la ferme de Sainte-Anne, cr\u00e9\u00e9e pour occuper des intern\u00e9s de Bic\u00eatre, et peu de temps apr\u00e8s, prit la direction de Bic\u00eatre. Il convient d\u2019ajouter \u00e0 tout cela ses fonctions enseignantes de professeur agr\u00e9g\u00e9 de la Facult\u00e9 de M\u00e9decine. Plusieurs hommages ont \u00e9t\u00e9 rendus \u00e0 sa personnalit\u00e9&nbsp;: <em>[Il avait] des mani\u00e8res pleines de distinction et d\u2019urbanit\u00e9, simplicit\u00e9 de m\u0153urs et de go\u00fbts, modestie, am\u00e9nit\u00e9 de caract\u00e8re, fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 toute \u00e9preuve, d\u00e9sint\u00e9ressement, bienveillance, droiture, loyaut\u00e9 chevaleresque. Tous ces tr\u00e9sors de l\u2019\u00e2me qu\u2019on aime \u00e0 rencontrer dans un ami, tous ces nobles sentiments qu\u2019on se plait \u00e0 applaudir chez les hommes d\u2019\u00e9lite, Marc\u00e9 les poss\u00e9dait \u00e0 un supr\u00eame degr\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pour mener \u00e0 bien toutes ces charges, cliniques, administratives et enseignantes, de front avec ses publications, il se r\u00e9veillait \u00e0 l\u2019aube et travaillait tard dans la nuit. Dans l\u2019avant-derni\u00e8re ann\u00e9e de sa vie, il a d\u00fb \u00eatre malade ou \u00e9puis\u00e9. Il reconnaissait avoir besoin d\u2019une meilleure hygi\u00e8ne c\u00e9r\u00e9brale, et qu\u2019un repos absolu lui \u00e9tait n\u00e9cessaire. Il passa quelque temps avec la famille Pelouze \u00e0 Chenonceau. Il d\u00e9c\u00e8de en Ao\u00fbt 1864, laissant <em>trois adorables petits enfants<\/em>. Les raisons du d\u00e9c\u00e8s sont inconnues. Une source mentionne toutefois&nbsp;: <em>une maladie cruelle et terrible<\/em>&nbsp;; mais ses coll\u00e8gues disaient qu\u2019il aimait beaucoup travailler, ce qui l\u2019aurait tu\u00e9&nbsp;; il rejoint ainsi <em>le martyrologie de la science<\/em>. Sa productivit\u00e9 durant cette carri\u00e8re de 9 ans a \u00e9t\u00e9 prodigieuse.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans sa monographie sur la folie des femmes enceintes, il a d\u00e9velopp\u00e9 le concept de <em>sympathie<\/em>. En plus des psychoses du <em>pre-<\/em> et du <em>postpartum<\/em>, il s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 aux troubles intellectuels et aux craintes des femmes enceintes (faisant allusion \u00e0 la tocophobie), la folie de l\u2019accouchement et son importance dans l\u2019infanticide (ce pourquoi il a \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9 par Tardieu). Il \u00e9crit (dans une autre publication) sur l\u2019influence de la grossesse et de l\u2019accouchement sur le traitement de la maladie mentale, et critique l\u2019id\u00e9e que la grossesse soignait la folie&nbsp;; il a vu plusieurs cas sur lesquels le mariage, la grossesse ou la naissance n\u2019ont eu aucun effet. Il a discut\u00e9 de la responsabilit\u00e9 l\u00e9gale de la femme enceinte. Il parle d\u2019obsessions infanticides, et sous le diagnostic d\u2019<em>affaiblissement intellectuel passager<\/em>, il a d\u00e9crit un cas de psychose de Korsakow. Il a observ\u00e9 que quelques psychoses du <em>postpartum<\/em> \u00e9taient d\u2019origine organiques, et sa cohorte incluait 3 cas de psychoses \u00e9clamptiques et quelques m\u00e8res souffrant de p\u00e9ritonite ou d\u2019abc\u00e8s du sein. En dehors des psychoses organiques et de la d\u00e9pression, il a d\u00e9crit 49 cas de psychoses &#8211; 8 exclusivement dans le <em>prepartum<\/em>, 12 d\u00e9butants durant la grossesse et continuant apr\u00e8s la naissance, et 29 <em>postpartum<\/em>, dont 8 associ\u00e9es au sevrage. Les r\u00e9sum\u00e9s \u00e9taient brefs, et aucun cas suivi sur le long terme. 35 \u00e9taient ses propres cas, ou glan\u00e9s chez des coll\u00e8gues comme Baillarger et Mitivi\u00e9. 14 ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans des revues, dont deux en langue allemande et quatre en langue anglaise. En 1855, pr\u00e8s de 60 cas avaient \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans la seule litt\u00e9rature fran\u00e7aise, mais il devait \u00eatre difficile d\u2019acc\u00e9der aux publications \u00e0 cette \u00e9poque&nbsp;; quoiqu\u2019il en soit, il est curieux qu\u2019il ait omis tous les cas d\u2019Esquirol sauf un, d\u2019autant que quelques-uns d\u2019entre eux sont des plus instructifs qui aient \u00e9t\u00e9 jamais publi\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Un cas publi\u00e9 dans cette monographie \u00e9tait particuli\u00e8rement int\u00e9ressant&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Une femme \u00e2g\u00e9e de 34 ans a eu des troubles mentaux passagers apr\u00e8s une fausse couche, et aussi dans quatre de ses grossesses&nbsp;; ceux-ci commenc\u00e8rent dans leurs derniers jours de la grossesse et se sont poursuivis durant l\u2019allaitement jusqu\u2019\u00e0 8-10 jours apr\u00e8s le sevrage. Apr\u00e8s son cinqui\u00e8me accouchement, la psychose d\u00e9buta au retour des premi\u00e8res r\u00e8gles. Bien que sa qualification d\u2019un <em>trouble mental passager<\/em> et <em>troubles intellectuels<\/em> manque de description d\u00e9taill\u00e9e des sympt\u00f4mes, ce cas fait cependant allusion \u00e0 l\u2019association entre l\u2019apr\u00e8s fausse couche, le <em>prepartum<\/em> et les psychoses menstruelles (3 d\u00e9clencheurs).<\/p>\n\n\n\n<p><em>Ailleurs il a publi\u00e9 un autre cas int\u00e9ressant&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Une femme \u00e2g\u00e9e de 26 ans, dont la tante paternelle a pr\u00e9sent\u00e9 un d\u00e9lire transitoire apr\u00e8s chaque naissance, perdit son mari (d\u2019une maladie chronique de la colonne vert\u00e9brale) 9 mois apr\u00e8s la naissance de son premier enfant. A 13 mois elle allaita sa fille. Trois semaines apr\u00e8s, elle pr\u00e9sente une violente attaque \u00ab&nbsp;hyst\u00e9rique&nbsp;\u00bb. Deux semaines apr\u00e8s, elle a eu ses r\u00e8gles \u00e0 nouveau, et depuis lors elle s\u2019est plainte en automne ou en hiver de 6 acc\u00e8s d\u2019extr\u00eame \u00e9motivit\u00e9 avec violence, pleurs, loquacit\u00e9, et tendances \u00e9rotiques, tout ceci associ\u00e9 au flux menstruel. Elle a \u00e9galement pr\u00e9sent\u00e9 une galactorrh\u00e9e. Ceci constitue la premi\u00e8re description d\u2019une psychose menstruelle apr\u00e8s une grossesse normale, apparemment apr\u00e8s sevrage, avec des allusions \u00e0 un \u00e9l\u00e9ment saisonnier (3 facteurs d\u00e9clenchant).<\/p>\n\n\n\n<p>Il a d\u00e9montr\u00e9 ses pouvoirs d\u2019observation dans un article sur les troubles mentaux de la Chor\u00e9e de Sydenham, qui inclut une description d\u2019hallucinations hypnagogiques et hypnopompiques qui survient avec une extr\u00eame gravit\u00e9 dans cette affection&nbsp;: une femme de 22 ans, ayant une syphilis cong\u00e9nitale, s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9e au bout du 15<sup>e<\/sup> jour d\u2019\u00e9volution d\u2019une chor\u00e9e. Son sommeil \u00e9tait interrompu par des \u00ab&nbsp;r\u00eaves&nbsp;\u00bb. Avant de s\u2019endormir, elle aurait vu des monstres des cadavres d\u00e9capit\u00e9s, des corbeaux, des chauves-souris, et autres objets terrifiants. Elle a cru qu\u2019ils l\u2019\u00e9trangleraient et avait des difficult\u00e9s \u00e0 respirer. Ces hallucinations survenaient aussi au r\u00e9veil o\u00f9 elle hurlait et d\u00e9rangeait les autres patientes du service. Elle croyait son alimentation empoisonn\u00e9e et entendait des voix lui disant qu\u2019elle \u00e9tait damn\u00e9e. Elle gu\u00e9rit en quelques semaines. Seule la th\u00e8se de Breton (1893) \u00e9tait document\u00e9e sur ces ph\u00e9nom\u00e8nes en d\u00e9tail comparable.<\/p>\n\n\n\n<p>Marc\u00e9, aussi bien dans ses ouvrages que dans un article publi\u00e9 en 1857, donne quelques pistes au sujet des causes de la folie puerp\u00e9rale et du <em>prepartum<\/em>. Il reconnait l\u2019existence de causes pr\u00e9disposantes et occasionnelles. Les premi\u00e8res \u00e9tant l\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9, l\u2019\u00e9puisement, l\u2019existence d\u2019autres acc\u00e8s ant\u00e9rieurs (en particulier de folie puerp\u00e9rale), des causes morales, an\u00e9mie, un \u00e2ge avanc\u00e9 et le nombre d\u2019accouchements. Il est int\u00e9ressant que lui-m\u00eame, comme quelques autres auteurs de la moiti\u00e9 du 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle, trouvent que la <em>multiparit\u00e9<\/em> et non la <em>primiparit\u00e9<\/em> \u00e9tait un facteur de risque &#8211; la comparaison des \u00e2ges des parturientes dans 2 services d\u2019obst\u00e9trique a soulign\u00e9 que l\u2019\u00e2ge avanc\u00e9 \u00e9tait un facteur pr\u00e9disposant. Les causes occasionnelles \u00e9tant le retour des r\u00e8gles, des causes morales (encore), \u00e9clampsie, un travail p\u00e9nible, absence de chloroforme durant le travail, h\u00e9morragie, abc\u00e8s du sein, et le sexe de l\u2019enfant. Il a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 prendre en compte le r\u00f4le de la menstruation. En dehors de la femme aux 7 \u00e9pisodes menstruels apr\u00e8s sevrage (r\u00e9sum\u00e9 plus haut), il a constat\u00e9 que quelques psychoses du <em>postpartum<\/em> d\u00e9butaient 5 \u00e0 6 semaines apr\u00e8s l\u2019accouchement, lors du retour des r\u00e8gles dans le <em>postpartum<\/em>&nbsp;; son estimation est de 11\/44 et 12\/60 dans diverses cohortes. Vers 1855, les r\u00e9f\u00e9rences aux troubles mentaux de la menstruation, dans la litt\u00e9rature mondiale, \u00e9taient peu nombreuses&nbsp;: Pritchard (1822) a d\u00e9crit une manie \u00ab&nbsp;ut\u00e9rine&nbsp;\u00bb chez une femme qui a donn\u00e9 naissance \u00e0 plusieurs enfants \u2013 la premi\u00e8re de nombreuses mentions de psychoses p\u00e9riodiques apr\u00e8s un \u00e9pisode puerp\u00e9ral. Parmi les premi\u00e8res descriptions de psychoses menstruelles, celle de Bri\u00e8re de Boismont (1851) \u00e9tait la plus \u00e9vidente. Peu d\u2019auteurs ont confirm\u00e9 l\u2019observation de Marc\u00e9 du d\u00e9but co\u00efncidant avec les premi\u00e8res r\u00e8gles. Mais il y a maintenant beaucoup de t\u00e9moignages de l\u2019association de psychoses puerp\u00e9rales bipolaires ou polymorphes avec la psychose menstruelle, ceci \u00e9tant le meilleur indice de l\u2019\u00e9tiologie de ces psychoses.<\/p>\n\n\n\n<p>Marc\u00e9 et Esquirol ont \u00e9galement rapport\u00e9 le d\u00e9clenchement au sevrage. Ceci n\u2019avait \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9 qu\u2019une fois auparavant &#8211; par Willardts en 1770. Esquirol, dans ses statistiques de la Salp\u00eatri\u00e8re, fait \u00e9tat de 19 patientes qui d\u00e9but\u00e8rent leurs troubles imm\u00e9diatement apr\u00e8s le sevrage. L\u2019une de ses patientes a m\u00eame eu deux \u00e9pisodes de m\u00e9lancolie avec des pr\u00e9occupations mystiques apr\u00e8s sevrage &#8211; l\u2019un d\u00e9butant deux jours apr\u00e8s celui de son deuxi\u00e8me enfant, et l\u2019autre le jour suivant celui de son 5<sup>e<\/sup> enfant. Marc\u00e9 a eu 8 patientes qui d\u00e9but\u00e8rent \u00e9galement leur pathologie au sevrage. Six des enfants furent longtemps allait\u00e9s (10-21 mois). Une des patientes a eu deux \u00e9pisodes dans le d\u00e9but du <em>postpartum<\/em> et un \u00e9pisode au d\u00e9but du sevrage. Une autre patiente, apr\u00e8s l\u2019\u00e9pisode du sevrage, a d\u00e9clench\u00e9 un \u00e9pisode dans le <em>prepartum<\/em>. Cet ensemble sugg\u00e8re des liens avec d\u2019autres d\u00e9clencheurs en p\u00e9riode de f\u00e9condit\u00e9. Le d\u00e9but \u00e0 la faveur du sevrage n\u2019a pas beaucoup retenu l\u2019attention de la litt\u00e9rature des 150 derni\u00e8res ann\u00e9es, bien qu\u2019il y ait eu quatre descriptions de plus de patientes dont-deux auraient d\u00e9but\u00e9 au sevrage.<\/p>\n\n\n\n<p>Esquirol et Marc\u00e9 ont encore un message \u00e0 d\u00e9livrer pour ceux d\u2019entre nous qui essayons de r\u00e9soudre les myst\u00e8res des psychoses de la grossesse. L\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019Esquirol pour l\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 et les statistiques a \u00e9t\u00e9 largement exploit\u00e9 par la g\u00e9n\u00e9tique mol\u00e9culaire et l\u2019\u00e9pid\u00e9miologie. Cependant, tous deux ont d\u00e9crit plusieurs cas atypiques qui renvoient \u00e0 des facteurs \u00e9tiologiques encore inconnus et sugg\u00e8rent de nouvelles pistes d\u2019investigation. Cette approche clinique fondatrice de la psychopathologie semble toutefois aujourd\u2019hui tomb\u00e9e dans l\u2019oubli, bien qu\u2019elle offre encore la meilleure opportunit\u00e9 de progr\u00e8s. Le retour \u00e0 la clinique s\u2019impose donc&nbsp;! Au travail&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Appendix<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_179\/LCP_179_0022\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2014-03s_sa03_art03_img001.jpg\" alt=\"tableau im1\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_179\/LCP_179_0022\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2014-03s_sa03_art03_img002.jpg\" alt=\"tableau im2\"\/><figcaption>Esquirol\u2019s cases<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_179\/LCP_179_0022\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2014-03s_sa03_art03_img003.jpg\" alt=\"tableau im3\"\/><figcaption>Marc\u00e9\u2019s cases (excluding depression and organic psychoses)<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_179\/LCP_179_0022\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2014-03s_sa03_art03_img004.jpg\" alt=\"tableau im4\"\/><figcaption>Exclusively prepartum cases<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_179\/LCP_179_0022\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2014-03s_sa03_art03_img005.jpg\" alt=\"tableau im5\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_179\/LCP_179_0022\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2014-03s_sa03_art03_img006.jpg\" alt=\"tableau im6\"\/><figcaption>Pre- et postpartum cases<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_179\/LCP_179_0022\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2014-03s_sa03_art03_img007.jpg\" alt=\"tableau im7\"\/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_179\/LCP_179_0022\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2014-03s_sa03_art03_img008.jpg\" alt=\"tableau im8\"\/><figcaption>Exclusively postpartum cases. His own cases, or those of colleagues at the Salp\u00eatri\u00e8re &#8211; Baimmarger, Mitivi\u00e9 &#8211; or Charenton<br><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_179\/LCP_179_0022\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2014-03s_sa03_art03_img009.jpg\" alt=\"tableau im9\"\/><figcaption>Exclusively postpartum cases. Published by others<br><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.cairn.info\/loadimg.php?FILE=LCP\/LCP_179\/LCP_179_0022\/LCP_idPAS_D_ISBN_pu2014-03s_sa03_art03_img010.jpg\" alt=\"tableau im10\"\/><figcaption>Weaning onset<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9f\u00e9rence<\/h2>\n\n\n\n<p>Aeidii Euthii J (1694), \u00ab&nbsp;De muliere alias mente sana, gravida demente, Miscellanea Curiosa sive Ephemeridum Medico-Physicarum Germanicarum Academiae Naturae Curiosorum&nbsp;\u00bb, <em>Decuriae III, annus secundus, Observation 4<\/em>, pages 10-11.<\/p>\n\n\n\n<p>Breton A. (1893), <em>\u00c9tat mental dans la chor\u00e9e<\/em>, Th\u00e8se Paris, n\u00b0 124.<\/p>\n\n\n\n<p>Bri\u00e8re de Boismont (1851), <em>Recherches bibliographiques et cliniques sur la folie puerp\u00e9rale<\/em>, preced\u00e9 d\u2019<em>in Apercu sur les repports de la menstruation et de l\u2019ali\u00e9nation mentale<\/em>, Annales M\u00e9dico-psychologiques, 2<sup>nd<\/sup> series, 3&nbsp;: 574-610.<\/p>\n\n\n\n<p>Esquirol J E D (1816), in C L F Panekoucke (editor) <em>Dictionaire des Sciences M\u00e9dicales<\/em>, Paris, p 192-193.<\/p>\n\n\n\n<p>Esquirol J E D (1818), \u00ab&nbsp;Observations sur l\u2019ali\u00e9nation mentale \u00e0 la suite de couches&nbsp;\u00bb, <em>Journal G\u00e9n\u00e9ral de M\u00e9decine, de Chirurgie et de Pharmacie Fran\u00e7aise et \u00c9trang\u00e8res<\/em>, 62&nbsp;: 629-648.<\/p>\n\n\n\n<p>Esquirol J E D (1819), \u00ab&nbsp;De l\u2019alienation mentale des nouvelles accouchees et des nourrices&nbsp;\u00bb, <em>Annuaires m\u00e9dicales-chirurgiques des h\u00f4pitaux de Paris<\/em> 1&nbsp;: 600-632.<\/p>\n\n\n\n<p>Linas M (1865), Notice biographique sur M. Marc\u00e9. <em>Annales M\u00e9dico-psychologiques<\/em>, 4<sup>e<\/sup> series, 5&nbsp;: 85-89.<\/p>\n\n\n\n<p>Laborde J V (1865), <em>\u00c9loge de L V Marc\u00e9<\/em>, Paris, Moquet.<\/p>\n\n\n\n<p>Marc\u00e9 L. V. (1856), \u00ab&nbsp;Manie hyst\u00e9rique intermittente \u00e0 la suite de sevrage&nbsp;; acc\u00e8s revenant \u00e0 chaque \u00e9poque menstruelle&nbsp;: traitement infructueux par les toniques&nbsp;; gu\u00e9rison par la di\u00e8te lact\u00e9e&nbsp;\u00bb, <em>Gazette des H\u00f4pitaux<\/em>, 29&nbsp;: 526<\/p>\n\n\n\n<p>Marc\u00e9 L. V. (1857), \u00ab&nbsp;Etudes sur les causes de la folie puerp\u00e9rale&nbsp;\u00bb, <em>Annales M\u00e9dico-psycholologiques<\/em> 3 s III p 562-584.<\/p>\n\n\n\n<p>Marc\u00e9 L. V. (1858), <em>Trait\u00e9 de la Folie des Femmes Enceintes, des Nouvelle Accouch\u00e9es et des Nourrices<\/em>, et <em>Consid\u00e9rations M\u00e9dico-l\u00e9gales qui se Rattachent \u00e0 ce Sujet<\/em>, Paris, Bailli\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Marc\u00e9 L. V. (1860), \u00ab&nbsp;L\u2019\u00c9tat mental dans la chor\u00e9e&nbsp;\u00bb, <em>M\u00e9moires de l\u2019Acad\u00e9mie de M\u00e9decine<\/em>, 24&nbsp;: 30-38.<\/p>\n\n\n\n<p>Marc\u00e9 L. V. (1862), <em>Trait\u00e9 Pratique des Maladies Mentales<\/em>, Paris, Bailli\u00e8re, pages 143-147.<\/p>\n\n\n\n<p>Osiander F. B. (1797), \u00ab&nbsp;Neue Denkw\u00fcrdigkeiten f\u00fcr Aerzte und Geburtshelfer&nbsp;\u00bb. <em>Rosenbusch,<\/em> G\u00f6ttingen, p 52-128.<\/p>\n\n\n\n<p>Prichard J. C. (1822), <em>A Treatise on Diseases of the Nervous System<\/em>, part 1. London, Underwood, page 195.<\/p>\n\n\n\n<p>Ritti A. (1882), <em>Victor Marc\u00e9&nbsp;: \u00e9loge prononc\u00e9e dans la s\u00e9ance publique annuelle de la Soci\u00e9t\u00e9 M\u00e9dico-psychologique<\/em>, le 24 Avril 1882.<\/p>\n\n\n\n<p>Williardts J. C. (1770), <em>Metastasi lactis.Inaugural-dissertation<\/em>, T\u00fcbingen.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10168?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Revenir \u00e0 Esquirol et Marc\u00e9 \u00e0 l\u2019heure du mouvement \u00ab&nbsp;anti DSM&nbsp;\u00bb peut para\u00eetre une provocation, voire une man\u0153uvre politique plus qu\u2019un retour \u00e0 l\u2019histoire et \u00e0 la nosographie, aujourd\u2019hui, bien malmen\u00e9e. 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