{"id":10108,"date":"2021-08-22T07:31:19","date_gmt":"2021-08-22T05:31:19","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/psychananalyse-et-psychotherapie-ou-est-le-debat-2\/"},"modified":"2021-10-08T01:37:45","modified_gmt":"2021-10-07T23:37:45","slug":"psychananalyse-et-psychotherapie-ou-est-le-debat","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/psychananalyse-et-psychotherapie-ou-est-le-debat\/","title":{"rendered":"Psychananalyse et psychoth\u00e9rapie : o\u00f9 est le d\u00e9bat ?"},"content":{"rendered":"\n<p>Nous sommes partis d\u2019une question aussi ancienne que la psychanalyse, celle de l\u2019unicit\u00e9 ou de la diversit\u00e9 des pratiques psychoth\u00e9rapiques qui s\u2019en r\u00e9clament. Gr\u00e2ce aux nombreux contributeurs qui ont r\u00e9pondu favorablement \u00e0 notre appel, nous avons pu dresser un panorama actuel de cette diversit\u00e9 et de l\u2019acuit\u00e9 des divergences qui animent plus que jamais le champ de la pratique et des r\u00e9f\u00e9rences th\u00e9oriques. En se d\u00e9tachant de l\u2019hypnose et, moins explicitement, de la th\u00e9rapie morale, la psychanalyse a tr\u00e8s t\u00f4t rencontr\u00e9 la question de l\u2019extension de ses applications et d\u2019une certaine flexibilit\u00e9 de sa pratique. Freud introduisit en 1918 la m\u00e9taphore de l\u2019alliage de l\u2019or et du cuivre et a rapproch\u00e9 \u00e0 cette occasion le cuivre de la suggestion tout en donnant comme exemple la prescription d\u2019une conduite contra-phobique. Au cours des ann\u00e9es 1920 et 1930, il fut surtout question de l\u2019application de la psychanalyse \u00e0 l\u2019enfant et \u00e0 des pathologies vari\u00e9es, dont les psychoses et les anomalies s\u00e9v\u00e8res de l\u2019organisation de la personnalit\u00e9. Des variantes techniques ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9es, en particulier celle bien connue de Ferenczi, qui se heurt\u00e8rent aux orthodoxies r\u00e9gnantes des \u00e9coles de Londres et de Vienne. Apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, ce fut l\u2019expansion des psychoth\u00e9rapies d\u2019orientation ou d\u2019inspiration psychanalytique, destin\u00e9es \u00e0 r\u00e9pondre aux demandes du plus grand nombre, d\u00e9marche d\u00e9velopp\u00e9e surtout aux \u00c9tats-Unis et qui reprenait la question soulev\u00e9e par Freud en 1918. Aujourd\u2019hui, le d\u00e9clin de la popularit\u00e9 de la psychanalyse, la concurrence des th\u00e9rapies d\u2019autres inspirations, mais aussi la croissance du nombre de praticiens qui \u00e9taient initi\u00e9s \u00e0 la psychanalyse ont eu le double effet d\u2019une r\u00e9duction des demandes d\u2019analyse proprement dites et d\u2019une large extension de pratiques inspir\u00e9es ou tenues pour variantes de la \u00ab cure-type \u00bb. \u00c0 la psychanalyse \u00ab all\u00e9g\u00e9e \u00bb a ainsi fait suite la psychanalyse dite compliqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9bat continue. Mais comment ? Le risque est grand de c\u00e9der \u00e0 la pol\u00e9mique pour tenter de d\u00e9passer le d\u00e9bat. L\u2019inconv\u00e9nient de formules telles que \u00ab ce n\u2019est pas de la psychanalyse \u00bb ne tient pas \u00e0 la vivacit\u00e9 du propos mais au fait qu\u2019elles contournent trop ais\u00e9ment le principe de l\u2019existence m\u00eame de ce que l\u2019on souhaite exclure. On attend d\u2019un d\u00e9bat non pas qu\u2019il \u00e9carte la diff\u00e9rence, mais qu\u2019il l\u2019int\u00e8gre ou la reconnaisse.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le champ de la psychanalyse comme dans celui des autres sciences de l\u2019esprit et plus largement de l\u2019action humaine (Lacan), la complexit\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments observables, de leurs relations r\u00e9ciproques, tant comme objets de connaissance que comme pratiques de communication intersubjectives, nous invite \u00e0 des choix et \u00e0 des hypoth\u00e8ses multiples. Il s\u2019agit d\u2019options, de strat\u00e9gies d\u2019emploi, dont la diversit\u00e9, voire l\u2019opposition, nous aident \u00e0 mieux conna\u00eetre la complexit\u00e9 du domaine de r\u00e9f\u00e9rence. L\u2019opposition entre d\u00e9bat et pol\u00e9mique n\u2019est donc pas une question de courtoisie. Elle n\u2019est pas simple invitation au respect mutuel. Elle tient \u00e0 un principe \u00e9pist\u00e9mologique. Doit-on, comme dans les sciences de la nature, se fier \u00e0 la seule logique de l\u2019\u00e9vidence mais reconna\u00eetre que dans le domaine de la psychanalyse comme dans ceux du politique ou de l\u2019\u00e9ducation des voies divergentes, parall\u00e8les ou crois\u00e9es traversent le champ du savoir et de l\u2019action&nbsp;? C\u2019est dans cet esprit que nous proposons d\u2019entendre les contributions qui ont nourri le d\u00e9bat.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais comment conclure puisque par nature la controverse peut demeurer sans fin. Il est tout aussi fond\u00e9 de d\u00e9clarer que la psychoth\u00e9rapie psychanalytique n\u2019existe pas que d\u2019affirmer le contraire. La lecture des textes montre bien \u00e0 quelles logiques ob\u00e9issent les deux assertions, quels \u00e9clairages elles privil\u00e9gient, quels risques et quels avantages elles trouvent dans l\u2019un et l\u2019autre point de vue. D\u2019autant plus que lorsqu\u2019on imagine une situation clinique, le diff\u00e9rent c\u00e8de la place \u00e0 des \u00e9carts de pratique et \u00e0 des options que la pragmatique des cures individuelles permet de nuancer. Cela ne veut pas dire que les pratiques cliniques sont les m\u00eames mais signifie que les diff\u00e9rences r\u00e9sultent d\u2019options th\u00e9oriques et pratiques compatibles. Est-il alors l\u00e9gitime de tenter une synth\u00e8se \u00e0 partir des diff\u00e9rences&nbsp;? Parlerions-nous aujourd\u2019hui du cuivre comme Freud en parlait, et d\u2019autant que durant des ann\u00e9es, les traductions fran\u00e7aises mentionnait le plomb au lieu du cuivre ? \u00c0 la limite, on pourrait proc\u00e9der \u00e0 des classements et \u00e0 des regroupements vari\u00e9s. Opposera-t-on unicistes et pluralistes&nbsp;? Mais \u00e0 d\u2019autres points de vue (l\u2019appartenance \u00e0 telle ou telle institution, telle ou telle g\u00e9n\u00e9ration par exemple), convergences et divergences ne sont plus les m\u00eames. Les points d\u2019accord sont-ils plus nombreux qu\u2019il y para\u00eet ? Sans doute, mais est-il plus int\u00e9ressant de les souligner que ceux de d\u00e9saccord ? La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019apr\u00e8s-coup ou celle au contre-transfert semblent \u00ab croiser \u00bb d\u2019autres crit\u00e8res de jugement. Mais qu\u2019en conclure \u00e0 partir d\u2019un si faible \u00e9chantillon ? Nous sommes en pr\u00e9sence d\u2019un myc\u00e9lium \u2013 d\u2019un r\u00e9seau \u00e0 multidimensions \u2013 dont nous devons tout simplement respecter la complexit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me risquerai pourtant \u00e0 proposer une conclusion. S\u2019il n\u2019y a pas de r\u00e9ponse univoque aux questions pos\u00e9es, ce n\u2019est pas seulement d\u00fb aux diff\u00e9rences entre des praticiens, mais cela tient au fait que la pratique psychanalytique elle-m\u00eame est mati\u00e8re \u00e0 d\u00e9bat. C\u2019est en ce sens que j\u2019ai plaid\u00e9 pour un continuum, non bien s\u00fbr pour gommer les diff\u00e9rences mais au contraire pour les rendre plus visibles. Il s\u2019agit, me semble-t-il, d\u2019un continuum qui sous-tend une articulation dialectique entre deux formes d\u2019\u00e9coute que je me propose d\u2019appeler le psychanalytique et le psychoth\u00e9rapique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le terme \u00ab cure-type \u00bb n\u2019est pas aussi sot qu\u2019il y para\u00eet. La cure-type est un mod\u00e8le. C\u2019est celui que le psychanalyste offre \u00e0 un requ\u00e9rant, \u00ab \u00e0 prendre ou \u00e0 laisser \u00bb, oserait-on dire, en n\u2019oubliant pas que si le psychanalyste sait ce qu\u2019il offre, le patient n\u2019en sait rien, \u00e0 moins que, initi\u00e9 voire engag\u00e9, il sait qu\u2019il faut passer par l\u2019exp\u00e9rience-type de la psychanalyse. Lorsque le psychanalyste dit au patient&nbsp;: \u00ab Ce que je vous propose est une psychanalyse et rien d\u2019autre \u00bb, il s\u2019affiche comme garant d\u2019un mod\u00e8le. Beau d\u00e9ni que de s\u2019insurger contre le sujet \u00ab suppos\u00e9 savoir&nbsp;\u00bb. L\u2019engagement dans la cure-type implique de la part du psychanalyste qu\u2019il tentera de r\u00e9pondre au mieux aux r\u00e9quisits du mod\u00e8le, et de la part de l\u2019analysant qu\u2019il se pliera aux exigences techniques du cadre. C\u2019est d\u2019un v\u00e9ritable contrat qu\u2019il s\u2019agit. Les engagements, aussi diff\u00e9rents qu\u2019ils soient d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et de l\u2019autre, n\u2019en sont pas moins tout aussi contraignants. D\u00e8s lors, le mod\u00e8le, par l\u2019entremise de son ex\u00e9cutant, va \u00eatre \u00e0 l\u2019origine d\u2019un processus \u00e0 la condition que le cadre qu\u2019il pr\u00e9suppose soit respect\u00e9. Le cadre n\u2019est pas seulement le dispositif mat\u00e9riel, c\u2019est aussi le mode de pens\u00e9e auquel l\u2019analysant est invit\u00e9, \u00e0 partir de la r\u00e8gle fondamentale. Il est postul\u00e9 et soumis de ce fait \u00e0 v\u00e9rification, que cet engagement dans le cadre fera d\u00e9couvrir un processus sp\u00e9cifique que la m\u00e9tapsychologie psychanalytique a permis d\u2019identifier (transfert, r\u00e9gression, conflit personnel, contraintes de la sexualit\u00e9 infantile, etc.). Si l\u2019engagement dans la cure-type est li\u00e9 \u00e0 une demande de soins psychoth\u00e9rapiques (et dans quel contrat ne l\u2019est-elle pas ?), ceux-ci ne rel\u00e8vent que secondairement de l\u2019accomplissement de la connaissance des pressions de la r\u00e9alit\u00e9 psychique, objectif primaire de la m\u00e9thode. Pr\u00e9cisons toujours que du point de vue strictement freudien, toute gu\u00e9rison, dite de surcro\u00eet, tient aux effets de d\u00e9gagement des r\u00e9sistances li\u00e9es aux conflits pathog\u00e8nes, et donc du processus attendu plut\u00f4t que du cadre lui-m\u00eame. Notons surtout que la rigueur de ce dernier ne dispense pas d\u2019une certaine souplesse technique. Ce qui d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9suppose que le clinicien est confront\u00e9 \u00e0 des choix dans sa mani\u00e8re d\u2019\u00e9couter et d\u2019interpr\u00e9ter le cours associatif de l\u2019analysant.<\/p>\n\n\n\n<p>Arr\u00eatons-nous pr\u00e9cis\u00e9ment aux modalit\u00e9s d\u2019\u00e9coute associative que d\u00e9veloppe l\u2019analyste, modalit\u00e9s de co-pens\u00e9e qui sont largement d\u00e9pendantes du cadre. L\u2019analyste privil\u00e9gie une \u00e9coute psychanalytique, associative, aussi fid\u00e8le que possible \u00e0 l\u2019encha\u00eenement des pens\u00e9es de l\u2019analysant. Cette \u00e9coute, nous tenterons de la maintenir tout au long du parcours de vie de l\u2019analysant au long de la cure, marqu\u00e9 par une diversit\u00e9 d\u2019investissement, de conflits actuels et d\u2019\u00e9v\u00e9nements intercurrents. Au mieux, l\u2019analysant int\u00e9riorise le mode de co-pens\u00e9e, et par un processus continu de perlaboration devient progressivement son propre psychanalyste, du moins dans le meilleur des cas.<br>En opposition \u00e0 ce mod\u00e8le, \u00e0 la limite utopique, nous consid\u00e9rerons les psychoth\u00e9rapies psychanalytiques comme l\u2019ensemble des pratiques qui se distinguent du mod\u00e8le de la cure-type par les engagements du contrat th\u00e9rapeutique et les modalit\u00e9s de la co-pens\u00e9e.<br>Consid\u00e9rons en premier lieu la nature du contrat. La plupart des consultants ne viennent pas pour entreprendre une psychanalyse \u00e0 proprement parler et ne sont pas pr\u00eats \u00e0 accepter de se plier aux conventions que nous leur proposons pour ce faire. Ils veulent \u00eatre soign\u00e9s de ce qu\u2019ils estiment \u00eatre \u00e0 l\u2019origine de leur souffrance et de leurs difficult\u00e9s de vie. Ils s\u2019adressent au psychanalyste et non \u00e0 la psychanalyse. Ils veulent savoir si nous sommes en mesure de r\u00e9pondre \u00e0 leur demande le plus souvent aux conditions du cadre qu\u2019ils sont pr\u00eats \u00e0 accepter. C\u2019est l\u2019analyste qui est sollicit\u00e9 et proposera un contrat adapt\u00e9 \u00e0 la demande, ind\u00e9pendamment des conditions du cadre mat\u00e9riel. C\u2019est notre mode d\u2019\u00e9coute qui est ainsi induit, non pas en fonction du mod\u00e8le de la cure mais en fonction de ce que le patient nous impose. La r\u00e9sistance n\u2019est plus ax\u00e9e sur le processus de la cure mais sur les sympt\u00f4mes. Notre \u00e9coute psychanalytique est ainsi d\u00e9rout\u00e9e par des demandes qui se succ\u00e8dent, alternent ou perdurent. Il ne s\u2019agit plus ici de \u00ab penser psychanalytiquement \u00bb&nbsp;; il s\u2019agit de confronter notre co-pens\u00e9e psychanalytique \u00e0 ces exigences th\u00e9rapeutiques. La question de fonds concernant la psychoth\u00e9rapie psychanalytique est pr\u00e9cis\u00e9ment celle-ci : que requi\u00e8rent ces exigences th\u00e9rapeutiques qui nous \u00e9cartent de l\u2019associativit\u00e9 psychanalytique et comment pouvons-nous les traiter comme des r\u00e9sistances \u00e0 la cure ? De multiples strat\u00e9gies s\u2019offrent au th\u00e9rapeute, en fonction du cas clinique mais aussi en fonction de l\u2019\u00e9volution du traitement. Ce qui fonde la nature psychanalytique du travail psychique que nous sommes amen\u00e9s \u00e0 d\u00e9velopper et \u00e0 faire \u00e9voluer au cours du temps, c\u2019est que l\u2019am\u00e9lioration clinique ouvre (et non ferme) un processus de co-pens\u00e9e psychanalytique. L\u2019id\u00e9al (l\u2019utopie) serait que la gu\u00e9rison donne acc\u00e8s \u00e0 la psychanalyse ! Mais le plus souvent, le travail th\u00e9rapeutique ne suit pas cette voie et nous contraint \u00e0 des demi-mesures ou \u00e0 une psychoth\u00e9rapie sans fin.<br>Psychanalyse compliqu\u00e9e ? Sans doute, mais au prix de d\u00e9bats internes qui \u00e0 chaque instant obligent le th\u00e9rapeute \u00e0 des choix, \u00e0 des options techniques. Alors que dans la cure id\u00e9ale, le d\u00e9bat qui occupe consciemment ou non l\u2019esprit de l\u2019analyste est de maintenir le cap vers le mod\u00e8le de la cure ; d\u00e8s que nous ne restons pas fix\u00e9s \u00e0 ce principe (et c\u2019est d\u00e9j\u00e0 un choix initial majeur, source de d\u00e9bats internes), nous nous exposons \u00e0 des situations de choix \u00ab strat\u00e9giques \u00bb, sources de multiples d\u00e9bats cliniques. Les supervisions rendent tr\u00e8s sensible cette diff\u00e9rence, et l\u2019on pourrait dire \u00e9galement que les supervisions de psychoth\u00e9rapies sont aussi compliqu\u00e9es. Le superviseur doit penser avec la co-pens\u00e9e du th\u00e9rapeute sollicit\u00e9 \u00e0 chaque instant par des constructions, des r\u00e9cits, des explications, des rem\u00e9morations qui r\u00e9sistent \u00e0 l\u2019\u00e9coute analytique mais ouvrent la voie \u00e0 des d\u00e9gagements th\u00e9rapeutiques. D\u2019o\u00f9 le d\u00e9bat permanent qui occupe le travail de supervision pour mesurer l\u2019impact de telle ou telle strat\u00e9gie d\u2019\u00e9coute et d\u2019interpr\u00e9tation. R\u00e9sumons les conditions de ces diff\u00e9rences. \u00c0 la constance de l\u2019offre de l\u2019analyste s\u2019oppose la constance de la sollicitation (du patient). \u00c0 l\u2019extr\u00eame, c\u2019est au coup par coup qu\u2019il nous faut agir, donc penser !<br>Le psychanalyste, dans sa pratique m\u00eame, est ainsi confront\u00e9 \u00e0 une double sollicitation&nbsp;: celle d\u2019une co-pens\u00e9e associative qui r\u00e9pond au mod\u00e8le de la cure-type, et celle d\u2019une prise en compte du soin qui r\u00e9pond \u00e0 la demande du patient et qui sera entendu, par lui comme r\u00e9sistance au processus de la cure, mais dont le \u00ab traitement \u00bb implique des strat\u00e9gies diverses. Toute pratique psychanalytique s\u2019inscrit dans un continuum, champ d\u2019une dialectique entre l\u2019approche de la r\u00e9alit\u00e9 psychique inconsciente et celle des effets des conflits interpersonnels et intrapsychiques.<br>Ce d\u00e9bat permanent n\u2019est pas sans rapport avec celui qui nous occupe. Mais c\u2019est un d\u00e9bat sans fin propre \u00e0 la clinique psychanalytique. N\u2019est-ce pas ici la raison, ou du moins une des raisons, qui explique la continuit\u00e9 dans l\u2019histoire du mouvement psychanalytique de la question des rapports entre psychanalyse et psychoth\u00e9rapie psychanalytique&nbsp;? On devrait alors se demander comment, au fil du temps, cette question a \u00e9t\u00e9 formul\u00e9e de mani\u00e8re diverses.<br>Est-ce d\u00fb \u00e0 des \u00e9volutions internes de la pratique ou \u00e0 des facteurs externes, ou \u00e0 une intrication des deux ? Que faisons-nous aujourd\u2019hui du minerai dont nous extrayons l\u2019\u00ab or pur \u00bb de la psychanalyse ? Ce d\u00e9bat continue.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10108?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous sommes partis d\u2019une question aussi ancienne que la psychanalyse, celle de l\u2019unicit\u00e9 ou de la diversit\u00e9 des pratiques psychoth\u00e9rapiques qui s\u2019en r\u00e9clament. 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