{"id":10098,"date":"2021-08-22T07:31:19","date_gmt":"2021-08-22T05:31:19","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/depression-paternelle-et-perinatalite-2\/"},"modified":"2021-10-07T22:06:57","modified_gmt":"2021-10-07T20:06:57","slug":"depression-paternelle-et-perinatalite","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/depression-paternelle-et-perinatalite\/","title":{"rendered":"D\u00e9pression paternelle et p\u00e9rinatalit\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p>Notre recherche sur les \u00e9tats d\u00e9pressifs du p\u00e8re apr\u00e8s la naissance d\u2019un enfant prend son appui clinique et th\u00e9orique autant sur les connaissances actuelles concernant la psychopathologie paternelle et les relations pr\u00e9coces p\u00e8re-b\u00e9b\u00e9, que sur les donn\u00e9es psychanalytiques classiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans <em>Mo\u00efse<\/em>, Freud indiquait que la paternit\u00e9 \u00ab&nbsp;donne le pas \u00e0 un processus de pens\u00e9e fait d\u2019hypoth\u00e8ses, de d\u00e9ductions&nbsp;\u00bb. L\u2019\u00e9laboration, que ce processus suscite, \u00e9claire la clinique. En outre, souvent consid\u00e9r\u00e9e comme un \u00ab&nbsp;\u00e9v\u00e9nement de vie&nbsp;\u00bb, produisant un important remaniement psychique, objectal et narcissique, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la paternit\u00e9 peut prendre une dimension traumatique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Etat de la question<\/h2>\n\n\n\n<p>La logique de cette \u00e9tude va prendre en compte ce qui est connu de la psychopathologie paternelle, et interroger les points lacunaires de ce champ de recherche.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019existence d\u2019une intimit\u00e9 psychique entre la paternit\u00e9 et la naissance est reconnue depuis fort longtemps, comme l\u2019atteste la coutume \u00e0 peu pr\u00e8s universelle de la couvade. Selon ce rituel, l\u2019homme, peu apr\u00e8s l\u2019accouchement, \u00ab&nbsp;imite la m\u00e8re&nbsp;\u00bb, il se met au lit, parfois \u00e0 la di\u00e8te et re\u00e7oit le compliments des voisins.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce rituel tr\u00e8s r\u00e9pandu a fait l\u2019objet d\u2019interpr\u00e9tations anthropologiques et psychanalytiques (28). Il aurait pour fonction de mettre la jeune m\u00e8re \u00e0 l\u2019abri des mouvements agressifs paternels. La couvade aurait aussi pour fondement inconscient le conflit qui existe pour le jeune p\u00e8re entre son propre d\u00e9sir de maternit\u00e9 et l\u2019identification \u00e0 son p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Par extension, on a d\u00e9crit un \u00ab&nbsp;syndrome de la couvade&nbsp;\u00bb pour caract\u00e9riser les troubles somatiques qui affectent souvent les jeunes p\u00e8res pendant la grossesse de leur compagne. Selon Trethovan et Colon (39), leur fr\u00e9quence serait de 8 \u00e0 10&nbsp;% des sujets examin\u00e9s. La survenue de ces faits psychosomatiques tiendrait \u00e0 l\u2019identification f\u00e9minine marqu\u00e9e de ces nouveaux p\u00e8res. Leur grande diffusion, leur traduction rituelle, montrent qu\u2019ils n\u2019appartiennent pas \u00e0 la pathologie.<\/p>\n\n\n\n<p>Les manifestations n\u00e9vrotiques des p\u00e8res (hyst\u00e9riques, phobiques, obsessionnelles, etc.) sont bien connues, ainsi que les d\u00e9compensations psychiatriques masculines \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une naissance. Il s\u2019agit soit de bouff\u00e9e d\u00e9lirante, soit de d\u00e9lire parano\u00efde survenant au cours de la premi\u00e8re ann\u00e9e de vie de l\u2019enfant, chez des sujets particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables ou aux ant\u00e9c\u00e9dents psychiatriques. Il peut s\u2019agir aussi de certaines psychopathies (violences, alcoolisme, d\u00e9viances sexuelles, toxicomanies) (10, 40, 45). Un exemple historique est rapport\u00e9 par J. Laplanche dans son \u00e9tude sur H\u00f6lderlin dont la premi\u00e8re \u00e9tape de la pathologie mentale (la d\u00e9pression d\u2019Iena) survient peu apr\u00e8s l\u2019annonce d\u2019une grossesse malencontreuse r\u00e9sultant de la premi\u00e8re et peut-\u00eatre unique exp\u00e9rience sexuelle du po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres recherches modernes concernent la place du p\u00e8re dans la famille, la filiation, et surtout la triade m\u00e8re-p\u00e8re-b\u00e9b\u00e9, donc la dimension interactionnelle de la paternit\u00e9, avec tous ses avatars et ses d\u00e9faillances.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le concept de d\u00e9pression paternelle<\/h2>\n\n\n\n<p>Les \u00e9tats d\u00e9pressifs du p\u00e8re constituent un nouvel int\u00e9r\u00eat pour la recherche sur la p\u00e9riode p\u00e9rinatale. Ils sont \u00e9tudi\u00e9s concurremment \u00e0 la d\u00e9pression maternelle. Il y a peu d\u2019\u00e9tudes jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent concernant leur pr\u00e9valence pendant la p\u00e9riode pr\u00e9natale. Les donn\u00e9es \u00e9pid\u00e9miologiques se r\u00e9f\u00e8rent seulement \u00e0 la pr\u00e9valence des patients d\u00e9pressifs rep\u00e9r\u00e9s en clinique psychiatrique ou aux conjoints des jeunes m\u00e8res qui succombent \u00e0 la d\u00e9pression post-natale.<\/p>\n\n\n\n<p>La \u00ab&nbsp;d\u00e9pression paternelle&nbsp;\u00bb est un terme peut-\u00eatre surprenant et reste encore un n\u00e9ologisme dans la litt\u00e9rature psychanalytique et psychiatrique de la p\u00e9rinatalit\u00e9. Les nuances des \u00e9tats d\u00e9pressifs des p\u00e8res, comme la clinique le montre, vont de la r\u00e9action n\u00e9vrotique jusqu\u2019\u00e0 la m\u00e9lancolie, passant par des \u00e9tats de d\u00e9sespoir, de d\u00e9tresse, d\u2019effondrement narcissique. Bien diff\u00e9rents, et sans sym\u00e9trie avec les d\u00e9pressions maternelles post-natales, les \u00e9tats d\u00e9pressifs du p\u00e8re, et leur sp\u00e9cificit\u00e9 restent encore \u00e0 clarifier<\/p>\n\n\n\n<p>La question qui nous semble essentielle est la suivante&nbsp;: existe-t il un lien autre que chronologique dans leur survenue \u00e0 la p\u00e9riode p\u00e9rinatale&nbsp;? Quelle valeur est sp\u00e9cifiquement \u00ab&nbsp;paternelle&nbsp;\u00bb dans cette d\u00e9pression masculine&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Notre r\u00e9flexion th\u00e9orique soul\u00e8ve trois hypoth\u00e8ses principales&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>a) La naissance du b\u00e9b\u00e9 peut constituer pour le p\u00e8re un traumatisme psychique qui d\u00e9clenche une d\u00e9compensation vers un \u00e9tat d\u00e9pressif pr\u00e9coce, avec r\u00e9activation d\u2019angoisses et de conflits archa\u00efques et \u0153dipiens, avec troubles identificatoires et de l\u2019identit\u00e9 sexuelle, r\u00e9gression vers les \u00e9tats oraux et anaux du d\u00e9veloppement psycho-sexuel.<\/p>\n\n\n\n<p>b) Les \u00e9tats d\u00e9pressifs du p\u00e8re sont caract\u00e9ris\u00e9s par la relation conflictuelle ambivalente du p\u00e8re actuel non seulement avec son propre p\u00e8re (registre \u0153dipien), mais aussi avec sa m\u00e8re (registre archa\u00efque). La d\u00e9pression peut \u00eatre envisag\u00e9e comme un m\u00e9canisme de d\u00e9fense du Moi contre un effondrement psychotique.<br>c) La d\u00e9pression paternelle peut traduire la trace d\u2019un \u00ab&nbsp;fant\u00f4me&nbsp;\u00bb, d\u2019un \u00ab&nbsp;visiteur du moi&nbsp;\u00bb encore vivant dans l\u2019inconscient du p\u00e8re, transmission psychique inconsciente d\u2019une absence psychique ou physique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le p\u00e8re dans les relations pr\u00e9coces<\/h2>\n\n\n\n<p>Selon Freud (19), on ne peut pas ignorer l\u2019importance de la pr\u00e9sence du p\u00e8re dans la vie de son enfant.&nbsp;: \u00ab&nbsp;De toutes les imagos d\u2019une enfance dont, en g\u00e9n\u00e9ral, on ne se souvient plus, aucune n\u2019est plus importante pour un jeune ou pour un homme que celle de son p\u00e8re. La contrainte organique introduit dans la relation entre un homme et son p\u00e8re une ambivalence \u00e9motionnelle dont nous trouvons l\u2019expression la plus frappante dans le mythe grec du roi \u0152dipe&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>La relation de l\u2019enfant avec le p\u00e8re, aim\u00e9 et redout\u00e9 \u00e0 la fois, se fonde sur le m\u00e9canisme de l\u2019identification qui survient pendant le d\u00e9clin du complexe d\u2019\u0152dipe. Cette p\u00e9riode marque la diff\u00e9rence sexuelle, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019identit\u00e9 personnelle, en passant par le complexe paternel et le complexe de castration. Par l\u2019angoisse de castration, donc par la conservation de la masculinit\u00e9, s\u2019op\u00e8re le renoncement \u00e0 la m\u00e8re et l\u2019\u00e9limination du p\u00e8re rival. Mais, compte tenu de la constitution bisexuelle du psychisme, ce renoncement comporte un risque de f\u00e9minisation \u2013 se retrouver du c\u00f4t\u00e9 de la m\u00e8re comme objet d\u2019amour du p\u00e8re. C\u2019est la crainte de la castration qui fait c\u00e9der cette ambivalence \u00e9motionnelle&nbsp;: la haine du p\u00e8re c\u00e8de devant un danger ext\u00e9rieur (la castration), le sentiment amoureux envers le p\u00e8re est donc trait\u00e9 comme un danger pulsionnel interne. La castration par le p\u00e8re s\u2019av\u00e8re terrible, \u00ab&nbsp;tant comme punition que comme prix d\u2019amour&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne s\u2019agit pas seulement de s\u2019identifier au p\u00e8re, mais de s\u2019identifier au mod\u00e8le tel que le fils le per\u00e7oit, un \u00ab&nbsp;\u00eatre-comme&nbsp;\u00bb. Le p\u00e8re introduit dans l\u2019\u00eatre psychique cette dimension et, avec elle, le contenu ambivalent qui signe le rapport \u0153dipien (masculin). L\u00e0 o\u00f9 se manifeste ce m\u00e9lange sp\u00e9cifique de sentiments tendres et haineux, on peut d\u00e9tecter le p\u00e8re \u0153dipien. Autant qu\u2019objet-cible d\u2019ambivalence, le p\u00e8re est ce qui permet au sujet de nouer ces deux courants affectifs et d\u2019assumer son \u00eatre contradictoire. Le p\u00e8re dans la th\u00e9orie freudienne est aussi celui qui fait trace dans les organisations sociales, les limitations morales et la religion. Le caract\u00e8re r\u00e9gressif de la religion aux yeux de Freud (21) rend compte de cette nostalgie du p\u00e8re, r\u00e9veill\u00e9e par la d\u00e9tresse initiale de l\u2019\u00eatre humain.<\/p>\n\n\n\n<p>D. W. Winnicott (42) est l\u2019un des premiers psychanalystes qui, dans son \u0153uvre sur la relation pr\u00e9coce m\u00e8re-enfant, a bien soulign\u00e9 l\u2019importance du p\u00e8re au d\u00e9but de la vie psychique du b\u00e9b\u00e9. Dans le chapitre \u00ab&nbsp;L\u2019effet des parents psychotiques sur le d\u00e9veloppement affectif de leur enfant&nbsp;\u00bb, et surtout dans <em>L\u2019enfant et sa famille<\/em> (43), Winnicott affirme que le p\u00e8re doit \u00eatre pr\u00e9sent et fort, il doit soutenir la dyade m\u00e8re-b\u00e9b\u00e9, \u00ab&nbsp;il rend humain quelque chose dans la m\u00e8re&nbsp;\u00bb, il doit se substituer \u00e0 elle quand elle est absente, il doit \u00eatre r\u00e9el et vivant pour que l\u2019enfant se sente r\u00e9el et vivant lui aussi. Nous retenons surtout l\u2019importance accord\u00e9e par Winnicott \u00e0 la pr\u00e9sence psychique du p\u00e8re d\u00e8s les premiers mois de l\u2019enfant.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut mentionner aussi la fonction d\u2019<em>object-presenting<\/em> d\u00e9crite par Winnicott, qui mod\u00e9lise par d\u00e9finition l\u2019introduction d\u2019un tiers entre la m\u00e8re et son enfant. L\u2019objet pr\u00e9sent\u00e9 permet de fl\u00e9chir et de filtrer les motions pulsionnelles de la m\u00e8re (tant agressives que libidinales) qui pourraient affecter le b\u00e9b\u00e9, et la mani\u00e8re de pr\u00e9senter l\u2019objet permet \u00e0 la m\u00e8re de r\u00e9guler et de canaliser l\u2019excitation issue de la r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure. Cette fonction d\u2019<em>object-presenting<\/em> s\u2019inscrit donc comme \u00e9l\u00e9ment du syst\u00e8me pare-excitation entre la m\u00e8re et l\u2019enfant et elle concourt \u00e0 l\u2019instauration d\u2019une triangulation&nbsp;: m\u00e8re-enfant-monde externe (p\u00e8re).<\/p>\n\n\n\n<p>Les recherches actuelles sur la paternit\u00e9, surtout celles de Serge Lebovici et de son \u00e9quipe (33), mais aussi les nombreuses \u00e9tudes psychiatriques, psychosomatiques, et de psychoth\u00e9rapies familiales ou parents-enfants envisagent la paternit\u00e9 dans sa dimension intrapsychique, et aussi intersubjective (32). Les diff\u00e9rents concepts de constellation paternelle, de transmission transg\u00e9n\u00e9rationnelle (TTG), de g\u00e9no-gramme psychique, les notions de nid triadique, de triadification et de triangulation (comportementale et intrapsychique) (Fivaz et coll., 14), insistent tous sur l\u2019importance des conflits parentaux v\u00e9cus par l\u2019homme avec ses propres parents et le transfert de ces conflits sur l\u2019enfant \u00e0 venir. En outre certaines identifications inconscientes d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019autre peuvent dessiner le contour \u00e9nigmatique et inqui\u00e9tant d\u2019un tiers absent, et donc l\u2019importance du n\u00e9gatif dans la TTG.<\/p>\n\n\n\n<p>Diverses \u00e9tudes et recherches sur la paternit\u00e9 (Pederson et Zaslow (44), Zilboorg (45), Ferketich (13), Cramer &amp; Palacio-Espasa (8), M Bydlowski et Leblond (5), sont centr\u00e9es sur la psychopathologie paternelle et sa complexit\u00e9, et sur les difficult\u00e9s de sa recherche clinique dans les Maternit\u00e9s.<br>Tr\u00e8s int\u00e9ressantes sont les nouvelles recherches sur les interactions triadiques pr\u00e9coces (14), sur le sch\u00e9ma d\u2019\u00eatre \u00e0 trois (ou \u00ab&nbsp;le p\u00e8re dans la triade&nbsp;\u00bb (15, 9) qui montrent d\u00e9j\u00e0 de nouvelles perspectives sur les v\u00e9cus psychiques du p\u00e8re dans la p\u00e9rinatalit\u00e9, sur les interactions pr\u00e9coces p\u00e8re-b\u00e9b\u00e9 et leurs d\u00e9faillances. D\u2019autres \u00e9tudes, enfin se penchent directement sur \u00ab&nbsp;la d\u00e9pression paternelle&nbsp;\u00bb (Hangsleben (27), Morse (36), Matthey et Barnette (34).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Capacit\u00e9 d\u00e9pressive, d\u00e9pression et \u00ab&nbsp;d\u00e9pression paternelle&nbsp;\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans les textes freudiens, la d\u00e9pression (m\u00eame si Freud ne l\u2019a pas d\u00e9sign\u00e9e comme telle) est toujours en relation avec la perte de l\u2019objet, le deuil et la m\u00e9lancolie, sous l\u2019angle de la pulsion de mort. On retrouve surtout le r\u00f4le des instances psychiques (Surmoi, Id\u00e9al du moi), du refoulement, de l\u2019agressivit\u00e9, du d\u00e9ni, de la r\u00e9gression libidinale, et l\u2019importance de l\u2019oralit\u00e9 dans les m\u00e9canismes d\u00e9pressifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Par contre, selon Karl Abraham (1), \u00ab&nbsp;la d\u00e9pression est r\u00e9pandue dans toutes les formes de n\u00e9vrose et de psychose&nbsp;\u00bb. L\u2019essentiel dans les \u00e9tats d\u00e9pressifs graves est le renoncement au but sexuel, l\u2019incapacit\u00e9 d\u2019aimer et d\u2019\u00eatre aim\u00e9, la tendance permanente \u00e0 nier la vie. Abraham souligne l\u2019ambivalence marqu\u00e9e de la vie pulsionnelle globale, le d\u00e9s\u00e9quilibre entre les pulsions amoureuses et haineuses, entre les aspirations homo et h\u00e9t\u00e9rosexuelles. C\u2019est la rupture des relations objectales qui inaugure la maladie d\u00e9pressive. Comme Freud, il note que l\u2019agression sadique-anale se retrouve dans la d\u00e9pression, mais selon lui, plus importante est l\u2019agression orale, primitive (introjection de l\u2019objet par l\u2019incorporation et non par l\u2019identification), et la perte de l\u2019investissement positif qui conduit au renoncement \u00e0 l\u2019objet.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e9lanie Klein, dans sa description de la position d\u00e9pressive comme \u00e9tape normale dans le d\u00e9veloppement psycho-sexuel de l\u2019enfant, montre que l\u2019\u00e9chec de son \u00e9laboration entra\u00eene l\u2019\u00e9volution vers la pathologie. L\u2019\u00e9tat d\u00e9pressif est ainsi \u00ab&nbsp;un alliage sp\u00e9cifique d\u2019angoisse, de sentiments de d\u00e9tresse et de d\u00e9fenses diverses&nbsp;\u00bb (30, 31).<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s les classiques, H. Rosenfeld souligne que l\u2019ambivalence, l\u2019hostilit\u00e9, l\u2019\u00e9rotisme et le sadisme oraux sont \u00e0 l\u2019origine de la d\u00e9pression. Nacht et Racamier (37) ont d\u00e9crit la r\u00e9action du d\u00e9pressif devant une d\u00e9ception minimale (la relation frustation-haine-culpabilit\u00e9-auto-agression). Dans la m\u00eame ligne, F. Pasche (38) parle du r\u00f4le de l\u2019angoisse de mort dans la d\u00e9pression et de la m\u00e9galomanie pour ne pas reconna\u00eetre la filiation.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus r\u00e9cemment, Bergeret (34) souligne surtout le versant narcissique de la d\u00e9pression (perte de soi-m\u00eame, deuil de soi-m\u00eame). Et pour Paul Denis le \u00ab&nbsp;mal-\u00eatre d\u00e9pressif est une fa\u00e7on de survivre \u00e0 sa propre d\u00e9sorganisation&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les travaux actuels mettent la d\u00e9pression en relation avec des \u00e9v\u00e9nements de vie traumatiques. Daniel Widl\u00f6cher (41), dans une perspective pluridimensionnelle des \u00ab&nbsp;logiques de la d\u00e9pression&nbsp;\u00bb, pr\u00e9sente une description des principaux signes cliniques&nbsp;: tristesse vitale, nostalgie, remords, anesth\u00e9sie affective. Mais au-del\u00e0 des classifications, Widl\u00f6cher consid\u00e8re que la d\u00e9pression est \u00ab&nbsp;un \u00e9tat moral des plus humains&nbsp;\u00bb.<br>A cette id\u00e9e se rallie Pierre F\u00e9dida (12) pour qui \u00ab&nbsp;la d\u00e9pression prend l\u2019aspect violent de l\u2019an\u00e9antissement du vivant humain&nbsp;\u00bb. En d\u00e9crivant \u00ab&nbsp;la capacit\u00e9 d\u00e9pressive&nbsp;\u00bb inh\u00e9rente \u00e0 tout \u00eatre humain, F\u00e9dida s\u2019apparente \u00e0 la position d\u00e9pressive de Klein, mais, selon lui, la \u00ab&nbsp;capacit\u00e9 d\u00e9pressive&nbsp;\u00bb concerne plut\u00f4t l\u2019exp\u00e9rience de la perte et la transformation du v\u00e9cu int\u00e9rieur. La d\u00e9pression fait \u00e9clater cette capacit\u00e9 d\u00e9pressive et repr\u00e9sente un rapport avec la mort ou avec un mort \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de soi-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Perspective th\u00e9orique sur \u00ab&nbsp;la d\u00e9pression paternelle&nbsp;\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans tous ses aspects, la \u00ab&nbsp;d\u00e9pression paternelle&nbsp;\u00bb demeure un n\u00e9ologisme, m\u00eame si depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es elle est \u00e9tudi\u00e9e dans diff\u00e9rents pays. Ajoutons qu\u2019il n\u2019y a aucune sym\u00e9trie avec la d\u00e9pression maternelle&nbsp;: ni par la fr\u00e9quence (la paternelle est plus rare et parfois elle est une identification hyst\u00e9rique de l\u2019homme avec la d\u00e9pression post-natale de sa compagne), ni dans l\u2019interaction (\u00e9tant donn\u00e9 le lien corporel et fortement narcissique m\u00e8re-b\u00e9b\u00e9 et le r\u00f4le plus distant du p\u00e8re), ni par la psychogen\u00e8se et les registres psychiques concern\u00e9s (la d\u00e9pression paternelle semble corr\u00e9l\u00e9e plut\u00f4t \u00e0 la constellation \u0153dipienne du nouveau p\u00e8re alors que la d\u00e9pression maternelle renvoie davantage \u00e0 l\u2019axe narcissique de la jeune femme).<\/p>\n\n\n\n<p>Les p\u00e8res qui ne peuvent pas ou qui ne veulent pas un (autre) enfant, et pour lesquels la conception et la naissance d\u2019un gar\u00e7on ou d\u2019une fille ont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 en eux la repr\u00e9sentation de leur vieillissement et de leur mort, s\u2019effondrent souvent dans des \u00e9tats m\u00e9lancoliques.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019homme d\u00e9prim\u00e9 qui perd sa puissance sexuelle, surtout apr\u00e8s la conception ou la naissance de l\u2019enfant, ne dispose plus de la libido pour aimer, agir, penser, parler, voir, entendre, r\u00eaver. L\u2019impuissance psycho-sexuelle signifie que l\u2019homme devenant p\u00e8re, en son entier ne peut plus s\u2019\u00e9riger et le sentiment de d\u00e9valorisation de soi renforce cette id\u00e9e qu\u2019il n\u2019est plus possible d\u2019entreprendre. L\u2019\u00e9tat d\u00e9prim\u00e9 est souvent d\u00e9crit comme perte de d\u00e9sir et de d\u00e9sirabilit\u00e9 \u2014 une v\u00e9ritable d\u00e9tumescence affectant toute la vie psychique. \u00ab&nbsp;L\u2019\u00eatre d\u00e9prim\u00e9 est un enfant \u00e9cras\u00e9 par un p\u00e8re tout-puissant&nbsp;\u00bb affirmait Pierre F\u00e9dida, en soulignant ainsi \u00ab&nbsp;la transmission psychique inconsciente&nbsp;\u00bb de la d\u00e9pression dans la filiation paternelle.<\/p>\n\n\n\n<p>La souffrance d\u00e9pressive entretenue, voire aggrav\u00e9e par des plaintes, par des reproches incessants, \u00e9prouve le psychisme et repr\u00e9sente une exp\u00e9rience quotidienne de mortification. Il est sans doute juste de tenir les \u00e9tats d\u00e9prim\u00e9s pour des \u00e9tats d\u2019affect archa\u00efques dont le v\u00e9cu corporel est primordial. Dans chaque cas de d\u00e9pression, on trouve l\u2019exp\u00e9rience d\u2019un lien particuli\u00e8rement \u00e9prouvant (perte, abandon, mais aussi fusion annihilante, identification primitive au psychisme de la m\u00e8re, etc.) et l\u2019incapacit\u00e9 de vivre sans l\u2019amour de l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de la difficult\u00e9 tant nosologique que clinique, nous envisageons les \u00e9tats d\u00e9pressifs du p\u00e8re en p\u00e9riode p\u00e9rinatale selon diverses perspectives&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>1. La paternit\u00e9 comme \u00ab&nbsp;\u00e9v\u00e9nement de vie&nbsp;\u00bb traumatisant et la d\u00e9pression comme une d\u00e9fense contre \u00ab&nbsp;le collapsus psychique&nbsp;\u00bb (29)&nbsp;: on peut parler de cette dimension traumatique dans la mesure o\u00f9 la naissance d\u2019un enfant r\u00e9active dans la psych\u00e9 paternelle un traumatisme pr\u00e9coce, une situation de danger et d\u2019angoisse, une d\u00e9sorganisation traumatique subie dans sa propre enfance, voire dans l\u2019interg\u00e9n\u00e9 -rationnel. Car si la naissance est un \u00e9v\u00e9nement biologique, elle est aussi la naissance de la psych\u00e9 en l\u2019enfant et la naissance de la repr\u00e9sentation de la psych\u00e9 infantile dans la psych\u00e9 paternelle. D\u2019autre part, comme nous l\u2019avons soulign\u00e9 (6, 7), la naissance de l\u2019enfant est beaucoup plus traumatique pour le p\u00e8re quand il assiste \u00e0 l\u2019accouchement&nbsp;: juste avant la phase d\u2019expulsion, le p\u00e8re peut avoir la repr\u00e9sentation d\u2019une femme munie r\u00e9ellement et transitoirement d\u2019un p\u00e9nis, d\u2019une m\u00e8re toute-puissante.<\/p>\n\n\n\n<p>2. La sp\u00e9cificit\u00e9 des \u00e9tats d\u00e9pressifs paternels&nbsp;: les versants masochique et narcissique-limite sont repr\u00e9sent\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le versant masochique, le futur p\u00e8re est renvoy\u00e9 \u00e0 des fantasmes originaires et de sc\u00e8ne primitive; on retrouve le r\u00f4le du Surmoi cruel et du sentiment de culpabilit\u00e9, l\u2019agressivit\u00e9 et l\u2019ambivalence, les remords et les reproches d\u00e9pressifs, l\u2019importance de la relation \u0153dipienne p\u00e8re-fils, mais aussi les micro-deuils et les micro-d\u00e9pressions pour le self (26).<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le versant narcissique limite (4), la perte d\u2019objet est v\u00e9cue comme h\u00e9morragie narcissique, l\u2019Id\u00e9al du Moi est tyrannique; l\u2019angoisse de perdre l\u2019objet et la d\u00e9pression viennent comme d\u00e9fense contre l\u2019\u00e9clatement m\u00e9lancolique du Moi. Tout se passe comme si une part suffisante de l\u2019Id\u00e9al du Moi n\u2019arrivait pas \u00e0 se projeter sur un objet qui est alors consid\u00e9r\u00e9 comme perdu pour les pulsions et pour le Moi. Appara\u00eet alors le vide. Les racines de la d\u00e9pression sont pos\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>3. La dimension interactionnelle&nbsp;: la paternit\u00e9 se situe entre \u00ab&nbsp;le pas de deux&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;le pas de trois&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019alliance \u00e9motionnelle et interactionnelle entre le p\u00e8re et l\u2019enfant, \u00ab&nbsp;le sch\u00e9ma d\u2019\u00eatre \u00e0 trois&nbsp;\u00bb, le p\u00e8re comme tiers r\u00e9el qui contextualise la dyade m\u00e8re-b\u00e9b\u00e9 (15, 32) sont les aspects essentiels de cette dimension. Le p\u00e8re d\u00e9pressif n\u2019a pas d\u2019espace, il n\u2019ouvre pas de place pour son enfant dans ses repr\u00e9sentations mentales, dans ses interactions psychiques&nbsp;; il reste fig\u00e9, dans un \u00ab&nbsp;pas de deux&nbsp;\u00bb sur le mod\u00e8le de la symbiose archa\u00efque avec sa propre m\u00e8re, quand il \u00e9tait enfant, ou plus gravement dans \u00ab&nbsp;un \u00eatre tout seul&nbsp;\u00bb. L\u2019incapacit\u00e9 du p\u00e8re d\u00e9pressif d\u2019acc\u00e9der \u00e0 une triangulation imaginaire et interactionnelle trouve ses racines dans \u00ab&nbsp;la constellation paternelle&nbsp;\u00bb&nbsp;: ensemble des repr\u00e9sentations, des affects, des conflits, des d\u00e9sirs meurtriers qui sont transf\u00e9r\u00e9s sur l\u2019enfant. Les difficult\u00e9s de son fonctionnement psychique en triade explique sa difficult\u00e9 \u00e0 int\u00e9grer le b\u00e9b\u00e9 dans sa filiation, dans son histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>4. La dimension transg\u00e9n\u00e9rationnelle&nbsp;: \u00e0 savoir la d\u00e9pression paternelle et sa transmission psychique (les concepts de \u00ab&nbsp;fant\u00f4me dans la chambre d\u2019enfant&nbsp;\u00bb (16), \u00ab&nbsp;rupture dans la filiation et de mandat TTG&nbsp;\u00bb (9), de \u00ab&nbsp;crypte&nbsp;\u00bb (2), de \u00ab&nbsp;visiteurs du moi&nbsp;\u00bb (35), de \u00ab&nbsp;t\u00e9lescopage des g\u00e9n\u00e9rations&nbsp;\u00bb (11) donnent une perspective complexe \u00e0 la d\u00e9pression paternelle.<br>On peut admettre que le p\u00e8re qui s\u2019effondre dans la d\u00e9pression (voire dans la m\u00e9lancolie) ressent \u00ab&nbsp;les fant\u00f4mes&nbsp;\u00bb dans son \u00e2me, car le b\u00e9b\u00e9 renvoie \u00e0 des imagos qui ont hant\u00e9 son histoire familiale, parfois pendant des g\u00e9n\u00e9rations. Inconsciemment, pour le p\u00e8re d\u00e9prim\u00e9, son b\u00e9b\u00e9 repr\u00e9sente un proche, soit mort, soit disparu, soit endeuill\u00e9, et non pas son enfant. La d\u00e9pression s\u2019installe pour prot\u00e9ger le moi contre cet \u00ab&nbsp;autre-en-soi&nbsp;\u00bb si mortif\u00e8re et si ali\u00e9nant. Les secrets ou les \u00ab&nbsp;mandats&nbsp;\u00bb transmis d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019autre sont transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 pr\u00e9sent sur un b\u00e9b\u00e9 neuf, emp\u00eachant l\u2019acc\u00e8s du jeune p\u00e8re \u00e0 sa paternit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>Les caract\u00e8res concrets de la grossesse et de la naissance pour l\u2019homme qui les vit aupr\u00e8s de sa compagne au quotidien, d\u00e9mentent en permanence ce fantasme de toute-puissance masculine de cr\u00e9ation solitaire de l\u2019enfant et r\u00e9affirment de fa\u00e7on r\u00e9it\u00e9r\u00e9e la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019en passer par une femme pour que la vie advienne. L\u2019ensemble interactionnel dans lequel s\u2019inscrit le remaniement du psychisme paternel a une dynamique qui s\u2019op\u00e8re toujours autour de la dyade m\u00e8re-b\u00e9b\u00e9. Mais le vide d\u00e9pressif paternel et ses racines peuvent constituer une menace pour le d\u00e9veloppement psychique ult\u00e9rieur de l\u2019enfant.<\/p>\n\n\n\n<p>Les p\u00e8res d\u00e9pressifs apr\u00e8s la naissance de leur enfant ne peuvent pas assumer leur paternit\u00e9, ni dans le registre intrapsychique, ni dans le registre interactionnel et interg\u00e9n\u00e9rationnel. Pourtant, en reprenant l\u2019aphorisme de Winnicott, \u00ab&nbsp;un b\u00e9b\u00e9, cela n\u2019existe pas&nbsp;\u00bb, nous dirons que l\u2019enfant est d\u2019embl\u00e9e inscrit dans une structure triangulaire, au niveau de son organisation psychique et au niveau du mandat trans-g\u00e9n\u00e9rationnel qu\u2019il re\u00e7oit de chacun de ses deux parents.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9f\u00e9rences bibliographiques<\/h2>\n\n\n\n<p>1 Abraham, K. (1965), <em>Oeuvres Compl\u00e8tes<\/em>, vol. 1, 2, Paris, Petite Biblioth\u00e8que Payot.<\/p>\n\n\n\n<p>2 Abraham, N. et Torok, M. (1987), <em>L\u2019\u00e9corce et le noyau<\/em>, Paris, Flammarion.<\/p>\n\n\n\n<p>3 Bergeret J. (1992), <em>La d\u00e9pression et les \u00e9tats limites<\/em>, Paris, Payot.<\/p>\n\n\n\n<p>4 Bergeret J. (1995), <em>Freud, la violence et la d\u00e9pression<\/em>, Paris, PUF<\/p>\n\n\n\n<p>5 Bydlowski M., Levy-Leblond E. (1982), \u00ab La paternit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de la premi\u00e8re ann\u00e9e \u00bb, in <em>Publication INED<\/em>, pag. 139<\/p>\n\n\n\n<p>6 Bydlowski M. (1997), <em>La dette de vie. Itin\u00e9raire psychanalytique de la maternit\u00e9<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>7 Bydlowski, M. (2000), <em>Je r\u00eave un enfant. L\u2019exp\u00e9rience int\u00e9rieure de la maternit\u00e9<\/em>, Paris, Odile Jacob.<\/p>\n\n\n\n<p>8 Cramer, B., Palacio-Espasa, F. (1993), <em>La pratique des psychoth\u00e9rapies m\u00e8re-b\u00e9b\u00e9<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>9 Cupa, D., Deschamps, H., Michel, F., Lebovici, S. (2000), \u00ab La constellation paternelle pendant la grossesse \u00bb, in M. Maury, M. Lamour (Eds), <em>Alliances autour du b\u00e9b\u00e9<\/em>, Paris, PUF, 75-100.<\/p>\n\n\n\n<p>10 Ebtinger R., (1978), \u00ab Aspects psychopathologiques de la paternit\u00e9 \u00bb (Oedipe-P\u00e8re), in<em>Confrontation Psychiatriques<\/em>, 16, 149-189.<\/p>\n\n\n\n<p>11 Faimberg H. (1987), \u00ab Le t\u00e9lescopage des g\u00e9n\u00e9rations. A propos de la g\u00e9n\u00e9alogie des certaines identifications \u00bb, in <em>Psychanalyse \u00e0 l\u2019Universit\u00e9<\/em>, 12, 46, 181-200.<\/p>\n\n\n\n<p>12 F\u00e9dida P., (2001), <em>Les bienfaits de la d\u00e9pression<\/em>, Paris, Odile Jacob.<\/p>\n\n\n\n<p>13 Ferketich M. (1989), \u00ab Men\u2019s health status during pregnancy and early fatherhood \u00bb, in <em>Res. Nurs. Health, janvier<\/em>, no. 12.<\/p>\n\n\n\n<p>14 Fivaz-Depeursinge E., Corboz-Warnery A. (1999), <em>The primary triangle<\/em>, Basic Behavioral Science, Basic Works.<\/p>\n\n\n\n<p>15 Fivaz-Depeursinge E. (2000), \u00ab Le b\u00e9b\u00e9 et la triangulation \u00bb, in M. Maury, M. Lamour (Eds), <em>Alliances autour du b\u00e9b\u00e9<\/em>, Paris, PUF, 63-74.<\/p>\n\n\n\n<p>16 Fraiberg S., Adelson E., Shapiro V. (1983), \u00ab Fant\u00f4mes dans la chambre d\u2019enfants \u00bb, in <em>Psychiatrie de l\u2019enfant<\/em>, XXIV, 1.<\/p>\n\n\n\n<p>17 Freud S. (1905), <em>Trois essais sur la th\u00e9orie sexuelle<\/em>, Paris, Gallimard, 1987.<\/p>\n\n\n\n<p>18 Freud S. (1912\/13), <em>Totem et tabou<\/em>, Paris, Petite biblioth\u00e8que Payot, 1998.<\/p>\n\n\n\n<p>19 Freud S., (1914), \u00ab Pour introduire le narcissisme \u00bb, in <em>La vie sexuelle<\/em>, Paris, PUF, 1973<\/p>\n\n\n\n<p>20 Freud S. (1915\/17), \u00ab Deuil et m\u00e9lancolie \u00bb, in <em>M\u00e9tapsychologie<\/em>, Paris, Gallimard, 1968.<\/p>\n\n\n\n<p>21 Freud S. (1921), \u00ab Psychologie collective et analyse du Moi \u00bb, in <em>Essais de psychanalyse<\/em>, Paris, Petite Biblioth\u00e8que Payot, 1998.<\/p>\n\n\n\n<p>22 Freud S. (1923), \u00ab L\u2019organisation g\u00e9nitale infantile \u00bb, in <em>La vie sexuelle<\/em>, Paris, PUF, 1973.<\/p>\n\n\n\n<p>23 Freud S. (1923), \u00ab La disparition du complexe d\u2019Oedipe \u00bb, in <em>La vie sexuelle<\/em>, Paris, PUF, 1973<\/p>\n\n\n\n<p>24 Freud S. (1926), <em>Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse<\/em>, Paris, PUF, 1999.<\/p>\n\n\n\n<p>25 Freud S. (1939), <em>L\u2019Homme Mo\u00efse et la religion monoth\u00e9iste<\/em>, Paris, Gallimard, 1986.<\/p>\n\n\n\n<p>26 Grinberg L. (1992), <em>Culpabilit\u00e9 et d\u00e9pression<\/em>, Paris, Les Belles Lettres<\/p>\n\n\n\n<p>27 Hangsleben K. L. et al. (1983), \u00ab Transition to fatherhood. An exploratory study \u00bb, in <em>J.O.G.N.<\/em>, 12, 265-270.<\/p>\n\n\n\n<p>28 Haynal A. (1968), \u00ab Le syndrome de couvade : contribution \u00e0 la psychologie et psychopathologie de l\u2019homme en face de la reproduction \u00bb, in <em>Ann. Medico. Psychol<\/em>., 4, 539-571.<\/p>\n\n\n\n<p>29 Janin C. (1996), <em>Figures et destins du traumatisme<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n\n\n\n<p>30 Klein M. (1928), \u00ab Les stades pr\u00e9coces du conflit oedipien \u00bb, in <em>Essais de psychanalyse<\/em>, Paris, Payot, 1997.<\/p>\n\n\n\n<p>31 Klein M. (1940), \u00ab Le deuil et ses rapports avec les \u00e9tats maniaco-d\u00e9pressifs \u00bb, in : <em>Essais de psychanalyse<\/em>, Paris, Payot, 1997.<\/p>\n\n\n\n<p>32 Lamour, M., Davidson, C., Lebovici, S. (2000), \u00ab Le p\u00e8re dans la triade p\u00e8re-m\u00e8re-b\u00e9b\u00e9 \u00bb In : M. Maury, M. Lamour (Eds), <em>Alliances autour du b\u00e9b\u00e9<\/em>, Paris, PUF, 101-118.<\/p>\n\n\n\n<p>33 Lebovici S., Stoleru S. (1983), <em>Le nourrisson, la m\u00e8re et le psychanalyste. Les interactions pr\u00e9coces<\/em>, Paris, Le Centurion, Paidos.<\/p>\n\n\n\n<p>34 Matthey S., Barnett B. et al. (2000), <em>Paternal and maternal depressed mood during the transition to parenthood<\/em>, J. of Affect. Disord., nov.<\/p>\n\n\n\n<p>35 Mijolla (de) A. (1996), <em>Les visiteurs du Moi. Fantasmes d\u2019identification<\/em>, Paris, Les belles lettres.<\/p>\n\n\n\n<p>36 Morse C. A., Buist A. (2000), \u00ab First time parenthood : influence on pre and postnatal adjustement in fathers and mothers \u00bb, in <em>Journ. Psychos. Obs. Gynecol<\/em>., June, 21.<\/p>\n\n\n\n<p>37 Nacht S., Racamier P. C. (1959), \u00ab Les \u00e9tats d\u00e9pressifs, \u00e9tude psychanalytique \u00bb, in <em>Rev. Fr. Psychan<\/em>., XXIII, 5, 567-607.<\/p>\n\n\n\n<p>38 Pasche F. (1969), \u00ab De la d\u00e9pression \u00bb, in <em>A partir de Freud<\/em>, Paris, Payot, 181-200.<\/p>\n\n\n\n<p>39 Trethowan, W.H., Conlon, M.F. (1965), <em>Couvade syndrome<\/em>, Br. J. Psychiatry, 3, 470.<\/p>\n\n\n\n<p>40 Wainwright W. H. (1966), \u00ab Fatherhood as a precipitant of mental illness \u00bb, in <em>Am. J. Psychiatry<\/em>, 1123, 1, 40-44<\/p>\n\n\n\n<p>41 Widl\u00f6cher D. (1995), <em>Les logiques de la d\u00e9pression<\/em>, Paris, Fayard.<\/p>\n\n\n\n<p>42 Winnicott D. W. (1961), \u00ab L\u2019effet des parents psychotiques sur le d\u00e9veloppement affectif de leur enfant \u00bb, in <em>De la p\u00e9diatrie \u00e0 la psychanalyse<\/em>, Paris, Petite biblioth\u00e8que Payot.<\/p>\n\n\n\n<p>43 Winnicott D. W. (1957), <em>L\u2019enfant et sa famille<\/em>, Paris, Payot.<\/p>\n\n\n\n<p>44 Zaslow M. J., Pederson F. A., et al. (1984), \u00ab Depressed mood in new fathers : associations with parent-infant interaction \u00bb, in <em>Genetic, Social and General Psychology Monographs<\/em>, 11, 2, 133-150.<\/p>\n\n\n\n<p>45 Zilboorg, G. (1931), \u00ab Depressive reaction related to fatherhood \u00bb, in <em>Am. J. Psychiatry<\/em>, 10, 927-962.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10098?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notre recherche sur les \u00e9tats d\u00e9pressifs du p\u00e8re apr\u00e8s la naissance d\u2019un enfant prend son appui clinique et th\u00e9orique autant sur les connaissances actuelles concernant la psychopathologie paternelle et les relations pr\u00e9coces p\u00e8re-b\u00e9b\u00e9, que sur les donn\u00e9es psychanalytiques classiques. 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