{"id":10085,"date":"2021-08-22T07:31:16","date_gmt":"2021-08-22T05:31:16","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/le-psychanalyste-a-lepreuve-du-diagnostic-antenatal-a-la-maternite-questions-cliniques-et-ethiques-2\/"},"modified":"2021-10-03T09:25:09","modified_gmt":"2021-10-03T07:25:09","slug":"le-psychanalyste-a-lepreuve-du-diagnostic-antenatal-a-la-maternite-questions-cliniques-et-ethiques","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/le-psychanalyste-a-lepreuve-du-diagnostic-antenatal-a-la-maternite-questions-cliniques-et-ethiques\/","title":{"rendered":"Le psychanalyste \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve du diagnostic ant\u00e9natal \u00e0 la maternit\u00e9 : questions cliniques et \u00e9thiques."},"content":{"rendered":"\n<p>Mon t\u00e9moignage s\u2019enracine dans la clinique \u00e0 la maternit\u00e9 o\u00f9 je tente d\u2019\u00eatre psychanalyste p\u00e9rinatal engag\u00e9 dans un projet collectif d\u2019accueil des variations de forte amplitude inh\u00e9rentes au devenir parent et au na\u00eetre humain et des dysharmonies relationnelles pr\u00e9coces parents\/professionnels\/f\u0153tus\/b\u00e9b\u00e9. Sch\u00e9matiquement, ma recherche clinique s\u2019organise dans trois directions indissociables&nbsp;: le \u00ab&nbsp;devenir parent&nbsp;\u00bb, le \u00ab&nbsp;na\u00eetre humain&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;l\u2019\u00eatre soignant&nbsp;\u00bb. Ces intitul\u00e9s g\u00e9n\u00e9riques recouvrent chacun mille et un avatars des plus prometteurs aux plus morbides (Missonnier et coll., 2012).<\/p>\n\n\n\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des parents et du f\u0153tus\/b\u00e9b\u00e9, je m\u2019engage dans des interventions directes \u00ab&nbsp;classiques&nbsp;\u00bb de consultations th\u00e9rapeutiques individuelles, conjugales et familiales, mais aussi dans des activit\u00e9s groupales de pr\u00e9paration \u00e0 la naissance que, d\u2019ailleurs, j\u2019investis avec de plus en plus de militantisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des soignants, je me r\u00e9f\u00e8re d\u2019une part \u00e0 mon exp\u00e9rience dans les groupes institutionnels \u00ab&nbsp;naturels&nbsp;\u00bb comme les staffs, les transmissions et, d\u2019autre part, \u00e0 l\u2019animation de groupes type Balint autrefois avec des sages-femmes lib\u00e9rales, du personnel param\u00e9dical de maternit\u00e9, des \u00e9chographistes et aujourd\u2019hui avec des psychiatres et psychologues en maternit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce cadre r\u00e9unissant usagers et soignants, il existe une forte convergence entre la formalisation groupale du fonctionnement institutionnel et ce que Ren\u00e9 Ka\u00ebs (1999) a nomm\u00e9 \u00ab&nbsp;l\u2019appareil psychique groupal&nbsp;\u00bb qui \u00ab&nbsp;accomplit un travail psychique particulier&nbsp;: produire et traiter la r\u00e9alit\u00e9 psychique de ET dans le groupe&nbsp;\u00bb. N\u2019importe quelle situation de soin en p\u00e9rinatalit\u00e9 s\u2019inscrit dans cette dialectique qui unit sph\u00e8re des relations entre membres du groupe et sph\u00e8re des relations de chacun \u00e0 l\u2019\u00e9gard du groupe. En effet, \u00e0 la maternit\u00e9 en tant qu\u2019institution, il y a une v\u00e9ritable unit\u00e9 de temps, de lieu et d\u2019action qui lie tous les acteurs en pr\u00e9sence, usagers et soignants. Cet espace-temps correspond \u00e0 une intrication des affects et des repr\u00e9sentations de ET dans le groupe des usagers et des soignants.<\/p>\n\n\n\n<p>Je parle m\u00e9taphoriquement en ce sens de rapports de st\u00e9r\u00e9ophonie entre usagers et soignants pour souligner combien leurs partitions singuli\u00e8res s\u2019inscrivent dans une m\u00e9lodie collective commune. Cette st\u00e9r\u00e9ophonie s\u2019impose pour le meilleur -la liaison et le soutien des processus de parentalit\u00e9 &#8211; et pour le pire &#8211; la destructivit\u00e9, l\u2019attaque de la parentalit\u00e9 du na\u00eetre humain et de la fonction soignante. \u00c0 la maternit\u00e9 o\u00f9 je conduis mes recherches-actions, nous avons collectivement pris conscience de cet enchev\u00eatrement essentiellement \u00e0 partir de la clinique du diagnostic ant\u00e9natal (DA), qui me semble m\u00e9riter toute notre attention dans un congr\u00e8s d\u00e9di\u00e9 aux pratiques psychanalytiques notamment sans divan, pour au moins deux raisons. D\u2019abord, parce que le DA a aujourd\u2019hui donn\u00e9 une physionomie singuli\u00e8re aux processus de parentalit\u00e9 et \u00e0 la gen\u00e8se pr\u00e9natale de l\u2019identit\u00e9 de l\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre. Il joue d\u00e9sormais un r\u00f4le de premier plan dans ce que je nomme le \u00ab&nbsp;premier chapitre de la biographie vraie&nbsp;\u00bb de tout individu, handicap\u00e9 ou non. Un premier chapitre ant\u00e9natal trop souvent oubli\u00e9 et dont, justement, le DA est une composante essentielle.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 mon sens, le DA est simultan\u00e9ment un ensemble de proc\u00e9dures techniques de d\u00e9pistage des anomalies f\u0153tales et une fen\u00eatre ouverte sur la complexit\u00e9 du devenir parent, du na\u00eetre humain et de l\u2019\u00eatre soignant en p\u00e9rinatalit\u00e9. Toute tentative de clivage entre ces deux versants, technique et psychologique, est un affront fait \u00e0 l\u2019unit\u00e9 en pr\u00e9sence. Point important, cette simultan\u00e9it\u00e9 est vraie de n\u2019importe quelle grossesse \u00ab&nbsp;normale&nbsp;\u00bb ou non qui confronte les parents au DA. Ensuite, deuxi\u00e8me raison, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 (comme consultant dans un CAMSP et animateur d\u2019un groupe de parole de parents&nbsp;; Missonnier, 2005) \u00e0 l\u2019empreinte du DA quand il est synonyme de grossesse donnant lieu \u00e0 une suspicion ou \u00e0 une r\u00e9v\u00e9lation d\u2019anomalie f\u0153tale ou, au contraire, \u00e0 l\u2019\u00e9chec du rep\u00e9rage en pr\u00e9natal d\u2019une anomalie diagnostiqu\u00e9e ensuite apr\u00e8s la naissance. La clinique m\u2019a donc montr\u00e9 l\u2019inertie chez le porteur de handicap et chez tous les membres de la famille du DA qui s\u2019impose actuellement comme une des pi\u00e8ces ma\u00eetresses du d\u00e9bat sur l\u2019accueil parental, m\u00e9dical et plus largement \u00e9thique et soci\u00e9tal du handicap.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1 \u2013 Diagnostic ant\u00e9natal, incertitude et anticipation<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour esquisser ici une r\u00e9flexion clinique et \u00e9thique sur le DA, il para\u00eet fondamental d\u2019en souligner d\u2019embl\u00e9e les deux caract\u00e9ristiques princeps&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>son fr\u00e9quent scientisme, celui d\u2019une m\u00e9decine \u00ab&nbsp;high tech&nbsp;\u00bb qui mettrait soi-disant l\u2019usager \u00e0 l\u2019abri de la maladie, de la mort et de la castration&nbsp;;<\/li><li>son extr\u00e9misme&nbsp;: le DA est en effet une pratique que je qualifie \u00e0 dessein de \u00ab&nbsp;clinique de l\u2019extr\u00eame&nbsp;\u00bb<sup>1<\/sup>. D\u2019apr\u00e8s moi, son extr\u00e9misme tient essentiellement en ce qu\u2019il condamne ses usagers (parents et professionnels), sous une apparence trompeuse, banale et anodine, \u00e0 s\u2019interroger sur les limites de l\u2019humain. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, il conduit \u00e0 explorer ce qu\u2019il y a de virtuellement humain chez le f\u0153tus, qui peut certes na\u00eetre humain \u00e0 l\u2019issue de la grossesse, mais qui peut \u00e0 tout moment aussi basculer dans la mort (l\u2019IVG puis l\u2019IMG), l\u2019informe ou la monstruosit\u00e9. Cette incertitude s\u2019impose \u00e0 mon sens comme une des donn\u00e9es psychologiques et \u00e9thiques majeures du DA. Elle est synonyme, selon l\u2019heureuse formulation de Georges Saulus (2007), de \u00ab&nbsp;pr\u00e9carit\u00e9 ontologique&nbsp;\u00bb du f\u0153tus. En p\u00e9rinatalit\u00e9, comme dans la vie en g\u00e9n\u00e9ral, l\u2019humain confront\u00e9 \u00e0 l\u2019incertitude multiforme et omnipr\u00e9sente apporte une r\u00e9ponse privil\u00e9gi\u00e9e&nbsp;: l\u2019anticipation sous les formes comportementale, affective et fantasmatique (Missonnier, 2003). De fait, sur le versant de l\u2019adoption symbolique du f\u0153tus, la variable psychologique de l\u2019anticipation est cruciale car, quand elle est cr\u00e9atrice, elle permet de donner une relative souplesse \u00e0 la fois \u00e0 la conflictualit\u00e9 inh\u00e9rente aux d\u00e9sirs parentaux, aux d\u00e9sirs soignants et \u00e0 la confrontation aux al\u00e9as du principe de r\u00e9alit\u00e9 biologique. Or, en la mati\u00e8re, les proc\u00e9dures m\u00e9dicales du suivi de grossesse ont singuli\u00e8rement complexifi\u00e9 l\u2019intendance de cette anticipation.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, le f\u0153tus &#8211; devenu \u00ab&nbsp;patient&nbsp;\u00bb du diagnostic ant\u00e9natal, mais aussi membre expos\u00e9 de la famille d\u00e8s son premier clich\u00e9 \u00e9chographique dans l\u2019album, \u00e9ventuellement \u00ab&nbsp;sujet&nbsp;\u00bb d\u2019une possible ritualisation du \u00ab&nbsp;deuil&nbsp;\u00bb en cas de \u00ab&nbsp;d\u00e9c\u00e8s&nbsp;\u00bb, ou encore ponctuellement survivant-n\u00e9 dans un ut\u00e9rus artificiel en n\u00e9onatalogie d\u00e8s 24 semaines\u2026-, est en risque permanent d\u2019imprudente acc\u00e9l\u00e9ration du processus d\u2019humanisation par son entourage familial et professionnel.<\/p>\n\n\n\n<p>De l\u2019autre, l\u2019IMG, possible en France jusqu\u2019\u00e0 la fin de la grossesse, rappelle avec cynisme son statut au pire de \u00ab&nbsp;d\u00e9bris humain&nbsp;\u00bb, au mieux de \u00ab&nbsp;personne potentielle&nbsp;\u00bb<sup>2<\/sup> mais, au fond, de non humain juridiquement de plein droit. Cette extr\u00eame tension paradoxale actuelle amplifie et complexifie l\u2019adoption symbolique du f\u0153tus, chemin de cr\u00eate p\u00e9rilleux et incertain entre le rien, la chose innommable (l\u2019informe), <em>le monstrueux et le virtuelement humain<\/em>. Au fond, cette incertitude d\u00e9cupl\u00e9e inh\u00e9rente au DA est en permanence potentiellement traumatog\u00e8ne. Et pour faire face \u00e0 cette incertitude, l\u2019humain dispose notamment de l\u2019anticipation, une variable individuelle, familiale, institutionnelle et soci\u00e9tale que je crois essentielle \u00e0 analyser pour comprendre les positions toujours uniques des parents et des soignants du troisi\u00e8me mill\u00e9naire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">2 \u2013 Anticipation et angoisse de malformation<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c9cartons d\u2019embl\u00e9e un malentendu. Une anticipation temp\u00e9r\u00e9e adaptative ne correspond pas \u00e0 une (chim\u00e9rique&nbsp;!) pr\u00e9vision exacte du futur, mais bien \u00e0 une inscription dans un processus de symbolisation de la diversit\u00e9 et de la complexit\u00e9 des sc\u00e9narios possibles. Tout acte engageant engendrera toujours des effets non anticip\u00e9s. \u00ab&nbsp;C\u2019est \u00e0 pouvoir rencontrer l\u2019impr\u00e9vu qu\u2019il faut \u00eatre pr\u00e9par\u00e9 et non \u00e0 tout pr\u00e9voir&nbsp;\u00bb (Favez, 1958). La sant\u00e9 de l\u2019anticipation, c\u2019est donc son ouverture \u00e0 l\u2019impr\u00e9visible. La pr\u00e9dictibilit\u00e9 est une maladie de l\u2019anticipation. Mais l\u2019anticipation, m\u00eame normale, est source d\u2019angoisse. Cette angoisse est la signature de l\u2019anticipation. \u00ab&nbsp;(\u2026) L\u2019angoisse est la r\u00e9alit\u00e9 de la libert\u00e9 parce qu\u2019elle en est le possible&nbsp;\u00bb affirme S\u00f8ren Kierkegaard (1884). \u00ab&nbsp;L\u2019angoisse signal&nbsp;\u00bb, paradigme de l\u2019anticipation temp\u00e9r\u00e9e en terres psychanalytiques, en souligne la potentialit\u00e9 d\u00e9fensive adaptative&nbsp;: \u00ab&nbsp;(\u2026) il y a dans l\u2019angoisse quelque chose qui prot\u00e8ge contre l\u2019effroi&nbsp;\u00bb, nous livre Freud (1920). \u00ab&nbsp;L\u2019angoisse automatique ou traumatique&nbsp;\u00bb (Freud, 1926) en est la version pathologique qui <em>a contrario<\/em> muselle l\u2019adaptation. Pour illustrer cliniquement ces propos, le meilleur exemple pr\u00e9natal est celui des angoisses de malformation&nbsp;: \u00ab&nbsp;Peut-il \u00eatre handicap\u00e9&nbsp;? Est-il trisomique&nbsp;?\u2026&nbsp;\u00bb. En regard de notre exp\u00e9rience, cette question \u00e0 l\u2019\u00e9gard du nouveau-venu est famili\u00e8re \u00e0 la femme enceinte, celle en particulier confront\u00e9e au DA. Pour une future m\u00e8re, l\u2019\u00e9mergence consciente et <em>a fortiori<\/em> la verbalisation de cette \u00ab&nbsp;anticipation imaginaire&nbsp;\u00bb d\u2019une possible anomalie d\u00e9pendront de la nature et du contenu de sa transparence psychique, mais aussi de l\u2019accueil que r\u00e9serveront ses divers interlocuteurs \u00e0 ces \u00e9l\u00e9ments porteurs d\u2019\u00ab&nbsp;inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9&nbsp;\u00bb (Freud, 1919).<\/p>\n\n\n\n<p>La perm\u00e9abilit\u00e9 psychique maternelle aux repr\u00e9sentations inconscientes propres \u00e0 la grossesse peut s\u2019exprimer, entre autres, \u00e0 travers ses angoisses d\u2019enfant monstrueux. Elles sont classiquement interpr\u00e9t\u00e9es comme la sanction coupable d\u2019un v\u0153u inconscient de transgression incestueuse ou comme haine du f\u0153tus, comme Winnicott (1947) parle de \u00ab&nbsp;haine du b\u00e9b\u00e9&nbsp;\u00bb. Elles seront quelquefois omnipr\u00e9sentes et d\u00e9vastatrices ou, \u00e0 l\u2019inverse, furtives et discr\u00e8tes, mais de toute fa\u00e7on majoritairement pr\u00e9sentes, m\u00eame si peu partag\u00e9es. En l\u2019absence d\u2019anomalie f\u0153tale d\u00e9celable et r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, ces productions psychiques sont-elles la marque d\u2019une d\u00e9tresse face \u00e0 un processus de maternit\u00e9 en lui-m\u00eame aversif et catalyseur ou, au contraire, d\u2019une anticipation cr\u00e9atrice qui prot\u00e8ge de la surprise de l\u2019effroi traumatique&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Pour tenter de r\u00e9pondre, une hypoth\u00e8se clinique m\u00e9rite d\u2019\u00eatre formul\u00e9e&nbsp;: comprises entre les polarit\u00e9s dialectiques de l\u2019angoisse signal psychologique et l\u2019angoisse automatique psychopathologique, ces repr\u00e9sentations sont des marqueurs privil\u00e9gi\u00e9s de la nature structurale et de la maturit\u00e9 objectale de l\u2019anticipation maternelle au c\u0153ur du \u00ab&nbsp;devenir m\u00e8re&nbsp;\u00bb ant\u00e9natal. Angoisse signal, les craintes de malformation ne sont pas invasives. Elles renvoient \u00e0 la soif potentiellement cr\u00e9ative d\u2019une transparence psychique r\u00e9\u00e9ditant des conflits de s\u00e9paration temp\u00e9r\u00e9s et une contenance interg\u00e9n\u00e9rationnelle effective. Ici, caract\u00e9ristique majeure, l\u2019angoisse est un vecteur dynamique de symbolisation, favorable \u00e0 l\u2019\u00e9laboration du processus de parentalit\u00e9. En ce sens, l\u2019angoisse signal s\u2019affirme comme le t\u00e9moin d\u2019une anticipation pr\u00e9natale organisatrice d\u2019identifications projectives empathiques. Elle est aussi, en m\u00eame temps, une pr\u00e9vision pr\u00e9ventive de faits r\u00e9els probables&nbsp;: une anomalie f\u0153tale, une complication obst\u00e9tricale, la naissance d\u2019un enfant porteur d\u2019un handicap\u2026 des possibles qu\u2019aucun professionnel raisonnable ne peut pr\u00e9tendre exclure \u00e0 partir de ses explorations ant\u00e9natales.<\/p>\n\n\n\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, l\u2019angoisse de malformation assimil\u00e9e \u00e0 une angoisse automatique correspondrait \u00e0 la r\u00e9actualisation de points de fixations traumatiques muets, mis en exergue par une reviviscence d\u00e9sorganisante nuisible \u00e0 l\u2019anticipation adaptative parentale. La crainte rigide et durable d\u2019une malformation exprimerait une faille existentielle comm\u00e9morant une \u00ab&nbsp;agonie primitive&nbsp;\u00bb (Winnicott, 1974) avec une \u00ab&nbsp;violence fondamentale&nbsp;\u00bb (Bergeret, 1984) rest\u00e9e brute. En poussant cette logique inconsciente \u00e0 l\u2019extr\u00eame, la m\u00e8re et l\u2019enfant ne peuvent pas vivre tous deux&nbsp;: r\u00e8gne la loi de la survie, du \u00ab&nbsp;lui ou moi&nbsp;\u00bb sans possible n\u00e9gociation. Dans ce cas, les craintes d\u2019anomalie chez l\u2019enfant refl\u00e9teraient une effusion \u00ab&nbsp;d\u2019identifications projectives pathologiques&nbsp;\u00bb (Cramer et Palacio-Espasa, 1993) pr\u00e9natales, traduisant un conflit de parentalit\u00e9 alarmant. Une dysharmonie comportementale, \u00e9motionnelle et fantasmatique f\u0153to-maternelle en serait la fr\u00e9quente signature. Elle gagnerait \u00e0 \u00eatre per\u00e7ue et entour\u00e9e par les soignants comme un possible clignotant de maltraitance du f\u0153tus (Robineau et Missonnier, 2004). Bien s\u00fbr, cette opposition entre angoisse automatique et angoisse signal doit \u00eatre d\u00e9gag\u00e9e de toute tentation s\u00e9miologique aboutissant \u00e0 un clivage dualiste artificiel et simpliste. Ce rep\u00e9rage correspond en clinique \u00e0 deux polarit\u00e9s dont le rapport dialectique est constant. Cette compl\u00e9mentarit\u00e9 est capitale car c\u2019est justement souvent dans une r\u00e9animation de la relation d\u2019\u00e9tayage de l\u2019angoisse signal sur l\u2019angoisse automatique que repose la promesse d\u2019un projet pr\u00e9ventif.<\/p>\n\n\n\n<p>Cliniquement, ces angoisses de malformation m\u00e9ritent surtout d\u2019\u00eatre mises en perspective avec la question de l\u2019annonce d\u2019une anomalie f\u0153tale ou d\u2019un handicap \u00e0 la naissance. En regard de mon exp\u00e9rience clinique, je dirai aujourd\u2019hui que l\u2019intensit\u00e9 et la m\u00e9tabolisation du choc de la r\u00e9v\u00e9lation aux parents d\u2019une anomalie r\u00e9elle, de la plus l\u00e9g\u00e8re \u00e0 la plus lourde, d\u00e9pendront, en partie, de la nature et du devenir de leurs r\u00e9surgences psychiques ant\u00e9natales<sup>3<\/sup> dont les craintes de malformation sont un des t\u00e9moins privil\u00e9gi\u00e9s. Aussi, se demander si les parents disposent pendant la p\u00e9riode de la grossesse d\u2019un lieu propice \u00e0 l\u2019accueil et \u00e0 l\u2019\u00e9laboration pr\u00e9ventive de cette angoisse, en particulier sous sa forme automatique, para\u00eet primordial. La responsabilit\u00e9 de tous les soignants du pr\u00e9natal-consultants, animateurs de groupes de pr\u00e9paration \u00e0 la naissance et la parentalit\u00e9<sup>4<\/sup>\u2026- est \u00e9vidente en ce domaine mais on peut appeler de ses v\u0153ux une sensibilisation particuli\u00e8re des \u00e9chographistes \u00e0 cette double face de l\u2019angoisse de malformation.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exp\u00e9rience de groupe Balint d\u2019\u00e9chographistes s\u2019impose, il me semble, comme une des voies les plus prometteuses en ce sens (Missonnier, 2003). Mais pour que soit authentiquement reconnue l\u2019ampleur de cette angoisse pendant la p\u00e9riode de grossesse, il est sans doute b\u00e9n\u00e9fique d\u2019en analyser la trace psychique en termes d\u2019 \u00ab&nbsp;inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">3 \u2013 L\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 du cadre \u00e9chographique<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans son c\u00e9l\u00e8bre essai <em>L\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9<\/em>, Freud se propose d\u2019expliciter les divers ingr\u00e9dients constitutifs de ce sentiment m\u00eal\u00e9 d\u2019effroi et de familiarit\u00e9 v\u00e9cu dans la vie courante ou rencontr\u00e9 dans la litt\u00e9rature. Lors de sa minutieuse enqu\u00eate, il a d\u2019abord recours \u00e0 l\u2019analyse \u00e9tymologique et s\u00e9mantique du mot allemand <em>heimlich<\/em>. Il met en exergue le sens paradoxal, non univoque, \u00ab&nbsp;ambivalent&nbsp;\u00bb de ce mot qui peut signifier son contraire en se substituant \u00e0 son antonyme <em>unheimlich<\/em>. \u00ab&nbsp;<em>Heimlich<\/em> appartient \u00e0 deux ensembles de repr\u00e9sentation qui, sans \u00eatre oppos\u00e9s, n\u2019en sont pas moins fortement \u00e9trangers, celui du familier, du confortable, et celui du cach\u00e9, du dissimul\u00e9&nbsp;\u00bb. Ensuite, en s\u2019appuyant sur des exemples de la vie courante et des fictions litt\u00e9raires, il \u00e9tablit diff\u00e9rentes composantes de cette famili\u00e8re \u00e9tranget\u00e9. Si on suit la hi\u00e9rarchisation freudienne, la principale caract\u00e9ristique de ce sentiment complexe est de marquer une r\u00e9p\u00e9tition. L\u2019impression de nouveaut\u00e9 qui accompagne ce sentiment est illusoire sugg\u00e8re Freud&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Unheimlich<\/em> n\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 rien de nouveau ou d\u2019\u00e9tranger, mais quelque chose qui est pour la vie psychique familier de tout temps, et qui ne lui est devenu \u00e9tranger que par le processus de refoulement&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce cadre de compulsion de r\u00e9p\u00e9tition, ce sentiment comm\u00e9more des \u00ab&nbsp;phases isol\u00e9es de l\u2019histoire de l\u2019\u00e9volution du sentiment du moi, d\u2019une r\u00e9gression \u00e0 des \u00e9poques o\u00f9 le moi ne s\u2019\u00e9tait pas encore nettement d\u00e9limit\u00e9 par rapport au monde ext\u00e9rieur et \u00e0 autrui&nbsp;\u00bb. \u00c0 l\u2019extr\u00eame, cette maison (<em>heim<\/em>) primitive, cette terre natale (<em>heimat<\/em>) dont le souvenir s\u2019accompagne du mal du pays (<em>heimweh<\/em>), c\u2019est, nous livre Freud, le sexe et le sein de la m\u00e8re. <em>Unheimlich<\/em> \u00ab&nbsp;est donc aussi dans ce cas le chez soi (<em>das heimische<\/em>), l\u2019antiquement familier d\u2019autrefois. Mais le pr\u00e9fixe \u00ab&nbsp;un&nbsp;\u00bb par lequel commence ce mot est la marque du refoulement.&nbsp;\u00bb Dans la mouvance de cette r\u00e9p\u00e9tition, ce sentiment provient aussi de la r\u00e9activation des complexes infantiles refoul\u00e9s (complexe de castration) et la toute puissance des pens\u00e9es. D\u2019ailleurs cette derni\u00e8re survit chez l\u2019adulte civilis\u00e9 dans la superstition et le pouvoir magique de la psych\u00e9, fragiles remparts contre la perception de notre finitude dans la mort. Pris dans son ensemble, ce texte plaide en faveur de cette th\u00e8se principale. Mais il y en a une autre que Freud consid\u00e8re comme secondaire en regard de la th\u00e9orie psychanalytique du complexe de castration, du refoulement et de la r\u00e9p\u00e9tition. Il s\u2019agit de l\u2019option d\u00e9fendue par Ernst Jentsch dans la seule \u00e9tude trouv\u00e9e par Freud sur ce sujet. Selon cet auteur, l\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 refl\u00e8te une \u00ab&nbsp;incertitude intellectuelle&nbsp;\u00bb quand on \u00ab&nbsp;doute qu\u2019un \u00eatre apparemment vivant ait une \u00e2me, ou bien \u00e0 l\u2019inverse, si un objet non vivant n\u2019aurait pas par hasard une \u00e2me&nbsp;\u00bb. Pour illustrer son propos, Jentsch \u00e9voque le sentiment inqui\u00e9tant des \u00ab&nbsp;processus automatiques&nbsp;\u00bb des crises \u00e9pileptiques, de la folie et des poup\u00e9es anim\u00e9es, des automates. C\u2019est cette piste qui conduit Freud aux contes d\u2019Hoffmann et, en particulier, \u00e0 <em>L\u2019homme au sable<\/em> (1817). Dans ce conte, l\u2019\u00e9tudiant Nathana\u00ebl ach\u00e8te \u00e0 l\u2019opticien ambulant Giuseppe Coppola une longue vue de poche. Gr\u00e2ce \u00e0 cet instrument, il \u00e9pie l\u2019appartement du professeur Spalanzani situ\u00e9 en face de chez lui. Il aper\u00e7oit sa fille Olympia \u00ab&nbsp;belle, mais \u00e9nigmatiquement laconique et immobile. Il \u00e9prouve pour elle un coup de foudre si violent qu\u2019il en oublie sa fianc\u00e9e raisonnable et banale. Mais Olympia est un automate dont Spalanzani a mont\u00e9 les rouages et dans lequel Coppola &#8211;<em>l\u2019Homme au sable<\/em>&#8211; a ins\u00e9r\u00e9 les yeux.&nbsp;\u00bb Freud n\u2019accepte cette piste de l\u2019incertitude entre anim\u00e9 et inanim\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de l\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 du conte que comme \u00ab&nbsp;point d\u2019appui&nbsp;\u00bb pour son investigation psychanalytique. Et de fait, avec un brio remarquable, il donne une analyse \u0153dipienne du conte dont l\u2019auteur lui-m\u00eame, Hoffmann, \u00e0 l\u2019instar de Nathana\u00ebl, a perdu son p\u00e8re dans son enfance.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon intention pr\u00e9sente est de redonner \u00e0 la proposition de Jentsch toute sa force. Elle me para\u00eet injustement remis\u00e9e au second r\u00f4le alors qu\u2019elle m\u00e9rite autant d\u2019attention que la juste fili\u00e8re \u0153dipienne. Sa restauration est capitale pour l\u2019analyse du cadre \u00e9chographique qui se doit d\u2019allier \u00e9galement complexe de castration, refoulement, r\u00e9p\u00e9tition, mais aussi distinction entre anim\u00e9 et inanim\u00e9. En effet, cette \u00ab&nbsp;incertitude intellectuelle&nbsp;\u00bb dans la distinction de l\u2019humain et du non-humain est embl\u00e9matique de ce sentiment particulier d\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 que v\u00e9hicule l\u2019image \u00e9chographique du f\u0153tus &#8211; dont des clich\u00e9s tr\u00f4nent d\u00e9sormais \u00e0 la premi\u00e8re page des albums de photos familiaux &#8211; et la \u00ab&nbsp;bande son&nbsp;\u00bb de l\u2019examen. Les fronti\u00e8res entre fiction et r\u00e9alit\u00e9 y sont aussi incertaines. Et, de plus, \u00ab&nbsp;l\u2019automatisme&nbsp;\u00bb des mouvements du f\u0153tus (bouche, t\u00eate, tronc) ne sont pas, selon le t\u00e9moignage de certains parents, sans \u00e9voquer ceux d\u2019un automate\u2026 anim\u00e9 ou d\u2019un \u00eatre vivant m\u00e9canique. L\u2019automatisme g\u00e9n\u00e9tique du programme du d\u00e9veloppement du f\u0153tus (qui reproduit parfois les erreurs) est aussi \u00e0 envisager avec la m\u00eame valence inqui\u00e9tante et famili\u00e8re (Soul\u00e9, 1999, 2011). Une fois bien \u00e9tablie la part due \u00e0 cette immersion dans l\u2019incertitude, on peut poursuivre l\u2019analogie entre l\u2019analyse freudienne de l\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 et l\u2019examen \u00e9chographique&nbsp;: ce cadre comm\u00e9more une \u00e9poque o\u00f9 le moi n\u2019est pas distingu\u00e9 du monde ext\u00e9rieur ni d\u2019autrui et, caricaturalement, stimule le fantasme de <em>vie intra ut\u00e9rine<\/em> dict\u00e9 par une nostalgie de la terre natale (le mal du pays).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">4 \u2013 Le pouvoir d\u2019influence des images et du cadre \u00e9chographique<\/h2>\n\n\n\n<p>Rappelons d\u2019embl\u00e9e que l\u2019image en g\u00e9n\u00e9ral \u00ab&nbsp;utilise des proc\u00e9d\u00e9s qui \u00e9chappent au principe de r\u00e9alit\u00e9&nbsp;: ceux de la pens\u00e9e magique, ceux du r\u00eave&nbsp;\u00bb (Denis, 1994), qui sont propices aux d\u00e9placements et aux condensations. Et, comme l\u2019a propos\u00e9 Didier Anzieu (1987) en \u00e9tudiant les \u00ab&nbsp;signifiants formels&nbsp;\u00bb, le psychisme se constitue probablement au d\u00e9part dans des rapports d\u2019espaces. Et ce n\u2019est selon lui qu\u2019apr\u00e8s la constitution des contenants psychiques que les contenus \u00e9mergent, primitivement sous forme de repr\u00e9sentant d\u2019enveloppe et de transformations de ces enveloppes au gr\u00e9 des relations tr\u00e8s pr\u00e9coces. En d\u2019autres termes, l\u2019image est le v\u00e9ritable contenant de nos premiers contenus psychiques&nbsp;: \u00ab&nbsp;les enjeux de l\u2019image pr\u00e9c\u00e8dent ceux du langage&nbsp;\u00bb (Tisseron, 1995). Serge Tisseron nous donne une pr\u00e9cieuse comparaison \u00e0 ce sujet&nbsp;: \u00ab&nbsp;Parce que l\u2019image est apparue avant la s\u00e9paration psychique et qu\u2019elle a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 mise au service de l\u2019illusion de l\u2019unit\u00e9 primitive, toute image continue \u00e0 envelopper la pens\u00e9e. Celle-ci, soutenue par une image, est comme le nouveau-n\u00e9 port\u00e9 par sa m\u00e8re.&nbsp;\u00bb La m\u00e8re, comme l\u2019image, est l\u2019enveloppe de l\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre. Alors si le soubassement de la psych\u00e9 est constitu\u00e9 d\u2019images \u00ab&nbsp;conteneurs&nbsp;\u00bb, quel r\u00f4le pourra donc jouer l\u2019image \u00e9chographique pour des parents&nbsp;? On pourra raisonnablement r\u00e9pondre que l\u2019image \u00e9chographique, en offrant un miroir mat\u00e9riel et psychique du processus \u00e9volutif de la parentalit\u00e9, joue un <em>r\u00f4le de catalyseur<\/em>. Elle induit fortement la r\u00e9surgence de l\u2019efficience primitive des <em>imagos<\/em> grands-parentales dans leur fonction de contenance, plus ou moins propice \u00e0 un enveloppement structurant des enjeux premiers de la constitution de l\u2019humain&nbsp;: vie\/mort, dedans\/dehors et promesse d\u2019humain\/menace de monstre.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce contexte, si l\u2019op\u00e9rateur offre un cadre contenant, l\u2019\u00e9chographie embryo-f\u0153tale se pr\u00e9sente comme un rituel initiatique s\u00e9culier dont la potentialit\u00e9 sera celle d\u2019un \u00ab&nbsp;organisateur psychique&nbsp;\u00bb (Boyer et Porret, 1987), de la <em>relation d\u2019objet virtuelle ut\u00e9rine<\/em> (Missonnier, 2009) inh\u00e9rente au processus de parentalit\u00e9<sup>5<\/sup>. Mais, comme pour tout rituel de passage, l\u2019\u00e9chographie s\u2019organise autour de la confrontation \u00e0 une \u00ab&nbsp;p\u00e9riode de marge avec suppression progressive des barri\u00e8res&nbsp;\u00bb (Van Gennep, 1909). En effet, la r\u00e9\u00e9dition des soubassements les plus archa\u00efques des contenants qui ont vu na\u00eetre en leur sein les premi\u00e8res repr\u00e9sentations, la lev\u00e9e transitoire des correspondances entre vu et per\u00e7u, celle des correspondances entre dedans et dehors, entre sujet et objet, l\u2019amplification de l\u2019incertitude vis-\u00e0-vis de la survie de l\u2019embryon\/f\u0153tus<sup>6<\/sup> et de son <em>devenir humain<\/em> induisent une charge fantasmatique qui met \u00e0 l\u2019\u00e9preuve les capacit\u00e9s des spectateurs \u00e0 transformer ces images brutes en repr\u00e9sentations. Le pouvoir d\u2019influence du cadre \u00e9chographique, centr\u00e9 sur les images f\u0153tales, s\u2019organisera donc, tr\u00e8s sch\u00e9matiquement, entre deux polarit\u00e9s extr\u00eames qu\u2019une infinit\u00e9 de pastels casuistiques s\u00e9parent.<\/p>\n\n\n\n<p>Soit ce pouvoir d\u2019influence induira une confirmation dynamique du processus de parentalit\u00e9&nbsp;: l\u2019efficience des fonctions de maintenance et de contenance de l\u2019\u00e9corce (Abraham et Torok, 1978) de la parentalit\u00e9, mises en relief par l\u2019image \u00e9chographique, entretient un rapport dialectique suffisamment bon avec le noyau f\u0153tal. Le rite \u00e9chographique gr\u00e2ce et en d\u00e9pit de sa violence a une \u00ab&nbsp;efficacit\u00e9 symbolique&nbsp;\u00bb (L\u00e9vi-Strauss, 1949) face \u00e0 l\u2019inscription du f\u0153tus comme \u00ab&nbsp;personne humaine potentielle&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Soit, <em>a contrario<\/em>, il induira une paralysie psychique ou encore des identifications projectives pathologiques par saturation des r\u00e9surgences traumatiques&nbsp;: l\u2019inefficience de l\u2019\u00e9corce de la parentalit\u00e9, mise en relief par l\u2019image \u00e9chographique, entretient un rapport dialectique n\u00e9gatif avec le noyau f\u0153tal&nbsp;; l\u2019\u00e9corce \u00ab&nbsp;trou\u00e9e&nbsp;\u00bb de la parentalit\u00e9 est effract\u00e9e par la potentialit\u00e9 objectale d\u2019un f\u0153tus qui s\u00e8me l\u2019effroi d\u2019une Gorgone p\u00e9trifiante. Le rite \u00e9chographique n\u2019a pas d\u2019efficacit\u00e9 symbolique&nbsp;: il perd sa fonction de liaison de la crise biopsychique parentale. Il ne favorise pas l\u2019am\u00e9nagement du devenir, met \u00e0 nu, ne contient ni ne structure. Au final, on peut se demander si la confrontation \u00e0 l\u2019\u00e9chographie obst\u00e9tricale n\u2019est pas, pour tous les parents, <em>une crise dans la crise<\/em>, une majoration transitoire des enjeux psychologiques fondamentaux de la parentalit\u00e9 pr\u00e9natale \u00e0 l\u2019instar de l\u2019impact d\u2019une \u00e9preuve projective. C\u2019est \u00e0 ce titre que le cadre \u00e9chographique peut s\u2019inscrire comme <em>espace de pr\u00e9vention m\u00e9dico-psycho-sociale<\/em> primaire et secondaire des troubles ant\u00e9natals de la parentalit\u00e9, s\u2019il permet d\u2019y accueillir dans un esprit interdisciplinaire les r\u00e9ponses toujours uniques des parents entre ces deux p\u00f4les (Missonnier, 1999, 2011).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">5 \u2013 \u00c9chographie obst\u00e9tricale et identification projective<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans leur remarquable ouvrage <em>La pratique des psychoth\u00e9rapies m\u00e8res-b\u00e9b\u00e9s<\/em>, en 1993, Bertrand Cramer et F. Palacio-Espasa d\u00e9finissent ainsi l\u2019identification projective parentale en postnatal&nbsp;: \u00ab&nbsp;un fantasme inconscient o\u00f9 le sujet se place, ou place des aspects de soi-m\u00eame, dans un objet (ici, l\u2019enfant) avec un but de recherche de relation ou de communication ou de d\u00e9fense&nbsp;\u00bb. Les identifications projectives parentales s\u2019inscrivent, selon eux, dans le cadre d\u2019un fonctionnement psychique parental sp\u00e9cifique en <em>post-partum<\/em>&nbsp;: ils parlent d\u2019une \u00ab&nbsp;n\u00e9o-formation originale&nbsp;\u00bb, d\u2019une \u00ab&nbsp;nouvelle topique&nbsp;\u00bb. La pr\u00e9sence du nouveau-n\u00e9 s\u2019accompagnerait d\u2019un v\u00e9ritable \u00ab&nbsp;\u00e9branlement&nbsp;\u00bb de l\u2019organisation psychique parentale. Ce fonctionnement sp\u00e9cifique est envisag\u00e9 comme la mat\u00e9rialisation d\u2019investissements narcissiques et pulsionnels parentaux&nbsp;: \u00ab&nbsp;l\u2019enfant devient ainsi le relais et le d\u00e9positaire d\u2019investissements qui, jusqu\u2019alors, \u00e9taient attach\u00e9s \u00e0 des objets internes ou des aspects du <em>self<\/em>&nbsp;\u00bb. Il occupe alors une place interm\u00e9diaire entre l\u2019espace intrapsychique et extrapsychique parental.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette conceptualisation, le flux d\u2019identifications projectives v\u00e9hicul\u00e9 par le mandat g\u00e9n\u00e9rationnel sera, tr\u00e8s sch\u00e9matiquement, soit \u00ab&nbsp;normal&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire en faveur du d\u00e9veloppement du b\u00e9b\u00e9, car synonyme d\u2019empathie et de communication ajust\u00e9e, soit parasite car hant\u00e9 par des fant\u00f4mes intrusifs et destructeurs. Les identifications projectives seront dans ce cas \u00ab&nbsp;pathologiques&nbsp;\u00bb car, tour \u00e0 tour, \u00ab&nbsp;expulsives&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;annexantes&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;contraignantes&nbsp;\u00bb. Ce paradigme est pour le psychoth\u00e9rapeute parents\/b\u00e9b\u00e9 d\u2019une grande pertinence. Toutefois, il accentue \u00e0 tort un clivage dans le processus de parentalit\u00e9 entre pr\u00e9- et postnatal et ignore les potentialit\u00e9s du travail psychoth\u00e9rapique en ant\u00e9natal. En effet, le berceau psychique postnatal parental est bien essentiellement constitu\u00e9 d\u2019identifications projectives, mais il ne s\u2019agit nullement l\u00e0 d\u2019une \u00ab&nbsp;n\u00e9oformation&nbsp;\u00bb propre au <em>post-partum.<\/em> La chronologie inh\u00e9rente \u00e0 cette conception m\u00e9rite d\u2019\u00eatre r\u00e9vis\u00e9e gr\u00e2ce aux donn\u00e9es cliniques portant sur le processus de parentalit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u0153uvre pendant la grossesse. De fait, notre travail sur les enjeux psychologiques du DA (Missonnier, 2011) va bien dans cette perspective&nbsp;: cette effusion identificatoire normale ou pathologique parentale n\u2019est pas une n\u00e9oformation n\u00e9onatale. Le cadre \u00e9chographique met justement en sc\u00e8ne, en pr\u00e9natal, les premier actes de cette \u00ab&nbsp;mat\u00e9rialisation d\u2019investissements narcissiques et pulsionnels parentaux, jusqu\u2019ici cantonn\u00e9s dans leur espace intrapsychique et qui se redistribuent dans l\u2019espace interpersonnel de la relation \u00e0 l\u2019enfant r\u00e9el et fantasmatique&nbsp;\u00bb. Ces images \u00e9chographiques et leur sonorisations induisent l\u2019\u00e9mergence de ce flux d\u2019identifications projectives psycho(patho)logiques. Il constitue le nid psychique pr\u00e9natal parental. C\u2019est le \u00ab&nbsp;souffle sacr\u00e9&nbsp;\u00bb qui humanise le f\u0153tus et constitue la trame organisatrice du berceau postnatal \u00e0 venir. \u00c0 travers les mille et une repr\u00e9sentations culturelles du f\u0153tus, les identifications projectives de la r\u00eaverie parentale viennent habiter l\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9 de la transparence actuelle de la grossesse en g\u00e9n\u00e9ral et de l\u2019imagerie du DA en particulier. Toutes ces images fantasmatiques permettent d\u2019habiller l\u2019objectivit\u00e9 froide des images \u00e9chographiques et de la technicit\u00e9 triomphante. Elles v\u00e9hiculent la pr\u00e9sence de l\u2019enfant en devenir avec sa virtualit\u00e9 objectale (Missonnier, 2009), candidate \u00e0 la ti\u00e9rc\u00e9it\u00e9 (Green, 1990) et \u00e0 l\u2019identit\u00e9 de genre (Stoller, 1978). C\u2019est dans ce nid psychique de la r\u00eaverie parentale que peut s\u2019esquisser le r\u00eave du f\u0153tus savant.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il y a de l\u2019in\u00e9dit en postnatal, c\u2019est parce que le <em>r\u00e9cepteur invisible des identifications projectives parentales de la grossesse rentre ind\u00e9pendamment et activement en jeu dans l\u2019\u00e9pigen\u00e8se interactive avec ses propres identifications projectives<\/em>. Contrairement \u00e0 ce que d\u00e9fendaient B. Cramer et F. Palacio-Espasa, la nouveaut\u00e9 n\u2019est donc pas, en postnatal, l\u2019effusion psychique parentale. Elle existe par anticipation progressive, <em>mutatis mutandis<\/em> tout au long de la gestation. Et sa singularit\u00e9 en <em>post-partum<\/em> n\u2019est compr\u00e9hensible qu\u2019en regard de son historicit\u00e9. Pour le meilleur et pour le pire, l\u2019enfant a pour nid primitif ces \u00ab\u00a0r\u00e9p\u00e9titions\u00a0\u00bb anticipatrices pr\u00e9natales. De fait, il est temps pour nous, professionnels de tous les \u00e2ges de la vie, de mesurer les limites de notre vision d\u2019un nouveau-n\u00e9 induisant une contenance absente en ant\u00e9natal. Une impasse sur ce \u00ab\u00a0cr\u00e9dit de subjectivation\u00a0\u00bb (Roussillon, 1999) \u00e0 l\u2019\u00e9gard du foetus, enfant virtuel, serait pour nous synonyme de scotomisation du premier chapitre de la v\u00e9ritable biographie du sujet naissant dans une famille occidentale contemporaine. Quel que soit l\u2019\u00e2ge de nos patients et notre sp\u00e9cialit\u00e9, notre art de l\u2019anamn\u00e8se ne peut d\u00e9sormais souffrir de cet aveuglement \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019ant\u00e9natal.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<div id=\"cairn-panel-content\" class=\"tabs-content tab-content\">\n<div id=\"panel-article\" class=\"tabs-panel tabs-panel-fullsize has-been-clicked active show\" data-tracking=\"TaW%2FqqTAu2MFiICWeIO81A%3D%3D_iCu8tVyXTbQvfMFzQxqp8Id5PKFmMOs%2FJTROwVzskIWZIINM2iiYIJW4QltjpNtE43FUjyEBDKV0CA9t2O7umvoDBB3Y5JbApFnqoNOUHrFUZ5jcQLQpVkGky%2FT6YDuEOYAEN6srwlvtCx5aHLvJzQAaTbOkiVY9O49YBMhP1U6mvLLzt7a254%2B4ul3hz4hwGm1ooe1no%2FxcL0v2iP1jurmaPw2wJrTD8Mlm%2BFyh4IftywOUxx3DUgRCDhDAs%2BoBBuXlKQ5F2q4kWf29e1h75G8HUkjmtZUOjdXOT7IrLBzsLpx5SSkyVBYizUVfvrUasJuwmg0Sa27kziP9CAwpdlvTvBDREohT2g1QsnClvNLUmDc5jgS65kaEPxgjBkRFSzw62%2Fft7nM85gnec0eWD1TVv7mmCNVjoXrvxfzglDnKIOwsBvO7YfSXJuoMkab2f0EF5ASh8cBaGBXTRes1zoBmfxJYql07OikLr0bnbWAvOaUWgpYJflA9OtBUigU8GDLk9ZuMpT0fo52Rx9xhmMML0si%2BtifCE%2Fmn6XHfHk3wvb4newul18RlZpukiUYv0EVipBK5Y1RH%2BCCytSnIXDWEozuf12hj%2FfpeRQtWrS5sV4oZ6CVQOO%2F%2BJ9h8k549xiJO3d7rFHb6XtbQWU3QSUHyGRn%2FvSoIxZR06RzZxThA8sXC4znljgo%2BiSPVo4lXIZYnsNW5Z%2FPb0vSvG0ZeO6onpitYH9Z4J9EtjgR5lMpc88ad7r7%2FFQ%2BTe8W%2FLlEgn4kWcFZ%2BpeizKwKoGSzAtpCIs%2FoCBVryi0ovjftxEhFqJuY6g8ReRBvYLvVvAlH709NB0EPOLXcEUdvlbI6dZyxmR3AR0EREmicEn%2FEIJlxeY%2Fd9AqIgw%2Bme4GtG7coCOmWE5UbCeCj%2Bobzgp%2Fi12R3%2BqMmQxWIAUivlCDP%2BAZaN7adhRyhEUiPCFPNCS0zrIiBjn%2FUGJk1luBJvpK9Xzc754hvJkVtEmcvSoBS6nJY%3D\">\n<div id=\"article\" class=\"traitement-artr typeart-article\">\n<section id=\"decoupe-note\">\n<div class=\"grnote\">\n<ol class=\"wrapper-children-grnote\">\n<li id=\"no1\" class=\"note renvoi-in-alinea\">En m\u2019inspirant ici de l\u2019intitul\u00e9 d\u2019une journ\u00e9e organis\u00e9e par Simone Korff-Sausse \u00e0 Jussieu \u00ab&nbsp;Les Cliniques de l\u2019extr\u00eame&nbsp;\u00bb (19 novembre 2005).<\/li>\n<li id=\"no2\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Avis sur les pr\u00e9l\u00e8vements de tissus d\u2019embryons et de f\u0153tus humains morts, \u00e0 des fins th\u00e9rapeutiques, diagnostiques et scientifiques. Rapport du Comit\u00e9 Consultatif National d\u2019\u00c9thique (CCNE) n\u00b0 1 &#8211; 22 mai 1984.<\/li>\n<li id=\"no3\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Pour approfondir ces concepts complexes, on se rapportera avec grand b\u00e9n\u00e9fice \u00e0 l\u2019analyse de A. Ciccone (chapitre 11) dans Ciccone A., Lhopital M., (1991),&nbsp;<em>Naissance de la vie psychique<\/em>, Dunod.<\/li>\n<li id=\"no4\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Les recommandations de l\u2019Haute Autorit\u00e9 de Sant\u00e9 (HAS) sur une pr\u00e9paration \u00e0 la naissance et \u00e0 la parentalit\u00e9 inaugur\u00e9e par l\u2019entretien pr\u00e9coce pr\u00e9natal vont dans ce sens, dans la mesure o\u00f9 une obligation \u00e9thiquement iatrog\u00e8ne ne vient pas invalider la strat\u00e9gie pr\u00e9ventive pr\u00e9venante.<\/li>\n<li id=\"no5\" class=\"note renvoi-in-alinea\">Ren\u00e9 Spitz, en 1959, a d\u2019ailleurs emprunt\u00e9 \u00e0 l\u2019embryologie le concept d\u2019organisateur&nbsp;!<\/li>\n<li id=\"no6\" class=\"note renvoi-in-alinea\">D\u2019apr\u00e8s le CCNE N\u00b0 1 &#8211; 22 mai 1984, op. cit.<\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n<\/section>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<h2>Bibliographie<\/h2>\n<p>Abraham N., Torok M. (1978). <em>L\u2019\u00e9corce et le noyau<\/em>, Flammarion.<\/p>\n<p>Anzieu D. (1987). \u00ab\u00a0Les signifiants formels et le moi-peau\u00a0\u00bb. In\u00a0: D. Anzieu et al., <em>Les enveloppes psychiques<\/em>, Dunod, 2003, pp. 19-41.<\/p>\n<p>Boyer J. P., Porret P. (1987). \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9chographie obst\u00e9tricale\u00a0: premi\u00e8res remarques \u00e0 propos d\u2019un changement \u00e9pist\u00e9mologique\u00a0\u00bb. <em>Neuropsychiatrie de l\u2019enfance et de l\u2019adolescence<\/em>, 35, 8-9.<\/p>\n<p>Bergeret J. (1984). <em>La Violence fondamentale<\/em>. Paris: Dunod, 2000.<\/p>\n<p>Cramer B., Palacio-Espasa F. (1993). <em>La pratique des psychoth\u00e9rapies m\u00e8res-b\u00e9b\u00e9s<\/em>, Paris: PUF.<\/p>\n<p>Denis P. (1994). \u00ab\u00a0S\u00e9duction de l\u2019image, image de la s\u00e9duction\u00a0\u00bb. <em>Topique<\/em>, 53, 55-69.<\/p>\n<p>Favez G. (1958). \u00ab\u00a0De la contestation\u00a0\u00bb. In\u00a0: <em>La Psychanalyse, Perspectives structurales<\/em>. Cit\u00e9 par B. Golse en exergue de son ouvrage Du corps \u00e0 la pens\u00e9e, Paris, PUF, 1999.<\/p>\n<p>Freud S. (1919). \u00ab\u00a0L\u2019inqui\u00e9tante \u00e9tranget\u00e9\u00a0\u00bb. In: S. Freud, <em>Essais de psychanalyse appliqu\u00e9e<\/em>, Paris: Gallimard, 1976.<\/p>\n<p>Freud S. (1920). \u00ab\u00a0Au-del\u00e0 du principe de plaisir\u00a0\u00bb. In\u00a0: <em>Essais de Psychanalyse<\/em>, Paris: Payot, 1982.<\/p>\n<p>Freud S. (1926). <em>Inhibition, sympt\u00f4me et angoisse<\/em>, PUF, 1981.<\/p>\n<p>Green A. (1990). \u00ab\u00a0De la tierc\u00e9it\u00e9\u00a0\u00bb. In\u00a0: La psychanalyse. Questions pour demain. <em>Monographie de la Revue fran\u00e7aise de Psychanalyse<\/em>, Paris, PUF.<\/p>\n<p>Hoffmann E.T.A. (1817). \u00ab\u00a0L\u2019homme au sable\u00a0\u00bb. In\u00a0: <em>Contes nocturnes. Eug\u00e8ne Renduel<\/em>, 1830, pp. 1-102.<\/p>\n<p>Ka\u00ebs R. (1999). <em>Les th\u00e9ories psychanalytiques du groupe<\/em>, PUF.<\/p>\n<p>Kierkegaard S. (1844). <em>Le Concept de l\u2019angoisse<\/em>, Gallimard, 1976.<\/p>\n<p>L\u00e9vi-Strauss C. (1949). \u00ab\u00a0L\u2019efficacit\u00e9 symbolique\u00a0\u00bb. In\u00a0: <em>Anthropologie structurale<\/em>, Plon, 1958, pp. 205-226.<\/p>\n<p>Missonnier S. (1999). \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9chographie obst\u00e9tricale\u00a0: un rituel s\u00e9culier d\u2019initiation \u00e0 la parentalit\u00e9\u00a0?\u00a0\u00bb. In\u00a0: M. Soul\u00e9, L. Gourand, S. Missonnier, M. J. Soubieux, (2011), <em>L\u2019\u00e9chographie de la grossesse. Promesses et vertiges<\/em>. Toulouse, \u00c9r\u00e8s, 159-187.<\/p>\n<p>Missonnier S. (2003). <em>La consultation th\u00e9rapeutique p\u00e9rinatale<\/em>. Toulouse\u00a0: \u00c9r\u00e8s.<\/p>\n<p>Missonnier S. (2009). <em>Devenir parent, na\u00eetre humain. La diagonale du virtuel.<\/em> Paris, PUF.<\/p>\n<p>Missonnier S., Blazy M., Boige N., Presme N., Tagawa O. (2012). <em>Manuel de psychologie clinique de la p\u00e9rinatalit\u00e9<\/em>, Masson.<\/p>\n<p>Robineau C., Missonnier S. (2004). \u00ab\u00a0Vers une pr\u00e9vention psychanalytique de la maltraitance p\u00e9rinatale\u00a0\u00bb\u00a0: S. Missonnier, B. Golse, M. Soul\u00e9, <em>La grossesse, l\u2019enfant virtuel et la parentalit\u00e9.<\/em> Paris\u00a0: PUF, pp. 439-469.<\/p>\n<p>Roussillon R. (1999). <em>Agonie, clivage et symbolisation<\/em>. Paris\u00a0: PUF.<\/p>\n<p>Saulus G. (2007). \u00ab\u00a0\u201cVotre enfant est un l\u00e9gume\u00a0!\u201d. Des conditions \u00e9thiques n\u00e9cessaires \u00e0 toute pratique clinique en situation de handicap extr\u00eame\u00a0\u00bb. In\u00a0: A. Ciccone, S. Korff-Sausse, S. Missonnier, R. Scelles (dir.), <em>Cliniques du sujet handicap\u00e9. Actualit\u00e9 des pratiques et des recherches<\/em>, Toulouse: Er\u00e8s, pp. 209-218.<\/p>\n<p>Soul\u00e9 M., (1999). \u00ab\u00a0De la p\u00e9diatrie \u00e0 la psychiatrie f\u0153tale\u00a0\u00bb. In\u00a0: M. Soul\u00e9, L. Gourand, S. Missonnier, M. J. Soubieux, (2011), <em>L\u2019\u00e9chographie de la grossesse<\/em>. \u00c9res. pp. 189-202.<\/p>\n<p>Stoller R. J. (1978). <em>Recherche sur l\u2019identit\u00e9 sexuelle<\/em>, Gallimard.<\/p>\n<p>Tisseron S. (1995). <em>Psychanalyse de l\u2019image. Des premiers traits au virtuel<\/em>, Paris, Dunod.<\/p>\n<p>Van Gennep A. (1909). <em>Les rites de passage<\/em>, Paris, Picard.<\/p>\n<p>Winnicott D. W. (1947). \u00ab\u00a0La haine dans le contre-transfert\u00a0\u00bb. In\u00a0: <em>De la p\u00e9diatrie \u00e0 la psychanalyse<\/em>, Paris: Payot, 1989, pp. 72-82.<\/p>\n<p>Winnicott D. W. (1974). <em>La crainte de l\u2019efondrement et autres situations cliniques.<\/em> Paris\u00a0: NRF, Gallimard, 2000.<\/p><div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10085?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mon t\u00e9moignage s\u2019enracine dans la clinique \u00e0 la maternit\u00e9 o\u00f9 je tente d\u2019\u00eatre psychanalyste p\u00e9rinatal engag\u00e9 dans un projet collectif d\u2019accueil des variations de forte amplitude inh\u00e9rentes au devenir parent et au na\u00eetre humain et des dysharmonies relationnelles pr\u00e9coces parents\/professionnels\/f\u0153tus\/b\u00e9b\u00e9&#8230;.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1223,1214],"thematique":[278],"auteur":[1375],"dossier":[279],"mode":[60],"revue":[280],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-10085","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-perinatalite","rubrique-psychanalyse","thematique-institution","auteur-sylvain-missonnier","dossier-clinique-et-ethique-du-soin","mode-payant","revue-280","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10085","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10085"}],"version-history":[{"count":2,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10085\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16542,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10085\/revisions\/16542"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10085"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10085"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10085"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10085"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10085"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10085"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10085"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10085"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10085"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}