{"id":10066,"date":"2021-08-22T07:31:14","date_gmt":"2021-08-22T05:31:14","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/scylla-et-charybde-2\/"},"modified":"2021-10-05T23:17:59","modified_gmt":"2021-10-05T21:17:59","slug":"scylla-et-charybde","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/scylla-et-charybde\/","title":{"rendered":"Scylla et Charybde"},"content":{"rendered":"\n<p>Lorsqu\u2019on m\u2019a demand\u00e9 mon \u201cpoint de vue sur la condition actuelle d\u2019exercice de la psychoth\u00e9rapie\u201d, j\u2019ai, sensible \u00e0 cet honneur, accept\u00e9. Puis, sensible \u00e0 la difficult\u00e9 d\u2019un tel propos, j\u2019ai h\u00e9sit\u00e9. Ai-je bien un \u201cpoint de vue\u201d&nbsp;? et si j\u2019en ai un (voire plusieurs, ce qui ne simplifierait rien), cela a-t-il un int\u00e9r\u00eat&nbsp;? D\u2019ailleurs, de quoi s\u2019agit-il&nbsp;? D\u2019exercice de la psychoth\u00e9rapie. Mais que consid\u00e9rer d\u2019abord&nbsp;? la psychoth\u00e9rapie, ou plut\u00f4t les psychoth\u00e9rapies, leurs fondements th\u00e9oriques (vrais ou suppos\u00e9s), leurs techniques, leur pratique, la fa\u00e7on dont elles posent ou non des questions d\u00e9ontologiques, etc.&nbsp;? L\u2019exercice de la chose d\u00e9pend bien s\u00fbr de tout cela. Ne faudrait-il pas alors consid\u00e9rer d\u2019abord les psychoth\u00e9rapeutes, leur formation, leur statut sociologique, moral, l\u00e9gal, etc.&nbsp;? La psychoth\u00e9rapie et le psychoth\u00e9rapeute, ce n\u2019est pas la m\u00eame chose&nbsp;: il faut \u00e9videmment distinguer la physique quantique en tant que telle de M. Dupont, de l\u2019\u00e9minent physicien qui s\u2019y int\u00e9resse, ou encore Dieu, de son humble servant de la paroisse d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais mon embarras vient surtout de ce que je me m\u00e9fie des mots. Humpty-Dumpty avait bien expliqu\u00e9 \u00e0 Alice que, lorsqu\u2019il pronon\u00e7ait un mot, ce mot prenait, en cet instant m\u00eame, exactement le sens qu\u2019il lui plaisait \u00e0 lui, Humpty-Dumpty, de lui donner. \u201cLa question est de savoir\u201d, disait-il, \u201cqui est le ma\u00eetre\u201d&nbsp;: les mots sont nos esclaves. Mais m\u00e9fions-nous de nos esclaves. On sait bien que si l\u2019esclavage est si familier qu\u2019il s\u2019oublie, le ma\u00eetre est le plus d\u00e9pendant des deux&nbsp;: l\u2019esclave pourrait subsister sans le ma\u00eetre, mais pas le ma\u00eetre sans l\u2019esclave.<\/p>\n\n\n\n<p>Que ferions-nous, que serions-nous, sans langage&nbsp;? Il nous faut bien un mot comme \u201cpsychoth\u00e9rapie\u201d&nbsp;; mais je crains que nous n\u2019en soyons esclaves&nbsp;: il nous est devenu si familier que nous risquons de ne plus voir ses pi\u00e8ges. Deux ensembles de pi\u00e8ges, puisqu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un hybride de deux termes grecs assembl\u00e9s pour former un mot dont l\u2019ascendance et le cousinage m\u00e9dicaux sont \u00e9vidents. Ce pourrait \u00eatre clair&nbsp;: il s\u2019agit de sp\u00e9cialit\u00e9s m\u00e9dicales -ou para-m\u00e9dicales-qui se proposent de soigner les maladies psychiques. Nous savons bien h\u00e9las (heureusement&nbsp;?) que ce n\u2019est pas si simple.<\/p>\n\n\n\n<p>Interrogeons donc le langage. Pourquoi qualifier les troubles en cause de \u201cpsychiques\u201d, pourquoi dire qu\u2019il s\u2019agit de psychoth\u00e9rapie&nbsp;? Pour forger ce terme, on a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 le grec au latin \u201c<em>mens<\/em>\u201d, qui forme \u201cmentalit\u00e9\u201d et revient sous forme adjective dans l\u2019expression \u201ctroubles mentaux\u201d (s\u2019agit-il de la m\u00eame chose que des troubles psychiques&nbsp;?)&nbsp;; ou \u00e0 \u201cesprit\u201d, ce qui aurait pu donner \u201csoins spirituels\u201d (apr\u00e8s tout, cela conviendrait assez bien \u00e0 ceux qui mettent en cause des \u201cth\u00e9ories de l\u2019esprit\u201d mal faites)&nbsp;; ou \u00e0 \u201c\u00e2me\u201d, conduisant \u00e0 quelque chose comme \u201csoins donn\u00e9s aux \u00e2mes souffrantes\u201d, ce qui ne manquerait pas de soulever des protestations religieuses. Va donc pour \u201cpsycho\u201d\u2026 mais qu\u2019est-ce que cette psych\u00e9, ce psychisme, auquel il est ainsi fait allusion, et en quoi est-ce autre chose, que le mental, ou l\u2019esprit, ou l\u2019\u00e2me&nbsp;? On ne peut \u00e9luder cette question si l\u2019on veut asseoir une pratique sur une th\u00e9orie.<\/p>\n\n\n\n<p>A mon sens, c\u2019est la psychanalyse qui depuis un si\u00e8cle apporte les meilleures r\u00e9ponses, m\u00eame si la th\u00e9orie souffre de douleurs r\u00e9currentes (de croissance&nbsp;? de vieillesse&nbsp;?), m\u00eame si la pratique vacille \u00e7\u00e0 et l\u00e0, m\u00eame s\u2019il arrive que \u201cl\u2019\u00e9cart th\u00e9orico-pratique\u201d frise le grand \u00e9cart\u2026 Au moins tout cela proc\u00e8de-t-il d\u2019efforts s\u00e9rieux, au regard desquels la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de certaines \u201cth\u00e9orisations\u201d suppos\u00e9es soutenir telle ou telle pratique psychoth\u00e9rapique pr\u00eate \u00e0 sourire (ou \u00e0 s\u2019indigner&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 pour \u201cpsycho\u201d. Et pour \u201cth\u00e9rapie\u201d&nbsp;? S\u2019agit-il toujours de soigner au sens o\u00f9 l\u2019on soigne une maladie&nbsp;? Bien s\u00fbr que non&nbsp;: ce terme, \u201csoigner\u201d, a bien d\u2019autres sens que m\u00e9dical&nbsp;: la m\u00e8re prend soin de son b\u00e9b\u00e9, et le p\u00e9dagogue de ses \u00e9l\u00e8ves \u00e0 qui il recommande d\u2019\u00eatre soigneux dans leur travail&nbsp;; il n\u2019est pas jusqu\u2019au soigneur qui ne donne ses soins \u00e0 son boxeur\u2026 La personne dont nous prenons soin n\u2019est pas n\u00e9cessairement un \u201cmalade\u201d au sens usuel du terme en m\u00e9decine (qui implique une symptomatologie, une \u00e9tiologie connue ou en principe connaissable, un d\u00e9but, une \u00e9volution et une issue typiques, un traitement, etc.)&nbsp;: ce peut \u00eatre quelqu\u2019un comme vous et moi qui souffre de quelque chose dont il souhaite \u00eatre soulag\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Acte m\u00e9dical ou pas&nbsp;? C\u2019est l\u00e0 un vieux probl\u00e8me. Depuis le triomphe de la m\u00e9decine, on ne soigne plus la \u201cfolle du logis\u201d (c\u2019est \u00e0 dire l\u2019imagination) avec quatre grains d\u2019ell\u00e9bore, comme dans Jean de La Fontaine. Depuis que la psychiatrie s\u2019est constitu\u00e9e en savoir m\u00e9dical de la folie, chassant tr\u00e8s heureusement les possessions d\u00e9moniaques et leur traitement par le b\u00fbcher, c\u2019est en m\u00e9decin que le psychiatre, puisqu\u2019il est m\u00e9decin de l\u2019\u00e2me (c\u2019est l\u2019\u00e9tymologie du terme), est suppos\u00e9 gu\u00e9rir les bleus \u00e0 l\u2019\u00e2me. Il lui a donc fallu se distinguer de la bonne m\u00e8re, de l\u2019ami compatissant, du confident avis\u00e9, du pr\u00eatre directeur de conscience, etc. Un bon moyen \u00e9tait de s\u2019affirmer fond\u00e9 dans cette action par la connaissance des \u00e9tiologies organiques de ces troubles, et ceci parfois au prix des plus \u00e9tonnantes fantasmagories pseudo-scientifiques (le charme n\u2019en semble pas, aujourd\u2019hui encore, \u00e9puis\u00e9). Il a cependant bien fallu en rabattre, tant sont nombreux ces bleus \u00e0 l\u2019\u00e2me pour lesquels il est vain d\u2019invoquer une \u00e9tiologie organique traitable par les voies du corps&nbsp;: d\u2019o\u00f9 l\u2019\u00e9largissement du champ et la cr\u00e9ation d\u2019un nouveau vocable, \u201cpsychoth\u00e9rapie\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>On aurait pu, remarquons-le, choisir un autre terme. Pourquoi pas, pour indiquer qu\u2019il s\u2019agit de donner un meilleur cours aux choses, \u201cpsychop\u00e9die\u201d (mais le terme est pris pour d\u00e9signer de bonnes pratiques \u00e9ducatives), ou bien \u201cpsychagogie\u201d (au risque de rappeler Charon, le passeur d\u2019\u00e2mes vers les Enfers &#8211; d\u2019ailleurs le terme a \u00e9t\u00e9 pris, lui aussi, pour d\u00e9signer une pratique particuli\u00e8re propos\u00e9e par Charles Beaudouin), ou bien encore \u201corthopsychie\u201d ou m\u00eame \u201caide spirituelle\u201d (mais c\u2019est alors le pr\u00eatre qui va protester), voire \u201ccure d\u2019\u00e2me\u201d, comme disait Schreber (qui, lui, ne protesterait pas), etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains de ces termes peuvent sembler barbares, mais c\u2019est le cas de tous les n\u00e9ologismes avant qu\u2019on s\u2019y habitue. Tous impliquent, en de\u00e7\u00e0 des pratiques, une th\u00e9orisation, m\u00eame implicite et floue. Aucun n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 absurde, mais on voit bien qu\u2019alors les pratiques en cause se seraient moins \u00e9videmment inscrites dans le champ des d\u00e9marches m\u00e9dicales que sous le signe du terme qui a pr\u00e9valu, \u201cpsychoth\u00e9rapie\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Si cependant il a fallu cr\u00e9er un terme nouveau, c\u2019est que d\u2019embl\u00e9e il n\u2019y avait pas co\u00efncidence entre l\u2019art du psychiatre et celui du psychoth\u00e9rapeute&nbsp;: les psychoth\u00e9rapies se sont propos\u00e9es au psychiatre mais offertes aussi \u00e0 d\u2019autres, fussent-ils non m\u00e9decins. Ceci peut sembler \u00e9vident aujourd\u2019hui, mais ne l\u2019a pas toujours \u00e9t\u00e9. La psychanalyse, presque depuis sa cr\u00e9ation par Freud, a oscill\u00e9 entre admettre des non-m\u00e9decins \u00e0 la pratique et les exclure. Freud, lui, \u00e9tait tr\u00e8s nettement favorable \u00e0 leur admission, soutenant que la psychanalyse n\u2019est pas en tant que telle une sp\u00e9cialit\u00e9 m\u00e9dicale. C\u2019est pour d\u00e9fendre contre l\u2019accusation d\u2019exercice ill\u00e9gal de la m\u00e9decine un non-m\u00e9decin, Reik, qu\u2019il a \u00e9crit, en 1926 <em>La question de l\u2019analyse profane<\/em>. Pourtant, certaines soci\u00e9t\u00e9s analytiques, notamment la puissante Association Am\u00e9ricaine, se sont longtemps oppos\u00e9es \u00e0 l\u2019admission des non-m\u00e9decins.<\/p>\n\n\n\n<p>En France, la Soci\u00e9t\u00e9 Psychanalytique de Paris se cr\u00e9e cette m\u00eame ann\u00e9e 1926 comme soci\u00e9t\u00e9 s\u2019affirmant m\u00e9dicale, m\u00eame si parmi les sept fondateurs figurent deux non-m\u00e9decins (Marie Bonaparte et Eug\u00e9nie Sokonicka). Plus tard, comme on le sait, l\u2019une des raisons du divorce entre Lacan et Nacht, et de l\u2019\u00e9clatement de la SPP, a \u00e9t\u00e9 cette question de l\u2019 \u201canalyse la\u00efque\u201d, venant surcharger leurs divergences sur la pratique et la formation&nbsp;: \u00e0 Nacht, ferme partisan d\u2019une analyse comme pratique m\u00e9dicale \u00e0 vis\u00e9e curative (mais \u00e9ventuellement ouverte sous surveillance \u00e0 des non-m\u00e9decins), s\u2019opposait, non sans ambigu\u00eft\u00e9s, Lacan, pour qui il s\u2019agissait surtout d\u2019une exp\u00e9rience int\u00e9rieure, la gu\u00e9rison survenant \u00e9ventuellement \u201cde surcro\u00eet\u201d. Les choses ont beaucoup chang\u00e9 depuis&nbsp;: la SPP compte aujourd\u2019hui \u00e0 peu pr\u00e8s autant de non-m\u00e9decins que de m\u00e9decins.<\/p>\n\n\n\n<p>La psychanalyse est-elle une psychoth\u00e9rapie&nbsp;? Si par ce terme on d\u00e9signe tout ce qui vise \u00e0 am\u00e9liorer le fonctionnement psychique, il est \u00e9vident que oui. Pourtant on en discute, pas toujours avec clart\u00e9. En effet, les cartes sont brouill\u00e9es par l\u2019habitude contestable des psychanalystes de r\u00e9server le terme \u201cpsychoth\u00e9rapie\u201d \u00e0 un travail en face \u00e0 face. En quoi serait-ce plus \u201cpsychoth\u00e9rapique\u201d que la cure dite \u201cde divan\u201d, ou encore \u201cclassique\u201d&nbsp;? Bien s\u00fbr, les m\u00eames habitudes portent \u00e0 dire qu\u2019est plus \u201cpsychoth\u00e9rapique\u201d ce qui est plus \u201cau niveau du moi\u201d, action \u201cde soutien\u201d, etc., que ce qui va \u201cplus profond\u201d&nbsp;; mais il est clair qu\u2019alors le malentendu s\u2019installe \u00e0 glisser d\u2019un sens large du terme, qui inclut l\u2019analyse \u201cde divan\u201d, \u00e0 un sens restreint, qui l\u2019exclut.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces temps derniers, les discussions autour de l\u2019\u201camendement Accoyer\u201d, qui a pris finalement force de loi comme \u201carticle 52\u201d, ont donn\u00e9 \u00e0 la controverse une dimension quelque peu clochemerlesque&nbsp;: ce n\u2019est plus alors pour des raisons th\u00e9orico-pratiques que les psychanalystes se demandent s\u2019ils sont psychoth\u00e9rapeutes, mais simplement pour savoir s\u2019ils vont choisir de relever de cette loi ou non\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Clochemerlesque&nbsp;? Pas tellement, car on en arrive aux questions s\u00e9rieuses. Je le redirai ici vigoureusement&nbsp;: il est bon que la profession de psychoth\u00e9rapeute soit r\u00e9glement\u00e9e, et que n\u2019importe qui ne puisse plus se parer sans contr\u00f4le de ce titre. On n\u2019a que trop vu les d\u00e9sastreux effets de certaines pratiques aberrantes. Mais, d\u00e8s l\u2019instant o\u00f9 cette profession est r\u00e9glement\u00e9e, qui aura l\u00e9galement le droit de l\u2019exercer, et quelles pratiques seront ainsi d\u00e9clar\u00e9es l\u00e9gitimes autant que l\u00e9gales&nbsp;? On voit actuellement se presser en rangs serr\u00e9s les candidats \u00e0 l\u2019inscription dans une association, une soci\u00e9t\u00e9, un groupement, etc., qui prend grand soin de mentionner le terme \u201cpsychoth\u00e9rapie\u201d dans son intitul\u00e9 et ses buts associatifs\u2026 ceci pour l\u2019instant bien s\u00fbr sans contr\u00f4le. Il va de soi que toutes ces associations ne seront pas reconnues comme conf\u00e9rant \u00e0 leurs membres le titre de psychoth\u00e9rapeute au sens de l\u2019article 52, suppos\u00e9 mettre de l\u2019ordre dans tout cela. Je dis \u201csuppos\u00e9\u201d car, comme on l\u2019a tr\u00e8s vite soulign\u00e9, la r\u00e9daction en est rien moins que claire, et ouvre de beaux jours pour des d\u00e9crets d\u2019application qui auront grand m\u00e9rite, s\u2019ils y parviennent, \u00e0 clarifier les choses.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enjeu est d\u2019importance. Car -c\u2019\u00e9tait tout le but des variations linguistiques qui pr\u00e9c\u00e8dent- tous ceux qui s\u2019occupent de l\u2019esprit, de l\u2019\u00e2me, du psychisme, du \u201cmental\u201d, etc., et pr\u00e9tendent lui faire du bien, vont crier -crient d\u00e9j\u00e0- qu\u2019ils sont les meilleurs psychoth\u00e9rapeutes du monde, voire les seuls dignes de ce titre&nbsp;: qui peut crier plus fort alors que, par exemple, les t\u00e9moins de Jehovah&nbsp;? Le l\u00e9gislateur n\u2019est pas na\u00eff, il sait bien qu\u2019il va lui falloir \u00e9carter les sectes. Ce ne sera pas facile, tant sont floues les limites.<\/p>\n\n\n\n<p>Hom\u00e8re raconte qu\u2019Ulysse, passant par le d\u00e9troit de Messine, avait du \u00e9viter deux terribles dangers, deux monstres bien connus des navigateurs&nbsp;: il fallait \u00e9viter Charybde, un tourbillon qui engloutissait les bateaux assez imprudents pour s\u2019en approcher\u2026 mais ne pas trop s\u2019en \u00e9loigner, car on allait alors se fracasser, en face, sur le rocher Scylla.<br>Il nous faut maintenant nous \u00e9carter du tourbillon Charybde o\u00f9 n\u2019importe qui peut faire n\u2019importe quoi, n\u2019importe comment, avec n\u2019importe qui, en baptisant cela \u201cpsychoth\u00e9rapie\u201d,\u2026 mais prendre garde de ne pas aller nous fracasser sur le rocher Scylla de r\u00e9glementations et de contr\u00f4les qui tueraient leur objet. On en a vu des exemples en tel o\u00f9 tel pays o\u00f9 il a sembl\u00e9 bon pour le peuple que l\u2019analyse soit int\u00e9gralement rembours\u00e9e par le syst\u00e8me de sant\u00e9, pourvu qu\u2019elle ne dure pas plus de cent s\u00e9ances, et que les progr\u00e8s en soient p\u00e9riodiquement v\u00e9rifi\u00e9s par un m\u00e9decin contr\u00f4leur (pas forc\u00e9ment comp\u00e9tent).<br>Parviendrons nous \u00e0 \u00e9viter ce double danger&nbsp;? Je l\u2019esp\u00e8re&nbsp;; apr\u00e8s tout, Ulysse est bien rentr\u00e9 chez lui\u2026<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10066?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsqu\u2019on m\u2019a demand\u00e9 mon \u201cpoint de vue sur la condition actuelle d\u2019exercice de la psychoth\u00e9rapie\u201d, j\u2019ai, sensible \u00e0 cet honneur, accept\u00e9. Puis, sensible \u00e0 la difficult\u00e9 d\u2019un tel propos, j\u2019ai h\u00e9sit\u00e9. 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