{"id":10026,"date":"2021-08-22T07:31:09","date_gmt":"2021-08-22T05:31:09","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/le-travail-sur-les-liens-et-louverture-psychotherapeutique-dans-un-hopital-de-jour-pour-adolescents-2\/"},"modified":"2021-09-23T11:38:08","modified_gmt":"2021-09-23T09:38:08","slug":"le-travail-sur-les-liens-et-louverture-psychotherapeutique-dans-un-hopital-de-jour-pour-adolescents","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/le-travail-sur-les-liens-et-louverture-psychotherapeutique-dans-un-hopital-de-jour-pour-adolescents\/","title":{"rendered":"Le travail sur les liens et l&rsquo;ouverture psychoth\u00e9rapeutique dans un h\u00f4pital de jour pour adolescents"},"content":{"rendered":"\n<p>Le travail dans une institution comme l\u2019h\u00f4pital de jour du Centre Etienne Marcel rel\u00e8verait du psychodrame s\u2019il permettait le m\u00eame \u00ab&nbsp;jeu&nbsp;\u00bb entre les intervenants, or il engage plus profond\u00e9ment chacun dans une mosa\u00efque de r\u00e9ponses qui ne prennent sens qu\u2019apr\u00e8s-coup. Le meneur de jeu est plus souvent l\u2019adolescent qui nous engage dans une \u00ab&nbsp;folie&nbsp;\u00bb v\u00e9cue au quotidien, provoquant clivages et oppositions, dans l\u2019ici et maintenant des v\u00e9cus groupaux. Ces actes et agissements, outre ce qu\u2019ils r\u00e9v\u00e8lent de position phobique ou de peur face \u00e0 leurs angoisses d\u2019an\u00e9antissement ou d\u2019intrusion, sont aussi induits par nos patients. Seul le d\u00e9pliement par les r\u00e9cits et la parole multiple transforme sur une sc\u00e8ne d\u00e9cal\u00e9e, hors l\u2019acte, lors des synth\u00e8ses (toujours menac\u00e9es d\u2019\u00eatre des agirs de parole violents, d\u00e8s lors que nous laissons trop la place \u00e0 des enjeux sans \u00e9laboration).<\/p>\n\n\n\n<p>Ce c\u00f4toiement r\u00e9gulier et cette \u00e9coute am\u00e8nent \u00e0 rep\u00e9rer dans les positions engag\u00e9es, dans la dynamique du processus groupal prise dans le chaos de la r\u00e9alit\u00e9, un mouvement psychique sp\u00e9cifique, un v\u00e9cu qui d\u00e8s lors qu\u2019il est saisi dans ce travail de d\u00e9gagement, de lutte contre les n\u00e9gativit\u00e9s qui enlisent la symbolisation, figure un mouvement \u00e0 valeur contre-transf\u00e9rentiel, interpr\u00e9tation dont l\u2019effet vise ce travail psychique \u00e0 plusieurs intervenants non verbalis\u00e9 \u00e0 l\u2019adolescent directement. Mais souvent la surprise vient des changements qui suivent, sans que rien ne soit dit hors cet espace de r\u00e9union&nbsp;: r\u00e9am\u00e9nagement des enjeux psychiques, travail de mise en r\u00e9cit, d\u00e9sengluement de la r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle pour une r\u00e9alit\u00e9 psychique. Cependant, c\u2019est d\u2019endurer qu\u2019il s\u2019agit le plus souvent, sans trop se sentir bless\u00e9 de telle fa\u00e7on que chacun poursuivre son travail sans se laisser d\u00e9bord\u00e9 par les mouvements n\u00e9gatifs.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est bien s\u00fbr pourquoi l\u2019utilisation de m\u00e9diations est au c\u0153ur de la pratique du Centre Etienne Marcel, pour que notre rencontre se fasse avec un objet tiers investi dont nous r\u00e9pondons libidinalement aupr\u00e8s des adolescents. Il est souvent passionnant de voir comment dans des mouvements de prise et d\u00e9prise, les adolescents utilisant au mieux ce cadre, s\u2019approprient ces formes symboliques, les quittent pour les remettre en jeu ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour entendre ce d\u00e9pliement de parcours singulier, m\u00e9diation apr\u00e8s m\u00e9diation, et parce que le psychodrame a \u00e9t\u00e9 choisi en second temps comme objet de r\u00e9flexion, nous avons pris le parti de parler de ces patients qui nous mettent en difficult\u00e9 sans jamais pouvoir inscrire ni d\u00e9plier leurs mouvements, pour qui le traitement en h\u00f4pital de jour ou en tout cas ce type de traitement est n\u00e9cessaire, si l\u2019on veut avoir une chance d\u2019aider \u00e0 des transformations permettant un abord plus directement psychoth\u00e9rapique. Ces patients attaquent et d\u00e9truisent, mettent \u00e0 mal les espaces de rencontre sans pouvoir s\u2019en emparer, usant notre r\u00e9sistance et faisant travailler l\u2019espace institutionnel tout entier, transversalement, sans donner prise apparente \u00e0 aucun mouvement d\u2019investissement car il y aurait trop de risques encourus. Ces patients difficiles ont des blessures narcissiques profondes et des postures omnipotentes explosant la relation, r\u00e9sistant \u00e0 tout sentiment de confiance et de dur\u00e9e. Ils ont peur de l\u2019intrusion et nous font beaucoup travailler tout en semblant rendre caduques les am\u00e9nagements et les m\u00e9diations propos\u00e9s \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de jour. Il s\u2019agit ici de rendre compte d\u2019une histoire singuli\u00e8re, dans un dispositif en mosa\u00efque d\u2019investissements que l\u2019on voudrait m\u00e9diateurs seuls capables de fragmentations et d\u2019am\u00e9nagements r\u00e9gulateurs en prise et d\u00e9prise, en vue de possibles modifications \u00e9conomiques. Sorte de buissonnement qui tente de restaurer de petites quantit\u00e9s l\u00e0 o\u00f9 r\u00e8gne la politique de la terre br\u00fbl\u00e9e et de la peur de tout investissement libidinal. Mais ce dispositif, ces investissements fragment\u00e9s, le jeu de prise et de d\u00e9prise est toujours en danger.<\/p>\n\n\n\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric ne pouvait que faire \u00e9clater le dispositif. Tout br\u00fblait sur son passage, mais lui s\u2019accrochait sur le dos d\u2019un jeune \u00e9ducateur fra\u00eechement dipl\u00f4m\u00e9 avec qui il pouvait partager sa passion pour les jeux vid\u00e9os. Fr\u00e9d\u00e9ric souffrait et faisait souffrir. Il attaquait parce qu\u2019il se sentait attaqu\u00e9, jouant tout de m\u00eame de ses capacit\u00e9s projectives pour faire \u00e9prouver l\u2019horreur de sa souffrance narcissique, en ab\u00eeme, l\u2019amenant \u00e0 un contr\u00f4le omnipotent, sans que nous puissions \u00eatre apaisants. Toute la zone d\u2019\u00e9change avec lui \u00e9tait irradi\u00e9e d\u2019intrusion, de peur de la p\u00e9n\u00e9tration dans ses pens\u00e9es, de crainte d\u2019emprise et amenait \u00e0 une violence r\u00e9active demandant beaucoup d\u2019identification \u00e0 sa blessure pour ne pas \u00eatre violent soi-m\u00eame, ce qu\u2019il ne cessait de provoquer. Beaucoup d\u2019espaces potentiels \u00e9taient ainsi ferm\u00e9s car il provoquait trop l\u2019ensemble du groupe et la col\u00e8re des adultes. De plus dans les moments de malaise d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9, toute proposition d\u2019approche, tout mot pour communiquer, \u00e9taient v\u00e9cus comme effractions et donc l\u2019amenaient \u00e0 une r\u00e9action haineuse o\u00f9 il envoyait tout promener.<\/p>\n\n\n\n<p>Extr\u00eamement sec, nerveux, tendu, un regard scrutateur et intelligent, un visage toujours crisp\u00e9 et douloureux. Le moindre mot, oubli, ou attente le pers\u00e9cutait. Il ne restait pas plus de quelques minutes, car il ne trouvait pas sa place. Cependant, dans ses moments de d\u00e9tresse, il se retirait seul sous son anorak dans une pi\u00e8ce sans rompre avec nous, essayant d\u2019une certaine fa\u00e7on de ne pas mettre trop en danger le lien institu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans nos relations, si les choses n\u2019\u00e9taient ni s\u00e9ductrices ni trop proches, l\u2019allusion \u00e0 ce qu\u2019il a d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 ou simplement l\u00e2ch\u00e9 tout \u00e0 trac -dans un mouvement de m\u00e9moire et de non oubli- le renarcissisait. Mais il \u00e9tait difficile \u00e0 capter car d\u00e9cal\u00e9 et paradoxal, loin encore de l\u2019humour qu\u2019il d\u00e9ploiera ult\u00e9rieurement et dont il usera -et abusera certainement- en se rendant parfaitement compte de cette s\u00e9duction ult\u00e9rieure (gare alors de ne pas trop en faire). Tout en continuant ce travail d\u2019accueil et de reconnaissance n\u00e9cessaire pour qu\u2019il ne se sente pas totalement rejet\u00e9, abandonn\u00e9, d\u00e9nigr\u00e9, nous avons eu l\u2019impression de lui restituer une intervention \u00e9nigmatique en pens\u00e9e li\u00e9e, comme un jeu de \u00ab&nbsp;traduction&nbsp;\u00bb en \u00e9l\u00e9ments non excitants \u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Le v\u00e9cu projectif fonctionnera rapidement comme seul lien possible pour travailler. Il est peu participant, mais r\u00e9ussit cependant \u00e0 venir se signaler r\u00e9guli\u00e8rement, projetant ses doutes, ses d\u00e9nigrements, ses attaques, utilisant l\u2019adulte comme \u00e9cran, ce qui est moins violent que ce qu\u2019il se servirait \u00e0 lui-m\u00eame dans ce mouvement de projection. Outre cet accrochage, il est comme \u00ab&nbsp;coll\u00e9&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9ducateur par le biais des jeux sur ordinateur. Lui se sent vampiris\u00e9 et ne sait que faire de cette relation ni comment s\u2019en d\u00e9crocher. Il se peut, qu\u2019en partie, le bon accrochage (certainement succinct et toujours \u00ab&nbsp;\u00e0 la vol\u00e9e&nbsp;\u00bb que nous construisons) soit \u00e0 mettre en lien avec ces \u00e9changes permanents autour de lui avec l\u2019\u00e9ducateur, ce qui l\u2019aide \u00e0 supporter une telle charge. Mais, ce travail n\u2019aura pas suffi, puisque cet \u00e9ducateur a finalement d\u00e9cid\u00e9 de ne pas poursuivre dans notre \u00e9quipe\u2026 et cela reste dans une lecture toujours subjective, en rapport avec cette exp\u00e9rience. Nous \u00e9voquons ce mouvement brutal pour pr\u00e9ciser qu\u2019apr\u00e8s coup, dans la haine de faire face \u00e0 cet abandon, il y a l\u2019impossibilit\u00e9 de nous diff\u00e9rencier et la \u00ab&nbsp;haine en son principe&nbsp;\u00bb comme dirait F. Gantheret, d\u2019avoir laiss\u00e9 dispara\u00eetre son objet support, collage \u00e0 un double d\u00e9cevant mais surtout qu\u2019il a eu la sensation d\u2019avoir d\u00e9truit.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019\u00e9nerve et en tapant dans la table dit \u00e0 l\u2019un d\u2019entre nous qu\u2019il vaut mieux qu\u2019il ne vienne pas, car il porte la poisse. En fait, il fait partager le fantasme qu\u2019il a cass\u00e9 l\u2019\u00e9ducateur. Celui-ci a craqu\u00e9 comme tous les objets qu\u2019il investit. Il est tr\u00e8s haineux, mais peut l\u2019\u00e9voquer en gesticulant. La \u00ab&nbsp;th\u00e9rapeute&nbsp;\u00bb supporte l\u2019orage, consciente de sa douleur et du risque d\u2019effondrement (au sens winnicottien). Le fantasme est qu\u2019il casse tous ceux qu\u2019il investit, c\u2019est une fatalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019emprise dont il a fait preuve nous a fait penser au conte de Sindbad, dans <em>Les mille et une nuits<\/em> o\u00f9 le vieillard s\u2019accroche au dos de Sindbad et ne lui laisse plus jamais de r\u00e9pit jusqu\u2019\u00e0 la ruse de ce dernier qui le saoule pour desserrer l\u2019emprise de ses jambes et s\u2019en d\u00e9faire, sinon l\u2019\u00e9treinte n\u2019e\u00fbt jamais cess\u00e9. \u00ab&nbsp;Repr\u00e9sentez-vous, Messeigneurs, la peine que j\u2019avais de me voir charg\u00e9 de ce fardeau sans pouvoir m\u2019en d\u00e9faire&nbsp;\u00bb. Cette image est apparue en \u00e9coutant le m\u00e9decin consultant de Fr\u00e9d\u00e9ric retracer son parcours. Elle \u00e9voqua que, petit gar\u00e7on, il ne laissait aucun r\u00e9pit \u00e0 sa m\u00e8re qui \u00e9tait occup\u00e9e par lui sans rel\u00e2che, qu\u2019il \u00e9tait un enfant inconsolable et qu\u2019elle avait du cesser son travail&nbsp;! Au fond, nous reconstruisions leur histoire, avec les v\u00e9cus du pr\u00e9sent. Dans cette emprise, Fr\u00e9d\u00e9ric fait l\u2019exp\u00e9rience d\u2019une perte, d\u2019un \u00e9chec de sa volont\u00e9 omnipotente d\u2019emprise sur l\u2019objet. C\u2019est la r\u00e9p\u00e9tition d\u2019une catastrophe d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cue (un \u00e9ducateur, un m\u00e9decin\u2026) et avant, la catastrophe de l\u2019origine.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour lui notre absence de fiabilit\u00e9 est telle qu\u2019il va d\u00e8s lors dispara\u00eetre, puis le peu qu\u2019il sera l\u00e0, s\u2019installer r\u00e9gressivement dans un autre groupe o\u00f9 l\u00e0 il s\u2019adosse aux \u00e9ducateurs non d\u00e9truits, eux&nbsp;! Et nous ne pouvons que passer dans les temps o\u00f9 il est suppos\u00e9 \u00eatre dans une activit\u00e9 pour lui montrer que nous ne l\u2019oublions pas. Nous discutons de ce qu\u2019il fait, malgr\u00e9 son inscription avec les \u00e9ducateurs r\u00e9f\u00e9rents de ce groupe, de ce qu\u2019il accepte, les limites \u00e0 poser, afin de ne pas l\u2019abandonner, l\u2019oublier une nouvelle fois. Il regarde intens\u00e9ment, muet, dans ses jeux, entour\u00e9 de ces adolescents plus r\u00e9gress\u00e9s \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui en m\u00eame temps que nous lui montrons notre impuissance. Il supporte ainsi la catastrophe r\u00e9p\u00e9t\u00e9e en nous d\u00e9sinvestissant, mais nous pensons que \u00e7a compte d\u2019avoir tenu cet \u00e9change.<\/p>\n\n\n\n<p>Peu \u00e0 peu, il cherche querelle avec un autre adolescent \u00e0 la position de <em>leader<\/em> et les choses se compliquent. Il s\u2019\u00e9rige \u00e0 nouveau et cesse de se \u00ab&nbsp;terrer&nbsp;\u00bb mais l\u2019alternance entre \u00e9rection phallique et d\u00e9fection, hyper-tonicit\u00e9 et laxit\u00e9 musculaire est chez lui impressionnante. Quelque temps apr\u00e8s que l\u2019\u00e9ducateur soit parti, un \u00e9change de cadeau va avoir lieu par tirage au sort. Il ne peut qu\u2019\u00eatre d\u00e9\u00e7u, de toute fa\u00e7on, et il casse dans le foyer. L\u2019arbre de No\u00ebl est au sol, il l\u2019a saccag\u00e9. L\u2019ensemble de l\u2019\u00e9quipe est en col\u00e8re. Cependant certains sont inquiets. Le lendemain, toute l\u2019Institution d\u00e9jeune ensemble avant la s\u00e9paration de No\u00ebl et il va litt\u00e9ralement s\u2019effondrer, se liqu\u00e9fier. Nous ne le trouverons que plus tard et tol\u00e9rons de le laisser l\u00e0 jusqu\u2019au d\u00e9part. Il s\u2019est install\u00e9 derri\u00e8re la porte et est \u00ab&nbsp;r\u00e9pandu&nbsp;\u00bb sur le sol, endormi, comme totalement chu d\u00e8s lors qu\u2019il ne peut plus \u00eatre port\u00e9 par son Sindbad. Nous lui parlons de la s\u00e9paration de No\u00ebl et il fait partager l\u2019impression d\u2019\u00eatre laiss\u00e9 tomb\u00e9, ce sont les vacances. Il est suffisamment apais\u00e9 et serre les mains. A l\u2019emprise succ\u00e8de une v\u00e9ritable catastrophe dans un registre quasi musculaire de mollesse et d\u2019abandon comme un SDF qui a tout perdu. Apr\u00e8s l\u2019installation dans l\u2019autre groupe, il va finir par s\u2019absenter beaucoup et nous le garderons inscrit malgr\u00e9 tout. Il semble important que nous ayons pu le penser pr\u00e9sent malgr\u00e9 cette \u00ab&nbsp;rupture&nbsp;\u00bb, s\u00fbrement parce qu\u2019il imposait que nous supportions sa disparition sans le perdre.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est temps de donner quelques \u00e9l\u00e9ments succincts sur l\u2019histoire de Fr\u00e9d\u00e9ric et ses relations familiales. Comme chacun l\u2019aura devin\u00e9 la vie du jeune adolescent que nous avons re\u00e7u \u00e9tait faite de relations chaotiques \u00e9maill\u00e9es de ruptures et d\u2019\u00e9checs successifs tant sur le plan scolaire que dans les relations psychoth\u00e9rapiques avort\u00e9es. Le dernier \u00e9tablissement fr\u00e9quent\u00e9 \u00e9tait un internat dont il avait \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9. Cadet de deux fr\u00e8res, il restait enferm\u00e9 dans ses jeux vid\u00e9o dans sa chambre qui \u00e9tait d\u00e9crite comme un lieu souvent d\u00e9vast\u00e9 dans ses col\u00e8res conflictuelles avec ses parents et surtout sa m\u00e8re. Les deux parents ont chacun connu une histoire d\u2019enfant douloureuse dont ils ont essay\u00e9 de se d\u00e9gager comme ils ont pu. Le couple gardait une relation importante \u00e0 la grand-m\u00e8re maternelle veuve d\u00e9munie d\u2019un mari alcoolique violent. La m\u00e8re a \u00e9t\u00e9 suivie pour un long \u00e9pisode d\u00e9pressif accentu\u00e9 par les difficult\u00e9s du jeune Fr\u00e9d\u00e9ric b\u00e9b\u00e9 inconsolable qu\u2019elle \u00e9l\u00e8vera elle-m\u00eame en quittant son travail.<\/p>\n\n\n\n<p>Rapidement une relation tr\u00e8s \u00e9troite et conflictuelle s\u2019installera entre m\u00e8re et fils marginalisant le p\u00e8re qui s\u2019occupera plut\u00f4t de son fils a\u00een\u00e9. Il faudrait d\u00e9crire en d\u00e9tail l\u2019aspect devenu tr\u00e8s excitant des \u00e9changes m\u00e8re\/fils de plus en plus violents et intrusifs donnant \u00e0 penser une relation r\u00e9gressive et incestuelle avec l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019adolescence, mais aussi une violence mutuelle qui semblait avoir une valeur anti-d\u00e9pressive pour le fils comme pour sa m\u00e8re. Pendant longtemps nous ne pourrons voir les parents qu\u2019en urgence et dans le d\u00e9bordement des violences subies ou agies nous laissant, nous comme le p\u00e8re, en position de spectateurs se sentant impuissants. Ce n\u2019est qu\u2019en acceptant d\u2019\u00eatre longtemps le r\u00e9ceptacle de tous les dangers qu\u2019ils nous \u00e9num\u00e9raient non sans raison que les \u00e9changes sont devenus un peu plus maniables. Pour les premi\u00e8res vacances d\u2019\u00e9t\u00e9 qui s\u2019annon\u00e7aient des plus difficiles, les deux parents ont envisag\u00e9 de partir tous les deux chez la grand-m\u00e8re en acceptant de laisser les deux fr\u00e8res seuls. A leur grand \u00e9tonnement, ce fut heureux pour tous. En revanche, comme nous l\u2019avions craint, quelques jours plus tard, la m\u00e8re montra une d\u00e9pression importante qui n\u00e9cessita un traitement m\u00e9dicamenteux ambulatoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous en \u00e9tions l\u00e0 des rencontres avec les parents, Fr\u00e9d\u00e9ric fr\u00e9quentant rarement la consultation, quand il se replia dans sa chambre avec son ordinateur rompant avec nous. Apr\u00e8s plusieurs semaines de contact apparemment infructueux, nous e\u00fbmes l\u2019id\u00e9e de proposer de rencontrer les deux fr\u00e8res pensant que cela rassurerait Fr\u00e9d\u00e9ric. Il pu alors venir nous d\u00e9crire sa d\u00e9tresse, son d\u00e9couragement quand \u00e0 son avenir sans espoir mais revenir \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de jour. Quand il revient nous reprenons le fil avec lui. Exp\u00e9rience \u00e9trange car c\u2019est comme si tout avait repris comme avant. Mais cette fois il alterne les descentes dans l\u2019autre groupe avec un temps de pr\u00e9sence dans son groupe. Ce qu\u2019il donne \u00e0 vivre est toujours d\u00e9cal\u00e9, car il va sans cesse o\u00f9 il n\u2019est pas inscrit, fuyant bien souvent ses propres activit\u00e9s dans une apparente omnipotence tout en tentant de justifier son absence par notre refus de le voir o\u00f9 il ne doit pas \u00eatre. Cependant nous pouvions ressentir la peur de Fr\u00e9d\u00e9ric devant l\u2019\u00e9chec et la transformation qu\u2019il donnait au mouvement avec une r\u00e9ponse omnipotente \u00e0 son angoisse de castration, qui avait le double avantage de peu l\u2019exposer et d\u2019\u00e9viter les investissements massifs et les ruptures. La relation d\u2019emprise reste tr\u00e8s forte chez Fr\u00e9d\u00e9ric. A la fois hors cadre, souvent en d\u00e9calage, jamais vraiment au temps qui est le sien comme pour ne pas \u00eatre enferm\u00e9 ni r\u00e9pondre \u00e0 une contrainte qui aurait valeur de soumission. Du coup, il passe \u00e0 sa guise et il est important de lui rappeler sa transgression tout en le tol\u00e9rant. Il sait prendre sa place d\u2019une mani\u00e8re qui monopolise beaucoup d\u2019attention psychique. Le penser sans pour autant lui pr\u00eater trop d\u2019attention et supporter ses attaques qui sont \u00e0 la mesure de sa peur de d\u00e9cevoir et de ne pas \u00eatre \u00e0 la hauteur.<\/p>\n\n\n\n<p>Il retourne les choses de telle mani\u00e8re que c\u2019est le contenu qui est attaqu\u00e9, et cependant il est sensible au fait qu\u2019on ne l\u2019oublie pas. Si on ne le relance pas, c\u2019est catastrophique, si on le relance\u2026 aussi&nbsp;! Marcher sur des \u0153ufs, mais tenir un cap d\u2019accueil \u00e0 son envie d\u2019\u00eatre aim\u00e9 sans condition ou dans toutes les conditions, d\u00e9faisant sans arr\u00eat pour savoir si \u00e7a r\u00e9siste tout en se d\u00e9prenant d\u00e8s que \u00e7a fonctionne. Difficile d\u2019endurer cette paradoxale emprise.<\/p>\n\n\n\n<p>Vont suivre des moments o\u00f9 il vient r\u00e9guli\u00e8rement au journal et \u00e0 l\u2019atelier d\u2019\u00e9criture qu\u2019anime la m\u00eame th\u00e9rapeute. Il participe d\u2019une mani\u00e8re \u00e9trange. Il dessine des tout petits personnages qu\u2019il laisse tra\u00eener. \u00ab&nbsp;Garde-les, c\u2019est nul&nbsp;\u00bb Bien s\u00fbr, nous les gardons, sans rien dire. Il s\u2019assure \u00e0 chaque d\u00e9but d\u2019atelier que ses travaux sont conserv\u00e9s, sans \u00eatre perdus, mais pas trop investis. Il a un excellent coup de crayon, ne s\u2019y reprend pas et d\u2019un trait donne vie \u00e0 un petit personnage. Ce jeu va durer longtemps sans que rien d\u2019autre ne se passe. Il critique le journal, et les travaux des autres et lorsque nous parvenons \u00e0 la fin du num\u00e9ro, il n\u2019y a toujours pas de couverture. \u00ab&nbsp;Fais quelque chose avec mes dessins&nbsp;!&nbsp;\u00bb T\u00e2che de rassemblement des petites images. Il observe. Dans ce mouvement r\u00e9ussi d\u2019un rassemblement des petits morceaux, il finira par r\u00e9aliser une premi\u00e8re couverture \u00ab&nbsp;un point qui tape une mouche&nbsp;\u00bb. Mais il le d\u00e9chirera. La th\u00e9rapeute le r\u00e9cup\u00e9rera dans la poubelle et froiss\u00e9, en fera quelque chose de correct, avec son autorisation, car nous sommes \u00e0 deux jours de la parution. Il continuera et participera au num\u00e9ro suivant et dessinera d\u2019un trait, d\u2019une tr\u00e8s belle mani\u00e8re une \u00ab&nbsp;porte&nbsp;\u00bb \u00e0 la peinture fra\u00eeche comme les murs de l\u2019\u00e9tablissement qui viennent d\u2019\u00eatre refaits et qu\u2019il a d\u2019ailleurs endommag\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Les mouvements font tout de m\u00eame trace pour lui, sorte de second coup, deuxi\u00e8me temps qui permet un saut dans un registre int\u00e9grateur. C\u2019est le d\u00e9part \u00e0 nouveau d\u2019un adulte, en fin d\u2019ann\u00e9e. Nous faisons un pot et grignotons de bons petits fours, buvant du champagne. Il se tient alors, debout, entre dehors et dedans et provoquant le directeur, finit par entrer, menace du vol d\u2019un plateau de petits fours et intruse l\u2019espace. Mais cette fois il est dans un registre plus construit et provocateur que d\u00e9fait narcissiquement, \u00e0 la limite du jeu et de l\u2019humour. L\u2019interpr\u00e9tation contenante du directeur \u00e0 propos de ces d\u00e9parts r\u00e9p\u00e9t\u00e9s d\u2019adultes investis le rendra plus calme malgr\u00e9 tout, et il sortira, laissant les th\u00e9rapeutes entre eux. Il avait d\u2019ailleurs pris une affiche, trouv\u00e9e avec un \u00e9ducateur, \u00e0 \u00ab&nbsp;sa propre effigie&nbsp;\u00bb personnage tr\u00e8s caricatural qu\u2019il avait install\u00e9 au mur de la salle de synth\u00e8se o\u00f9 avait lieu le pot. Nous l\u2019y avions laiss\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me temps de cette prise en charge concerne l\u2019ouverture de la porte adolescente. Un \u00e9ducateur s\u2019est entre temps laiss\u00e9 investir tout en sachant garder ses distances et deux s\u00e9jours ont eu lieu dans des conditions o\u00f9, encore une fois, le second va s\u00fbrement b\u00e9n\u00e9ficier de ce qui s\u2019est pos\u00e9 lors du premier.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous trouvons ensemble sur ce fond quelques moments paisibles. La restauration de sa relation d\u2019emprise n\u2019emp\u00eache pas une destructivit\u00e9 toujours \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Il attaque ce qu\u2019il a fait ou dit, de crainte de laisser trace, d\u2019\u00eatre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9. Il cherche sans arr\u00eat \u00e0 restaurer une emprise premi\u00e8re mais d\u00e8s qu\u2019elle est r\u00e9par\u00e9e, il la d\u00e9truit, ne supportant pas la constitution d\u2019un bon objet (trop dangereux car soit s\u00e9ducteur, soit en miroir \u00e0 sa capacit\u00e9 d\u2019attaque, c\u2019est-\u00e0-dire abandonnant).<br>Fr\u00e9d\u00e9ric va peu \u00e0 peu \u00e9voquer ce qui le hante. Il y a toujours quelque chose qui \u00e9chappe et qui est pr\u00e9sent&nbsp;: des fant\u00f4mes comme ce dont parle un pr\u00e9sentateur TV&nbsp;: \u00ab&nbsp;c\u2019est vrai. Ils sont l\u00e0&nbsp;\u00bb. Nous pensons \u00e0 l\u2019\u00e9ducateur perdu et \u00e0 ce qui l\u2019envahit \u00e0 ce moment. Il est tr\u00e8s s\u00e9rieux et rien ne nous permet de penser qu\u2019il y a le moindre doute. Il \u00e9voque des pr\u00e9sences qu\u2019il sent. C\u2019est l\u00e0. Il ne faut pas nier. C\u2019est ainsi. Nous ne pouvons le savoir. Mais lui est en lien avec \u00e7a. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne existe vraiment. Pensons au film o\u00f9 un jeune gar\u00e7on entre en contact avec les morts des lieux o\u00f9 il se trouve et qu\u2019on nous montre \u00e0 la fin du film comme un \u00eatre dou\u00e9 d\u2019un don particulier. Ce qui change, c\u2019est le fait qu\u2019il puisse confier que son monde est habit\u00e9 et tr\u00e8s envahissant de telle fa\u00e7on que nous puissions enfin l\u2019\u00e9couter sans trop d\u2019ostentation.<br>Cela reste cependant tr\u00e8s difficile. Il surgit en des moments surprenants et ses mouvements sont toujours tr\u00e8s sid\u00e9rants. Il d\u00e9barque et livre quelque chose sur un ton tr\u00e8s grave. La th\u00e9rapeute investie ne peut rien pour lui. C\u2019est une mal\u00e9diction. Alors reviennent quelquefois des moments d\u2019attaque, \u00e0 mesure que la confiance pourrait se construire. Lui donner quelque chose, ce ne serait rien \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ce qu\u2019il attend. C\u2019est tout ab\u00eem\u00e9, moche, irr\u00e9parable. De plus qui l\u2019investit ne se rend pas compte des risques qu\u2019il encourt&nbsp;! Et pourtant ces moments alternent avec des relations beaucoup plus paisibles d\u00e9sormais. Nous apprenons \u00e0 nos d\u00e9pens que calmer le jeu, \u00eatre l\u00e0 dans ces moments o\u00f9 il est honteux de lui-m\u00eame, c\u2019est l\u2019\u00e9pingler, jouir de son effondrement. \u00ab&nbsp;Tu jouis de me voir d\u00e9fait&nbsp;\u00bb triomphe de sa d\u00e9fection. Tout est alors apparemment gomm\u00e9 et il est difficile de faire tiers. Il donne \u00e0 ressentir un sentiment d\u2019abus, de g\u00eane \u00e0 faire respecter le cadre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa douleur&nbsp;: nous le comprendrons comme une fa\u00e7on de nous ma\u00eetriser pour nous neutraliser. Son \u00ab&nbsp;arrogance&nbsp;\u00bb, ce retournement de la position de d\u00e9fection honteuse en fiert\u00e9 \u00e9rig\u00e9e, Fr\u00e9d\u00e9ric le fait vivre \u00e0 diff\u00e9rents moments. Il renvoie \u00e0 la honte d\u2019\u00eatre ce que nous sommes, de dire ou de penser ce que nous pensons&nbsp;: projections de son moi d\u00e9pendant. C\u2019est dans ce mouvement qu\u2019il va amener une repr\u00e9sentation de lui-m\u00eame, les rats, repr\u00e9sentation d\u2019un \u00eatre vivant dans les sous-sols, plus particuli\u00e8rement dans les visc\u00e8res, au travers d\u2019une BD, <em>Faces de rat<\/em>, survivant des chairs en d\u00e9composition de corps putride, mais transform\u00e9 humoristiquement en habitation du \u00ab&nbsp;g\u00e9nie&nbsp;\u00bb m\u00eame de la cr\u00e9ation &#8211; l\u00e0 r\u00e9side son regard fier et scrutateur. Parall\u00e8lement, cette position fragile et \u00e9rig\u00e9e conduit \u00e0 une modification dans l\u2019\u00e9conomie de Fr\u00e9d\u00e9ric que s\u2019il s\u2019ouvre avec autant de pr\u00e9cautions aux adultes, pourra adopter une position bien diff\u00e9rente avec les autres adolescents et surtout les jeunes filles que jusque l\u00e0 il ne pouvait pas approcher. Sa position phallique est fragile mais lui donne une assurance suffisante pour exprimer avec beaucoup de pudeur et de discr\u00e9tion ses sentiments \u00e0 une adolescente qui l\u2019a approch\u00e9 patiemment. Il parade alors et ses r\u00e9ponses aux adultes sont faites de provocations qui en r\u00e9alit\u00e9 sont adress\u00e9es aux adolescents t\u00e9moins de sa bravoure.<br>Il nous appara\u00eet beaucoup plus d\u00e9li\u00e9 qu\u2019auparavant et le rapport de prise et de d\u00e9prise relationnelle que nous avons d\u00e9crit est moins aigu. Il vient r\u00e9guli\u00e8rement et avec un int\u00e9r\u00eat plus tangible. Il suit \u00ab&nbsp;de c\u00f4t\u00e9&nbsp;\u00bb, comme si de rien n\u2019\u00e9tait, mais n\u2019en perd pas une miette. Le travail mi-litt\u00e9raire, mi-philosophique le \u00ab&nbsp;passionne&nbsp;\u00bb. Il intervient, pousse la dialectique jusqu\u2019\u00e0 son aporie, s\u2019exerce \u00e0 penser&nbsp;; les r\u00e9ponses des autres ados, les contradictions sont v\u00e9cues sur un mode plus ouvert et non blessant, ce qui est tr\u00e8s important.<br>Ce long travail sur le lien a permis \u00e0 Fr\u00e9d\u00e9ric de sortir d\u2019une position massive de retrait pour nous donner \u00e0 voir une pluralit\u00e9 de ses positions et de ses possibilit\u00e9s. La partie n\u2019est pas du tout gagn\u00e9e, loin de l\u00e0. Cependant les \u00e9changes sur lesquels il s\u2019appuie lui donne des ouvertures potentielles et une autre distribution de son \u00e9conomie narcissique dont on sait l\u2019importance \u00e0 l\u2019adolescence, les mouvements objectaux et narcissiques s\u2019\u00e9tayant l\u2019un l\u2019autre. L\u2019opposition phallique\/ch\u00e2tr\u00e9 donne chez Fr\u00e9d\u00e9ric une tournure dramatique \u00e0 l\u2019angoisse de castration. Aussi la d\u00e9fense par l\u2019agir n\u2019est jamais loin, et les nouvelles possibilit\u00e9s de ce jeune homme restent fragiles. Pour reprendre l\u2019image du psychodrame du d\u00e9but de ce texte, nous avons pu construire avec tact un jeu o\u00f9 Fr\u00e9d\u00e9ric nous montre son th\u00e9\u00e2tre int\u00e9rieur&nbsp;: esp\u00e9rons que les tours et les d\u00e9tours des intrigues ne se termineront pas dans la tyrannie de l\u2019omnipotence.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10026?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le travail dans une institution comme l\u2019h\u00f4pital de jour du Centre Etienne Marcel rel\u00e8verait du psychodrame s\u2019il permettait le m\u00eame \u00ab&nbsp;jeu&nbsp;\u00bb entre les intervenants, or il engage plus profond\u00e9ment chacun dans une mosa\u00efque de r\u00e9ponses qui ne prennent sens qu\u2019apr\u00e8s-coup&#8230;.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1217,1225,1214],"thematique":[217],"auteur":[1700,1701],"dossier":[938],"mode":[60],"revue":[939],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-10026","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-adolescence","rubrique-dispositif","rubrique-psychanalyse","thematique-psychotherapie","auteur-beatrice-ang","auteur-yves-manela","dossier-psychotherapies-a-ladolescence","mode-payant","revue-939","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10026","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10026"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10026\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15119,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10026\/revisions\/15119"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10026"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10026"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10026"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10026"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10026"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10026"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10026"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10026"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10026"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}