{"id":10020,"date":"2021-08-22T07:31:09","date_gmt":"2021-08-22T05:31:09","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/lecole-de-paris-bref-historique-2\/"},"modified":"2021-09-20T01:02:45","modified_gmt":"2021-09-19T23:02:45","slug":"lecole-de-paris-bref-historique","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/lecole-de-paris-bref-historique\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Ecole de Paris : bref historique"},"content":{"rendered":"\n<p>Le terme d\u2019<em>\u00c9cole de Paris<\/em> d\u00e9signe tant un courant th\u00e9orique, m\u00e9thodologique et prax\u00e9ologique, qu\u2019un groupe d\u2019universitaires, enseignants-chercheurs et psychologues cliniciens qui se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 la m\u00e9thode d\u2019analyse et d\u2019interpr\u00e9tation psychanalytique du Rorschach et des m\u00e9thodes projectives, et au-del\u00e0 du bilan psychologique dans son int\u00e9gralit\u00e9 (Emmanuelli, 2004). \u00c0 notre connaissance, le terme apparait pour la 1<sup>\u00e8re<\/sup> fois lors du XIII<sup>\u00e8me<\/sup> Congr\u00e8s International du Rorschach et des M\u00e9thodes Projectives qui s\u2019est tenu \u00e0 Paris en 1990, et ce sous la plume de C. Chabert rendant hommage \u00e0 N. Rausch de Traubenberg, la fondatrice de ladite \u00e9cole. C. Chabert prenait ainsi acte du fait qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tranger on emploie le terme de <em>Parisian school<\/em> pour diff\u00e9rencier ce courant tant de l\u2019\u00e9cole ph\u00e9nom\u00e9no-structurale, repr\u00e9sent\u00e9e aujourd\u2019hui par J-M Barth\u00e9l\u00e9my et M. Wawrzyniak, \u00e0 la suite de F. Minkowska, que de l\u2019approche psychanalytique suisse repr\u00e9sent\u00e9e par C. Merceron, F. Rossel et O. Husain, ou encore de l\u2019approche Exn\u00e9rienne (perceptivo-cognitive) introduite en France par A. Sanglade-Andronikof. Mais si le \u00ab&nbsp;noyau dur&nbsp;\u00bb de l\u2019<em>\u00c9cole de Paris<\/em> est situ\u00e9 \u00e0 Paris m\u00eame, celle-ci d\u00e9borde largement la r\u00e9gion Parisienne, avec les apports originaux de contemporains comme C. de Tychey (Nancy), P. Roman (Lausanne) ou A. Lefebvre (Bruxelles), entre autres.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire de l\u2019interpr\u00e9tation psychanalytique du Rorschach<sup>1<\/sup> et des m\u00e9thodes projectives s\u2019enracine tout d\u2019abord dans la cr\u00e9ation, en mars 1950, du Groupement Fran\u00e7ais du Rorschach, \u00ab&nbsp;l\u2019anc\u00eatre&nbsp;\u00bb de la Soci\u00e9t\u00e9 du Rorschach et des M\u00e9thodes Projectives dont le 1<sup>er<\/sup> pr\u00e9sident fut D. Lagache (1903-1972). Si Lagache est connu pour \u00eatre le fondateur de la psychologie clinique en France (il cr\u00e9a la licence de psychologie en 1947 \u00e0 la Sorbonne), on sait moins qu\u2019il s\u2019int\u00e9ressa \u00e0 la psychologie projective et qu\u2019il \u00e9crivit d\u00e8s 1943 un texte majeur de la discipline intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;La r\u00eaverie imageante, conduite adaptative au test de Rorschach&nbsp;\u00bb, N. Rausch de Traubenberg n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 dire \u00e0 son propos qu\u2019il produisit l\u2019effet d\u2019une illumination (1994, p. 259). Dans ce texte Lagache s\u2019int\u00e9resse d\u00e9j\u00e0 au processus de la r\u00e9ponse Rorschach et, anticipant bien des d\u00e9veloppements ult\u00e9rieurs, il montre que celui-ci ne ressort pas seulement d\u2019une attitude \u00ab&nbsp;percevante&nbsp;\u00bb mais invite \u00ab&nbsp;\u00e0 l\u2019adoption d\u2019une conduite imageante et d\u00e9r\u00e9alisante (\u2026) les t\u00e2ches de Rorschach (\u2026) invitent \u00e0 une <em>r\u00eaverie imageante<\/em>, mais \u00e0 une r\u00eaverie entretenue dans une situation sp\u00e9ciale, savoir une situation d\u2019examen (\u2026) ce que le Rorschach met \u00e0 l\u2019\u00e9preuve, c\u2019est l\u2019aptitude \u00e0 jouer&nbsp;\u00bb (1943-1977, p. 403). Comme en \u00e9cho, R. Schafer (le th\u00e9oricien de l\u2019interpr\u00e9tation psychanalytique aux \u00c9tats-Unis) d\u00e9finira en 1954 le Rorschach comme \u00ab&nbsp;le livre de l\u2019imaginaire individuel&nbsp;\u00bb. L\u2019id\u00e9e d\u2019un compromis entre activit\u00e9 perceptive et activit\u00e9 imaginaire est ainsi avanc\u00e9e, ce dont se souviendra N. Rausch quand elle d\u00e9finira le Rorschach comme \u00ab&nbsp;espace d\u2019interaction&nbsp;\u00bb entre percept et fantasme, objectivit\u00e9 et subjectivit\u00e9, r\u00e9alit\u00e9 externe et r\u00e9alit\u00e9 interne ou encore entre corps et r\u00eaverie (1982). Lagache insistera \u00e9galement sur ce qui deviendra la sp\u00e9cificit\u00e9 de l\u2019<em>\u00c9cole de Paris<\/em>, \u00e0 savoir que l\u2019interpr\u00e9tation psychanalytique ne se r\u00e9duit pas \u00e0 une interpr\u00e9tation symbolique de l\u2019inconscient \u00e0 travers les contenus, mais que les aspects formels du Rorschach peuvent \u00e9galement faire l\u2019objet d\u2019une analyse qualitative. Celle-ci ouvre, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la dimension diagnostique qui implique une comparaison \u00e0 des normes, \u00e0 l\u2019analyse individuelle et singuli\u00e8re de la personnalit\u00e9, nous disons aujourd\u2019hui du fonctionnement mental. Peu \u00e0 peu le terme \u00ab&nbsp;d\u2019\u00e9preuves cliniques&nbsp;\u00bb ou encore de \u00ab&nbsp;techniques&nbsp;\u00bb puis de \u00ab&nbsp;m\u00e9thodes projectives&nbsp;\u00bb va remplacer celui de \u00ab&nbsp;tests&nbsp;\u00bb, la psychologie projective s\u2019inscrivant r\u00e9solument dans le champ de la psychologie clinique et non plus de la psychom\u00e9trie.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ces perspectives, D. Anzieu (1923-1999), \u00e9l\u00e8ve puis assistant de Lagache \u00e0 la Sorbonne avant d\u2019\u00eatre professeur \u00e0 Nanterre, va contribuer \u00e0 d\u00e9velopper une analyse psychanalytique du Rorschach et des m\u00e9thodes projectives, en particulier en \u00e9tudiant la r\u00e9gression \u00e0 l\u2019\u0153uvre et les ressemblances et les diff\u00e9rences entre l\u2019activit\u00e9 projective propre aux \u00e9preuves du m\u00eame nom<sup>2<\/sup> et la projection, concept psychanalytique (Anzieu, 1961). Mais bien au-del\u00e0 de ses apports th\u00e9oriques \u00ab\u00a0Didier Anzieu a lanc\u00e9 l\u2019enseignement, la formation en techniques projectives, et c\u2019est sous son autorit\u00e9 qu\u2019ont pu \u00eatre r\u00e9alis\u00e9s colloques, confrontations, actions p\u00e9dagogiques, ouvrages de clinique et de recherches\u00a0\u00bb (Rausch, 1994, p. 259). Il fut le r\u00e9dacteur du Bulletin du Groupement Fran\u00e7ais puis de la Soci\u00e9t\u00e9 Fran\u00e7aise pendant 12 ans. Il fut \u00e9galement le cr\u00e9ateur du Certificat de Techniques Projectives \u00e0 la Sorbonne en 1964-66 et il joua un r\u00f4le important dans l\u2019organisation des deux colloques internationaux qui se tinrent \u00e0 Paris (1965, 1990). Son concept majeur le <em>Moi-Peau<\/em>, bient\u00f4t suivi de ceux d\u2019<em>enveloppes psychiques<\/em> et de <em>signifiants formels<\/em>, s\u2019inspire directement de la psychologie projective (Fischer et Cleveland) autant qu\u2019il rejaillira sur celle-ci, sp\u00e9cialement gr\u00e2ce aux travaux de C. Chabert sur la repr\u00e9sentation de soi dans les \u00e9tats limites. Il fut le directeur des th\u00e8ses de 3<sup>\u00e8me<\/sup> cycle et\/ou d\u2019\u00e9tat de V. Shentoub (1967), R. Debray (1973-1983), N. Rausch de Traubenberg (1981), C. Chabert (1986), F. Brelet-Foulard (1989). Mais c\u2019est \u00e0 N. Rausch de Traubenberg qu\u2019il reviendra d\u2019organiser l\u2019<em>\u00c9cole de Paris<\/em>\u00a0et ce aux trois niveaux de la clinique et de la recherche indissociables chez elle, de l\u2019\u00e9laboration d\u2019une th\u00e9orie de l\u2019outil, de l\u2019organisation de l\u2019enseignement\u00a0:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\"><li>d\u2019une part, elle participe aux grandes recherches cliniques en psychopathologie (de l\u2019enfant essentiellement) portant sur les d\u00e9ficiences et les psychoses, d\u2019abord \u00e0 la clinique G. Heuyer dans les ann\u00e9es 50 (o\u00f9 elle c\u00f4toie Lebovici et Diatkine), puis par le biais d\u2019un rattachement au CNRS de 1955 \u00e0 1966 sur le th\u00e8me de \u00ab&nbsp;la perception chez l\u2019enfant et l\u2019adolescent&nbsp;\u00bb, puis ensuite \u00e0 la Salp\u00eatri\u00e8re dans les ann\u00e9es 60-70 (o\u00f9 elle travaille avec Widl\u00f6cher), recherches qui viendront nourrir ses deux th\u00e8ses (de 3<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;cycle et d\u2019\u00e9tat), son ouvrage&nbsp;<em>Le Rorschach en clinique infantile<\/em>&nbsp;co-\u00e9crit avec M. F. Boizou en 1977, ainsi que diverses publications&nbsp;;<\/li><li>d\u2019autre part, forte de sa riche exp\u00e9rience des \u00e9changes scientifiques internationaux (elle passe un an aux \u00c9tats-Unis en 1951), elle donne progressivement ses assises th\u00e9oriques et m\u00e9thodologiques \u00e0 l\u2019<em>\u00c9cole de Paris<\/em>&nbsp;\u00e0 travers son livre&nbsp;<em>La pratique du Rorschach<\/em>&nbsp;(1970) qui en est aujourd\u2019hui \u00e0 sa 9<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;\u00e9dition, puis en \u00e9crivant une remarquable synth\u00e8se parue dans l\u2019EMC en 1982 (texte commun avec V. Shentoub)&nbsp;: elle contribue, seule et\/ou en \u00e9quipe, \u00e0 mieux d\u00e9finir la situation projective impliquant la consigne, le test, la relation \u00e0 l\u2019examinateur, \u00e0 d\u00e9crire le mat\u00e9riel dans ses composantes manifestes et latentes, \u00e0 codifier (avec A. Sanglade) le livret de cotation, \u00e0 th\u00e9oriser le processus de la r\u00e9ponse, \u00e0 \u00e9laborer diverses grilles d\u2019interpr\u00e9tation des contenus ou encore de repr\u00e9sentation de soi et de relation d\u2019objet, \u00e0 explorer \u00ab&nbsp;la clinique du normal&nbsp;\u00bb \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des grandes formes pathologiques, \u00e0 soutenir le long travail d\u2019actualisation des donn\u00e9es normatives publi\u00e9 r\u00e9cemment par M. Emmanuelli et C. Azoulay (2012). Pour r\u00e9sumer, on peut dire qu\u2019elle a dot\u00e9 le Rorschach d\u2019une th\u00e9orie \u00e9labor\u00e9e int\u00e9grant ph\u00e9nom\u00e9nologie et psychanalyse dont l\u2019outil ne disposait pas jusque-l\u00e0&nbsp;; Pr\u00e9sidente de la Soci\u00e9t\u00e9 Fran\u00e7aise \u00e0 diverses reprises, directrice de publication du Bulletin puis de la revue&nbsp;<em>Psychologie Clinique et Projective<\/em>, reconnue internationalement, elle fut la pr\u00e9sidente de la Soci\u00e9t\u00e9 Internationale du Rorschach de 1987 \u00e0 1990&nbsp;;<\/li><li>enfin et surtout, elle accepte en 1966, \u00e0 la demande de P. Fraisse et de D. Anzieu (parti en 1964 \u00e0 Nanterre), d\u2019organiser \u00e0 l\u2019Institut de Psychologie l\u2019enseignement du Certificat de Formation aux Techniques Projectives permettant \u00e0 des g\u00e9n\u00e9rations de psychologues cliniciens de se former \u00e0 la clinique projective et, au-del\u00e0, \u00e0 la psychopathologie clinique. Dans les ann\u00e9es 70, \u00e0 l\u2019apog\u00e9e de son succ\u00e8s, le certificat compte 800 \u00e9tudiants par an, et plusieurs dizaines de TD&nbsp;! Elle cr\u00e9e en 1976 la semaine de Formation Continue aux m\u00e9thodes projectives, encore tr\u00e8s courue aujourd\u2019hui. Elle devient en 1978 co-directrice puis directrice (de 1981 \u00e0 1987) du DESS Conseil Psychologique cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019Institut de Psychologie, et qui int\u00e9gra les enseignements de projectifs. En 1978 \u00e9galement, elle fonde le \u00ab&nbsp;Groupe de Recherche en Psychologie projective&nbsp;\u00bb r\u00e9unissant \u00ab&nbsp;TATistes&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Rorschachiens&nbsp;\u00bb dans le m\u00eame groupe de travail qui comporta V. Shentoub, R. Debray, C. Chabert, A. Sanglade, M. Boekholt, M. Peruchon, N. Jeammet. Ce groupe fut ensuite rattach\u00e9 au Laboratoire de Psychologie Clinique et de Psychopathologie (LPCP) cr\u00e9\u00e9 en 1993 par C. Chabert. Le Certificat co-dirig\u00e9 avec C. Chabert au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980 deviendra en 1986 le DUPP (Dipl\u00f4me Universitaire en Psychologie Projective) dirig\u00e9 par cette derni\u00e8re de 1988 \u00e0 2012&nbsp;: pendant longtemps il s\u2019est agi de la seule formation fran\u00e7aise et europ\u00e9enne en psychologie projective. En effet, une des particularit\u00e9s de l\u2019<em>\u00c9cole de Paris<\/em>&nbsp;tient au fait que l\u2019enseignement est le creuset dans lequel sont articul\u00e9s et \u00e9labor\u00e9s activit\u00e9s cliniques, de recherche et perfectionnement m\u00e9thodologique&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les m\u00e9thodes projectives sont un lieu o\u00f9 la th\u00e9orie s\u2019incarne dans un discours&nbsp;\u00bb (Rausch). Les champs et probl\u00e9matiques investigu\u00e9s se sont alors diversifi\u00e9s et suivirent l\u2019\u00e9volution contemporaine de la psychopathologie&nbsp;: psychoses et n\u00e9vroses, mais \u00e9galement personnalit\u00e9s narcissiques, \u00e9tats-limites, d\u00e9pressions, psychosomatique, clinique du normal, adolescence et vieillissement.<\/li><\/ul>\n\n\n\n<p>L\u2019autre \u00e9preuve phare du bilan projectif est le TAT<sup>3<\/sup> (chez l\u2019enfant le couplage s\u2019effectue avec le CAT ou le Patte Noire, mais la m\u00e9thodologie reste rigoureusement la m\u00eame), dont le d\u00e9veloppement d\u2019une th\u00e9orie r\u00e9solument psychanalytique de la m\u00e9thode et de l\u2019interpr\u00e9tation revient \u00e0 V. Shentoub seule ou accompagn\u00e9e de R. Debray. Le talent de V. Shentoub fut tout \u00e0 la fois de sortir le TAT, cr\u00e9\u00e9 par Murray aux Etats-Unis en 1933, de la psychologie du Moi<sup>4<\/sup> dans lequel il s\u2019enlisait et, en m\u00eame temps que Shafer (1958) aux Etats-Unis qui publiait <em>How was this story told\u00a0?<\/em>, de montrer que l\u2019analyse du discours, du \u00ab\u00a0comment c\u2019est dit\u00a0\u00bb, du contenant narratif, primait sur l\u2019analyse des contenus, celle-ci se faisant sinon au risque des interpr\u00e9tations sauvages port\u00e9es par les projections personnelles des cliniciens. Elle inventa donc, d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1950, une grille d\u2019analyse des proc\u00e9d\u00e9s d\u2019\u00e9laboration du discours, analogon des m\u00e9canismes de d\u00e9fense, qui, initialement marqu\u00e9e par l\u2019opposition entre proc\u00e9d\u00e9s n\u00e9vrotiques et proc\u00e9d\u00e9s psychotiques, nous disons aujourd\u2019hui archa\u00efques, fut progressivement enrichie et remani\u00e9e au fur et \u00e0 mesure des d\u00e9couvertes cliniques sur la psychosomatique (Debray, 1983), les \u00e9tats limites et les fonctionnements narcissiques (Brelet, 1986). Un premier manuel du TAT parut en 1990 sous la direction de V. Shentoub, bient\u00f4t suivi par un nouveau manuel dirig\u00e9 par F. Brelet-Foulard et C. Chabert en 2003 o\u00f9 figure la grille actuellement utilis\u00e9e, appel\u00e9e \u00ab\u00a0feuille de d\u00e9pouillement du TAT\u00a0\u00bb. Dans les m\u00eames perspectives th\u00e9oriques et m\u00e9thodologiques, M. Boekholt (1993) adapta la m\u00e9thodologie aux \u00e9preuves th\u00e9matiques chez l\u2019enfant, apr\u00e8s que R. Debray ait propos\u00e9 une grille pour les enfants et pr\u00e9adolescents<sup>5<\/sup>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il reviendra enfin \u00e0 C. Chabert<sup>6<\/sup> un r\u00f4le de premier plan dans l\u2019organisation et la diffusion des travaux de l\u2019<em>\u00c9cole de Paris<\/em>, tant par son activit\u00e9 th\u00e9orique que par son activit\u00e9 de Professeure et de directrice de recherche particuli\u00e8rement appr\u00e9ci\u00e9e de ses \u00e9tudiants et doctorants. Rep\u00e9r\u00e9e par N. Rausch en 1969 pour sa (tr\u00e8s) bonne copie au certificat de Formation aux Techniques projectives, elle se vit confier imm\u00e9diatement un groupe de TD. Elle soutint une 1<sup>\u00e8re<\/sup> th\u00e8se de 3<sup>\u00e8me<\/sup> cycle en 1975 sur \u00ab&nbsp;La formation du jugement moral chez l\u2019enfant&nbsp;\u00bb et travailla jusqu\u2019en 1975 en psychopathologie infantile \u00e0 la Salp\u00eatri\u00e8re avec N. Rausch et D. Widl\u00f6cher. Ensuite elle se sp\u00e9cialisa en psychopathologie de l\u2019adolescent avec Ph. Jeammet \u00e0 la Cit\u00e9 Universitaire et commen\u00e7a une formation analytique \u00e0 l\u2019APF. Elle est alors invit\u00e9e par D. Anzieu \u00e0 publier une th\u00e9orisation psychanalytique du Rorschach plus ferme que celle en vigueur jusque-l\u00e0, ce dont elle s\u2019acquitta \u00e0 travers sa th\u00e8se d\u2019\u00e9tat qui donna lieu \u00e0 ses deux livres internationalement reconnus <em>Le Rorschach en clinique adulte. Interpr\u00e9tation psychanalytique<\/em> (1983) et <em>La psychopathologie \u00e0 l\u2019\u00e9preuve du Rorschach<\/em> (1987). Elle plaide pour la compl\u00e9mentarit\u00e9 du Rorschach et du TAT (1987) qu\u2019elle avait int\u00e9gr\u00e9e pr\u00e9alablement dans la pratique p\u00e9dagogique. En 1992, lors de la journ\u00e9e d\u2019hommage \u00e0 D. Anzieu, elle expose \u00ab&nbsp;La psychanalyse au service de la psychologie projective&nbsp;\u00bb, texte de synth\u00e8se magistral qui peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme \u00ab&nbsp;le manifeste&nbsp;\u00bb de l\u2019<em>\u00c9cole de Paris<\/em> et qui sera d\u00e9ploy\u00e9 dans \u00ab&nbsp;Psychanalyse et M\u00e9thodes projectives&nbsp;\u00bb (1998). Dans ces textes elle pr\u00e9cise l\u2019articulation entre les m\u00e9thodes projectives et la m\u00e9tapsychologie freudienne&nbsp;: le support de l\u2019analyse est le mod\u00e8le de fonctionnement psychique tel que le construit la psychanalyse. D\u00e8s lors, sur des bases beaucoup plus dynamiques que l\u2019approche formelle classique et qui valorisent l\u2019associativit\u00e9 et la dimension transf\u00e9ro-contretransf\u00e9rentielle, les \u00e9preuves projectives s\u2019av\u00e8rent pertinentes et efficientes tant pour l\u2019\u00e9laboration d\u2019un diagnostic en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la psychopathologie psychanalytique contemporaine (Chabert, 2008-2010) que pour l\u2019\u00e9tude des processus de changement qui fonde les indications th\u00e9rapeutiques. Aujourd\u2019hui, psychanalyste r\u00e9put\u00e9e, membre formatrice de l\u2019APF, C. Chabert n\u2019en continue pas moins de soutenir et d\u00e9velopper la m\u00e9thodologie projective dont elle consid\u00e8re qu\u2019elle sert la formation en psychopathologie clinique et permet \u00e9galement l\u2019\u00e9coute analytique de probl\u00e9matiques autrement m\u00e9connues. Sous sa direction de nombreuses th\u00e8ses ont \u00e9t\u00e9 soutenues, explorant de nouveaux champs cliniques (pr\u00e9adolescence et adolescence, pr\u00e9cocit\u00e9 intellectuelle, vieillissement, f\u00e9minin) et psychopathologiques (agressions sexuelles, agitation, hyperactivit\u00e9, bouff\u00e9es d\u00e9lirantes, psychoses, d\u00e9pression, m\u00e9lancolie-manie, anorexie-boulimie, attaques du corps, autisme, etc.). Parmi ses premi\u00e8res doctorantes, citons M. Emmanuelli (1991) qui d\u00e9veloppa une m\u00e9thodologie de recherche originale en op\u00e9rationnalisant rigoureusement \u00e0 travers les facteurs projectifs les concepts utilis\u00e9s (narcissisme, position d\u00e9pressive, sublimation) et C. Azoulay (1993) qui poursuivit une recherche entam\u00e9e pr\u00e9alablement \u00e0 l\u2019Institut Mutualiste Montsouris sur la schizophr\u00e9nie \u00e0 l\u2019adolescence. Ensemble, elles poursuivirent le travail insuffl\u00e9 par C. Chabert et publi\u00e8rent <em>Les \u00e9preuves projectives \u00e0 l\u2019adolescence<\/em> (2001-2009). M. Emmanuelli devint Pr\u00e9sidente de la Soci\u00e9t\u00e9 Fran\u00e7aise du Rorschach et des M\u00e9thodes Projectives de 2006 \u00e0 2011 (B. Verdon en est l\u2019actuel Pr\u00e9sident) et elle fonda en 2005 avec P. Roman le R\u00e9seau international de recherche \u00ab&nbsp;M\u00e9thodes projectives et Psychanalyse&nbsp;\u00bb. C. Azoulay est aujourd\u2019hui la responsable du DUPP, de la session de Formation Continue en Psychologie Projective \u00e0 l\u2019Institut de Psychologie de Paris Descartes et la r\u00e9dactrice en chef de la revue <em>Psychologie Clinique et Projective<\/em>. Apr\u00e8s un d\u00e9tour par l\u2019ARPPP (Association pour la Recherche en Psychologie Projective Psychanalytique) <em>l\u2019\u00c9cole de Paris<\/em> poursuit aujourd\u2019hui ses travaux scientifiques et \u00e9ditoriaux (Chabert &amp; Azoulay, 2011) <em>via<\/em> le GRIMPP (Groupe de Recherche Interuniversitaire en M\u00e9thodes Projectives et Psychanalyse) actuellement coordonn\u00e9 par C. Azoulay et J.-Y. Chagnon.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Notes<\/h2>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>On trouve quelques \u00e9l\u00e9ments historiques relatifs au Rorschach en France sous la plume N. Rausch de Traubenberg (1982, 1994, 2006), de P. Roman (2003), A. Andronikof (2009) ou encore dans la notice biographique de N. Rausch \u00e9tablie par la <em>Revue de Psychologie Appliqu\u00e9e<\/em> (1990). Enfin il existe un DVD d\u2019un entretien avec N. Rausch r\u00e9alis\u00e9 par C. Azoulay et J-Y Chagnon (Biblioth\u00e8que du LPCP).<\/li><li>On doit \u00e0 L. K. Franck en 1939 aux Etats-Unis le terme de \u00ab&nbsp;m\u00e9thodes projectives&nbsp;\u00bb.<\/li><li>On trouve des \u00e9l\u00e9ments historiques <em>in<\/em> Brelet (1986), Shentoub (1990) et Brelet-Foulard &amp; Chabert (2003).<\/li><li>Il est \u00e0 noter que Lagache et Anzieu se tinrent \u00e0 distance tant de Lacan, dont ils furent tr\u00e8s critiques, qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9gard de la psychologie du Moi Hartmanienne, version am\u00e9ricaine de la psychanalyse. Leurs successeurs, qu\u2019ils soient membres ou proches de la SPP ou de l\u2019APF, s\u2019inscrivent dans ces directions.<\/li><li>Cf. \u00ab&nbsp;L\u2019apport des m\u00e9thodes projectives -approche psychanalytique- au bilan psychologique de l\u2019enfant et de l\u2019adolescent. Bilan de 30 ans de travaux&nbsp;\u00bb (Chagnon, 2011).<\/li><li>Cf. l\u2019interview de C. Chabert r\u00e9alis\u00e9e par A. Braconnier pour <em>Le Carnet Psy<\/em> (2009, n\u00b0 136).<\/li><\/ol>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-post pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10020?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le terme d\u2019\u00c9cole de Paris d\u00e9signe tant un courant th\u00e9orique, m\u00e9thodologique et prax\u00e9ologique, qu\u2019un groupe d\u2019universitaires, enseignants-chercheurs et psychologues cliniciens qui se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 la m\u00e9thode d\u2019analyse et d\u2019interpr\u00e9tation psychanalytique du Rorschach et des m\u00e9thodes projectives, et au-del\u00e0 du bilan&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"rubrique":[1214,1215],"thematique":[231,654],"auteur":[1626],"dossier":[655],"mode":[61],"revue":[693],"type_article":[452],"check":[2023],"class_list":["post-10020","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","rubrique-psychanalyse","rubrique-psychopathologie","thematique-bilan","thematique-projectifs","auteur-jean-yves-chagnon","dossier-linterpretation-des-epreuves-projectives","mode-gratuit","revue-693","type_article-dossier","check-ok"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10020","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10020"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10020\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14545,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10020\/revisions\/14545"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10020"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=10020"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=10020"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=10020"},{"taxonomy":"dossier","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/dossier?post=10020"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=10020"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=10020"},{"taxonomy":"type_article","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/type_article?post=10020"},{"taxonomy":"check","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/check?post=10020"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}