{"id":12871,"date":"2021-09-12T10:13:37","date_gmt":"2021-09-12T08:13:37","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/parution\/samuel-beckett-dune-langue-a-lautre-loutre-verbe\/"},"modified":"2021-09-16T16:36:46","modified_gmt":"2021-09-16T14:36:46","slug":"samuel-beckett-dune-langue-a-lautre-loutre-verbe","status":"publish","type":"parution","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/parution\/samuel-beckett-dune-langue-a-lautre-loutre-verbe\/","title":{"rendered":"Samuel Beckett. D\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre : l\u2019outre-verbe"},"content":{"rendered":"\n<p>\u00ab&nbsp;<em>A cheval sur une tombe est une naissance difficile &#8211; du fond du trou (\u2026) le fossoyeur applique ses fers&nbsp;<\/em>\u00bb. (Didi, En attendant Godot).<\/p>\n\n\n\n<p>Boulevard Arago, Samuel Beckett est \u00e0 sa fen\u00eatre, il peut voir les cours de la prison de la Sant\u00e9, l\u2019emplacement r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la guillotine\u2026 mais un homme \u00e0 sa fen\u00eatre n\u2019observe-t-il pas plut\u00f4t sa prison int\u00e9rieure, celle dont il est le ge\u00f4lier et dont il cherche les cl\u00e9s et la serrure, celles qui ouvrent sur une autre prison\u2026 ext\u00e9rieure celle-l\u00e0. Si Beckett ne croit plus aux clefs et aux serrures, s\u2019il d\u00e9fait le langage comme prise de pouvoir, s\u2019il laisse se d\u00e9ployer l\u2019infini et multiple non- langage, et dans un devenir animal \u00ab couch\u00e9 plut\u00f4t que debout \u00bb c\u2019est pour faire \u00e9clater de rire ses prisons.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le voil\u00e0 qui descend la rue Messier, salue \u00e0 droite Blaise Cendrars rue Jean Dolent, et \u00e0 gauche Alexandre Vialatte, rue L\u00e9on Maurice Nordmann. Son amour \u00e0 lui, \u00e7a n\u2019est pas celui des mots, comme \u00e7a l\u2019\u00e9tait pour ces deux l\u00e0, mais celui de la parole qui brise le langage.<\/p>\n\n\n\n<p>Un peu plus bas, il revoit l\u2019h\u00f4tel PLM o\u00f9 il aurait eu ses habitudes, juste devant l\u2019h\u00f4pital Sainte-Anne o\u00f9 il a quelques amis et o\u00f9 s\u00fbrement un psy administratif idiot aura bient\u00f4t l\u2019id\u00e9e saugrenue de nommer une all\u00e9e Samuel Beckett.<\/p>\n\n\n\n<p>Il le contourne pour prendre l\u2019avenue Ren\u00e9 Coty (ce dr\u00f4le de pr\u00e9sident de la R\u00e9publique mod\u00e9r\u00e9 qui laissera sa place \u00e0 Charles De Gaulle), sachant d\u00e9j\u00e0 (pr\u00e9dicteur-cassandre) qu\u2019on creusera bient\u00f4t au c\u0153ur de celle-ci une all\u00e9e qui portera son nom.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce grand marcheur (pour \u00ab niquer sa m\u00e8re \u00bb disait-il) devait penser \u00e0 ses d\u00e9tracteurs (Ionesco : \u00ab il broie du noir avec clart\u00e9 \u00bb), des envieux aussi m\u00e9diocres que jaloux. Le 5 janvier 1953, le Directeur du th\u00e9\u00e2tre Babylone (le bien nomm\u00e9) d\u00e9cida de finir en beaut\u00e9 son m\u00e9tier par trop ingrat avec une pi\u00e8ce, non du trop connu roumain, mais d\u2019un auteur inconnu : \u00ab&nbsp;<em>En attendant Godot&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Au bout de l\u2019all\u00e9e, le Parc Montsouris, \u00e0 sa droite l\u2019<em>Institut Mutualiste Montsouris<\/em>&nbsp;ou l\u2019autre grand solitaire moins glac\u00e9 mais tout aussi \u00e9trange, Henri Michaux mourra un soir en refusant l\u2019oxyg\u00e8ne qu\u2019une infirmi\u00e8re lui proposait.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet institut\u2026 un dr\u00f4le de paroissien le Docteur Yoann Loisel qui avec sa vitalit\u00e9 et gaiet\u00e9 propre s\u2019int\u00e9resse, entre autres choses, \u00e0 une question, essentielle \u00e0 la compr\u00e9hension de ses patients limites.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Dr Loisel triture sa question sur les \u00e9paules de l\u2019irlandais qui cherchait \u00e0 savoir \u00ab Comment le vide se fait parole ? \u00bb. Est-ce en inventant-recr\u00e9ant puis en nommant l\u2019impensable, dans le p\u00eale-m\u00eale tohu-bohu du \u00ab Babel des silences et des mots \u00bb ? Mais en fait de quel vide parle-t-on ? Et enfin et surtout y a-t-il vraiment (en tout cas primitivement) un vide ou comme le disait Pascal, le vide n\u2019existe pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Le po\u00e8te du rien tend \u00e0 penser que l\u2019homme \u00ab en tant qu\u2019il ne sait pas et ne peux pas \u00bb meurt avant d\u2019avoir atteint le verbe : \u00ab&nbsp;<em>ma vie (Un fiasco colossal, Watt 1942),&nbsp; \u00ab elle est finie et elle dure \u00e0 la fois\u2026 mais par quel temps de verbe exprimer cela<\/em>&nbsp;\u00bb (Molloy, 1951) ; \u00ab&nbsp;<em>c\u2019est si long mourir&nbsp;<\/em>\u00bb (T\u00eates mortes, 1967) mais \u00ab&nbsp;<em>il faut continuer. Je ne peux pas continuer il faut continuer je vais donc continuer<\/em>&nbsp;\u00bb (L\u2019innommable, 1953).<\/p>\n\n\n\n<p>Le Docteur Loisel dont la capacit\u00e9 \u00e0 ressentir physiquement la souffrance de ses patients et de ses auteurs pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s est heureusement temp\u00e9r\u00e9e par un witz de bon aloi, pense aussi qu\u2019il faudrait chez ses patients en passer par le corps et le hors langage. S\u2019int\u00e9ressant aussi au physique de son auteur \u00e9lu alter-ego (champion de boxe et de cricket, dangereux casse-cou dans sa jeunesse et engag\u00e9 dans la r\u00e9sistance), comme \u00e0 celui de ses patients\u2026 et spinoziste affirm\u00e9, il pense que \u00ab&nbsp;<em>c\u2019est le corps qui peut l\u2019esprit<\/em>&nbsp;\u00bb et d\u00e9veloppe dans son unit\u00e9 de soins un \u00ab th\u00e9\u00e2tre \u00bb en relation directe avec les sensations charnelles\u2026 m\u00e9diations corporelles qui mettent en lien l\u2019impact physique et le sens\u2026 en passant par la mise en mot de la chair de l\u2019affect.<\/p>\n\n\n\n<p>Anorexique \u00e9tique en point d\u2019exclamation ou d\u2019interrogation (selon ses humeurs)\u2026 on peut imaginer que l\u2019esprit de Beckett, imprim\u00e9 dans ses textes laconiques, traduisait les impulsions et les invaginations de son corps jusqu\u2019aux plus profondes sous-couches et strates de son inachev\u00e9 d\u00e9veloppement\u2026 les excitations avort\u00e9es, les sensations r\u00e9prim\u00e9es. Quant aux sentiments\u2026 comme le logos ils devaient attendre des jours meilleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;<em>Les douleurs intestinales sont pires que jamais et Bion ne s\u2019y int\u00e9resse pas<\/em>&nbsp;\u00bb se lamentait-il. Cet homme parlait avec ses tripes, sur son absence de corps (comme ses acteurs ; on se souvient de la remarque de Anouilh : \u00ab voil\u00e0 les pens\u00e9es de Pascal jou\u00e9es par les Fratellini), et non avec \u00ab les paroles des autres \u00bb. Et s\u2019il n\u2019habite pas si bien son corps c\u2019est parce qu\u2019il sait qu\u2019il lui faut parfois de force, habiter une autre histoire que la sienne\u2026 au risque de devenir \u00ab une poup\u00e9e de ventriloque \u00bb, la voix de son ma\u00eetre int\u00e9rieur. Le rythme saccad\u00e9 de son corps traduit la peur de sa puissance d\u2019exister\u2026 dans une dissociation tranchante qui serait pr\u00e9valente sur le sens. L\u2019affinit\u00e9 avec Buster Keaton, l\u2019homme qui ne souriait jamais et ne signifiait les choses que par son corps \u00e9rectile et en transe permanente est \u00e9vidente. Cet homme \u00e9crit avec sa m\u00e9moire qui semble (vouloir) fonctionner \u00e0 l\u2019insu de ses m\u00e9canismes de pens\u00e9e, en r\u00e9ponse aux d\u00e9s\u00e9quilibres internes de son corps, et dans une tension entre une parole quand m\u00eame et un non langage (pas de verbiage, d\u00e9rision des conventions, et non recherche de la moindre signification et a fortiori d\u2019avis ou de th\u00e8se). Il laisse des voix parler comme elles respirent en lui, il est parl\u00e9 par elles et elles parlent aux bords de la source d\u2019un vide int\u00e9rieur qui l\u2019absorbe. Et ce qu\u2019elles disent, ses voix int\u00e9rieures, de cette invagination (cf&nbsp;<em>oh les beaux jours<\/em>) \u2026 c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a rien de certain, rien de pensable, rien de nommable\u2026 aussi faut-il se taire pour \u00e9couter dans le silence, ce quelque chose qui va arriver de mani\u00e8re imminente, ou qui est peut- \u00eatre d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9\u2026 et que vous devez r\u00e9-attendre. Il faut s\u2019\u00e9couter, se taire (le snobisme bavard et narcissique proustien le fascinait) et atteindre (n\u00e9ologisme anglais) derri\u00e8re le&nbsp;<em>helplessness&nbsp;<\/em>winnicottien qui est encore un appel \u00e0 l\u2019aide dans l\u2019agonie, le lessness, soit la \u201cmoinsit\u00e9\u201d ou la \u201csans\u00e9it\u00e9\u201d. Et pour ce faire il faut creuser jusqu\u2019au nerf\u2026 \u00e0 vif, puis jusqu\u2019\u00e0 l\u2019os dans le n\u00e9gatif et se d\u00e9brouillant avec lui arriver \u00e0 penser avec son souffle et son sang, comme le fait un enfant abandonn\u00e9 par la chair de sa m\u00e8re. Dans une superbe d\u00e9n\u00e9gation il le dit : \u00ab<em>&nbsp;Je me fiche de savoir et je ne sais pas, si le g\u00e2chis physique (sans importance) et le g\u00e2chis intellectuel (immense) sont li\u00e9s ou non\u2026 \u00e7a me suffit de ne rien pouvoir imaginer de pire que le marasme mental dans lequel je titube et transpire&nbsp;<\/em>\u00bb. Oui, en t\u00e9moigne son verbe qui ne parvient pas \u00e0 se faire chair, reste parole nue\u2026 et pourtant dit quelque chose d\u2019essentiel, fait ressentir cette chose-l\u00e0, malgr\u00e9 lui, qu\u2019il n\u2019y a pas moyen d\u2019\u00eatre plus rien ou pire, qu\u2019il y a toujours quelque chose : quoi !<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ombilic du r\u00eave, la relation \u00e0 l\u2019inconnu, la s\u00e9paration d\u2019avec la m\u00e8re, mais qui sont impensables et innommables. Il nous fait entendre le silence infini de l\u2019espace pascalien (la m\u00e8re de l\u2019auteur des \u00ab pens\u00e9es \u00bb est morte \u00e0 la naissance du futur philosophe du vide et du vertige) qui a \u00e9t\u00e9 \u00e0 son origine, et le traumatisme perdu qu\u2019a \u00e9t\u00e9 la folie maternelle (il n\u2019\u00e9tait pas en \u00e2ge de l\u2019int\u00e9grer, il passera sa vie \u00e0 tenter de le nommer\u2026 y compris en changeant de langue). La m\u00e8re de Beckett : \u00ab c\u2019est le silence et ce n\u2019est pas le silence (\u00eatre et ne pas \u00eatre) \u00ab il n\u2019y a personne et il y a quelqu\u2019un \u00bb (\u00ab&nbsp;<em>textes pour rien<\/em>&nbsp;\u00bb). \u00c7a manquait de chair\u2026 aussi l\u2019\u00e9motion puis le verbe s\u2019en ressentait \u00ab j\u2019ai \u00e0 parler\u2026 n\u2019ayant rien \u00e0 dire, rien que les paroles des autres \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet homme-l\u00e0 ne vit pas\u2026 il s\u2019\u00e9crie non pour parvenir \u00e0 saisir l\u2019\u00e9toffe de sa pens\u00e9e, la trame de son r\u00e9cit, qui colmaterait son vide int\u00e9rieur, non il veut de toutes ses forces que \u00ab son vide se fasse parole \u00bb (M. Blanchot).<\/p>\n\n\n\n<p>Yoann Loisel s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019acte de se d\u00e9poss\u00e9der de sa langue maternelle \u00ab&nbsp;<em>le poison du pays natal. Une odeur de mar\u00e9cage. Le pays de mon avortement rat\u00e9<\/em>&nbsp;\u00bb, qu\u2019entreprend celui qui se rend \u00e9tranger \u00e0 elle volontairement, et rompt avec elle plut\u00f4t que de la b\u00e9gayer, pour pouvoir \u00e9crire un autre langage (\u00ab en de\u00e7a, plut\u00f4t qu\u2019au-del\u00e0 \u00bb). \u00ab&nbsp;<em>Mon langage appara\u00eet comme un voile qu\u2019il faut d\u00e9chirer pour parvenir ensuite \u00e0 l\u2019attaquer, le discr\u00e9diter\u2026 ce langage d\u00e9vorateur de mots<\/em>&nbsp;\u00bb et aller du c\u00f4t\u00e9 de la musique et de la peinture, (Beckett pianiste amateur aimait particuli\u00e8rement Anton Webern celui qui au XXe si\u00e8cle a ajout\u00e9 le silence comme troisi\u00e8me note au dod\u00e9caphonisme). Ce matricide se paie-t-il de ne pouvoir non rien n\u2019\u00e9crire mais n\u2019\u00e9crire que sur le rien et pour ce faire comme James Joyce, justifier chaque syllabe\u2026 et donc mettre \u00e0 nu la parole jusqu\u2019\u00e0 l\u2019os\u2026 et n\u2019entendre enfin plus que la voix\u2026 seule parcelle de corps re\u00e7u de la part de ses g\u00e9niteurs. Mais au moins cesser d\u2019\u00eatre \u00ab une poup\u00e9e de ventriloque \u00bb, ne \u00ab plus parler avec les paroles des autres \u00bb, ne \u00ab pas habiter l\u2019histoire d\u2019un autre \u00bb\u2026 se \u00ab doter de ses propres odeurs \u00bb\u2026 et cr\u00e9er\u2026 une autographie, bien rythm\u00e9e musicale, pour combler le vide de la naissance dans les gouffres en soustrayant plut\u00f4t qu\u2019en additionnant avec fort alcool et tabac pour faire passer tout \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>La condition humaine au plus pr\u00e8s du r\u00e9el le plus pur, le plus tranchant, le plus fondamental, impitoyable, implacable, absolument pas tamis\u00e9 par la r\u00eaverie maternelle\u2026 la v\u00e9rit\u00e9 nue avec son odieux parfum, son insupportable odeur de mort, le n\u00e9ant, le n\u00e9gatif, m\u00eame pas l\u2019espace d\u2019indiff\u00e9renciation que Blanchot appelle le neutre, l\u2019angoisse et l\u2019horreur absolue sans la paradoxale jouissance qu\u2019en tire Georges Bataille\u2026 Beckett est tr\u00e8s proche de Henri Michaux et de Mallarm\u00e9 (\u00ab&nbsp;<em>l\u2019avare silence, la massive nuit&nbsp;<\/em>\u00bb). Il ne pleure pas, ne g\u00e9mit pas, ne demande rien \u00ab<em>&nbsp;j\u2019ai m\u00e9pris\u00e9 l\u2019horreur lucide d\u2019une larme&nbsp;<\/em>\u00bb, \u00ab<em>&nbsp;la triste opacit\u00e9 de nos spectres futurs<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Attendre Godot qui ne vient pas tandis que la m\u00e8re du narrateur de la&nbsp;<em>Recherche<\/em>&nbsp;finit par monter, attendre Godot qui viendra demain c\u2019est s\u00fbr, puis dans Fin de partie qui viendra \u00ab trop tard, trop tard \u00bb, un trop tard qui se transforme en \u00ab jamais \u00bb. Le th\u00e9\u00e2tre de Beckett :&nbsp;<em>Non de l\u2019absurde mais de l\u2019emp\u00eachement<\/em>&nbsp;(Bram Van Velde).<\/p>\n\n\n\n<p>Mais le Fran\u00e7ais de cet \u00e9tranger n\u2019a rien \u00e0 voir avec celui de ses contemporains, il est d\u00e9racin\u00e9, il dit le n\u00e9gatif jusqu\u2019au rien, l\u2019effet de l\u2019absence d\u2019illusion (la m\u00e8re ne lui a pas donn\u00e9 l\u2019illusion d\u2019\u00eatre une suffisamment bonne m\u00e8re\u2026 aussi quand il tente de la re-cr\u00e9er, il n\u2019arrive qu\u2019\u00e0 ne rapporter qu\u2019une non-m\u00e8re\u2026 un&nbsp;<em>no-thing<\/em>&nbsp;dirait Bion). Le&nbsp;<em>holding&nbsp;<\/em>psychique a fait d\u00e9faillance.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfant, Beckett aimait \u00e0 sauter dans le vide\u2026 Keaton le double que lui trouve Loisel \u00e9tait lui balanc\u00e9 (homme canon) dans le vide par ses parents\u2026 soit un&nbsp;<em>holding<\/em>&nbsp;\u00e0 r\u00e9action. Adolescent, il erre sans centre ni point de r\u00e9f\u00e9rence. Adulte jeune une s\u00e9v\u00e8re crise de d\u00e9personnalisation l\u2019ouvre aux nombreux \u00ab Je est un autre \u00bb qui l\u2019habitent\u2026 et aux plus profondes strates archa\u00efques de son \u00eatre. On l\u2019imagine crier dans la chute, dire des mots jusqu\u2019\u00e0 ce que ces mots \u00ab le trouvent \u00bb jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils \u00ab le disent \u00bb, le transportent, rempla\u00e7ant la fonction phorique maternelle d\u00e9faillante.<\/p>\n\n\n\n<p>Ayant appris que sa m\u00e8re s\u2019\u00e9tait br\u00fbl\u00e9e aux mains, il notait \u00ab<em>&nbsp;bien s\u00fbr elle me l\u2019a cach\u00e9. Je me suis d\u00e9sol\u00e9 pour elle au point de pleurer\u2026 c\u2019est la partie dont je n\u2019ai pas \u00e9t\u00e9 lib\u00e9r\u00e9 par l\u2019analyse je suppose<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9cembre 89, mort de Samuel Beckett \u00e0 83 ans, il partage la une des journaux avec l\u2019ex\u00e9cution du couple Ceausescu. Dans&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Fin de partie&nbsp;<\/em>\u00bb (1957), on voit des enfants mettre leurs parents \u00e0 la poubelle.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-parution pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution\/12871?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"featured_media":0,"template":"","rubrique":[],"thematique":[],"auteur":[1372],"mode":[60],"revue":[470],"auteur_livre":[2292],"class_list":["post-12871","parution","type-parution","status-publish","hentry","auteur-maurice-corcos","mode-payant","revue-470","auteur_livre-yohann-loisel"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution\/12871","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/parution"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12871"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=12871"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=12871"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=12871"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=12871"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=12871"},{"taxonomy":"auteur_livre","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur_livre?post=12871"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}