{"id":12839,"date":"2021-09-12T10:13:32","date_gmt":"2021-09-12T08:13:32","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/parution\/garder-au-coeur-le-desir-de-lete\/"},"modified":"2021-09-14T18:06:58","modified_gmt":"2021-09-14T16:06:58","slug":"garder-au-coeur-le-desir-de-lete","status":"publish","type":"parution","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/parution\/garder-au-coeur-le-desir-de-lete\/","title":{"rendered":"Garder au coeur le d\u00e9sir de l\u2019\u00e9t\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans le po\u00e8me<em>&nbsp;Les Justes<\/em>, mis en \u00e9pigraphe de ce beau livre qui porte pour titre&nbsp;<em>Garder au c\u0153ur le d\u00e9sir de l\u2019\u00e9t\u00e9. R\u00e9cits de r\u00e9inventions de soi<\/em>, Jorge Luis Borges, \u00e9voque tous ces hommes et ces femmes qui illustrent, avec leurs petits gestes de la vie quotidienne, que la vie tient plus aux bonheurs fugaces et parfois infimes, qu\u2019\u00e0 un quelconque Bonheur tout fait, id\u00e9al et \u00e0 atteindre un jour. Le po\u00e8me est constitu\u00e9 par une \u00e9num\u00e9ration belle et d\u00e9licate, de par sa simplicit\u00e9, des actions de ces hommes et ces femmes ordinaires qui, en les r\u00e9alisant, persistent \u00e0 croire, s\u2019acharnent \u00e0 vivre et, sans le vouloir, sans le savoir, assurent pourtant la continuit\u00e9 du monde. \u00ab Tous ceux-l\u00e0, qui s\u2019ignorent, sauvent le monde \u00bb, dit le dernier vers, dans la traduction qui nous est propos\u00e9e. Dans la version originale en espagnol, en fait, l\u2019action se r\u00e9alise dans un pr\u00e9sent qui persiste \u00e0 se rendre pr\u00e9sent : \u00ab Ces personnes, qui s\u2019ignorent, sont en train de sauver le monde \u00bb (\u00ab<em>&nbsp;Esas personas, que se ignoran, est\u00e1n salvando el mundo<\/em>&nbsp;\u00bb). \u00c0 l\u2019instant m\u00eame que nous vivons, au moment m\u00eame o\u00f9 nous lisons ce livre ou \u00e9crivons ces mots, des \u00eatres \u2013 inconnus de nous et sans le savoir eux-m\u00eames \u2013 sauvent et nous sauvent le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Et s\u2019ils venaient \u00e0 dispara\u00eetre ? Et si ces hommes et ces femmes ne correspondaient pas aux trente-six&nbsp;<em>Tsadikim<\/em>&nbsp;&#8211;&nbsp; les \u00ab justes cach\u00e9s \u00bb que certains critiques ont voulu voir dans le po\u00e8me de Borges &#8211; mais \u00e0 des pr\u00e9sences en nous, aux personnages d\u2019un th\u00e9\u00e2tre plus intime, plus priv\u00e9, qui parfois quittent la sc\u00e8ne et disparaissent ou s\u2019\u00e9garent, se taisent en tout cas, ne disent plus leur texte et ne r\u00e9pondent plus \u00e0 notre appel ? Et s\u2019ils devaient nous manquer douloureusement jusqu\u2019\u00e0 nous laisser esseul\u00e9s, plong\u00e9s dans ces \u00e9tats o\u00f9 celle ou celui qui nous manque le plus ce n\u2019est pas tant l\u2019autre que nous-m\u00eames ? Qu\u2019advient-il de chacun de nous lorsque ces \u00ab justes \u00bb sont introuvables et c\u2019est justement ce go\u00fbt de l\u2019instant et de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re qui vient \u00e0 dispara\u00eetre, quand nous restons \u00e9chou\u00e9s sur les rives du temps et ne pouvons que nous limiter \u00e0 le voir passer, sans nous ? De quelle plage peut nous venir alors ce \u00ab presque rien \u00bb qui \u00ab sonne l\u2019\u00e9veil et souffle l\u2019\u00e9lan \u00bb (p.142), lorsque nous perdons jusqu\u2019\u00e0 la capacit\u00e9 de nous r\u00e9inventer et quand nous mesurons combien une telle disposition nous manque et combien nous faisons appel \u00e0 elle, chaque jour, sans<br>le savoir ?<\/p>\n\n\n\n<p>Ce livre collectif, sous la direction d\u2019\u00c9velyne Chauvet, Laurent Danon-Boileau et Jean-Yves Tamet, ne propose pas des r\u00e9ponses toute faites \u00e0 ces questions essentielles, mais une succession de t\u00e9moignages, de r\u00e9cits de vie qui disent \u00e0 la fois les temps sombres &#8211; voire la noirceur &#8211; qui peuvent accabler tout un chacun, et le caract\u00e8re minuscule, l\u00e9ger et souvent inattendu de ce qui, depuis la rive de la vie, va nous faire signe, nous animer et, parfois, oui, nous sauver le monde.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<br>&nbsp; &nbsp;<br>Ils partent du constat suivant :<br>\u00ab&nbsp;<em>Par instants, la vie, ses coups ordinaires ou extraordinaires, entame notre foi dans le jeu, le r\u00eave ou la po\u00e9sie. Et lorsque la catastrophe traumatique nous accable, de quelles ruses disposons-nous pour demeurer vivants ? Au demeurant, ce n\u2019est pas toujours l\u2019\u00e9preuve de l\u2019inhumain, ou du d\u00e9sespoir qui en est cause.&nbsp; Pourtant nous durons, nous avons dur\u00e9. Malgr\u00e9 tout. Jour apr\u00e8s jour. Et pas seulement par m\u00e9connaissance. C\u2019est le myst\u00e8re obstin\u00e9 de cette lutte contre le jet de l\u2019\u00e9ponge, et la red\u00e9couverte des plaisirs infimes du quotidien dont les textes ici rassembl\u00e9s portent t\u00e9moignage. \u00bb (p.11). Pas d\u2019h\u00e9ro\u00efsmes donc, pas de \u00ab pose aristocratique et guerri\u00e8re<\/em>&nbsp;\u00bb. Il ne sera question dans ces pages \u00ab que \u00bb de la capacit\u00e9 \u00e0 renouer avec le r\u00eave, le jeu, la cr\u00e9ation et la vie ordinaire, lorsque cette derni\u00e8re a perdu ses couleurs, ses saveurs, ses pulsations, ses senteurs, sa musique.<\/p>\n\n\n\n<p>Vingt-cinq auteurs vont faire part aux lecteurs d\u2019un moment de leur vie o\u00f9 ils ont pu \u00ab&nbsp;<em>d\u2019abord perdre puis voir rena\u00eetre ce plaisir particulier qui mobilise l\u2019int\u00e9r\u00eat pour l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re. On mesure alors l\u2019obstination d\u2019\u00c9ros \u2013 laquelle peut aussi avoir pour nom l\u2019ent\u00eatement \u00e0 vivre.&nbsp;<\/em>\u00bb (p.11). Les auteurs sont psychanalystes pour plus de la moiti\u00e9, dont parmi d\u2019autres Catherine Chabert, les directeurs-\u00e9diteurs et Julia Kristeva qui \u00e9crit la Pr\u00e9face, mais aussi \u00e9crivain(e)s, psychiatres, cin\u00e9astes, artistes, po\u00e8tes, enseignantes, historien, art-th\u00e9rapeute, linguiste, danseuse\u2026 Apr\u00e8s l\u2019introduction et la Pr\u00e9face, que Kristeva intitule \u00ab L\u2019obstination de la beaut\u00e9 \u00bb, les textes s\u2019inscrivent et s\u2019ensuivent dans cinq parties : \u00ab Temps estival \u00bb, \u00ab Arabesques des signes \u00bb, \u00ab Pr\u00e9sence du corps \u00bb, \u00ab La chair de la Musique \u00bb et \u00ab P\u00e9nombre du regard \u00bb. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00ab r\u00e9cits de r\u00e9invention de soi \u00bb sont ici aussi divers et vari\u00e9s que le sont leurs auteurs. Le lecteur aura ainsi la chance de pouvoir trouver, dans cette tr\u00e8s grande diversit\u00e9, ceux et celles qui lui seront les plus proches. Certains correspondront plus \u00e0 sa sensibilit\u00e9 personnelle. D\u2019autres \u00e9voqueront une histoire qui lui appara\u00eetra plus proche de la sienne. D\u2019autres auront trouv\u00e9 un style qui appara\u00eetra au lecteur en mesure de rendre mieux compte de ces exp\u00e9riences si intimes, si personnelles et pourtant si proches. Quelques-uns, enfin, se proposeront, de pr\u00e8s ou de loin, en tant que compagnons de route \u00e9ventuels, que l\u2019on aurait d\u00e9j\u00e0 crois\u00e9s ou le pourrait encore.&nbsp; &nbsp;<br>&nbsp;<br>Lorsque la vie se tait, s\u2019\u00e9vanouit ou s\u2019\u00e9loigne, la naissance &#8211; ou la renaissance &#8211; peut advenir de mani\u00e8re spontan\u00e9e ou requ\u00e9rir une rencontre : \u00ab un \u00e9v\u00e8nement ext\u00e9rieur ou interne peuvent mobiliser \u00e0 nouveau une dynamique telle qu\u2019elle donne \u00e0 un jour morne sa clart\u00e9, \u00e0 un chant \u00e9teint sa charge vivante de r\u00eaverie et de po\u00e9sie, \u00e0 une vie que l\u2019ennui a d\u00e9color\u00e9 une tension qui lui restitue sens \u00bb (p.134). \u00ab Pourtant, &#8211; poursuit Annie Gutmann &#8211; le mouvement de la vie, de la pulsionnalit\u00e9 peut jaillir, spontan\u00e9ment ou quand, il aura fallu, parfois, qu\u2019un autre &#8211; ma\u00eetre de chant, autre musicien, psychanalyste\u2026 ou un \u00ab autre gard\u00e9 en soi \u00bb &#8211; sonne l\u2019\u00e9veil et souffle l\u2019\u00e9lan. \u00bb (p. 142).<\/p>\n\n\n\n<p>Un&nbsp;<em>\u00e9crivain<\/em>&nbsp;peut \u00eatre cet \u00ab autre \u00bb, ce \u00ab camarade inattendu \u00bb (p. 26) que l\u2019on rencontre au milieu de \u00ab la noirceur dont on se d\u00e9fend en vain \u00bb (p19) et qui devient soudain un ami inesp\u00e9r\u00e9. Le livre nous en donne plusieurs exemples. Pour Patrick Autr\u00e9aux, c\u2019est Nabokov qui lui fera entendre \u00e0 nouveau une voix dans un lieu de soi qu\u2019il sentait avoir trop n\u00e9glig\u00e9, une voix qui le portera d\u00e9sormais (p. 25) : \u00ab Il y a des \u00eatres et des \u00e9crivains qui vous enferment, vous inhibent, d\u2019autres qui vous \u00e9crasent ou volent trop haut, et puis certains qui vous ram\u00e8nent \u00e0 la surface de l\u2019eau o\u00f9 miroite votre joie de survoler et p\u00e9n\u00e9trer, sans \u00eatre pi\u00e9g\u00e9 par elles, les profondeurs \u00bb (p. 26). Pour Jean-Yves Tamet, c\u2019est le Camus de Noces \u00e0 Tipasa et le Baudelaire de Spleen qui viendront \u00e0 sa rencontre lors d\u2019un de ces t\u00e9lescopages qui nous bouleversent, lorsque l\u2019Histoire avec sa violence aveugle s\u2019entrecroise avec l\u2019histoire personnelle et les peurs de l\u2019enfance. Il s\u2019agit alors, comme il le note, de \u00ab Se souvenir, se rassembler et remettre en place une coh\u00e9rence d\u00e9faite. \u00bb (p. 65).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour d\u2019autres, c\u2019est par un&nbsp;<em>ma\u00eetre de chant<\/em>&nbsp;que le miracle adviendra. \u00ab La voix qui porte le chant ne cesse de confronter au temps, \u00e0 la vie, \u00e0 la mort. La voix m\u00eame est soumise \u00e0 ce cycle : vient l\u2019instant o\u00f9 la voix, les mots, le son, ont \u00e9t\u00e9. Et ne sont plus. Ou plus comme on les avait pens\u00e9 \u00eatre. Elizabeth S\u00f6derstr\u00f6m fut, pour ses bienheureux \u00e9l\u00e8ves et auditeurs, un passeur entre univers : du r\u00e9el et du fantasmatique, du visible et de l\u2019invisible ; entre les mondes de l\u2019absence et de la pr\u00e9sence \u00bb (Annie Gutmann, p. 143).<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9v\u00e9lation peut aussi venir, nous dit Anne Maupas, au milieu de l\u2019\u00e9t\u00e9 et d\u2019une \u00ab maladie inattendue et sournoise \u00bb (p. 37), de la sagesse simple et profonde de la fille adolescente qui, du haut de ses quatorze ans et s\u00e9par\u00e9e de sa m\u00e8re pendant les vacances, lui lance cette phrase : \u00ab Tu nous manques, mais c\u2019est bien quand m\u00eame ! \u00bb. Une invitation \u00e0 revisiter sa propre adolescence, lorsqu\u2019elle r\u00eavait \u00ab sa propre vie loin de sa m\u00e8re \u00bb et \u00ab se souvient aussi d\u2019avoir fait l\u2019exp\u00e9rience profonde que du manque peut na\u00eetre vibration et plaisir. \u00bb (p. 39). Pour Laurent Danon-Boileau, la possibilit\u00e9 du changement s\u2019incarne dans la rencontre ou la retrouvaille de la jeune fille qui r\u00e9cup\u00e8re le petit carnet perdu, sur lequel il avait not\u00e9 la liste \u00ab des noms des objets concrets que (sa) m\u00e8re aurait pu regarder avant de (le) regarder (lui) \u00bb (p. 174). Cette m\u00e8re disparue depuis des lustres et dont le regard sur lui \u00e9tait disparu de sa m\u00e9moire. \u00ab Oui, elle \u00e9tait bien l\u00e0, la source de ma m\u00e9lancolie. Faute de pouvoir doter les yeux de ma m\u00e8re d\u2019un regard je n\u2019y lisais plus le moindre souvenir de moi-m\u00eame \u00bb (p.174).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour d\u2019autres, enfin, c\u2019est le&nbsp;<em>psychanalyste&nbsp;<\/em>qui se r\u00e9v\u00e9lera passeur.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9velyne Chauvet nous partage ses r\u00e9flexions \u00e0 propos de la cure d\u2019Ann, qui cherche son p\u00e8re, qui cherche sa m\u00e8re, qui en r\u00eave et qui en r\u00eave encore et dont le silence dit peut-\u00eatre la solitude et l\u2019abandon. Mais : \u00ab La vie est obstin\u00e9e, elle parle beaucoup avant de dire son dernier mot, si on veut bien l\u2019entendre, m\u00eame quand on la croit injuste et cruelle. \u00bb (p. 167). Et parfois il suffit de si peu : \u00ab&nbsp;<em>Un rien qui bouge et tout est chang\u00e9\u2026<\/em>&nbsp;Jolis mots de Christian David, un psychanalyste si po\u00e8te, ou le contraire peut-\u00eatre\u2026 \u00bb (p. 164).<\/p>\n\n\n\n<p>Catherine Chabert nous permet d\u2019approcher l\u2019exp\u00e9rience de la cure d\u2019une jeune fille et nous invite \u00e0 entrer dans l\u2019intimit\u00e9 de la relation entre patiente et analyste. C\u2019est la sc\u00e8ne du transfert qui se d\u00e9ploie dans ses diff\u00e9rentes ouvertures, avec la mani\u00e8re si juste qu\u2019elle trouve pour le&nbsp;<em>dire<\/em>&nbsp;justement ce transfert : les mouvements qui animent les diff\u00e9rents moments de l\u2019analyse, du c\u00f4t\u00e9 de la patiente et du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019analyste, d\u00e8s le d\u00e9but de la cure, apr\u00e8s une effroyable tentative de suicide ; les interventions chirurgicales \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition ; la dissociation entre son corps et sa pens\u00e9e ; le temps qui passe et tisse ses liens malgr\u00e9 tout ; le premier r\u00eave avec son analyste ; le sentiment d\u2019une trop grande proximit\u00e9 et le trop grand besoin de la tendresse d\u2019une femme ; la possibilit\u00e9 de \u00ab se sentir vivre dans son d\u00e9sir pour un homme \u00bb (p. 106) et les nouvelles tentatives de suicide&#8230; Jusqu\u2019\u00e0 la survenue de cette formulation \u00e9nigmatique : \u00ab Elle m\u2019a dit : \u00ab il y a des moments, que je sois seule ou avec d\u2019autres c\u2019est pareil, je ne suis pas, je ne me sens pas. Alors&nbsp;<em>j\u2019inexiste<\/em>, oui, c\u2019est \u00e7a le mot qui convient, j\u2019inexiste \u00bb (p.106). L\u2019analyste devint par la suite, elle aussi \u00ab une femme insuffisante et impuissante. (\u2026) L\u2019id\u00e9alisation &#8211; si forte et si paralysante dans le transfert &#8211; commen\u00e7ait \u00e0 \u00eatre rudement mise \u00e0 l\u2019\u00e9preuve. Mais de fa\u00e7on concomitante, la jeune femme put se d\u00e9gager de l\u2019ali\u00e9nation mortif\u00e8re qu\u2019implique une telle id\u00e9alit\u00e9 \u00bb (p.107). L\u2019id\u00e9e du suicide, tout d\u2019abord pr\u00e9cieuse et non partag\u00e9e, devint g\u00eanante : \u00ab Je pourrai vous parler compl\u00e8tement quand je l\u2019aurai compl\u00e8tement abandonn\u00e9e, dit-elle. Peut-\u00eatre que je pourrai renoncer \u00e0 cette id\u00e9e quand je pourrai la remplacer par celle de mon p\u00e8re et ma m\u00e8re heureux ensemble, juste quelques minutes \u00bb (p.108). Et puis, un dernier r\u00eave rapport\u00e9, o\u00f9 on croit penser \u00e0 la mort, alors qu\u2019\u00c9ros y court toujours : \u00ab dans la reconstruction d\u2019une histoire d\u2019amour rest\u00e9e trop longtemps sans mots, l\u2019inscription de \u201cJ\u2019inexiste\u201d, \u00e0 la fois clair et \u00e9nigmatique, sombre et lumineux, joue de l\u2019opposition &#8211; ou de l\u2019\u00e9quivalence &#8211; entre l\u2019affirmation et la n\u00e9gation, le plaisir et le d\u00e9plaisir, l\u2019\u00eatre et non-\u00eatre. Une nouvelle vie \u00bb (p.108).<\/p>\n\n\n\n<p>Une nouvelle vie. Une histoire unique s\u2019\u00e9crit, se r\u00e9\u00e9crit, \u00e0 chaque fois, dans la relation entre patient et analyste. La place du transfert y appara\u00eet centrale. Mais cela advient aussi ailleurs que dans l\u2019analyse. Dans les diff\u00e9rents et tr\u00e8s divers \u00ab r\u00e9cits de r\u00e9inventions de soi \u00bb qui conforment ce livre, l\u2019enfant, l\u2019exp\u00e9rience des retrouvailles et la mise en mots occupent souvent une place essentielle. Pour chacun de ces r\u00e9cits, la phrase bien connue d\u2019Andr\u00e9 Breton au d\u00e9but de&nbsp;<em>L\u2019amour fou&nbsp;<\/em>aurait pu appara\u00eetre en exergue : \u00ab C\u2019est comme si je m\u2019\u00e9tais perdu et qu\u2019on v\u00eent, tout \u00e0 coup, m\u2019apporter de mes nouvelles \u00bb. L\u2019image du transfert. Ouvrir l\u2019espace et l\u2019histoire \u00e0 la rencontre de l\u2019autre, \u00e0 la rencontre du monde, pour que des mani\u00e8res nouvelles d\u2019y vivre puissent advenir. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je laisse \u00e0 \u00c9velyne Chauvet, Laurent Danon-Boileau et Jean-Yves Tamet le mot de la fin : \u00ab Tous les textes de ce livre avaient \u00e9t\u00e9 rassembl\u00e9s en d\u00e9cembre 2019. Les \u00e9v\u00e8nements que nous traversons depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2020 leur donnent un relief singulier. Ils soulignent, finalement, la diversit\u00e9 des ruses d\u2019\u00c9ros. Et notre r\u00e9sistance insoup\u00e7onn\u00e9e \u00e0&nbsp;<em>garder au c\u0153ur le d\u00e9sir de l\u2019\u00e9t\u00e9&nbsp;<\/em>! \u00bb<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-parution pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution\/12839?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"featured_media":0,"template":"","rubrique":[],"thematique":[],"auteur":[1571],"mode":[60],"revue":[549],"auteur_livre":[2267,2268],"class_list":["post-12839","parution","type-parution","status-publish","hentry","auteur-alejandro-rojas-urrego","mode-payant","revue-549","auteur_livre-evelyne-chauvet","auteur_livre-laurent-danon-boileau-jean-yves-tamet"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution\/12839","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/parution"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12839"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=12839"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=12839"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=12839"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=12839"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=12839"},{"taxonomy":"auteur_livre","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur_livre?post=12839"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}