{"id":12821,"date":"2021-09-12T10:13:30","date_gmt":"2021-09-12T08:13:30","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/parution\/clinique-et-mediation\/"},"modified":"2021-09-21T18:28:18","modified_gmt":"2021-09-21T16:28:18","slug":"clinique-et-mediation","status":"publish","type":"parution","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/parution\/clinique-et-mediation\/","title":{"rendered":"Clinique et m\u00e9diation"},"content":{"rendered":"\n<p>Cet ouvrage sur les m\u00e9diations th\u00e9rapeutiques comptera pour les praticiens de la relation humaine, et tout particuli\u00e8rement pour ceux qui se consacrent aux personnes pr\u00e9sentant les troubles psychopathologiques les plus graves. En effet, Florence Klein et ses amis nous livrent des textes tr\u00e8s importants \u00e0 ce sujet, dans la lign\u00e9e des grands acteurs concern\u00e9s par ces pratiques th\u00e9rapeutiques, Philippe Pinel, Hans Prinzhorn, Sigmund Freud, Hermann Simon, et plus pr\u00e8s de nous, Fran\u00e7ois Tosquelles, Marion Milner et son concept d\u2019objet mall\u00e9able, Jean Broustra avec son exp\u00e9rience des ateliers \u00e0 m\u00e9diation et m\u00eame, dans une certaine mesure, Christophe Dejours avec ses recherches sur le travail. Plut\u00f4t que de f\u00e9tichiser l\u2019objet cr\u00e9\u00e9, ils s\u2019int\u00e9ressent au processus au cours duquel un objet peut \u00eatre \u00ab trouv\u00e9-cr\u00e9\u00e9 \u00bb (Winnicott), mais en portant toute leur attention sur les trans-formations que ce projet peut amener. Florence Klein nous avait d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 un texte tr\u00e8s int\u00e9ressant sur l\u2019art d\u2019\u00eatre<em>&nbsp;Ergoth\u00e9rapeute en psychiatrie. Narrations cliniques pour une po\u00e9tique du soin&nbsp;<\/em>(Er\u00e8s, 2014). L\u00e0, elle r\u00e9cidive en compagnie de nombreux auteurs, engag\u00e9s comme elle dans une aventure de m\u00e9diation. Les points de vue sont diff\u00e9rents, les th\u00e9ories de r\u00e9f\u00e9rence ne sont pas toutes iden-tiques, les objets de m\u00e9diations sont sp\u00e9cifiques \u00e0 chacun, et les exp\u00e9riences de ces praticiens sont toutes marqu\u00e9es par un vivant d\u00e9sir de cr\u00e9er et d\u2019aider l\u2019autre \u00e0 le faire. Mais ce qui fait la force de ces t\u00e9moignages, c\u2019est l\u2019authen-ticit\u00e9 qui pr\u00e9side \u00e0 leurs r\u00e9cits. Apr\u00e8s une remarquable pr\u00e9sen-tation de Florence Klein, trois parties ponctuent ce livre :&nbsp;<em>Entrer en m\u00e9diation, Temporalit\u00e9 et m\u00e9diation&nbsp;<\/em>et&nbsp;<em>Au c\u0153ur de la m\u00e9diation.<\/em><br><br><em>Entrer en m\u00e9diation&nbsp;<\/em>est l\u2019\u0153uvre de cinq auteurs qui insistent sur les conditions de l\u2019accueil \u00e0 r\u00e9server aux patients pour leur ouvrir la porte de la co-cr\u00e9ation. Marie Vujanovic inaugure avec une&nbsp;&nbsp;<em>Rencontre singuli\u00e8re sur le p\u00e9riph\u00e9rique<\/em>, son histoire avec Eric, un schizophr\u00e8ne parano\u00efde rebelle \u00e0 toute prise en charge. Elle montre avec talent comment tenir le plus grand compte de l\u2019autre pour le faire acc\u00e9der \u00e0 un cadre th\u00e9rapeutique diff\u00e9rent du projet initial mais ad\u00e9quat \u00e0 la personne en question. Aur\u00e9lie Fohr nous aide \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur le positionnement de l\u2019ergoth\u00e9ra-peute aupr\u00e8s de patients psychotiques avec un chapitre intitul\u00e9&nbsp;<em>Etre dedans<\/em>. Flore Delattre, dans&nbsp;<em>D\u2019une rive \u00e0 l\u2019autre, l\u2019entre deux de la m\u00e9diation&nbsp;<\/em>nous met en contact avec les effets sur sa psych\u00e9 de la prise en charge d\u2019un patient tr\u00e8s loin de la relation. Elle illustre \u00e0 sa mani\u00e8re l\u2019importance de \u00ab r\u00e9animer \u00bb en soi une \u00ab pr\u00e9sence bien vivante \u00bb (Anne Alvarez) pour lutter contre les processus entropiques et mortif\u00e8res souvent pr\u00e9sents dans les transferts morbides et qui peuvent conduire nombre d\u2019entre nous au fameux&nbsp;<em>burn out.<\/em>&nbsp;Pierre Gaudriault nous am\u00e8ne \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur les objets de m\u00e9diation dans les psychopathologies alcooliques. Comment retrouver, gr\u00e2ce \u00e0 la m\u00e9diation, une transitionnalit\u00e9 digne de ce nom pour faire pi\u00e8ce \u00e0 un objet, l\u2019alcool, qui n\u2019a pas permis la s\u00e9paration-individuation n\u00e9cessaire \u00e0 une autonomie relative. Eurgen Le Bras, dans ses&nbsp;<em>R\u00e9cits cliniques improvis\u00e9s<\/em>, nous rappelle que le d\u00e9sordre psychique est inh\u00e9rent \u00e0 toute forme d\u2019humanit\u00e9. Son exp\u00e9rience du psychodrame en service de psychiatrie, avec un groupe ouvert, est tr\u00e8s int\u00e9ressante car elle offre une possibilit\u00e9 de cr\u00e9er des \u00ab objets constitu\u00e9s d\u2019\u00e9changes de paroles \u00bb, et ainsi, d\u2019ouvrir des espaces de pens\u00e9es sur les m\u00e9canismes d\u2019ali\u00e9nation exprim\u00e9s par les patients en s\u00e9ances.<\/p>\n\n\n\n<p>La deuxi\u00e8me partie s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la&nbsp;<em>Temporalit\u00e9 dans les m\u00e9diations<\/em>. Laurent Berg\u00e8s nous conte des \u00ab traces de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re \u00bb. Il s\u2019appuie sur la citation de Winnicott \u00ab Quand nous nous montrons capables d\u2019attendre, le patient parvient alors \u00e0 comprendre de mani\u00e8re cr\u00e9ative \u00bb, pour faire l\u2019\u00e9loge de ces instants non programm\u00e9s ni program-mables qui peuvent rester marquants lors d\u2019une rencontre, et cela parfois pour toute une existence. Cette pr\u00e9carit\u00e9 est \u00e0 la base de cette capacit\u00e9 \u00e0 faire m\u00e9diation, quitte \u00e0 devoir se contenter de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Mais quelle d\u00e9monstration ! Puis Fabienne Lascaux nous raconte comment Agathe, une personne schizophr\u00e8ne, a pu dans un travail de peinture avec elle, revivre les \u00e9v\u00e8nements traumatiques de sa vie familiale marqu\u00e9e par le deuil et l\u2019absence, et s\u2019approprier sa pr\u00e9sence comme objet d\u2019arri\u00e8re plan solide. Enfin, B\u00e9atrice Simonnet-Gu\u00e9reau, en partageant avec Juliette les al\u00e9as de ses sympt\u00f4mes psychiques faits de confusion et de formes archa\u00efques d\u2019angoisses, lui a permis de d\u00e9poser hors d\u2019elle, et notamment par la m\u00e9diation, des \u00e9l\u00e9ments de consistance vitale, et ainsi de traverser les crises psycho-pathologiques de fa\u00e7on aidante. Cette deuxi\u00e8me partie centr\u00e9e sur la temporalit\u00e9 montre \u00e0 l\u2019envi que si quelques exp\u00e9riences peuvent permettre d\u2019esp\u00e9rer l\u2019\u00e9mergence de quelques p\u00e9pites d\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, la plupart sont \u00e0 l\u2019aune d\u2019une chronicit\u00e9 incontournable, celle de la maladie mentale.<\/p>\n\n\n\n<p>Une troisi\u00e8me partie se d\u00e9roule<em>&nbsp;Au c\u0153ur de la m\u00e9diation<\/em>. Aur\u00e9lie Khorkoff propose le r\u00e9cit d\u2019une cure d\u2019enveloppements humides et froids entrepris avec une patiente pr\u00e9sentant des automutilations gravissimes. Est-il encore besoin de d\u00e9montrer que cette technique rev\u00eat une efficacit\u00e9 remarquable dans de telles circonstances. Dominique Sement raconte la prise en charge d\u2019un enfant pr\u00e9sentant une psychose symbiotique et le travail de liens r\u00e9alis\u00e9 entre le langage articul\u00e9 dans une parole po\u00e9tique du patient et la praxis po\u00ef\u00e9tique de l\u2019ergoth\u00e9rapeute. Lydie Bozanno, avec<em>&nbsp;Une mer qui s\u2019ouvre pour donner une nouvelle terre<\/em>, parole prononc\u00e9e par El\u00e9onore, une patiente schizophr\u00e8ne, au cours d\u2019un atelier \u00e9criture, rapporte une histoire de subjectivation progressive, malgr\u00e9 la gravit\u00e9 de l\u2019acte commis par cette patiente et malgr\u00e9 sa d\u00e9responsabilisation p\u00e9nale. Fr\u00e9d\u00e9rique Decoin-Vargas, \u00e0 partir de quelques vignettes cliniques \u00e0 propos de<em>&nbsp;L\u2019humanisation des corps<\/em>, montre comment \u00ab La cr\u00e9ation d&rsquo;un objet ou l&rsquo;illusion de sa cr\u00e9ation, dans le cadre d&rsquo;un espace de m\u00e9diation, peut constituer pour un sujet une rencontre essentielle avec le plaisir contribuant \u00e0 son humanisation \u00bb. Et Muriel Launois, dans ses&nbsp;<em>R\u00eaveries et gribouillages<\/em>, nous introduit du \u00ab&nbsp;<em>squiggle<\/em>&nbsp;collectif \u00e0 l\u2019objet concret \u00bb. Elle nous r\u00e9v\u00e8le comment ces \u00ab dessins collectifs viennent s\u2019inscrire comme des t\u00e9moignages d\u2019une histoire groupale, mais aussi et peut-\u00eatre surtout, comme des espaces de projection d\u2019une histoire personnelle qui peut alors reprendre un peu<br>de sens \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet ouvrage tr\u00e8s prolifique nous montre une clinique de l\u2019atelier \u00e0 m\u00e9diation, dont les \u00ab psychistes \u00bb devraient davantage s\u2019inspirer dans leurs r\u00e9flexions cliniques car elles se r\u00e9v\u00e8lent de v\u00e9ritables mines d\u2019exp\u00e9riences transf\u00e9rentielles et d\u2019informations psychopathologiques. Je vois dans ces ateliers et dans toute la pens\u00e9e, \u00ab l\u2019esprit des soins \u00bb (Racamier), qui tourne autour de leurs fonctionnements une belle occasion de rassembler des \u00e9l\u00e9ments qui existent mais ne sont pas suffisamment mis ensemble dans les \u00e9quipes d\u2019aujourd\u2019hui. Avec les ateliers \u00e0 m\u00e9diation, la tablature institutionnelle s\u2019enrichit, puisqu\u2019ils agissent comme autant de \u00ab pi\u00e8ges \u00e0 transfert \u00bb, et cela selon une forme sp\u00e9cifique, celle du \u00ab passage \u00e0 la cr\u00e9ation \u00bb. Les activit\u00e9s de m\u00e9diations, d\u2019expression \u00e0 vis\u00e9e th\u00e9rapeutique ou les th\u00e9rapies m\u00e9diatis\u00e9es, quelque soit le mot que l\u2019on utilise, sont des \u00e9l\u00e9ments essentiels du soin psychopathologique, et ce livre nous montre qu\u2019ils peuvent \u00eatre des aides puissantes, y compris avec des personnes pr\u00e9sentant de graves troubles psychopathologiques.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-parution pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution\/12821?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"featured_media":0,"template":"","rubrique":[],"thematique":[],"auteur":[1412],"mode":[60],"revue":[573],"auteur_livre":[2252],"class_list":["post-12821","parution","type-parution","status-publish","hentry","auteur-pierre-delion","mode-payant","revue-573","auteur_livre-florence-klein"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution\/12821","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/parution"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12821"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=12821"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=12821"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=12821"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=12821"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=12821"},{"taxonomy":"auteur_livre","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur_livre?post=12821"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}