{"id":12736,"date":"2021-09-12T10:13:20","date_gmt":"2021-09-12T08:13:20","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/parution\/la-conviction-jean-laplanche-ou-le-primat-de-lautre\/"},"modified":"2021-09-22T16:34:03","modified_gmt":"2021-09-22T14:34:03","slug":"la-conviction-jean-laplanche-ou-le-primat-de-lautre","status":"publish","type":"parution","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/parution\/la-conviction-jean-laplanche-ou-le-primat-de-lautre\/","title":{"rendered":"La conviction. Jean Laplanche ou le primat de l&rsquo;autre"},"content":{"rendered":"\n<p><em>La Conviction. Jean Laplanche ou le primat de l\u2019autre,<\/em>&nbsp;dernier titre de la publication de l\u2019<em>Association psychanalytique de France<\/em>&nbsp;2015 (anciennement&nbsp;<em>Annuel de l\u2019APF<\/em>), est principalement r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir de deux journ\u00e9es scientifiques ouvertes au public. La premi\u00e8re partie est consacr\u00e9e \u00e0 la&nbsp;<em>Journ\u00e9e Ouverte<\/em>&nbsp;de janvier 2014, journ\u00e9e riche en conf\u00e9rences et discussions. C\u2019est Catherine Chabert qui ouvre le volume avec son article&nbsp;<em>Croire au transfert<\/em>&nbsp;dans lequel elle pose la question : \u00ab Le transfert est-il un objet ? \u00bb, objet de croyance ou de conviction ? Elle propose de s\u2019affranchir du sc\u00e9nario religieux et de rester au plus pr\u00e8s de l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019analyste. Exp\u00e9rience, reconnaissance, perlaboration, transfert s\u00e9cr\u00e8tent la conviction. Mais l\u2019exp\u00e9rience peut susciter aussi la croyance. \u00ab J\u2019ai trop cru au transfert, trop cru, trop t\u00f4t \u00bb \u00e9crit-elle aussi. Pouvoir y r\u00e9sister afin de laisser appara\u00eetre le conflit psychique. L\u00e9opoldo Bl\u00e9ger, qui est le discutant de ce travail, la suit sur la n\u00e9cessit\u00e9 de revenir \u00e0 la m\u00e9thode, \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience, pour interroger la conviction du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019analyste.<\/p>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9 Beetschen poursuit avec&nbsp;<em>L\u2019accomplissement dans la pens\u00e9e<\/em>. Il montre comment, dans la pratique analytique, la conviction donne \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience son caract\u00e8re intime pour le patient et pour l\u2019analyste. Prenant appui sur le transfert, il la d\u00e9finit comme \u00ab exp\u00e9rience hallucinatoire du fantasme inconscient dans la pens\u00e9e \u00bb. Comment advient l\u2019admission de la chose inconsciente, engageant les couches les plus profondes de la vie psychique ? Dans ce texte clinique, il aborde la question des analyses \u00ab difficiles \u00bb. L\u2019analyste est confront\u00e9 au vacillement de ses convictions non questionn\u00e9es, \u00e0 sa capacit\u00e9 d\u2019invention et au risque du savoir comme r\u00e9sistance. Garder sa force imaginante pour ne pas tomber dans le pi\u00e8ge d\u2019une conviction trop certaine qui \u00ab repousserait la d\u00e9liaison analytique propre \u00e0 la m\u00e9thode \u00bb. Michael Parsons, discutant d\u2019A. Beetschen, souligne la saturation d\u2019ambivalence du concept de conviction, tout autant que le risque d\u2019un investissement narcissique qui emp\u00eacherait toute ambivalence.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans&nbsp;<em>L\u2019inconscient existe-t-il ?&nbsp;<\/em>&nbsp;Philippe Valon d\u00e9veloppe les liens \u00e9troits entre conviction, illusion, croyance. Il fait un parall\u00e8le entre la psychanalyse et la religion et insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 du doute. Selon l\u2019auteur, l\u2019unique sp\u00e9cificit\u00e9 de l\u2019inconscient freudien, par rapport \u00e0 Dieu, est le sexuel infantile. Claude Barazer, discutant de cette troisi\u00e8me pr\u00e9sentation, se demande si la croyance serait une tentative d\u2019\u00e9chapper \u00e0 l\u2019intranquillit\u00e9 de l\u2019analyste dans son rapport \u00e0 la pratique et \u00e0 la th\u00e9orie.<\/p>\n\n\n\n<p>Daniel Widl\u00f6cher, dans&nbsp;<em>Croire en l\u2019inconscient &#8211;<\/em>&nbsp;article publi\u00e9 en 1993 dans la&nbsp;<em>Nouvelle Revue de Psychanalyse&nbsp;<\/em>et repris ici &#8211; situait d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9poque la question du doute dans le sujet m\u00eame : l\u2019activit\u00e9 mentale inconsciente. La croyance en l\u2019inconscient, &#8211; conviction n\u00e9cessaire que le psychanalyste a besoin d\u2019entretenir dans son exp\u00e9rience clinique -, est-elle<br>religieuse, c\u2019est-\u00e0-dire respectueuse du message transmis, ou irr\u00e9ligieuse, c\u2019est-\u00e0-dire d\u00e9sillusionn\u00e9e vis-\u00e0-vis de la r\u00e9alit\u00e9 psychique ? &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En seconde partie, un hommage \u00e0 Jean Laplanche, le titre de cette partie n\u2019est autre que celui de son ouvrage paru en 1997&nbsp;<em>Le Primat de l\u2019autre<\/em>. Les textes sont ceux d\u2019une journ\u00e9e de r\u00e9flexion qui donna lieu \u00e0 de v\u00e9ritables d\u00e9bats avec la pens\u00e9e de Laplanche. Ce grand penseur se d\u00e9finissait comme un \u00ab praticien, un th\u00e9oricien, plut\u00f4t un philosophe de l\u2019analyse \u00bb, il n\u2019a cess\u00e9 de vouloir montrer comment l\u2019homme trouve son origine en premier lieu dans l\u2019autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Patrick Guyomard commence la s\u00e9ance avec L<em>aplanche et Lacan. Quelques questions, suivies de la r\u00e9ponse de Jean Laplanche.<\/em>&nbsp;Il propose de mettre en face \u00e0 face les deux hommes sur \u00ab la question de l\u2019autre \u00bb. Chacun \u00e0 leur tour ayant \u00e9t\u00e9 lecteur interpr\u00e8te et inventeur de Freud. \u00ab Comment faire de l\u2019\u00e9nigme un message \u00e9nigmatique, sans restaurer aussi le champ du langage et la dimension de la parole ? \u00bb, \u00ab Comment penser l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 ? \u00bb, ou encore \u00ab l\u2019analyste est-il provocateur de transfert ? \u00bb. Suit alors la r\u00e9ponse in\u00e9dite et posthume de Laplanche. Dominique Scarfone dans&nbsp;<em>Actualit\u00e9 de la s\u00e9duction<\/em>&nbsp;revisite la lecture de Freud par Laplanche, avec \u00ab la th\u00e9orie de la s\u00e9duction g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e \u00bb, \u00ab la primaut\u00e9 de l\u2019autre en psychanalyse \u00bb. Scarfone nous rappelle que cette relation pr\u00e9coce est \u00ab d\u00e9riv\u00e9e d\u2019une autre sc\u00e8ne de s\u00e9duction : la s\u00e9ance d\u2019analyse \u00bb. Plus qu\u2019une hypoth\u00e8se, elle est v\u00e9cue dans la cure.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec&nbsp;<em>Genre et th\u00e9orie sexuelle<\/em>, Christophe Dejours reprend les&nbsp; d\u00e9veloppements de Laplanche sur genre et sexe. L\u2019auteur va plus loin et questionne : Le couple masculin-f\u00e9minin, pourquoi perdure-t-il ? Comment le sexe organise-t-il le genre ? Et que peut dire la psychanalyse de la r\u00e9p\u00e9tition de la domination des hommes sur les femmes ou encore la race peut-elle \u00eatre assign\u00e9e ?<\/p>\n\n\n\n<p>Fran\u00e7ois Robert dans&nbsp;<em>L\u2019autre langue<\/em>&nbsp;pr\u00e9sente sa vision d\u2019un Laplanche traducteur de Freud. \u00ab Entre s\u00e9duction et inspiration : la traduction. La traduction de l\u2019\u0153uvre de Freud est peut-\u00eatre le lieu psychanalytique par excellence, o\u00f9 chacun peut faire l\u2019\u00e9preuve de son propre rapport \u00e0 la pens\u00e9e freudienne. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>Cons\u00e9quences de l\u2019\u00e9tymologie<\/em>&nbsp;offre \u00e0 Laurence Kahn l\u2019occasion de souligner l\u2019importance de l\u2019entreprise de Laplanche et son \u00e9quipe pour le travail de traduction des \u0153uvres compl\u00e8tes de Freud. Elle reconna\u00eet \u00e0 cette traduction de nombreuses qualit\u00e9s, notamment celle de conserver une certaine \u00e9tranget\u00e9, par exemple au travers de n\u00e9ologismes qui maintiennent l\u2019alt\u00e9rit\u00e9, mais aussi elle critique cette traduction quand la tentation \u00e9tymologique d\u00e9rive vers l\u2019\u00e9cueil d\u2019un possible faux sens. Texte incisif et stimulant !<\/p>\n\n\n\n<p>Dans Jean Laplanche et la pulsion de mort, Denys Ribas reprend le d\u00e9veloppement de la th\u00e9orie freudienne, puis son remaniement critique par Laplanche. Dans ce texte, quelques interrogations pertinentes, comme celle des relations entre pulsion de mort et compulsion de r\u00e9p\u00e9tition, cette derni\u00e8re permettant malgr\u00e9 tout de \u00ab r\u00e9p\u00e9ter en offrant une chance de rem\u00e9morer et de perlaborer \u00bb. Autre point soulev\u00e9 : les \u00ab messages de mort de l\u2019objet primaires \u00bb ne pourraient-ils pas op\u00e9rer une \u00ab s\u00e9duction par le imortif\u00e8re \u00bb.<br>&nbsp;<br>Andr\u00e9 Beetschen vient clore avec brio cette derni\u00e8re partie avec&nbsp;<em>L\u2019inconciliable : d\u00e9liaison et destructivit\u00e9.<\/em>&nbsp;Dans ce texte tr\u00e8s argument\u00e9, il reconna\u00eet sa dette envers Laplanche. Nous devons \u00e0 Laplanche de \u00ab maintenir ouverte l\u2019\u00e9nigme du sexuel, de sa pouss\u00e9e comme de sa gen\u00e8se infantile \u00bb. Mais \u00ab la question de la destructivit\u00e9, ou de l\u2019hostilit\u00e9 fonci\u00e8re<br>inscrite tragiquement dans l\u2019humain, sera-t-elle pour autant r\u00e9solue ? \u00bb Il analyse cette question, reprenant Freud et Laplanche, et \u00ab la question traumatique, que Laplanche ignorera. \u00bb Il interroge : \u00ab l\u2019insistance mise sur les processus de d\u00e9liaison associ\u00e9s de principe au refoulement \u00e9claire-t-elle vraiment l\u2019\u00e9nigme et l\u2019agissement de la destructivit\u00e9 dans la vie psychique ? \u00bb. Comment penser la destructivit\u00e9 \u00e0 partir des th\u00e9ories de Laplanche ? Un volume bien construit, un plaisir de lecture !<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-parution pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution\/12736?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"featured_media":0,"template":"","rubrique":[],"thematique":[],"auteur":[2047],"mode":[61],"revue":[677],"auteur_livre":[2179],"class_list":["post-12736","parution","type-parution","status-publish","hentry","auteur-claire-tremoulet","mode-gratuit","revue-677","auteur_livre-apf"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution\/12736","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/parution"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12736"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=12736"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=12736"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=12736"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=12736"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=12736"},{"taxonomy":"auteur_livre","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur_livre?post=12736"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}