{"id":12726,"date":"2021-09-12T10:13:18","date_gmt":"2021-09-12T08:13:18","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/parution\/la-psychosomatique\/"},"modified":"2021-09-20T18:52:13","modified_gmt":"2021-09-20T16:52:13","slug":"la-psychosomatique","status":"publish","type":"parution","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/parution\/la-psychosomatique\/","title":{"rendered":"La psychosomatique"},"content":{"rendered":"\n<p><em>La psychosomatique<\/em>&nbsp;est le premier volume des&nbsp;<em>D\u00e9bats en psychanalyse<\/em>&nbsp;qui fait suite aux&nbsp;<em>Monographies de Psychanalyse<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em>D\u00e9bats de psychanalyse<\/em>, dans un nouveau format poche, plus accessible, et auquel on souhaite une plus large diffusion.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce volume pr\u00e9sente une vue d\u2019ensemble de la psycho-somatique \u00e0 travers une dizaine de chapitres qui font le point, tant de l\u2019histoire de cette d\u00e9couverte, de ses liens intrins\u00e8ques avecla pens\u00e9e freudienne, que des avanc\u00e9es les plus r\u00e9centes de l\u2019<em>Ecole de Paris de psychosomatique<\/em>, inaugur\u00e9e, d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 50,&nbsp; par les recherches de Pierre Marty, pionnier en la mati\u00e8re &#8211; m\u00eame si rapidement d\u2019autres analystes c\u00e9l\u00e8bres l&rsquo;ont marqu\u00e9e de leur empreinte (Fain, de M\u2019Uzan, David).<\/p>\n\n\n\n<p>G. Szwec pr\u00e9sente, d\u00e8s son introduction du volume, les enjeux du d\u00e9bat, ou peut-\u00eatre faudrait-il dire des d\u00e9bats, tant ils furent vifs et multiples. Il d\u00e9veloppe dans un premier chapitre<em>&nbsp;La psychosomatique, quelques d\u00e9bats apr\u00e8s<\/em>, les discussions qui eurent lieu apr\u00e8s la m ise au point inaugurale de Pierre Marty et qui voient se dessiner, sous la plume de Fain et Braunschweig, des nuances et divergences marquant une distance avec le point du vue \u00e9volutionniste et moniste de Marty, en redonnant tout son poids \u00e0 la deuxi\u00e8me th\u00e9orie freudienne des pulsions. Ce chapitre tr\u00e8s dense m\u00e9riterait \u00e0 lui seul une recension, tant les diff\u00e9rentes discussions sont abord\u00e9es avec pr\u00e9cision et dans un souci de synth\u00e8se critique, tr\u00e8s sensible dans la derni\u00e8re partie quand sont \u00e9voqu\u00e9es les r\u00e9sonances actuelles d\u2019une mise en relation de la pens\u00e9e de Marty concernant les patients op\u00e9ratoires et de celle de Green concernant les \u00e9tats-limites. Cela marque le souci de d\u00e9gager\u00e0 la fois la nouveaut\u00e9 des apports conceptuels de la psycho-somatique &#8211; fonctionnement op\u00e9ratoire, d\u00e9pression essentielle, d\u00e9sorganisation progressive &#8211; mais aussi de les articuler au plus pr\u00e8s avec la m\u00e9tapsychologie freu-dienne, autour de son \u00e9l\u00e9ment central, la pulsion.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans&nbsp;<em>Le travail de somatisation<\/em>, C. Smadja, apr\u00e8s avoir soulign\u00e9 le socle freudien de la pens\u00e9e psychosomatique avec la question des n\u00e9vroses actuelles puis de la destructivit\u00e9, fait le point sur les conceptions de Marty quant au r\u00f4le fondamental de l\u2019\u00e9conomique dans l\u2019ensemble des d\u00e9sordres psychosomatiques. Avec les notions de r\u00e9gression et de fixations somatiques se trouvent mises en place les donn\u00e9es n\u00e9cessaires \u00e0 la compr\u00e9hension de la diff\u00e9rence entre les d\u00e9sorganisations somatiques (\u00e0 l\u2019origine des maladies \u00e9volutives) et celle des r\u00e9gressions somatiques (qui, elles, donnent l ieu \u00e0 des mala dies r\u00e9versibles).Le traumatisme est central dans la pens\u00e9e psychosomatique : \u00ab On comprend ainsi que la solution somatique peut \u00eatre l\u2019une des solutions d\u00e9coulant de la conjoncture de perte d\u2019objet, aux c\u00f4t\u00e9s de celles du deuil ou de la d\u00e9pression \u00bb (p. 55). L\u2019articulation de ces processus avec la m\u00e9tapsychologie freudienne a permis \u00e0 C. Smadja de proposer la notion de \u00ab travail de somatisation \u00bb qui comprend deux temps : \u00ab un temps premier, marqu\u00e9 du sceau de la destructivit\u00e9, et t\u00e9moignant du travail du n\u00e9gatif et un temps second, marqu\u00e9 du sceau de l\u2019\u00e9rotique, et repr\u00e9sentant un temps de gu\u00e9rison. \u00bb (p. 65)&nbsp;&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C. Delourmel, dans&nbsp;<em>Prol\u00e9gom\u00e8nes \u00e0 une \u00e9tude comparative des \u00e9tats-limites et des \u00e9tats op\u00e9ratoires,<\/em>&nbsp;fait dialoguer les th\u00e9ories de Green et celles des psychosomaticiens, soulignant les apports des uns aux autres et leur respect mutuel, tout en marquant leur diff\u00e9rence, en particulier par rapport \u00e0 leur conception de la destructivit\u00e9. Il fait une \u00e9tude comparative entre \u00e9tats-limites et fonctionnement op\u00e9ratoire en comparant trois configurations d\u00e9pressives qui sous-tendent ces \u00e9tats : \u00ab la d\u00e9pression essentielle (noyau d\u00e9pressif des \u00e9tats op\u00e9ratoires), la psychose blanche (noyau d\u00e9pressif de la psychose) et le deuil blanc (noyau d\u00e9pressif des \u00e9tats limites) \u00bb (p. 70).<\/p>\n\n\n\n<p>Dans L<em>es th\u00e9orisations de Michel de M\u2019Uzan<\/em>, M. Ody se donne l\u2019objectif de d\u00e9gager le processus de pens \u00e9e de cet auteur, \u00e0 travers la suite, sur pr\u00e8s de quarante ans, entre quatre livres majeurs :&nbsp;<em>De l\u2019art \u00e0 la mort&nbsp;<\/em>(1977),&nbsp;<em>La bouche de l\u2019inconscient<\/em>&nbsp;(1994),&nbsp;<em>Aux confins de l\u2019identit\u00e9<\/em>&nbsp;(2005) et&nbsp;<em>L\u2019inqui\u00e9tude permanente<\/em>&nbsp;(2015). Il souligne l\u2019approfondissement progressif de la question identitaire dans son rapport avec le sexuel.<\/p>\n\n\n\n<p>P. Jaeger, dans sa contribution, analyse les apports de Ferenczi, Bion, Winnicott et M. Klein \u00e0 la psychosomatique, en se centrant sur le concept de clivage, tout sp\u00e9cialement dans sa dimension intra-narcissique. Il note en particulier combien la notion de<br>\u00ab clivage forc\u00e9 \u00bb de Bion,&nbsp;&nbsp; m\u00e9canisme de d\u00e9fense suscitant&nbsp; un mode psychotique de pens\u00e9e, a d\u2019importantes similitudes avec la pens\u00e9e op\u00e9ratoire.<\/p>\n\n\n\n<p>La psychosomatique de l\u2019enfant est abord\u00e9e par M. Sirjacq avec beaucoup de pr\u00e9cision et de sensibilit\u00e9. Si elle insiste sur la notion centrale des avatars de \u00ab la censure de l\u2019amante \u00bb dans les pathologies pr\u00e9coces de l\u2019enfant, elle les prolonge par les r\u00e9flexions de G. Szwec, en particulier sur \u00ab le b\u00e9b\u00e9 non-calin \u00bb dont l\u2019agitation traduit un refus actif du contact avec l\u2019objet par trop excitant.Avec un humour discret mais certain, G. Diatkine, quant&nbsp; \u00e0 lui, pose la question des relations entre Lacan et la psycho-somatique. La moisson, mis \u00e0 part quelques autodaf\u00e9s claironn\u00e9s ou allusions m\u00e9prisantes, est plut\u00f4t maigre. Par contre, son analyse de la conception du processus analytique dans la conception lacanienne, en particulier la compr\u00e9hension des processus associatifs,&nbsp; et son influence sur toute la psychanalyse fran\u00e7aise est tr\u00e8s \u00e9clairante.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u2019il \u00e9tait int\u00e9ressant de consacrer un chapitre \u00e0 la relation entre Lacan et la psychosomatique, on peut n\u00e9anmoins regretter l\u2019absence d\u2019autres auteurs, en particulier J. Mac Dougall, qui, \u00e0 travers le \u00ab th\u00e9\u00e2tre du corps \u00bb, a suivi d\u2019autres fils que ceux de l<em>\u2019Ecole de Paris<\/em>, rapprochant \u00e0 nouveau sympt\u00f4me somatique et sympt\u00f4me hyst\u00e9rique, assimilation que r\u00e9cusent radicalement les psychosomaticiens de l\u2019<em>Institut de Psychosomatique Pierre Marty&nbsp;<\/em>(IPSO).<\/p>\n\n\n\n<p>C. Dejours se concentre sur la question de la cliniq ue du travail et de la psychosomatique, deux champs apparemment disparates. Dans ce chapitre tr\u00e8s riche, l\u2019auteur aborde la question des pathologies du travail, celle du r\u00f4le central du travail dans l\u2019\u00e9quilibre somato-psychique,&nbsp; mais aussi remet en cause une certaine psychogen\u00e8se des maladies somatiques, pour d\u00e9boucher sur une interrogation sur la sublimation, en particulier par le travail, qu\u2019\u00e0 l\u2019encontre de P. Marty, il invite \u00e0 perlaborer dans le traitement.<\/p>\n\n\n\n<p>Le chapitre consacr\u00e9 \u00e0&nbsp;<em>La destructivit\u00e9 contemporaine au prisme des th\u00e9orisations psychosomatiques<\/em>&nbsp;par F. Nayrou est d\u2019une grande originalit\u00e9. Fid\u00e8le \u00e0 l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie&nbsp; compl\u00e9mentariste de Devereux et s\u2019appuyant sur une double app roche de l\u2019homme &#8211; dans sa psych\u00e9 individuelle mais aussi comme \u00eatre social &#8211; elle consid\u00e8re que la nosographie des psychosomaticiens, qu\u2019elle voit dans une certaine proximit\u00e9 avec les \u00e9tats-limites, permet d\u2019analyser finement certaines pathologies des soci\u00e9t\u00e9s contemporaines. Ainsi avance-t-elle que des organisations psychiques comme le narcissisme phallique ou le moi id\u00e9al pourraient parfois \u00eatre \u00e0 la source de graves d\u00e9rives actuelles, telles les radicalisations religieuses et leur cort\u00e8ge de m\u00e9faits.<\/p>\n\n\n\n<p>Le livre se conclut par la reproduction de trois articles historiques autour de la chirurgie et de la psychosomatique, mais l\u00e0, on peut regretter le choix des r\u00e9dacteurs du volume, qui, \u00e0 travers ces articles tr\u00e8s dat\u00e9s, et vieillis, ne rendent pas hommage \u00e0 l\u2019inventivit\u00e9 de leurs auteurs respectifs (Marty, Fain et de M\u2019Uzan)\u2026 On a du mal \u00e0 y percevoir \u00ab la substance de leurs futurs d\u00e9veloppements \u00bb (p. 222).&nbsp; Petit b\u00e9mol d\u2019un ouvrage fort riche, qui a le m\u00e9rite, dans une forme condens\u00e9e, de ne pas c\u00e9der \u00e0 la simplification et de proposer un v\u00e9ritable panorama de l\u2019histoire comme des nouvelles perspectives de l\u2019approche psychosomatique.<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-parution pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution\/12726?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"featured_media":0,"template":"","rubrique":[],"thematique":[],"auteur":[2031],"mode":[60],"revue":[586],"auteur_livre":[2142,2149],"class_list":["post-12726","parution","type-parution","status-publish","hentry","auteur-helene-parat","mode-payant","revue-586","auteur_livre-felicie-nayrou","auteur_livre-gerard-szwec"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution\/12726","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/parution"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12726"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=12726"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=12726"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=12726"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=12726"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=12726"},{"taxonomy":"auteur_livre","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur_livre?post=12726"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}