{"id":12704,"date":"2021-09-12T10:13:15","date_gmt":"2021-09-12T08:13:15","guid":{"rendered":"https:\/\/carnetpsy.fr\/parution\/la-vie-sexuelle\/"},"modified":"2021-09-17T15:14:57","modified_gmt":"2021-09-17T13:14:57","slug":"la-vie-sexuelle","status":"publish","type":"parution","link":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/parution\/la-vie-sexuelle\/","title":{"rendered":"La vie sexuelle"},"content":{"rendered":"\n<p>Ce pimpant volume de pr\u00e8s de 500 pages est la r\u00e9union de quatre ouvrages de la collection&nbsp;<em>Que sais-je ?&nbsp;<\/em>:&nbsp;<em>La sexualit\u00e9 f\u00e9minine, La sexualit\u00e9 masculine, Les sex-addicts&nbsp;<\/em>et&nbsp;<em>Les 100 mots de la sexualit\u00e9<\/em>. Son titre ?&nbsp;<em>La Vie Sexuelle<\/em>. On pense au recueil publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1969 par les m\u00eames PUF qui regroupait sous ce titre des textes de Freud relatifs \u00e0 la sexualit\u00e9. Jean Laplanche indiquait alors en pr\u00e9face qu\u2019il visait \u00e0 compl\u00e9ter, pour le lecteur fran\u00e7ais, la connaissance de la th\u00e9orie freudienne de la sexualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ce titre en appelle \u00e9galement un autre,&nbsp;<em>La Nuit Sexuelle<\/em>&nbsp;de Pascal Quignard (2007), auquel il est souvent fait r\u00e9f\u00e9rence dans le pr\u00e9sent ouvrage, cette nuit originaire dont le sujet r\u00e9sultant est absent et dont la traque nourrit les premiers fantasmes et fa\u00e7onne les plus grandes images. C\u2019est \u00e0 la crois\u00e9e de ces deux associations, l\u2019une r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 un corpus th\u00e9orique issu de la pratique clinique, l\u2019autre \u00e0 une exploration du trouble que produit sur l\u2019humain le sexuel, que me semble s\u2019inscrire la r\u00e9union de ces ouvrages qui ont d\u2019abord exist\u00e9 s\u00e9par\u00e9ment, et donc pu \u00eatre lus ind\u00e9pendamment les uns des autres. Pourquoi s\u2019int\u00e9resser alors \u00e0 cette r\u00e9\u00e9dition ? Parce que les questions li\u00e9es au sexe et au genre sont d\u2019une br\u00fblante actualit\u00e9, mais surtout parce que l\u2019exp\u00e9rience de continuit\u00e9 \u00e0 laquelle nous convie la nouvelle pr\u00e9sentation produit d\u2019incontestables effets, dont le premier est pr\u00e9cis\u00e9ment d\u00fb \u00e0 la r\u00e9union des textes. Ainsi, la succession des ouvrages, devenus \u00ab Parties \u00bb, et dont on suppose qu\u2019elle d\u00e9coule moins de dates de parution que d\u2019une intention, offre-t-elle une nouvelle perspective et un \u00e9largissement qui tient \u00e0 ce que \u00ab le passage des parties au tout \u00bb rel\u00e8ve davantage d\u2019un processus d\u2019int\u00e9gration que d\u2019addition, ce dont le titre complet du livre, La vie sexuelle, une psychanalyse porte la marque.<br>Les approches ainsi int\u00e9gr\u00e9es les unes aux autres mettent en lumi\u00e8re non seulement l\u2019extraordinaire continuum qu\u2019est la sexualit\u00e9 humaine, mais aussi et surtout sa radicale d\u00e9-naturation, dans une perspective dont l\u2019introduction in\u00e9dite de Jacques Andr\u00e9 soutient l\u2019ambition. Le texte brosse avec l\u2019\u00e9rudition et la talentueuse concision qu\u2019on conna\u00eet \u00e0 l\u2019auteur, une histoire de la sexualit\u00e9 humaine qui, de pouvoir \u00eatre dat\u00e9e, a commenc\u00e9 il y a plus de 350 000 ans et dont les figures contemporaines demeurent, en d\u00e9pit de leurs vari\u00e9t\u00e9s, les descendantes.<br>C\u2019est aux recherches anthro-pologiques et aux d\u00e9couvertes de la psychanalyse qu\u2019on doit d\u2019en saisir la formidable originalit\u00e9. La premi\u00e8re r\u00e9volution de la sexualit\u00e9 est pr\u00e9historique, la seconde est psychanalytique. La premi\u00e8re d\u00e9solidarise le sexuel de l\u2019instinct, la seconde relativise la part du g\u00e9nital et fait de la sexualit\u00e9 infantile le c\u0153ur de l\u2019humaine sexualit\u00e9 (p. 8). D\u2019\u00eatre ainsi \u00e9mancip\u00e9e de la nature et ind\u00e9fectiblement li\u00e9e \u00e0 l\u2019apparition et \u00e0 l\u2019usage du langage symbolique, donc de la mort, la sexualit\u00e9 est objet et travail de pens\u00e9e, ce que pulsion et fantasme veulent dire. De cet h\u00e9ritage proprement humain, comment faire la part, (&#8230;) de ce qui rel\u00e8ve \u00ab d\u2019aujourd\u2019hui \u00bb et de ce qui appartient \u00e0 \u00ab toujours \u00bb, distinction \u00e0 laquelle il faudrait ajouter celle de \u00ab l\u2019ici \u00bb et de \u00ab l\u2019ailleurs \u00bb (p. 11) ?<\/p>\n\n\n\n<p>Permanence des sympt\u00f4mes, bouleversement des repr\u00e9sentations des sexualit\u00e9s, construction du genre, remise en cause quasi plan\u00e9taire de la domination masculine&#8230; la derni\u00e8re partie de cette nouvelle introduction examine les effets contemporains de la tension entre l\u2019atemporalit\u00e9 des processus psychiques inconscients individuels, incarn\u00e9e dans des corps naturellement sexu\u00e9s, et l\u2019effet des variations sociales et historiques, i.e. du r\u00e9gime du permis et de l\u2019interdit qui r\u00e9gule l\u2019intime et ancre la vie sexuelle des hommes et des femmes dans leur \u00e9poque et dans leur culture. Ce que l\u2019instinct ne contr\u00f4le plus, c\u2019est (&#8230;) \u00e0 l\u2019institution, au \u00ab socius \u00bb, de s\u2019en charger (p. 9). Peut alors s\u2019engager l\u2019examen des figures de la vie sexuelle de nos temps modernes au regard de l\u2019actuelle morale civilis\u00e9e. Cet examen proc\u00e8de d\u2019une succession que la r\u00e9union en un volume souligne, et qui d\u00e9joue d\u2019embl\u00e9e la th\u00e8se freudienne d\u2019une masculinit\u00e9 originaire. La&nbsp;<em>Sexualit\u00e9 f\u00e9minine<\/em>&nbsp;d\u2019abord donc, qui d\u2019\u00eatre prolong\u00e9e par la&nbsp;<em>Sexualit\u00e9 masculine<\/em>&nbsp;n\u2019en appara\u00eet que plus originaire et constitutive de la sexualit\u00e9 humaine : c\u2019est sur une passivit\u00e9\/f\u00e9minit\u00e9 inaugurale \u00e9galement partag\u00e9e, celle de l\u2019<em>infans<\/em>, que se construit la psychosexualit\u00e9 humaine.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la mani\u00e8re d\u2019un dyptique, les deux parties existent ind\u00e9pendamment, mais en r\u00e9sonnance : \u00e0 la vie sexuelle des femmes r\u00e9pond celle des hommes, sinon qu\u2019\u00e0 l\u2019image de l\u2019embl\u00e9matique Tir\u00e9sias, nul n\u2019\u00e9chappe \u00e0 la bisexualit\u00e9 psychique et \u00e0 ses al\u00e9as. Les in\u00e9vitables effets de r\u00e9p\u00e9titions (dissym\u00e9trie enfant adulte, inconscient de la m\u00e8re, s\u00e9duction, atemporalit\u00e9, pour en citer quelques-uns), signes de l\u2019autonomie premi\u00e8re de ces \u00e9crits demeur\u00e9s tels dans la nouvelle pr\u00e9sentation, produisent un effet d\u2019insistance : \u00e7a se r\u00e9p\u00e8te, mais jamais tout \u00e0 fait pareil. Et c\u2019est quand \u00e7a vient \u00e0 manquer que les choses se g\u00e2tent. Avec&nbsp;<em>Les sex-addicts<\/em>, Vincent Estellon explore des contr\u00e9es plus inqui\u00e9tantes. Son \u00e9criture aust\u00e8re, reflet d\u2019une clinique o\u00f9 la source infantile semble tarie, analyse et illustre avec pr\u00e9cision les rat\u00e9s d\u2019une construction sexuelle d\u00e9pourvue d\u2019\u00e9changes mais \u00e0 laquelle la dynamique psychanalytique, moins comme th\u00e9rapeutique que comme cr\u00e9ation de lien, offre une issue.<\/p>\n\n\n\n<p>Le volume se cl\u00f4t sur le Lexique, joyeuses miscellan\u00e9es des mots de la vie sexuelles qui sont aussi des mots sexuels. Les contributeurs se sont amus\u00e9s, \u00e7a joue et \u00e7a circule ! A l\u2019issue de la lecture se dessine alors le possible hors champ de cet ouvrage collectif et chorale, sa nuit : le saisissement produit sur chacun par la rencontre avec l\u2019autre, rencontre qu\u2019impose la condition humaine.<em>&nbsp;La vie sexuelle :&nbsp;<\/em>accueil et destins de l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 ?<\/p>\n<div class=\"pdfprnt-buttons pdfprnt-buttons-parution pdfprnt-bottom-right\"><a href=\"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution\/12704?print=pdf\" class=\"pdfprnt-button pdfprnt-button-pdf\" target=\"_blank\"><\/a><\/div>","protected":false},"featured_media":0,"template":"","rubrique":[],"thematique":[],"auteur":[2033],"mode":[60],"revue":[568],"auteur_livre":[2141],"class_list":["post-12704","parution","type-parution","status-publish","hentry","auteur-martine-mikolajczyk","mode-payant","revue-568","auteur_livre-jacques-andre"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution\/12704","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/parution"}],"about":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/types\/parution"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12704"}],"wp:term":[{"taxonomy":"rubrique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/rubrique?post=12704"},{"taxonomy":"thematique","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/thematique?post=12704"},{"taxonomy":"auteur","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur?post=12704"},{"taxonomy":"mode","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/mode?post=12704"},{"taxonomy":"revue","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/revue?post=12704"},{"taxonomy":"auteur_livre","embeddable":true,"href":"http:\/\/cp.1642.studio\/gj118060-ovh\/wp-json\/wp\/v2\/auteur_livre?post=12704"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}